‹ OEUVRES DE WALTER SCOTT (volume 2)Chapitre 30 sur 161 · CHAPITRE IX. W · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX. W

feu , qui y avait tait tous les rayages possibles; mais le» ruines, qui restaient assemblées par le poids des énormes pierres dont elles se composaient , donnaient encore une idée suffisante de la grandeur d'une famille aux frais de laquelle Tédifice avait été construit , et dont les ossements , depuis un temps immémorial , avaient été déposés dans ses caveaux.

Donnant peu d'attention à ces restes d'une grandeur éclipsée » sir iymer de Valence s'avançait à la tète de son petit détache^ ment , et déjà il avait dépassé Tenceinte en ruines du cimetière de Douglas y lorsque , à sa grande surprise , le bruit du galop de son cheval parut être répété par celui d'un autre coursier qui remon* tait rapidement la rue comme venant à sa rencontre. Valence ne pouvait s'imaginer quelle était la cause de ces sons guerriers; le retentissement et le cliquetis des armes devenaient distincts , et Toreille d'un chevalier ne pouvait se méprendre au galop d'un cheval de bataille. La peine qu'on avait à empêcher les soldats de sortir la nuit de leur quartier aurait sans doute expliqué suffisamment la présence d'un fontassin courant les rues ; mais il était plus difficile de savoir comment un cavalier armé de pied en cap se trou* vait là , car telle était l'apparition qui se montrait à l'extrémité d'une rue dont la pente était rapide : on l'apercevait à merveille, grâce à un brillant clair de lune. Peut-être ce guerrier inconnu put-il en même temps apercevoir Aymer de Valence et les hommes armés qui l'accompagnaient , du moins ils s'écrièrent tous deux : * Qui va là? » phrase consacrée, et aussitôt la réponse d'une part de « Saint George !» et de l'autre de « Douglas ! * éveillèrent lef tranquilles écbos de la petite rue délabrée et les voûtes silencieuses de l'église en ruines. Étonné d'un cri de guerre auquel se rattachaient tant de souvenirs » le chevalier anglais piqua son coursier et descendit au grand galop la route roide et périlleuse qui conduisait à la porte sud ou sud-est de la ville , et ce fut pour lui l'affidre d'un instant que de crier : « Holà ! Saint George ! poursuivez l'insolent coquin , vous tous à la porte ; Fabian , coupez-lui la retraite ! Saint George! pour l'Angleterre! En avant, l'arc et la lance ! ea avant! » En même temps sir Aymer de Valence mettait en arrêt sa longue lance qu'il avait arrachée aux mains de son écuyer. Maïs le clair de lune avait brillé un instant, puis disparu , et quoique de Valence senttt bien que le guerrier ennemi n'avait point assez de place pour éviter son choc , néanmoins il ne pouvait diriger son coup que par simple supposition» et continuait à galoper dans l'obr

M LE CHAVBAir SAM&CREUX.

sonre deseente au milieu de pierres éparses et d'autres èbstaeles , «ans atteindre de sa lance l'objet de sa poursuite. Bref il parcourut au grand galop y mais souvent forcé de s'ipterrompre^ i(nè deseen^e d'entiron çincpiante ou soixante toises , sans avoir aucune raison ^e supposer qu'il eftt dépassé la figure qui lui avait apparu : ta rue ^it si étroite qu'il ne pouvait l'avoir rencontré sans l^'toucher, h mgbift que eheval et cavalier ne se fussent dissipés comme ime bulle d'air, au moment de la rencontre. Cependant les soldats (|ul galopaient derrière sir Aymer étaient frappés d'une espèce de terrçur surnaturelle qu'une multitude d'aventures singulières attacha t pour |a plupart d'entre eux au nom de Douglas ; et quand le chevalier parvint à la porte qui terminait cetle rue dilBçile , il n'était plus suivi que par Fabian : toutes les suggestions de la peur n'avaient pu empêcher ce brave écuyer d'entendre la voix de son cher maître.

Il y avait en cet endroit un poste d'archers anglais qui commençaient à fuir^ en proie aux plus vives alarmes, lops<|ue de Yalencç et son page arrivèrent au milieu (feux : « Coquins ! s'écria de Talence, pourquoi n'étiez > vous pas en faction ? quel est Tindivldu (p^ tout à l'heure a passé ici en poussant le cri des traîtres : < Douglas ! » T- Nous ne savons èe que vous voulez dire , répliqua le commandant du poste. — C'est-à-dire , infâpaes cQouips , que vous aviez trop bu et que vous dormiez. >

Les hommes protestèrent du contraire , mais d'une ipanl^re si confuse , qu'ils ne parvinrent pas & dissiper les soup(jpns de sir Aymer. Il demanda à grands cris des lanternes , des tqrc^ies et û^ flambeaux ; et le peu d*h^bitsmt;s restés dans la yille pomm^ncèrent ft se montrer , quoique avec répugnance » apportant tout qç qulls se trouvaient avoir en fait dç matériaux propres ^ donner dç Iji lumière. Ils écoutèrent avec surprise le récft du jeunq chevalier anglais 9 et quoiqu'il leur ttt confirmé par tous les hpmme^ de sa suite, ils ne parurent ^(jouter apcune foi à cette histoire : de leur côté , les Anglais , pour une raison ou pour une autre , ne souhpitalent pas en venir à une querelle avec les habitants de l'endroit , sous prétexte qu'ils avaient re<^u de nuit dans leur ville up partisan de leur ancien seigneur. Ceux-ci protestèrent donc qu'ils étaient famocrents de la cause de tout ce tumulte , et tâchèrent de paraîtra actifc à courir de maison en maison et de coin en coin avec leurs torches, pour découvrir le cavalier invisible. Si d'une part les Anglais les soupçonnaient de trahison , de l'autre les Écossais s'imagf* baient que toute cette affaire p'était qu'un prétexte inventé par te

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