‹ Œuvres de VauvenarguesChapitre 213 sur 264 · On est forcé de respecter les dons de la nature, que · texte numérisé non relu

On est forcé de respecter les dons de la nature, que

l'étude et la fortune ne peuvent donner.

230. La plupart des hommes sont si resserrés dans la sphère de leur condition, qu'ils n'ont pas même le courage

• [Bien. ^ V. 1

- Var. : « Le projet de rapprocher les conditions a toujours été un beau « songe; la loi ne savu-ait égaler les hommes malgré la nature. » — Autre Var. : « La nature n'ayant pas égalé tous les hommes par le mérite, il sem- « ble qu'elle n'a pu ni dû les ésraler i)ar la fortune. » — E(jaler pour rga- User. — G.

5 [Bien. — V. ]

d'en sortir par leurs idées; et, si l'on en voit quelques-uns que la spéculation des grandes choses rend en quelque sorte incapables des petites, on en trouve encore davantage à qui la pratique des petites a ôté jusqu'au sentiment des grandes.

231. Les espérances les plus ridicules et les plus hardies ont été quelquefois la cause des succès extraordinaires.

23*2. Les sujets font leur cour avec bien plus de goût que les princes ne la reçoivent : il est toujours plus sensible d'acquérir que de jouir.

233. iNous croyons négliger la gloire par pure paresse, tandis que nous prenons des peines infinies pour les plus petits intérêts'.

23/i. Nous aimons quelquefois jusqu'aux louanges que nous ne croyons pas sincères'.

235. Il faut de grandes ressources dans l'esprit et dans le cœur pour goûter la sincérité lorsqu'elle blesse, ou pour la pratiquer sans qu'elle offense : peu de gens ont assez de fonds pour souffrir la vérité, et pour la dire.

- 236. Il y a des hommes qui, sans y penser ^ se forment une idée de leur figure, qu'ils empruntent du sentiment qui les domine; et c'est peut-être par cette raison qu'un fat se croit toujours beau ^.

237. Ceux qui n'ont que de l'esprit ont du goût pour les grandes choses, et de la passion pour les petites.

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