‹ OEUVRES DE WALTER SCOTT (volume 2)Chapitre 104 sur 161 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

à côté du whisky, ouTrant les rideaux , abaissant le marchepied et aidant sa vieille connaissance à deséendre.

Le clerc conduisit sa chère cliente dans le fameux salon; et quand ils furent assis, M. Bindloose se creusa Tesprit pour deviner le motif qui pouvait amener mistress Dods de si bonne heure chez lui. « Je ne vous ai jamais vu meilleure mine depuis dix ans ; peutêtre néanmoins songez -vous à mettre vos affaires en règle, dit-il. Quelqu'un de vos débiteurs a-t-il fait faillite , ou est-il sur le point de la faire? — Vous conjecturez mal, monsieur Bindloose ; j'ai bien fait ime perte, mais une perte d'ami... — Fita incertd^ mors ceriissima ! » répondit le clerc , mais il ne paraissait pas deviner où la cliente voulait en venir.

« Parlons en bon écossais , dit l'aubergiste ; il faut que je vous apprenne moi-méimele motif de ma visite. Vous n'avez peut-être pas oublié, monsieur Bindloose, deux jeunes Anglais qui logèrent il y a srx ou sept ans chez moi , et qui eurent une querelle avec le Tieux laird de Saint-Rouan pour avoir chassé dans les marais de Spring-Well-Head? Vous savez aussi qu'ils quittèrent tous deux le pays , après que vous eûtes empêché qu'on ne rendit une sentence contre eux. Eh bien ! le plus âgé et le plus raisonnable des deux est revenu à Saint-Ronan, il y a environ quinze jours et a logé chez moi. Je dois vous l'avouer, monsieur Bindloose , je me suis laissé prendre d'une affection toute particulière pour lui , pour Francis Tyrrel , comme il se nomme; mais je n'aurais jamais pu prévoir ce qui est arrivé à ce pauvre jeune homme par la malice des méchants: il a demeuré chez moi , comme je vous le disais, une quinzaine en-^ viron, aussi paisible qu'un agneau, buvant et mangeant bien, payant son mémoire chaque samedi... Hier il a disparu, assassiné ou enlevé par les bandits qui habitent ce marais infect qu'ils ap-< pellent les Eaux. J'ai cepradant la consolation de pouvoir vous le dire , quoi qu'il lui soit arrivé, ce n'est point ma faute ; mais il a voulu à toute force voir ce vieux coupe-jarret de Mao Turc, et il est convenu avec lui de se trouver avec quelqu^n de sa bande le même jour à une heure dite et dans un certain lieu. Il sortit pour tenir sa parole, mais depuis on ne l'a point revu. Or, ma ferme croyance , monsieur Bindloose , est qu'on lui a dressé des embûches entre mon auberge et Buckstane, où était le rendez-vous. »

M. Bindloose objecta qu'on ne pouvait savoir si un rendez-vous pour un duel avait été réellement convenu entre M. Tyrrel et le capitaine Mac Turc, puisque, d'après elle-même, leur conversation

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avait eu lieu intra parietes et rematis UstU^us* MUtrws Qodl avoua , en s'essuyant les yeux avec sou tabljer, qu'elle avait iawU à la porte. Battu sur ce polut, 1« clerc avas^a %m ^o^?eU« objection.

« Au nom du ciel! madame ^ dit-il» que voulez^voui que je fym d*après une histoire aussi peu claire que la vôtre ?••• Sayez un p^ raisonnable,*.... considère;^ qu'il n'y a point de çorpm deliclL --* Corpus delictil £t qu'est-ce que cela? quelque cbose à payer sain doute, c^r vos belles paroles finissent teneurs par là2^ Quaud je dis qu'il n'y a pas 4e corpus delicth je veux dire qu'il n'y ai pas d« preuve qu'un crime ait été commis ?— Comment peut-on (^^ qu'un meurtre n'est pas un crime ! » s'écria Me^, qui s'était tropbabituée à voir la chose sous un tel point de vue pour eonseptir à la considérer sous tout autre. « ÎPoint de preuves » dite^vous? je trouverai le cadavre, dussé-je faire retourner la terre à trois milles à l'eotour avez la pioche et la pelle, ne fût-ce que pour iaire e^tçrrer ce pauvre chrétien, et pendre cet infâme Mac Ture ^ tçus aei eem* plices! »

£lle se leva en colère pour demander sa voiture; mais ee n'était ni Fintention ni l'intérêt du clerc de laiseer partir sa pratique ep si mauvaise humeur. Il la pria de patienter et lui ri|)pela ^pie ae# che*

vaux, pauvres bétes» ne venaient que d'entrer à l'écurie urgu-

ment qui sonnait toiyours bien aux oreilles de la vieille aubergiste, accoutumée dès la plus tendre enfance à re^der les soi^u q«e ré" clament ces animaux comme un des devoirs les plus saeréi* £Ue reprit donc sa place d'un air fàcbé , et M. Bindioose ise creusait la tète pour trouver moyen d'apaiser la vieille daflie^ lori^pjie son attention fut attirée par un frand vacarme ^i ae fsiiaait entendre dans le conidori

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