EXPLICATION
... Aiec TOtr« permiision , gentil caehet.
SBàKSPBARI.
Dans le vestibule du château de Shaws , le comte d'Etberington rencontra Mowbray revenant de son inutile poursuite. Ce fut avec une espèce de confusion qu'ils s'abordèrent l'un Tautre; celui-ci, à cause delà lettre qu'il avait reçue; celui-là, pnr suite de la scène qui venait de se passer. Cependant Mowbray demanda au comte s'il avait vu sa sœur, et le pria de rentrer au salon ; mais Etherington répondit qu'il ne voulait pas abuser davantage de la patience de miss Mowbray.
c J'espère, milord, que vous en avez reçu un accueil agréable? Je me flatte que Clara vous aura fait convenablement les honneurs de la maison pendant mon absence. — Miss Mowbray a paru un peu troublée de mon apparition subite ; le domestique m'a introduit un
Lll BAUX 91 làlKT^BOKàK. SS
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peu brasquemeot ; et, dm» le$ ciroofiataneea ou Bdus sommes elle et moi, il y^ a taulourt im peu âe ^aui^herie dans une premi^ entrewe, quand il ne se trouve point de tiers pour remplir le râle de maître des «érdmenies. Je soupfOQjoe , à Tair de fotrq seeur, que VMS n'avez pas tout-à-fUt gardé moft seeret , moa ober anii. Meè* même.. . il m'a semblé que j'étais un peu embarrassé en approcdiant de miss Mowbray . . . mais la gtaee une fois brisée , j'espère avoir des occasions fréquentes de voir votre aimaUe sœur. -^ Soft; mais comme vous parlez de nQus quitter à l'instant Bftème , il fâmt aiq^a»* ravant que je vous dtae un BAot , et nous ne sommes pas eeoven»^ biement ici pour causer. *r-^ Je ne puis vous refuser, moqdier Joiui y i dit Ëtherington enà le suivant avec un tressaillement seeret, parefi peut-être à celui de Faraigtiée quand elle voit sa toile pm'ftde menat^ cée d'être détruite, et que, suspendue au centre, ^le examine tous les points, incertaine de celui qu'elle doit d'abord défendre. Cmk une partie du châtiment de ceux qui , abandonnant k droit ebenîn, s'efforcent d'arriver à leur but par la fraude ft l'intrigue.
« Atilord, » dit Mowbray lorsqu'il Veut eonéuit dans un pêtil appartement oà tt réaffirmait ses fusils , ses bgnes et ies antftes ias-. trumens de ce genre , vous avez joué cartes sur table avoe mâ$ je suis obligé même de convenir que vous m'avez donné det grands avantages. Je n'ai donc aucun droit d'écouter des rapports préjudiciables à la réputation de Votre Seigneurie , sans vous les communiquer sur^e-champ. Voi^. une lettre anosyme que je viens de recevoir. Peut-être Votre Seigaçuriç CQnnalt-elle l'écriture, etpourrat-elle ainsi en découvrir l'auteur. — Je reconnais récriture, > dit le comte eu prenant la lettre des mains de Mowbray, « et j^ose dire que l'auteur est le seul être au monde qui pouvait avoir l'audace de répandre des calomnie» i mon préjudice. J'espèro, menaieur Mowbray, qu'il vous est Impossible de re£^arder cette infiàme ao^ cusation comme autre chose qu'une fausseté. -^ En remettant ee billet entre Vos mains , sans plus ample Information , je prouve sof^ Asamment que je n'y vois que des menson^s, railerd -, et en mémo temps , je ne doute pas que Votre Seigneurie ne soU à même de détruire une si futile calomnie par les preuves les plus éolatantes. — Certainement , monsieur Mowbray, dit le comte ; car outre que je suis en pleine possession du domaine et du titre de mon père, dernier comte d'Etherington , j'ai son contrat de mariage, mon propre certificat de naissanoe et le témoignage de tout le pays, pour établir mon droit: toutes pièces qui seront produites dans le plus bref
délM pOiiibla. Vaiu ne vtut ébomiêm pas qo'on ne voyag» point avee œs aorUs de documents dans une ohaiae de poate. -^ CeHa{nement non, milonl; il eat suiSaant qo*eiloa lolent produites ionr que tieaoio sera.,, mais puia-)e voua demander fo^ est Tauteur de cette lettre , et s'il a des motili partieniiers de haine q^'il veuitte satia&ire par eea improdenteaaaaertiona? *^ Il eat» oo da moina il passe pour être Je auisfllcbé de le dire, un de meatrèa^prœbea
parentfi.*. un frère du côté paternel, maia un frère illégttioie
Mon père le ebérisaaît beaneoup— Je Taimais aussi , car il possède dea qualités f raiment rares » et il passe général^nent pour un homme supérieur; mais il x a quelque dMise d'irréguUer dans son esprit. >«.. Un grain de foUe qui rend le pauvre jeune homme dupe de vaines iUusîona touchant ses dignités et sa grandeur. Cette démence lui inspire la plus profonde a?ersiott eontre ses proches parents, et en particulier contre moi. Ceat un homme extrèmemeffl agréable par le ton et les mmiières, si bien que la plupaK de mes amis pensent qu'il j a plus de malioe que 'de folie dans son feit ; aaais j'espère qu'on doit me pardimner de jnger avee moins de rigueur un individu qui passe pom^ fils de mon père. Vratm^t î je ne pms m'empèdi^ d'être Mehé pour ce pauvre Fraelc , qui aurait pu feire ime excellente figure dans le monde. — PuM-je vous demander le nom de ce jeune homme, milord? — L'indulgence de mon père lui a donné notre nom de femille , Tyrrel , et son propre nom de baptême, Francis; mais son vérîtalrienom, le seul auquel il art droit , est Martîgny. — Francis Tyrrel ! s^écria Mowbraj ; mais précisément , c'est le nom de l'indîvdu qui a fett du tapage aux
Eaux avmt l^arrivée de Votre Seigneurie vous pouvez avoir m
nn avertissement une espèce de placard. — Oui, monsieur
Mov\'bray, répond le comte ; mais épargnez-moi sur ce sujet , je TOUS en conjure. Voilà le véritable motif qui m'a empêché jusqu'à présent d'avouer la connexion qui existe entre ce msrlbeureux et moi ; mais il n'est pas étonnant que des personnes dont l'imagination est cxaKéese précipitent dans des querelles sans motifs, puis battent hoûteusement en retrafte. — Ou bien après tout, dit M. Mowbray, on peut Favoir empêché d'aller au rendez-vous......
c*étaît le jour où Votre Seigneurie , je crois , reçut sa blessure ; et si je ne me trompe, vous avez vous-même blessé l'homme qui avait tiré sur vous. — Mowbray, » répliqua Etherington en baissant la
voix et en le prenant par le bras , t vous dites la pure vérité
el je suîa vivement satisfoit de remarquer que les conséquences de
cet accident ne peuvent avoir été sérieuses Une idée me frappa
ensuite : c'est que l'homme par qui j'avais été si étrangement attaqué avait quelque ressemblance avec l'infortuné Tyrrel je ne
l'avais pas vu depuis des années En tout cas, il ne peut avoir
été grièvement blessé, puisqu'il est maintenant en état de recommencer ses intrigues au préjudice de ma réputation. — Votre Seigneurie voit les choses d'un œil ferme, ditMowbray, plus ferme que bien des gens ne pourraient le faire , suivant moi , surtout après avoir failli commettre une action épouvantable. — Mais , en premier lieu , je ne suis nullement sûr d'avoir jamais couru un tel risque ; car, comme je vous l'ai souvent dit, je n'ai vu qu'un moment l'hommej qui m'a assailli; et, en second lieu, je suis convaincu maintenant qu'il n'en est résulté, aucune conséquence fâcheuse. Je suis un trop vieux chasseur de renards, pour avoir peur du fossé que je viens de franchir, comme ce drôle qui, ditK>n, s'évanouit le matin ,à la vue du précipice qu'il avait sauté lorsqu'il était ivre la nuitt précédente. L'homme qui a écrit cette lettre, » ajouta-t-il en la touchant du doigt, « est vivant et capable de me menacer, et s'il lui est arrivé de recevoir une blessure de moi, il m'en a fait une dont je porterai la marque jusqu'au tombeau. -- Oh ! je suis loin de blâmer Votre Seigneurie de ce qu'elle a fait dans un cas de légitime défense; mais l'affaire aurait pu prendre une tournure très désagréable Puis-je vous demander quelles mesures vous comptez
prendre à l'égard de ce malheureux qui, suivant toute probabilité, est dans le voisinage? — Il faut d'abord que je découvre le lieu de sa retraite, et ensuite je verrai ce qu'il conviendra de faire pour la sûreté de ce pauvre diable et pour la mienne. Il est probable aussi qu'il trouvera assez de filous pour piller la fortune qu'il possède encore , et qui , je vous l'assure , est bien suffisante pour attirer une multitude de gens qui le ruineront en l'amusant. Puis-je vous demander ^d'être aux aguets et de m'en donner connaissance, si vous le revoyez ou si vous entendez encore parler de lui? — Très certainement , milord , je n'y manquerai pas ; mais le seul endroit où je sache qu'il se soit arrêté est la vieille auberge de Saint-Ronan. U n'y- loge plus à présent ; mais peut-être la vieille écrevisse d'hôte* Hère ]nous pourra-t-elle donner des renseignements sur son compte. — Je ne manquerai pas de les lui demander, » dit lord Etheriagton. U prit cordialement congé de Mowbray, monta à cheval, et parcourut au galop l'avenue du château.
« Voilà un futur beau-frère i se dit Mowbraj en le suivant des