‹ OEUVRES DE WALTER SCOTT (volume 2)Chapitre 122 sur 161 · CHAPITRE xxm. m · texte numérisé non relu

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lie que de peoser autrement que les autres.... Ce caT^ier était Iç comte Étherington. »

Ces paroles , quoique prononcées d'un ton que Mowbray voulait rendre imposant t ue firent aucun effet sur Qara,

« Je souhaite qu*il remplisse mieux le rôle de pair que celui de gentilhomme espagnol, > répondit elle avec nonchalance.

» C'est , répondit Mowbray, un des plus h^aux bommes de ces temps-ci; un homme tout-à-fuit à la mode,.,. Il vous plaira quand vous Taure? vu en particulier, — Qu'il me plaise ou non, cela n'importe guère , reprit Clara. — Vous vous trompez , > répondit Mowbray gravement, « cela importe beaucoup* — Vraiment! « r^ pondit Clara en riant; c je dois donc me supposer un personnage si considérable , que mon approbation est, nécessaire à Tun de vos hommes à la mode. II ne peut passer la revue aux Eaux de Saint- Ronan sans cela... Fort bien! Je déléguerai, en ce cas, mes pouvoirs à lady Binks, pour qu'elle examine le nouveau venu à ma place. — Ce sont des folies , Clara , répondit Mowbray. Lord Étherington vient ici ce matin, çt désire faire votre connaissance. J'espère que vous voudrez bien le recevoir, et que vous le traiterez comme un de mes amis intimes. — De tout ipon cœur ! . . . mais vous rengagerez , après cette visite , à rester avec vos autres amis intimes à Saint-Ronan... Vous savez qu'il est convenu entre nous que vous n'amènerez , dans mon domaine, ni chiens, ni fashionables,.,. Les premiers font peur à mon chat, les seconds m'ennuient. ^Vous ne me comprenez pas , Clara ; c'est un visiteur fort différent de tous ceux que je vous ai présentés jusqu'à présent.... Je compte le voir souvent ici , et j'espère que vous et lui serez meilleurs amis que vous ne le pensez. J'ai pour le souhaiter des raisons que je u'ai pa^ le temps de vous dire en ce moment. »

Clara garda un instant le silence , et jeta sur son frère un regard inquiet et scrutateur, comme si die eût voulu lire daçs le fond de son àme.

« Si je pensais , > dit-elle d'une voix ferme et calma , après avoir continué cet examen pendant une minute : < mais non ! je ne puis croire que le ciel me destine un tel coup... et encore moins qu'il me soit porté par votr^ main. > Elle s'avaniga d'un mouvement rapide vers la fenêtre, l'ouvrit , et revint à sa place avec un soiiriiie contraint. «^ Que le 4)iel vous pardonne , mon frère ! vou3 m'aviçz ^^uvantée jusqu'au fond du cœur. — Telle n'a pas été mon intention « # répondu Mo wbf^j^« qui sentit fu'il ^tait uiQ999sm 4$ ia

calmer. < Je feisais seulement allusion en plaisantant à ces chances qui ne sortent jamais de la tète des jeunes filles , et auxquelles tous pensez si peu. — Je souhaite , mon cher John , » dit Clara en s*efforçant de reprendre son sang-froid ; c je souhaite que vous profitiez de mon exemple , et que vous renonciez à toutes les chances de la fortune... vous ne vous en trouveriez point mal. — Qu'en savez-vous , petite folle ? reprit Mowbray : je veux vous prouver le contraire. Voici un billet payable à votre ordre pour la somme que

TOUS m'avez prêtée , et quelque chose de plus ne laissez pas le

vieux Mick y mettre le doigt ; chargez de cette commission Bind-

loose c'est le plus honnête homme de ces deux coquins. —Ne

voudriez-vous pas , mon frère , faire passer vous-même le billet à Bindloose? — Non, non , répliqua Mowbray ; il pourrait mêler cette affaire avec les miennes, et cela ne tournerait pas à votre avantage. — Je suis charmée que vous soyez en état de me rendre ce que vous me devez , car j'avais besoin d'argent pour acheter le nouvel ouvrage de Campbell. — Je souhaite que votre acquisition vous procure beaucoup de plaisir mais ne vous fâchez pas contre moi

de ce que je me soucie fort peu de Campbell... Je ne me connais pas plus en livres que vous en gageures. Maintenant parlons serieusement , et dites-moi si vous voulez être une bonne fille..... Laissez là vos caprices , et recevez ce jeune seigneur anglais comme il convient à une femme de votre rang. — Rien de plus facile , répondit Clara ; mais , je vous en conjure , ne me demandez rien de plus... Dites-lui que je suis une pauvre créature feible d'esprit, malade de corps , souffrante, inquiète et agitée. Enfin , dites-loi que je ne puis le recevoir qu'une seule fols. — Je ne lui dirai pas une telle chose, > répondit Mowbray d'un air mécontent. « Je le vois, il feut tout vous apprendre. Je ne voulais pas entamer cette discussion ; mais puisqu'elle est inévitable , mieux vaut plus tôt que plus tard... Vous saurez donc, Clara Mowbray , que lord Etherington est amené ici par des vues particulières , et que ces vues , je les connais et les approuve entièrement. — Je m'y attendais , » répliqua Clara de la même voix altérée qu'elle avait eue dans tout le cours de la conversation ; c j'avais un pressentiment de ce dernier nialheur!... Mais, Mowbray, je ne suis point une enfent...jeDe puis ni ne veux recevoir le comte. — Comment , • s'écria Mowbray d'un accent irrité , c osez- vous me faire uureftis si positif? Pensez-y bien , car si nous ne pouvons nous entendre , c'est vous qui en souffrirez. — Comptez-y bien de votre côté, » continua-t-elle avec

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