‹ Œuvres de VauvenarguesChapitre 214 sur 264 · La plupart des hommes vieillissent dans un petit · texte numérisé non relu

La plupart des hommes vieillissent dans un petit

i [Bion. — V.l

2 Vnr. : « Les hommes sont si sensibles à la flatterie, que, lors même qu'il? ■^ pensent que c'est flatterie, ils ne laissent pas d'en être les dupes. »

'^ Comment se forme-t-on une idée de soi, sans y penser? J'aimerais mieux sans s'en apercevoir. — M.

^ Var. . « Nous nous formons, sans y penser, une idée de notre figure sur a l'idée que nous avons de notre esprit , ou sur le sentiment qui nous « domine; et c'est pour cela qu'un fat se croit toujours si bien fait. »

cercle d'idées qu'ils n'ont pas tirées de leur fonds ; il y a peut-être moins d'esprits faux que de stériles '.

239. Tout ce qui distingue les hommes paraît peu de chose. Qu'est-ce qui fait ia beauté ou la laideur, la santé ou l'infirmité, l'esprit ou la stupidité? une légère différence des organes, un peu plus ou un peu moins de bile, etc. Cependant, ce plus ou ce moins est d'une importance infinie pour les hommes ; et, lorsqu'ils en jugent autrement, ils sont dans l'erreur'.

•2/i0. Deux choses peuvent à peine remplacer, dans la vieillesse, les talents et les agréments : la réputation ou les richesses.

2/il. Nous haïssons les dévots^ qui font profession de mépriser tout ce dont nous nous piquons, pendant qu'ils se piquent eux-mêmes de choses encore plus méprisables '.

2/i2. Quelque vanité qu'on nous reproche, nous avons besoin quelquefois qu'on nous assure de notre mérite \

2Z|3. iNous nous consolons rarement des grandes humiliations ; nous les oublions.

» [Bien. — j \.

2 Var. : « Le plus ou le moins d'esprit est peu de chose ; mais ce peu, quelle « différence ne met-il pas entre les hommes! Qu'est-ce qui fait la beauté ou la « laideur, la santé ou l'infirmité ? n'est-ce pas ou un peu plus ou un peu moins X de bile, et quelque différence imperceptible des organes? » — Autre Var. : u Le plus ou le moins d'esprit est peu de chose, et ce peu fait pourtant la •< force, la grâce et la perfection des intelligences, ou tout au contraire; do (( même, la disposition de quelques-uns de nos organes fait la santé ou la ma- « ladie, la difl'ormité ou la beauté du corps, objets importants i)our les hom- « mes, quoique petits à leurs propres yeux. »

* Tel e>>t le texte de la r« édition, et rien n'indique, sur l'exemplaire d'Aix, que Vauvenarguos y voulût rien changer. Les éditions suivantes donnent : vous n'aimons pas les zélés; nous croyons que cette leçon, plus prudente, appartient aux abbés Trublet et Séguy, qui ont achevt; la seconde édition rommencée par Vauvenargues. — G.

* Méprisables est ici employé dans le sens de peliles; ce serait, je crois, exagérer la pensée de Vauvenargues, que de prendre ce mot dans toute la force de son acception. — G.

■' A'iil. : " VA <iu'on nous prouve nos a\aiitage> les jilus uuinifestes. "

'2l\li. Moins on est puissant clans le monde, plus on peut commettre de fautes impunément, ou avoir inutilement un vrai mérite.

2lib. Lorsque la fortune veut humilier les sages, elle les surprend dans ces petites occasions où l'on est ordinairement sans précaution et sans défense. Le plus habile homme du monde ne peut empêcher que de légères fautes n'entraînent quelquefois d'horribles malheurs; et il perd sa réputation ou sa fortune par une petite imprudence, comme un autre se casse la jambe en se promenant dans sa chambre'.

2/i6. Soit vivacité, soit hauteur, soitavarice, il n'y a point d'homme qui ne porte dans son caractère une occasion continuelle de faire des fautes ; et si elles sont sans conséquence, c'est à la fortune qu'il le doit ^

2M, Nous sommes consternés de nos rechutes, et de voir que nos malheurs même n'ont pu nous corriger de nos défauts ^

2Zi8. La nécessité modère plus de peines que la raison.

2Zi9. La nécessité empoisonne les maux qu'elle ne peut guérir K

250. Les favoris de la fortune ou de la gloire, malheureux à nos yeux, ne nous détournent point de l'ambition.

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