THÉORIE I>E LA LUNE. 27 I
La terre étant emportée autour du soleil en une année par sa gravitation, emporte .aussi la lune, qui doit la suivre dans son grand orbe.
Mais cette révolution ànnuélle de la lune ne peut être la même que celle de la terre. Car en fesant son mois qu'on appelle périodique de 27 jours et demi , elle fait son mois synodique , sa lunaison en 29 jours et deimY c'est-à-dire ^ lui faut *9 jours et demi pour aller d'une conjonction avec le soleil. Or douze fois 29 et demi font 354* Ainsi l'année commune de lalunenepeut être que d'environ trois cent cinquantequatre jours, tandis que celle de la terre est d'environ trois cent soixante*cinq.
Elle a une révolution qui s'achève en neuf années; c'est la révolution de ses apsides. Les apsides sont les points de plus grande distance d'une planète au centre de sa révolution; c'est dans la lune l'apogée et le périgée. L'apogée est le point le plus éloigné de ia (erre, le périgée est le plus près. La ligne qui traverse ces points est la ligne des apsides de la lune, qui a un mouvement de près de neuf années d'occident en orient, de sorte qu'au bout de neuf années l éloignement de la lune à la terre est le même.
Sa plus grande révolution est un autre mouvement de dix-neuf années. Cette période de dix-neuf années est ce qu'on nomme le cycle lunaire. Il se fait d'orient en occident sur les pôles de la lune, de sorte que les nœuds de la lune changent sans cesse, et se retrouvent les mêmes au bout de dix-neuf années f. Ces nœuds
' Voltaire confondait ici le cycle qui ramène les phases de la lune aux
de la lune sont les points auxquels l'orbe qu'elle décrit autour de la terre coupent l'écliptique de la terre; ce mouvement des nœuds de ces orbes se fait d'orient en occident , de même que la précession des équinoxes.
Nous pouvons donc considérer cinq révolutions dans la lune: i° celle de ses nœuds en dix-neuf ans; i° celle des apsides en neuf ans; 3° celle de son année autour du soleil en 354 jours; 4° ce^e de son mouvement autour de la terre en 27 jours et demi , mouvement qui doit être regardé comme le même avec celui du mois synodique en 29 jours et demi, puisque l'un ne diffère de l'autre que par le temps; 5° la rotation sur son axe qui s'accomplit dans le même temps qu'elle tourne autour de la terre.
La lune a accéléré insensiblement son mouvement moyen autour de la terre, si l'on en croit le philosophe Halley, qui, ayant comparé les plus anciennes observations que nous ayons des éclipses de lune avec les dernières, a trouvé que la lune, depuis le temps de ces premières observations, a augmenté la rapidité de son cours.
La lune est environ cinquante fois moins grosse que notre terre, et cinquante millions moins que le soleil; la matière de la lune est envirou un cinquième plus dense, plus compacte que celle de la terre1, et
mêmes jour* de l'année avec le mouvement rétrograde des nœud* de son orbite, qui en est tout-à-fait distinct. B.
1 Des calculs bits avant i-56 ont établi, au contraire, que la densité de la lune était inférieure à celle de la terre à peu près dans la proportion de 7 à 10. B.
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environ cinq fois plus que celle du soleil; et ainsi le soleil, qui la surpasse 5o millions de fois en grosseur, ne la surpasse que 10 millions de fois en quantité de matière.
La terre pèse sur le soleil plus que la lune, et cela en raison directe de la masse de la terre et de la masse de la lune. Or la grosseur de la terre étant à celle de la lune comme 5o à i , et la masse, la quantité de matière n'étant que comme 4o, le poids de la terre est quarante fois plus grand que le poids de la lune, c'est-à-dire que la gravitation f osa ut tendre la terre et la lune en raisons directes de leurs masses vers le soleil, agit sur la terre comme 4o, et sur la lune comme i.
Elle attire vers son centre les corps qui sont à la surface environ 3o fois moins que ne fait la terre, fît non pas 4° fois moins ; car si son attraction est 4o fois moins grande à raison de la quantité de matière, cette attraction est d'un autre côté 10 fois plus grande que sur la terre , à raison de la petitesse de son diamètre : ôtez 10 de 4o, reste 3o.
Ainsi, par exemple, les mêmes corps qui pèsent 4oo livres sur le soleil, pèsent près de i5 livres sur la terre, et près d'une demi-livre sur le globe de la lune.