‹ OEUVRES DE WALTER SCOTT (volume 2)Chapitre 153 sur 161 · UN PARENT · texte numérisé non relu

UN PARENT

11 réclamt !• droit de ptrenté , «t foreo Htt dt f» Gonnattre te droit..

GoLDSMiTH. Le Village abandonné.

Tressaillant à cette âppafitloîi infittendue, MowBray éprouva néanmoîils une espère de consolation en songeant que son entrevue avec Etherington était retardée. Ce fut donc avec un tnélange de mécontentement et de satisfaction intérieure qu'il demanda ce qui lui procurait l'honneur d'une visite de M. Touctawood i une heure si avancée.

« La nécessité , répondit Touchwood ; la nécessité qui fait trotter même une vieille l^emme. Corbleu ! monsieur Mowbray , j'auraii mieux aimé gravir le Saint-Gothard que courir le risque de me faire cahoter sur ces épouvantables routes, dans cette maudite brouette.... Sur ma parole , je crois qu'il i^ut que je donne à votre sommelier la peine de m'apporter quelque chose pour me rafÉ*atchir le gosier. •

Maudissant à part lui le sans^l^çon de l'étranger , M. Mowbray ordonna à un domestique de sefvir de l'eau et du vin : Touchwood se versa un plein verre qu'il avala. Après avon* longuement disserté sur différents sujets, et forcé le laird de Saint-Ronan à le prier d'expliquer enfin le but de sa visite, le vieux nabab lui adressa la question suivante : « N*ave2-vous jamais oui parier de certain vieillard appelé Scroggie, qui se mit en tête, le pauvre homme ! d'être honteux du nom qu'il portait, quoiqu'il appartint à nombre de gens honnêtes et respectables ? tl imagina de^ le joindre à votre surnom de Mowbray, comme sonnant d'une manière plus chevaleresque, plus normande, bref, plus noble. — Oui, J*ai entendu parler de cette personne , quoique depuis peu seulement. Reginald- Scroggie Mowbray était son nom. J'ai raison de croire que son alliance avec ma famille est véritable , quoique vous paraissiez m'en parler avec ironie, monsieur. Je crois que M. Scroggie Mowbray a voulu , comme le démontre le texte de ses dernières volontés , que son héritier prtt une épouse dans Aotre maison. — C*est là vérité , monsieur Mowbray, la pure vérité , et certainement ce n'est t>fts votre afth-e de mettre la coé^ée au pied d*UQ arbre géûéato*

gique,' qui doit probablement vous rapporter des pommes d'or... ah! ah! — Ben, bien , monsieur, continuez...— Vous pouvez aussi savoir que ce vieillard avait un fils qui aurait volontiers coupé ledit arbre généalogique pour en faire des fagots; qui pensait que Scroggie sonnait aussi bien que Mowbray, et ne trouvait pas de son goût une noblesse imaginaire qu'il ne pouvait atteindre qu'en changeant son véritable nom, et en désavouant, pour ainsi dire, ses parents. — Je crois en avoir entendu parler à lord Élheriogton, car c'est à lui que je dois ces renseignements sur les Scroggie ; c'est encore par lui que j*ai su que M. Scroggie Mowbray avait eu le malheur d'avoir un fils qui , contrariant son père en toute occasion, prit des goûts bas, des habitudes de vagabondage , et des inclinations bizarres; par suite de quoi son père le déshérita. — Il est très vrai , monsieur, que cet individu s'attira le déplaisir de son père, parce qu'il méprisait l'étiquette et le faste; qu'il aimait mieux gagner de l'argent en négociant honnête que d'en dépenser en gentilhomme oisif; que jamais il ne prenait de voiture quand il pouvait aussi bien aller à pied ; en un mot, parce qu'il po.ssédait les qualités nécessaires pour doubler sa fortune plutôt que pour la manger. — Tout cela est bel est bon , monsieur Touchwood; mais, je vous prie , qu'avous-nous à faire , vous ou moi , avec ce fils de M. Scroggie? — Vous ou moi! i répéta Touchwood, comme surpris de cette question; « moi, du moins, j'ai beaucoup affaire à lui» puisque je suis cet individu en personne. — Vous êtes le diable plutôt ! • dit Mowbray ouvrant de grands yeux à son tour. « Mais votre nom est Touchwood, P. Touchwood, Paul ou Pierre, je suppose. — Pérégrin, monsieur , Pérégrin ; ma mère voulut qu'on me baptisât sous ce nom, parce que le livre de Pérégrin Piekie parut durant ses couches. Je n*aime pas ce nom, et j'écris toujours un P seulement lorsque je signe. Vous avez pu aussi remarquer que je mets un S après le P, de sorte que ma signature au total est P.-S' Touchwood. J'avais une vieille connaissance dans la cité qui aimait à plaisanter.... Elle m'appelait toujours Post-Scriptam Touchwood. — Alors, monsieur, si vous êtes réellement M. Scroggie tout court, je dois supposer que le nom de Touchwood est emprunté. — Que diable! répliqua M. P.-S. Touchwood, supposezvous donc qu'il n'y a point de nom anglais qui puisse s'accoupler légitimement avec mon nom paternel de Scroggie, excepté le vôtre , monsieur Mowbray? Le nom de Touchwood me vient d'un vieux parrain I lequel parrain était associé de mon grand-père» dao>

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