‹ OEUVRES DE WALTER SCOTT (volume 2)Chapitre 16 sur 161 · CHAPITRE T. U · texte numérisé non relu

CHAPITRE T. U

capable de 90ule?er les nuages ^pais, de dissiper l'obsciirité qui pèse sur ravenir. Et toi, créature affligée, sache que les désastres qu'éprouve ce malheureux pays ne sont pas un présage de son avenir: au contraire, autant les Douglas souffrent aujourd'hui dans la perte de leurs biens , dans la destruction de leur château , cimséquence de leur fidélité à l'héritier légitime du royaume d'Ecosse, autant est grande la récompense que leur destine le ciel ; et comme ils n'ont pas hésité à brûler et à renverser leur propre maison et celle de leurs pères dans l'intérêt de la cause de Bruce, le ciel a décrété qu'autant de fois les murailles du château de Douglas seront brûlées et mises au niveau du sol , autant de fois elles seront rebâties avec encore plus de solidité et de magnificence qu'aupar ravant.

« Un cri poussé. par une multitude réunie dans la^ grande, cour se fit alors entendre, cri, de joie et de triomphe. En même temps une grande lueur rouge send)la s'élancer des combles et des solives du toit; bientût pétillèrent des étincelles aussi nombreuses que celles qui s'échappent sous le marteau d'un forgeron ; et peu après, le feu gagnant de proche en proche, l'incendie se fraya un passage par mille ouvertures.

« Yois4u? » dit la vision en dirigeant ses regards vers la fenêtre et en disparaissant ; cpars! éloigne-toi! l'heure voulue pour enlever ce livre a'est pas encore arrivée, et tes mains ne sont pas prédestinées pour cette œuvre ; mais il sera en sûreté dans le lieu où je l'ai placé, et le temps où l'on pourra Ty prendre ne mancpiera point d'arriver. > La voix se faisait encore entendre que la forme avait disparu. Hugonnet sentait que la tète lui tournait par suite de l'horrible spectacle dont il venait d'être témoin. Ce fut à peine s'il trouva assez de force pour s'arracher â ce lieu de terreur. Dans la nuit le château de Douglas s'évanouit en- cendres et en fumée pour reparaître peu après plus redoutable et plus fort qu'auparavant. » Le ménestrel s'arrêta , et son auditeur, le chevalier anglais , garda quelques minutes de silence.

« 11 est vrai , ménestrel , reprit enfin sir Âymer, votre histoire est inattaquable sur ce point que le château, trois fois brûlé par l'héritier de la maison et de la baronnie , a été jusqu'à présent autant de fois relevé par Henri lord ClUford, et d'autres généraux an^ glais qui ont toujours cherché â le reconstruire plus solide et plus fort qu'il n'était ; car il occupe une position trop importante â la sûreté de notre frontière du câté de l'Ecosse pour que nous puis«

41 LE GHAVEâU DANBEREUX.

ikms TabuiAoïmer : Je Tai tu moi^inlme reftMir en partit* Mait •artety ae n'eat pat à caute ût la manière dont tl a été dâtmit ^ ea ehâtean doit ètro aimi relavé t le» eiploits daa Douglas ai^iit tottjaurt aeooa9|Mignéi de baiiMirles qtii aiiuréaielit ne pauTeàt obtenir l'approbation du ciel. Pouf toi^ mtoeitrel , je voie qtie tu es décidé à ne paa changer d'opinion » et je ne poit t'en blâmer f earleamervellleilxreYMY de fortune qui ont sneéettifement als^ lailli touf les possesseur» de cette fortereue autorinut sufflsMi^ ment les hommes à 7 ebercher ce qu'ils regardent eorame rindiea* tion manifo^te de la volonté du ciel; mai» tu pea crota'e, boa niAiestrelyque la fente n'en sera point à moi si le Jeune Douglaa tnm?e encore Toceasion d'exercer son talent cvlinaire par une $^ conde édition de son Gardé-manger de famille , et sil peut pnn ftter des prédictions de Tboraas-le^Rimcnr. -^ Je ne ré? oqne en donte ni ?otre ch-conspeetion ni ceDe de sir Jcdin de WaHott^ ré*' pliqoa Bertramf mais )e puis dire sans criaae que le oM mène toujours k ihi ses pn^ats. Je regarde le château de Dosglas eomoMP un lien prédestiné, et je brûle du désir de roir quels diaugemwte le temps a pu y opérer dans an espace de Tingt afts; Je àMreraîs surtout m'emparer, s'il était possible , du volume de ee Tbeniae d'EreeMome, qui contient m fonds d rldie de poésies onbliées et de pn^hétie» qui Intéressent â un si haut point fea destinées fth turcs de l'empire brilaniqQe, des royaomea d« Nord rt da Midi^ » Le dieraKer ne répondît rien^ mais il marcha un peu m avant ^ sttivMt la partie la pins élevée du bord de la rivière ^ le long de laqneRe b nmte était fort escarpée. Le» vorageors parvinrent eafim an sommet Hxu» montée trè» haute et très longue. De ee point,^ el derrière un énomse roc qui paraissait avoir été mie de côté et diepeeé comme une décoration éte théâtre pour que la vue plongeât dmi^ la partie bsnse de^ki Valtée , ik aperforent dans son enseaiblé le val immense* lis en arata^t défà vu quelles partie» en détail > mais jdor» , comme la rivière devenait pkis droite ev cet chdr4M» le vallon se développait dans toute sa profondeur et sa largeur, cb l'OB y apercevait à peu de dietanee du cours de l'eau ^ le superbe château seigneurial' qd lui donnatt son nom. Le broniUard,. qui en^liseaiâ toniours la vsdfée de ses nuages eotonnemc^ ne laissait TOif quiimparfeilcment les fortifications grossière» qui servaient d» défteso ài la petite vitle de Douglas , remparto assea solides pon^ r^pousam une tentative d'attaque» mais non pour résister â ce qi^on; avpdniâ idnaa uftsèége earâilo. L'ukiietqirt attienit prinmt'

caïAjnniBT. «

pdHMi^ ki itgfti4i était régiite, aneien moAitaiCBt gettnqM ooDstmlt siff HM éttiifienoe au eentra de la Tille, et qui alora tom* bait presque en ruiâes. A gauebe , et s'effinQantpour aiiui dire daaa réloignem^t , on pouvait distinguer d*autres tours et d^autres %té* neaux ; enfin, séparé de la ville par une pièce d'eau artificielle qui Tentourait {Hreaque de tous côtés, s'éleTait le ebâteau dangereux de Douglas*

Il était solidement fortifié à la mode du moyen âge , avec don^ et tféneoxa , élevait au dessus de toutes les autres la tour majestueuse qui portait le nom de Tour de lord Henri ou de Tour de CUfford.

< Yoici le ebâteau, • dit kjtMt At Valence, en étendant le b^s avec un sourire de trioDtpbe$ « tu peux juger par toi4Btaie de ce que les délHises construites réeemment par lea evifares de Qtf* ford doivent ajouter aux difiicultés d'un siège. »

Le ménestrel secoua simplement la tète, et emprunta «o psalmiste la citation suivante : Ntsi emiodUerit Dominas. Et il n'ajouta rien de plus , quoique de Valence répliquât avee tif aeîté : • Je pourrais , en citant ee texte , y appliquer le ntme sens de mon côté. H me seinble que tu as l'esprit un peu plus mystique que ne Font ordinaireflMnt les a^nestreh voyageurs. -^ Dieu le sait , dK Ber« tram : si moi ou mes pareils nous èublimts que le doigt de la tn^ videnee aeeMiplit toujours ses desseins dans ee bas moude, bous m^itons le blàme plus que tous les autres ; car nous softiaoee cou» tînuellemeot appelés à eeiitemider les coups du destin qui ftmt sur» tir le Mea du mal , et soua l'iuSueiioe desquels tous ces bommca uniqu^Bent oeeupés^ de leufs passions et de leurs projets , ètmm^ nent d'aveugles instruments dés volontés cékstes. «* J'admets ee que vous dites > sire ménestrel, répliqua le dievalier, et je n'ai paa le droit d'énoncer le moindre doute sur lea vérités que vous étdaÎHé* aei û solennellement ^ bk^us encore snr la bonne Ibi avec bquâfe vous les exposer. Permettex-ntoi d'ajouter que je croîs avoir assex de crédit dans cette gamismi pour vous y assurer im bon aeeueil : sir JiAn de Walton, je l'espère, ne refbsera point le Bbve wtd^ d# la grande salle du ebâteau à une personne de votre profession, dont l'entretien peut nous être si profitable. Je ne puis oepcsidant roua faire espérer la même indulgence pour^ votre fib, vu l'éM aetoet de sa santé ; mais si j'obtiens pour lui la permission de a^uvner au couvent de Sainte-lMgitte , il y demeurera ^ranquUlé et es sàreti j9S(pk'à ee (|ue l^u» aycn renouvelé eonnateanee avee la vulUo do^

DoDgias et son histoire , et que vous soyez prêt à continuer votre iH>yage. — J'accède à la proposition de Votre Honneur, d'autant pins volontiers , dit le ménestrel , que je puis récompenser Thospitalité du père abbé. — Point essentiel avec de saints hommes ou de saintes femmes, répliqua de Valence, qui ne subsistent , en femps de guerre , qu'en fournissant aux voyageurs qui viennent visiter leurs reliques les moyens de passer quelques jours dans leurs cloîtres. >

La petite troupe approchait des sentinelles placées sur les difierents points du château à peu de distance les unes des autres : elles admirent respectueusement sir Aymer de Valence, comme premier commandant après sir John de VP^alton. Fabiati (tel était le nom du jeune écuyer qui accompagnait de Valence ) fit savoir que le bon plaisir de son mattre était qu'on laissât aussi entrer le ménestrel.

Cependant un vieil archer regarda le ménestrel de travers. « H ne nous appartient pas, dit- il , à nous ni à personne de notre rang, de nous opposer au bon plaisir de sir Aymer de Valence , ortcle ou neveu du comte de Pembroke; et quant à vous, mattre Fabian, nous déclarerons que vous êtes parfaitement libre de faire de qe barde votre compagnon de lit et de table pour une semaine ou deux au château de Douglas, aussi bien que de le recevoir comme une simple visite ; mais Votre Honneur sait bien quels ordres sévères nous sont donnés pour la consigne ; et si Salomon , roi d'Israël , nous arrivait comme un ménestrel ambulant, je n'oserais pas lui ouvrir la porte sans y être positivement autorisé par sir John de Walton. — Doutez-vous, coquin, » s'écria sir John Aymer de Valence , qui revint sur ses pas au bruit de l'altercation qui s'élevait entre Fabian et l'arçher ; c doutez-vous que j'aie ici l'autorité nécessaire pour recevoir un hôte? — A Dieu ne plaise, répliqua le vieillard , que j'aie la présomption de mettre mon propre désir en (^position avec celui d'un homme tel que vous , qui avez si récemment et si honorablement gagné vos éperons ! mais dans cette affeire jedoissonger uniquement au bon plaisir de sir John de Walton, qui est votre gouverneur, sire chevalier, aussi bien que le mien : je crois donc qu'il ne serait pas mal que votre hôte attendit le retour de sir John, qui est allé visiter à cheval les postes extérieurs du château ; et comme , en recommandant ceci , je ne fais que mon devoir, Votre Seigneurie ne s'oflfensera point , je l'espère. — Il me semble, répondit le chevalier, qu'il est bien téméraire à

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