LA CATASTROPHE
Qa«I «f t ce f pee^ blanc foi erre pendent U ^\ péte ? car jamaie on ne "rit ane fille de ce monde choiiir on pareil temps , un pareil lien pour conter le* chagrina. Ancienne Comédie,
CsAGitiN I confusion et terreur , tout s'était réuni pour accabler la malheureuse Clara Mowbray au moment où elle quitta son frère, après la triste et orageuse entrevue que nous ayons ^ue à raconter 4ans un précédent chapitre. Depuis des années , toute son existence, toutes ses pensées s'étaient renfermées dans la terrible appréhension d'une découverte fatale , et 1 heure tant redoutée venait de sonner pour elle, (^'extrême violence de son frère ^ la lutte de ses propres passions^ tgut se réunit pour exagérer ses terreurs : il ne lui restn plus que cet instinct aveugle qui présente la fuite conin^e le meilleur expédient dans le péril.
Il noM$ serait impossible de retracer exactement la course ds cette malheureuse jeune femme. Seulement , il est probable quelle s'enfuit du château de Shaws en entendant arriver la voiture de M. Touchwood , qu'elle put prendre pour celle du lord Stberioij;'ton i et ainsi , pendant que Mowbray se rassurait déjà par la perspective plus heureuse que le récit du voyageur semblait ouvrir, sa scaur luttait contre la pluie et les ténèbres , a^ milieu des difficuliéi et des périls que présentait la route de la montagne. Les obstacles étaient h grands qu'ils auraient dû épuiser les forces d'une dam^ élevée plus délicatement ; mais les promenades solitaires de Clarg l'avaient aguerrie contre la fatigue et les excursions nocturnes, et les causes de profonde erreur qui Tobligeaient à fuir Ja rendaient insensible aux dangers du chemin- Elle avait donc passé par le pa* Villon , comme le démontrait le gant qu'elle y avait laissé , puis traversé le Pont-Bruyant. .
Il est probable que le courage et les forces de Clara commencirent un peu à faiblir lorsqu'elle se fut avancée jusqu'à une certaine distance sur la ropte du fieux village , car elle s'était arrêtée à la cabane sqlitaire , habitée par la vieille pauvresse qui avait quelque
teoapi denaé asite à Hannah Irwia i repeotajite et prête à mourir. £lle y frappa comme en convint l'babitante de la cabane , qui «vont même l'avoir entendue soupirer amèrement » mais qui allégua » pour s'excuser de ne pas lui avoir ouvert , qu'elle ava.t cru que e'é* tait une illusion de Satan. Il est à supposer que la malheureuse ftigUive , après ce refus y ne chercha plus ni à exciter la compassion i ni à obtenir un asile , avant d*ètre arrivée au presbytère de M. Car» gill 9 dont une fenêtre était encore éclairée , pour un motif qui ezigt quelque explication.
Le lecteur connaît les raisons qui portèrent Butiner , comte titn** laire d'£therington , à éloigner du pays le seul individu qui p&t rendre témoignage de la trahison qu'il avait accomplie à Tégard dn l'infortunée Clara Mowbray. Sur trois personnes présentes au ma* riage , il savait que le ministre avait été complètement trompé $ il imaginait que Solmes lui était exclusivement dévoué : il pensait donc avec raison que , s'il pouvait se débarrasser d'Uannah Irwin ^ toute preuve de son crime serait anéantie. C'est pourquoi son agort Solmes , ainsi qu'on peut s'en souvenir , avait reçu Tordre de l'éUA^ gner sans perdre de temps , et il avait rapporte à son maître qu'il avait pariaitement réussi.
Mais Solmes , depuis qu'il éteit tombé soui l'influenee de Tonclik woûd f s'occupait constamment à empêcher l'exécution des plana ^11 paraissait seconder avec une activité sans pareille. Ainsi , «u^ sitôt que Touchwood sut que Tyrrel avait écrit à la maison de coa^ merœ de lui envoyer les pièces importantes confiées par le fin comte d'Etherington , il écrivit de son côlé qu'on n'envoyât que dea copies y et déjoua de la sorte le projet de Bulmer qui voulait détruire ces titres. Par la même raison , lorsque Solmes lui annon^ que son maître souhaitait ardemment voir Hannahhors du pays , il le chargea de iiiire soigneusement transporter la jeune malade att presbytère où il détermina aisément M. CargfU à lui accorder un asile temporaire. Pour l'intéresser en sa faveur , M. TouchWuod Informa le ministre , par un billet , que la malade pouvant Ibire des révélations importantes pour le repos d'une famille respectable, A passerait lui-même dans la soirée avec M. Mowbray de Saint-Ronan , juge de paix du comté , pour recevoir ses aveux ; mais , par une seconde lettre » il Favertit qu'il ne se rendrait au presbytère que le lendemain dans la journée.
Cependant Hannah , quoiqu'elle reconnût bien dans Solmes Tan^* eien complice de son crime, s'était laissé conduire chez M. Gar^iU^
Le ministre était allé la visiter , comme il Tavait déjà fait plusieurs fois pendant qu'elle résidait dans les environs, et avait recommandé quon prît grand soin d'elle. Durant le jour , elle parut mieux ; mais vers minuit la fièvre redoubla d'intensité , et la femme qui la veillait vint annoncer au ministre qu'elle doutait fort que la malade pût aller jusqu'au malin; qu'elle paraissait avoir quelque chose qui lui pesait sur le cœur, et qu'elle désirait s'en débarrasser avant de mourir ou de perdre connaissance. Comprenant, d'après les divers avis de son ami, M. Touchwood, qu'il s'agissait d'une afibire extrêmement importante, il sentit qu il fallait appeler un homme de l'art. Il envoya donc un domestique aux Eaux chercher le docteur Quackleben, et une de ses servantes, qui vantait le savoir-faire de mistress Dods autour du lit d'un malade, alla réclamer l'assistance de la bonne fomme, qui n'avait pas coutume de la refuser quand elle pou- .vait être utile. L'émissaire mâle ne réussit pas dans sa mission, car il ne trouva point le docteur , ou plutôt il le trouva trop occupé pour venir soigner une pauvresse ; mais l'ambassadeur femelle fut plus heureux : la bonne vieille hôtesse , qui n'était pas encore au lit malgré l'heure avancée, car l'absence inattendue de M. Touchwood Tinquiétait , murmura un peu sur la fantaisie qu'avait eue le ministre de recevoir chez lui une mendiante ; puis prenant son manteau , son capuchon et ses patins , elle se mit en route avec toute la hâte du bon Samaritain , précédée d'une de ses servantes qui portait une lanterne, et laissant l'autre pour garder la maison et servir M. Tyrrel, qui avait promis d'attendre M. Touchwood ^avant de se coucher.
Mais avant que dame Meg fftt arrivée au presbytère, la malade avait envoyé dire à M. Cargill de venir la trouver, et l'avait prié d'écrire sa confession , tandis qu'elle avait encore assez de vie et de force pour la faire. Le ministre voulut lui adresser quelques paroles de consolation spirituelle , mais elle l'interrompit avec un air d'impatience.
c Ne perdons pas de temps , s'écria*t-elle ; laissez-moi confesser ce que j'ai à vous dire, et le signer de ma main. J'avais commencé à faire ces aveux à d'autres personnes; mais je me réjouis de n avoir pas continué, car je vous connais, Josiah Cargill, quoique vous m'ayez depuis long-temps oubliée. — €'est possible, répliqua le ministre , mais je ne me souviens aucunement de vous. — Vous avez pourtant connu jadis Hannah Irwin , dit la malade, compagne e^ parentç de miss Mowbray ; eUe accompagnait cçttç pauvre Clara»