CHAPITRE XXÏX
rent un affreux chorus. Les deux filles [M'irent une seconde fois la fuite , et se réfugièrent dans Tobscnre retraite qu'on nommait leur chambre à coucher , tandis que le postillon bossu courait comme le Tcnt à rëcurie, et , avec un instinct de profession, se mettait déjà , dans son extrême frayeur, à seller un cheval.
« Au nom du diable ! que signifie tout cela? Pourquoi tout ce désordre? » s'écria l'étranger à plusieurs reprises.
« Au nom de Dieu ! » répondit enfin la matrone sans oser ouvrir les yeux , c pourquoi revenez-vous ainsi effrayer d'honnêtes gens ? — Et comment donc puis-je vous effrayer? — N'êtes-vous pas , » dit mistress Dods en se hasardant à rouvrir les yeux , « l'esprit de Francis Tirl? — Je suis en effet Francis Tyrrel, mais non pas un esprit ', je suis un homme vivant. — Vous n'avez donc pas été assas^ sine? — Non pas, que je sache. >
' Még , à force de regarder Tyrrel , avoua enfin qu'après tout c'était bien lui en chair et en os, et toute frayeur cessa. M. Touehwood, tandis qu'on le nettoyait, regarda attentivement Tyrrel, et celui-ci ne tarda point à reconnaître lui-même M. Touchwood , qui loi avait prêté de l'argent à Smyrne. Ils soupèrent ensemble , mais cette fois la curiosité du vieux nabab fut en défaut; U ne put découvrir le motif qui amenait Tyrrel à Saint-Ronan.