‹ OEUVRES DE WALTER SCOTT (volume 2)Chapitre 124 sur 161 · AVIS ANONYME · texte numérisé non relu

AVIS ANONYME

Décachetés cette lettre ; |e pnif produire on champion qai soutiendra ce que tou y troo? ères.

Sbakspbabb. Le roi Léar.

La lettre que reçut Mowbray , et qu'il lut en présence de sa sœur , contenait ces mots :

« Monsieur,

c Clara Mowbray a peu d*amis ; peut-être n'en a-t-elle que deux au monde : vous, par les liens du sang, et Tauteur de ce billet, par suite de rattachement le plus vrai et le plus désintéressé que jamais homme ait porté à une femme. Si je m'explique ainsi avec vous , quoiqu'il soit également improbable que je puisse jamais vous voir ou parler à votre sœur , c'est que je désire vous foire connaître le motif de rintérièt que je prendrai , jusqu'à Theure de ma mort , è tout ce qui la concerne.

« Un individu , s'arrogeant le nom de lord Etherington, est dans le voisinage du château de Shaws avec l'intention de solliciter la main de miss Mowbray ; et il m'est fecile de prévoir , en raisQunant d'après le train ordinaire des choses d'ici-bas , qull peut mettre ses propositions sous un jour qui }es rende extrêmement avantageuses. Mais avant que vous donniez à cet individu Tencouragem^t que ces offres paraissent mériter , veuillez vous informer si sa fortune est réelle et son rang incontestable. Ne vous contentez pas de renseignements légers sur l'un et Tautre de ces points. Un homme peut être en possession d'un domaine et d'un titre , sans y avoir d'autre droit que la rapacité et l'excès de la présomption. £q supposant donc M. Mowbray jaloux, comme il doit Tètre, de Thonneur de sa fomille» Talliance d'un tel homme ne peut être que déshonorante. Ces renseignements vous sont donnés par une personne qui peut prouver ce qu'elle écrit. »

A la première lecture d'un billet si extraordinaire, Mowbray fut tenté de l'attribuer à quelqu'une des personnes qui se trouvaient réunies aux ^ux. C^endwt » aprè^ plus ample réflexion , il ae

LES EAmC BE SAfR^KONAN.

h féf«rie dut bqiidliie U ilatt tomM, il deoiandu te mawigéf 4pÉi avait apporté la lettre. Un domestique lui rifaaidài (fgfû âait éam le vestibule, et Mowbray y descepdjt «9r«^le^«ba0p » mai» il n'y trouva plus l'exprès, seulement il l'aperçut au bout de Tayenue, qui s'en allait tranquilI^PMit. U Tiippela t cnnds eris , mais vainement : alors il se mit à eourir après le drôle qui, se voyant poursuivi, doubla le pas et se jeta dans le bois taillis qui entourait le g fcàtoan . Après «voir eouni quelque temps sans succès, il se rappela enfin que la visite du comte d'Etherington nécessitait sa présence au château, et qu'il n'avait pas de temps à perdre.

Em dM le Jaune lord élait «rivé à Shawssi peu de minutes ai^ès le départ de Mowbray qu'il était étonnant qu'ils ne se fessent pas rencontrés dans l'avenue. Le domestique aucpiel fl s'edre^a , s^inuh llîiui^qtt «onmattre ne tarderai pas à rentrer, puisqu'il était sorti Mis^ba^aa , ifitrodiusit le «onte, sans plus de cérémonie, ésois ia «lUie w l'on vatraïdied^euiier et oà Gara était assise près d'une làiMre. Efle iéUit <i oecapée d'un livre qu'eHe lisait, ou pect-étre de «es pro|iros peoiées, cpi'eUe ike leva la této qu'au «omait oà ionl Etbeiingtoii «'avanfant, pronon^ eas mots: « Miss Mowbrayl » Un trassaitteBient isvolootaire et un grand erf annoncèrent ses mortelles alarmes, et elle poussa un noi^oau eri en tressafiifant «Boore, lorsfii'il ût ua WMHreau pas v€n elle, et dit d'un t<m plus

assoie c s darai *^ K^avaaeee plus n'avancez phw, «'écria*

t«eUe, A wam vmAei que je vous voie sans mourir 4 • Lord Etherin;lfiii4eBuma îaHB0bîl6,eomffieM sachant «'il devait /approdier MÊÊn ou racoler, tandis qu'avec «e iii<»oyaUe voiubitité elle M débitttt prières sur prières pour ^'il e'éleîgnM; tantôt lui parlant Mttoie à un être réel, tantôt^ et ^us souvent, eonmè i « Uaiém^ Imapeur que erëait son maginaition tronblée. t Je le savais, aw nmuraitHstte , |e savais ce qui arriverait si l'on fermait mes pensées à suivre ce terrible cours Parlez -moi, mon

^feènei parlezHnoi pmdant qu'M me reste encore un peu de raison , <ot dites-auji que ee qui parait devmt mes yeux n'est qu'une ombre graine! mais oe n'est pas une ombi>e. .. le vois toutes les appareoees d'iffle eubatanee buniMAe dè^ns ce qui se titmve là devant inoil -— Clara, > dit le comte d'une voix ferme, înais adoucie, c non ,)e fie «uispas une ombre... je suis un homme indignement calomnié ; je Tiens rëdaneridei droits ^u'on m'a «ijustement enlevés. Je suis naiintMMit «rmé4( pouvoir eomme de iosCfee^ et mea rédaffl«tioii9

Èetotà entenSûes. -^ lamats, jamais, répoiultt Qmt t védttfte à INsitréitift^ , f y piûserai [du courag«. . .{Vem l'avez pas 4ê droits , Tûtts n^f n aTf z aucun.* . Je ne yods eonnats pas , et Je T<Nis délie. «^ Ke me défiez point, Oara Mo^^ray, • répliqua le eooite d'un tM et avec des gestes bien filKrents de eeux cpii dumafent k SMiétd) eaf alors il était «oiennel , tragique, et presque saniM easuM ié juge lorsqu'il prononee la sMtenee d\ai erimiBêl c « ne tne 4éiia pas, répéta4-^, je suis votre destin, et il dépend de ^(sm^Ckn^ que je sois doux on sérère. — Osez^oue ^^ler atnsi? # f'éwtowlM Mowlh^ les yeux étineelants de eolère , tandis que sea lèvres d^ Tenaient Manehes et tremblaient de érainte. « Osefr-r^n parler ainsi, et oublier qu'au dessus de nos tètes est le tnCme^iel qM TOUS avez pris à témoin de totre promesse, lorsque tous avez ji»é st ^olennenement et ne jamais tne revoir sans non eopsentement t

-^ Ce seraient était oondftionnei Francis Tyrrel en a fift w

seitiblable. .. Ne vous aHt-41 pas revue? * H fixa «ur elle an regard pénétrant, et continuât « Oui , il vous a revue..... Vous n'osex psM knier !... Vn eerment qui ne M pour lui qu'un £1 de aoie «era*^ donc pour moi une attat^eée lér? -^flélasl ee m M;qiiepwr«t moment, « éKt «fss Mov^tmir perda&l: eoura^e, €t MesanI la tète pour reponnre. •

« Quand ce n'aurait été ^'uneoup d'eeil. Il WMS a v«e.,... va«s lui avez paffé '. et mol aussi , je dois vous vjtrir, et wmê aussi, vaoi devez m'entendret ikmn je v«us rétamerai 4'abord à la iaee éa flsonde', et après avoir Ait reconnaîtra mes droits, ]« chmiberai etjim m olerat le miséraMe rival ^ aiOsé me les eontesler* 'i»^ ft«« v^-vous parler ainsi? pouvez- vous rompre ainsi Ies4iem 4e la mth t<nre?Avez-vottsufieceur? — Oui , j'ai un ecsur , et it e é d era eoBWMi la eire à vos moindres soidiaitSî si vous consentez k?ne ren^ |u»* ftee-, mais un rœber ffest pas ptus inHeicAle «que }e le de?i6iMlrai ai vous penïisl^ daos une InufOile opposltionl Oara MovvtN^y, je «w votre 4esKn. ~ Non, homme orgaeSHeus, non, «dit dans en «e !»• vaut, « IMeu n^a point dmné à un insecte le pouvoir (d'en éomuit un aartre^ans^ â^inepemlssîon.. . Sfonéesttn dépend die ceiuieaM la volonté duquel un moineau même ne tombe pas à teme..« SMesi j'ai confiance 4atts la proteetâm du 'Cîd. -^ fadei^^mus avec sincérité? répliqua le comte é'&lmi^atgtm ; «onaidéree d'sbord iqueHo pèrspeotive s'cffhe àvKiua. Je «e sm préseste pas Jei«oas an earao* Ière4e«iteffx<et4ncerl«in... fene vous «oiSre pas simptement le §1041 Réponse. .. je M Wtts propoia pas ««Mt olMottr, ame ta^

ditioiiy une triste, médioerité avec des craintes pour le passé et des soucis pour Tayenir ; et Béanmoins il fut un temps où vous auriez écouté foTorablement une telle proposition... Mais j'occupe un rang élevé parmi les nobles du pays» et je vous offre de partager, à titre d'épouse, mes honneurs et les richesses qui en découlent. Votre frère est mon ami^ et approuve mes prétentions. Je relèverai votre

ancienne maison Vos actions seront réglées d'après vos désirs,

même d'après vos caprices*.. Je pousserai si loin l'abnégation persosmelie, que, si vous insistez pour une mesure si sévère, vous aurez une résidence particulière , une maison pour vous seule, et que je ne m y présenterai jamais avant que l'amour le plus ardent , les attentions les plus tendres , aient triomphé de vos inflexibles dispositions. Voilà ce à quoi je consentirai pour l'avenir Quant au

passé, rien n'en transpirera dans le public; mais il feut, Gara Mowbray, que vous soyez à moi. — Jamais ! jamais ! » s'écria-t-elle avec encore plus de véhémence. « Je ne puis que répéter le mot jamais! mais il aura toute la force d'un serment. Votre rang n'est

rien à mes yeux..,**** votre fortune, je la dédaigne Mon frère,

d'après aucune loi, n'a le droit de forcer mes inclinations. .. Je dé* teste votre trahison et les avantages que vous pensez en retirer. Si la loi vous accordait ma main , elle ne vous donnerait qu'un cadavre. — Héias ! Gara , dit le comte , vous ne faites que vous débattre dans le filet ; mais je ne vous presserai pas davantage pour le moment. Il font que je songe à ime autre rencontre. »

U se détournait pour sortir, lorsque Gara, s'élân<;ant vers lui, le retint par le bras , et lui répéta d'une vpix grave et solennelle le commandement de Dieu : « Tu ne tueras point. — Ne craignez pas d'autre violence, » dit*il en adoucissant sa voix , et en tâchant de lui prendre la main , « que celle qui peut provenir de votre propre sévérité... Francis n'a rien à redouter de moi, à moins que vous ne soyez tout-à-fait déraisonnable. Accordez -moi seulement une permission que vous ne pouvez refuser à un aotii de votre frère , celle de vous voir quelquefois... Suspendez au moins l'impétuosité de votre haine , et pour ma part je retiendrai le cours de mon juste ressentiment. »

Clara retirant sa main et s'éloignant de lui , se contenta de répondre : « U est un ciel au dessus de nous, et nos actions y seront jugées ! Vous abusez d'un pouvoir que vous devez à la plus noire perfidie... Vous brisez le cœur d'une femme qui ne vous fit jamais de mai... Vous recherchez TalUance d'une misérable qui désire ne s'u<

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