‹ OEUVRES DE WALTER SCOTT (volume 2)Chapitre 31 sur 161 · CHAPITRE IX. M · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX. M

jetine ckeraller dfln de porter une aceusfitfop eo^tre le^ citoyen^. Cependant les femmes /qui commençaient aIor$ à sortir d^ leprs maisons , trouvèrent , pour résou4re 1^ pro})lème de e^tte apparition , une clef qui , à cette époque , était Jugée suipsaptç pour feiri^ cesser toute espèce de mystère. « Le diabie , disglent-elles , do|t nécessairoment s'être montré d'une manière visible parmi eqx : f explication qui s'était déjà présentée à l'esprit des compagnons d^ sir Aymer . En effet , qu'un homme vivant et qn cheval , tous deux \ à ce mi'il semblait , d'une taille gigantesque , pussent ^tre évoqués en un clin-d'œil et apparaître dans une rue gardée d'un bout par les meilleurs archers et de l'autre par les cavaliers aue coipni^nilait Valence lui-même , c'était ^Ji ce qu'il paraissait, une chose toùt-à* ftiit impossible, tes habitants n'os^eqt pa$ exprimer tou( hsiut leur pensée sur un tel incident , et s'indiquaient seulement les uns au; autres , par un inot qu'ils éçhan§[eaient à la dérobéç , le plaisir scr eret qu'ils ressentaient en voyant la confusion et l'embprras de I9 garnison anglaise. Néanmoins Ils continuaient toujours d'affecter ui) grand zèle et de prendre beaucoup d'intérêt , tant |i l'aventqre cpi était arrivée è de Valence qu'au désir qu'il paanifestait de connattrq la cause de cette alarme.

Enfin , une voix de fepime se fit entendre par dessus cette Babel de sons conftis , disant : • Où est le chevalier anglais ? je suis sùrf; de pouvoir lui dire où il trouvera la seule persopqe capable i^ }e tirer d'embarras. — Et quelle est oplte personne ^ bonne femmç 7 9 dit Aymer de Yalence (jul s'impatientait de plus en plus en voyant le temps qu'il perdait à une recherç^ passal^lem^nt ennuyçps^ et même ridicule. En même temps la vue d'un partisan des Douglas,^ armé de pied en cap , dans leur viUe natale, $emb]dit comporter de; trop sérieuses conséquences pour qu'il laissât passçr ce( ipçident sans découvrir le ftmd de l'affiaire.

« Approchez, dit la voix de femme , et je yous noQ[)merai la seule personne qui puisse vous expliquer les aventures de ce ^enre qui arrivent dans ee pays. ^ A ces mots , le chevalier prit une torche des mains de ceux qui étaient près de lui , et l'élevant en f'air , découvrit la personne qui parlait , une grande femme , qui évidemment fsiisait tous ses efforts pour S0 faire apercevpir. Lorsqu'il se fut approché d'eHe , cette A^me lui communiqua d'un ton çrave et sentencieux ce qu'elle avait à lui dire.

« Nous avons eu jadis dans ce pays des sayants ^i auraient de- Tiné toutes les paraboles qu*on aurait pu leur proposer. Et si vous*»

lOO LE CHATEAU DAI^GEREUX.

mêmes , messieurs , n'avez pas aussi le taleut de les exf^iquer , ce n'est pas à moi d'en décider : en tout cas , un bon conseil n'est plus si facile à donner dans ce pays que du temps des Douglas , et peutêtre n'est- il pas sûr de prétendre conseiller sagement. — Bonne femme , s'écria de Valence , si tous voulez me donner l'explication de ce mystère , je vous promets un beau manteau de drap gris. — Ce n'est pas moi , répliqua la vieille femme > qui prétends posséda les connaissances qui peuvent être utiles ; mais je voudrais être certaine que l'homme dont je vais vous confier le nom n'aura aucun mal à redouter de vous : sur votre honneur d'homme et de chevallier, me le promettez-vous?— Assurément y répondit de Valence ; un tel individu recevra même des remerclments et une récom^nse si ces renseignements sont sincères : bien plus , il obtiendra son pardon s'il a prêté Toreille à de dangereuses manœuvres ou trempé dans quelque complot. — Lui ? oh que non ! Je veux vous parler du vieux père Powheid, qui est chargé du soin des muniments... ( voulant dire , sans doute /des monuments) c'est-à-dire de la partie que vous avez, vous autres Anglais, laissée debout. Je vous parle du vieux fossoyeur de l'église de Douglas , qui peut conter sur les anciens seigneurs , dont Votre Honneur ne doit pas même se soucier d'entendre les noms , plus d'histoires que nous n'en pourrions écouter d'ici à Noël. — Quelqu'un , s'écria le chevalier , saitil ce que veut dire cette vieille femme ? — Je présume qu'elle parle , répondît Fabian , d'un vieux radoteur qui est , je pense , l'arbitre universel concernant l'histobe et les antiquités de cette vieille ville , aussi bien que de la sauvage famille qui y demeurait peut-être avant le déluge. — Et , j'ose le dire , répliqua le chevalier , ce savant en connaît autant que les habitants eux-mêmes sur la matière dont il s'agit ! Mais où est cet homme? n'est-il pas fossoyeur? II peut connaître certaines cachettes qu'on pratique souvent dans les édifices gothiques , et savoir quels sont les gens qui viennent s'y réfugier. Allons , ma bonne vieille dame , conduisezmoi vers cet homme ; ou , ce qui peut être mieux , je vais y aller tout seul , car nous avons déjà perdu trop de temps. — De temps ! répliqua la vieille. Votre Honneur fait-il donc attention au temps? A coup sur , c'est tout au plus si j'en ai a^sez pour veiller aux in* térêts de mon corps et de mon âme. Mais vous n'êtes pas loin de la maison du vieillard. »

Elle se mit alors à lui montrer le chemin , trébuchant contre des tas de décombres , et heurtant contre tous les obstacles qui iptçr-

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