‹ OEUVRES DE WALTER SCOTT (volume 2)Chapitre 156 sur 161 · CHAPITRE XXXVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVII

qui se rappelant dans quelles circonstances il Fayait jeté par la fenêtre le soir précédent , et ne prévoyant que trop bien les conséquences de cette scène , proféra une impréf*ation et le lança au milieu du ruisseau. Les domestiques se regardèrent les uns le> autres , et connaissant le prix qu'il attachait à ce couteau , ils ne doutèrent plus que son inquiétude à Tégard de sa sœur ne lui eût mom( ntanément troublé la raison. Il vit leurs regards interdits et confus; ^t reprenant autant que possible son sang froid, il commanda à Marthe et aux autres servantes de parcourir les difiFérentes allées de l'autre côté du château, et enfin il recommanda à Patrick de sonner la cloche qui rappellerait sans doute miss Mowbray si elle s'était laissée entraîner trop loin par la promenade. Après avoir demandé qu'on lui amenât un cheval au Pont-Bruyant , simp'e planche pour les piétons , ainsi nommée à cause d'une forte cascade qui se trouvait un peu au dessus , il continua seul à suivre rapidement le sentier qu'il savait être la promenade favorite de sa sœur.

Il arriva bientôt au petit pavillon , qui , à proprement parler , n'était qu'un banc perché comme une aire de faucon au sommet d'un rocher. Sur la petite table rustique , disposée en face du banc , il remarqua un des gants de sa sœur , et le saisit avidement : il était mouillé, et la veille il n'avait pas plu; il fallait donc qu'elle fût venue la nuit en cet endroit , car si elle l'y etlt oublié le matin même ou dans le courant de la journée , il n'aurait pas été dans cet état. Certain que Clara était passée par ce pavillon , Mowbray prit un sentier qui descendait de l'autre côté de la montagne , et remarqua , dans un lieu où la terre était argileuse , une empreinte de pied dont la forme et la petitesse le convainquirent qu'il était sur les traces de celle qu'il cherchait. Toujours guidé par quelques vestiges semblables, il arriva enfin au Pont- Bruyant. En cet endroit, la malheureuse pouvait avoir suivi un chemin qui menait au château de Shaws à travers les bois , ou passé le pont et pris la route qui conduisait au vieux village de Saint-Ronan.

Après un moment d'hésitation , Mowbray conclut qu'elle avait plutôt adopté ce dernier parti. Il monta sur le cheval qu'on lui avait amené suivant ses ordres , et donnant de vigoureux coups d'éperon à l'animal , qui d'abord ne semblait pas trop disposé à descendre dans le torrent dont le cours était extrêmement rapide , il gngna heureusement la rive opposée , grâce à la vigueur de son coursier, quoique l'eau montât jusqu'au pommeau de la selle. Alors il galopa

vers le vieux village , résolu , $'U n'y trouvait pas de nouvelles de

la sfl^ur, à répandre Talarme am enTirooa. Nous Fabandoimeroiv pour le moment à cet état d'incertitude » afin d'apprendre au lecteur }a réalité dea malheurs qu'il n'avait que trop bien préi^us.

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