DE LA CHITIQUB PERMIS
J'espère que ce siècle si éclairé permettra d'abord que j'entre un moment dans l'intérieur de l'homme; car c'est sur cette connaissance que toute la vie civile est fondée. •
Je crois qu'il y a, dans tous les hommes, une horreur pour le mépris, aussi nécessaire pour la conservation de la société et pour le progrès des arts, que la faim et la soif le sont pour nous conserver la vie. L'amour de la gloire n'est pas si général , mais l'impossibilité de supporter le mépris paraît l'être. Il n'est pas plus dans la nature qu'un homme puisse vivre avec des hommes qui lui feront sentir des dédains continuels, qu'avec des meurtriers qui lui feraient tous les jours des blessures.
Ce que je dis là n'est point une exagération : et il est très vraisemblable que Dieu , qui a voulu que nous vécussions en société, nous a donné ce sentiment ineffaçable, comme il a donné l'instinct aux fourmis et aux abeilles pour vivre en commun.