‹ OEUVRES DE WALTER SCOTT (volume 2)Chapitre 151 sur 161 · CHAPITRE XXXV. KM · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXV. KM

Il la Mîsit pir T^aule «t 1« repouMa d'une nmin. Ea %$ ralevaot elle voulut eneone lui p^ser ses bra« autour du eou ( il TéloigM de lui du bras et de la mai» eo la poussant ou en la fran^ant (on pourw ratt dire Tun eoenne l'autre) avee tant de violenee que» iaibie eomme elle Tétait , il re6t eveore jetée par terre si une ebaise ne l'avait re«ue danasa ebule. Il la regarda avee féroeité, mit la main dans sa poehe, puia eourut à la ieoètre , rouvrit avec emportemi^nt et s'avança en dehors autant qu'il le pouvait sauf tomber. En proie à une vive frayeur , Clara eoniinuait à 6*éerier ; t Oh , mon frère ! dites que vous n'aviez paa eette intention!.** oh! dites que vc^ n'aviez pas Fintention de me frapper.., Oh! quoi que j'aie mérité , ne soyea pas mon bourreau! nous ne sommes que noua deux au monde! »

Il ne répondit rien ; et obs^rant vi*il continuait à sortir prea^ que tout son eorps par la eroisée qui était au second étage du cb^* teau et qui donnait sur la eour, une nouvelle cause d'appréb^rnsion se joignit en quelque sorte à ses terrettfa personnelles. Tiondement et lea yeux baignés de larmes , les mains levées au eiel , elle s'approcha de son frère furieux, et tremblant ^u fond de Tàme, mais d'une main ft)rte, aaisit le pan de aon babit» eomme pour le pr^ server des effet» de ce désespoir qui semblait si réeemmi^nt se dirige contre elle » puis à présent contre lui-même.

Il sentit qu'elle le retenait, et, se retournant avec eolère , lui demanda d'un ton sévère ee qu'elle voulait.

c Rien , dit-elle en lâchant la basque de son habit ; mais cpie*.. que eberchea-voua donc si ardemment à voir ? — Le diable! » ré^ pondit-il d'un air fiurieiix ; puis retirant la tète de la fenêtre et lui prenant la maîn : « Sur mon âme^ Clara, ditril, c'est la pure vérité, si les histoires qu'on raconte sont vraies!... il était toul-àrheure U près de moi et me pressait de ('assassiner ! Quel autre que lui m'aurait fait songer à mon couteau de chasse... oui, par Dieu! et me l'aurait mis dans la main... à un pareil moment ? Je m'imaginais le voir s'eiifuir , et le bois, le rocher, l'eau réfléchissaient la vive lumière rouge dont étinceiaient ses ailes de dragou ! Sur mon àme , c'est à peinesi je puis croire que c'e^t une illusiou!... mais il est parti, qu'il ne revienne plus... et toi, instrument de mal, va-t'en après lui. • A ces mots, il lira de sa poche sa main droite dans laquelle il avait toujours tenu le fatal couteau , et le Lnça dans la cour ; puis, d'un air tranquille et solennel même , il ferma l^ h-nèlre et conduisit sa sœur par la main vers le siège qu'elle opjQUf^

pait d^ordinaire, et que sa faiblesse lui permit à peine d'atteindre. « Clara , » dit-il après un intervalle de silence , c il nous but penser à ce qu'il convient de feire, sans passion ni violence... il peut 7 avoir encore quelque chose pour nous dans les dés si nous n'abandonnons pas la partie. Une tache n'est pas une tache tant qu'elle est cachée... le déshonneur ignoré n'est pas déshonneur sous un certain rapport... M'entends-tu, fille misérable? » dit-il en élevant tout-à-coup la voix d'un ton sévère.

« Oui , mon frère... oui vraiment, mon frère, » s'empressa-t-elle de répondre , craignant de réveiller encore, par un délai même, son caractère irritable et féroce.

c Voici donc ce qu'il faut faire, reprit-il : il vous fout épouser cet Etheriugton... il n'y a point d'alternative, Clara... vous ne pouvez vous plaindre d'une chose que vos fautes et vos folies ont reodue inévitable. — Mais, mon frère... » dit la malheureuse en tremblant. . « Silence ! Je sais tout ce que vous pourriez dire. Vous ne Taimez pas, direz-vous. Je ne l'aime pas plus que vous, moi Même, qui plus est , il ne vous aime pas. S'il vous aimait , je me ferais scrupule de vous donner à lui , après l'aveu que vous venez de feire Mais vous l'épouserez par haine , Clara, ou dans l'intérêt de votre h^ mille , ou pour toute autre raison que vous voudrez... mais il but l'épouser, et vous l'épouserez. — Mon frère, mon très cher frère, un seul mot. -- Point pour un refus ! point pour des récriminations! le temps en est passé. Quand je vous croyais ce que j'ai pu vous croire encore ce matin , j*aurais pu vous conseiller , et non vous contraindre; mais depuis que l'honneur de notre famille a été flétri par vous, il est de toute justice que cette flétrissure soit réparée, s'il est possible ; et elle le sera... oui, dussé-je ne parvenir à Teibcer qu'en vous vendant comme esclave. — Vous me traitez plus cruellement, bien plus cruellement encore ! Une esclave au marché peut être achetée par un bon maître... Vous ne me donnez pas cette ebance..' vous me mariez à un homme qui...— Ne le craignez pas, ne redoutez rien desa part. Je sais ses raisons pour vous épouser ; et une foisredC' venu votre frère (comme votre obéissance sur ce point me le Ivra redevenir ) , mieux vaudra pour lui qu'il s'arrache sa propre chair avec ses dents, que de vous causer le moindre déplaisir. P^rle ciel I je le hais tellement que c'est une consolation, ce me senoblCf de penser qu'il ne vous possédera point telle que je vous croyais !.•• Déchue comme vous Tètes , vous êtes encore trop bonne pour lui.,..* »

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