‹ OEUVRES DE WALTER SCOTT (volume 2)Chapitre 137 sur 161 · CHAPITRE XXIX. Ml · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIX. Ml

If permettiez à^ parler avec fraochise. U y a de trop s^ancU germea y de divisions entre votre frère et vous , pour que. tous deveniez Ja-^

Il mais ami^ ^ mais je ne vois pas qu'il soit nécessaire que vous sayez

I toujours ennemis mortels. — Je ne suis pas Tennemi de mon frère,

capitaine Jekili... je ne Tai jamais été... son ami, je ne puis Tétre^ et il ne sait que trop bien quelle insurmontable barrière sa conduite a élevée entre nous deux. — Je connais , » répliqua le capitaine d'un ton significatif, c je connais votre malheureuse querelle. --- Alors , > rej^it Tyrrel en rougissant , « vous devez compreqdre avec quelle peine je me sens forcé d'entamer i|n pareil sujet avec un étranger... un étranger, ami et confident d'une personne qui... mais je ne veux pas blesser vos ^ntiments , capitaine Jekill , et je tâcherai plutôt de contenir les miens. £n un mot , je vous prie d'être assez bon pour me communiquer sur-le-ehamp Tobjet de votre visite, attendu que j'ai besoin de me rendre ce matin aux £aux afin d'y .régler certaines affaires qui me touchent de près. — Si vous fiâtes allusion au motif qui vous a empêché de vous rendre sur le terrain où vous avait appelé sir Bingo Binks , cette al£aire est déjà complètement arraofée. J'ai déchiré de ma propre main l'insolent plaeard , et je me suis déclaré responsable de votre honneur contre ^ieooqiie oserait a revenir le mettre en doute. — Monsieur , » dit Tyri^l fort surpris , « je vous suis bien obligé de votre intention » d'autant plus ^pie j'ignore comment j'ai pu mériter votre intervention. Néanmoins elle ne me ^ti&fait pas entièrement , attendu que je «uis hahilué à ^e moi-^nème gardien de mon honneur. — Tâche &cile , je présume , dans tous les cas , monsieur Tyrrel, mais particulièrement 4an6 la présente occasion où vous ne trouverez personne d'assez hardî pour l'attaquer... A la vérité , mon intervention eût été trop offieieiise et sans justification possible , si la mission dont je suis ehargé ne nécessitait des rapports très intimes entre nous. Dans l'intérêt de ma propre réputation, il devient nécessaire que la vâtre demeure sans 4ache. J'ai appris Ja vérité de toute l'af- £ûre par mon aoH, lord £therington, qui doit i^emercier le ciel toute sa vie de l'avoir empêché de commetixe un grand crime. -^ Votre ami , monsieur, a eu dans le cours de sa vie bien des occasions de remercier le ciel , mais plus encore d'implorer son pardop. •—Je ne suis pas théolo{g(ien, monsieur, » répliqua lec^itaine avec vivacité ) < mais j'ai entendu dire^u'on pouvait appliquer cette remarque à toutlemoude. — Moi, du moins , je ne soutiendrai pas le eotttraire. Mais jj^r^^ivoiis. Avez-'vous trouvi^ Ia.moyen« c^pi-

taine Jekill, d'apprendre au public les circonstances d'une rencontre aussi singulière que celle qui a eu lieu entre votre ami et moi?

— Non , monsieur , j'ai cru que c'était une affeire trop délicate , et sur laquelle chacun de vous avait également intérêt à garder le secret. — Puis-je alors vous demander comment il vous a été possible de justifier mon absence du rendez-vous de sir Bingo? — Il était seulement nécessaire » monsieur, que je donnasse ma parole de gentilhomme , qu'à ma connaissance personnelle vous aviez été blessé dans une rencontre avec un de mes amis , rencontre dont la prudence ordonnait de laisser les détails dans l'oubli. Je pense que personne n'osera exiger plus que mon assurance... s'il se trouvait quelque incrédule en cette occasion , je trouverais moyen de le satisfaire. En attendant, votre sentence de bannissement a été rapportée de la plus honorable manière : sir Bingo désire qu'il ne soit plus question de l'ancienne querelle , et il espère que toute l'affaire ^era de part et d'autre oubliée et pardonnée. — Sur ma parole, capitaine Jekill , vous me forcez à reconnaître que je vous ai vraiment de l'obligation. Vous avez coupé un nœud que j'aurais eu grand'peine à délier , car je l'avoue franchement, tout déterminé que j'étais à ne pas rester sous le poids de l'accusation déshonorante portée contre moi , il m'eût été extrêmement difficile de sortir d'embarras, sans mentionner des circonstances qui, ne fût-ce que par égard pour la mémoire de notre père, devaient être ^ensevelies dans un oubli éternel. J'espère que votre ami ne souffre plus de sa blessure.

— Sa Seigneurie sera bientôt complètement guérie. — Et j'espère que votre ami me rend la justice d'avouer que je suis tout-à-iuit innocent de l'intention de le blesser ? — Il vous rend pleine justice sur ce point et sur tous les autres ; il s'en prend à l'impétuosité de son caractère , contre laquelle il veut se tenir désormais en garde.

— Jusqu'ici , tout va bien. Mais maintenant , puis-je vous demander encore une fois quelle communication vous avez à me faire de la part de votre ami? Si je n'avais pas affaire à un homme que j'ai toujours trouvé feux et traître , votre franchise et votre loyauté me foraient espérer que cette querelle contre nature pourrait se terminer par votre médiation. — Je vais donc commencer, monsieur , et sous des auspices plus fevorables que je ne m'y attendais , à remplir ma commission... Vous allez , monsieur Tyrrel , si la rumeur publique ne ment point , intenter un procès à votre frère pour le dépouiller de sa fortune et de son titre. -^ Vous n'exposez pas fidèlement les faits 9 capitaine Jekill. Le but du procès que je me pro-

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