‹ OEUVRES DE WALTER SCOTT (volume 2)Chapitre 14 sur 161 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

souffrîmes un peu dé la faim : je reconnais ici que nous n'hésitâmes point à nous approprier le peu de moutons et de bœufe que ces misérables Écossais laissaient autour de leurs fermes ; et je ne plaisante pas, sire ménestrel, en avouant que, nous autres gens de guerre , nous devons demander pardon au ciel avec un repentir tout particulier, en expiation des misères nombreuses que la nature de notre état nous force à nous infliger les uns aux autres. —Il me semble, répondit le ménestrel, que, lorsqu'on est tourmenté par sa propre conscience , on devrait parler avec plus d'indulgence des méfaits d'autrui : ce n'est pas d'ailleurs que j'ajoute entièrement foi à une prophétie qui fut délivrée, pour me servir de Texpression consacrée dans ce pays montagneux, au jeune lord Douglas par un homme qui , suivant le cours de la nature , aurait dû être mort dépuis longtemps : cette prédiction lui promettait une longue suite de succès contre les armées anglaises , parce qu'il avait sacrifié son propre château de Douglas pour empêcher qu'on n'y plaçât une garnison. — Vous avez bien le temps de me conter cette histoire , dit sire Aymer, car, ce me semble , un pareil sujet conviendrait mieux à un chevalier et à un ménestrel que la grave conversation que nous avons tenue jusqu'à présent , et qui aurait été fort bien placée, Dieu me pardonne! dans ta bouche de deux moines en voyage. — Soit , répliqua le ménestrel; la harpe et la viole peuvent aisément varier dé mesure et changer d'air.

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