‹ OEUVRES DE WALTER SCOTT (volume 2)Chapitre 51 sur 161 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

temps, craignant que{le]chassear n'entratnât la dame hors de sa vue, au mofen de quelque sentier difficile, semblable à celui qui une première fois lui avait permis de s'évader, sir John de Wsdton laissa tomber sa lourde lance , que les arbres ne lui permeltaient pas de manier avec aisance» et , sautant à bas de son cheval , il s'ap* procha de TurnbuU Tépée nue à la main.

L'Écossais , tenant encore de la main gauche le manteau de la dame , leva de la droite sa hache d'armes, son bâton de Jedwood, pour parer et rendre le coup de s<m antagoniste ^ mais Augusta prit la parole.

« Sir John de Walton , s*écria-t-elle , au nom du ciel ! gardez-* vous de^ toute violence , jusqu'à ce que vous connaissiez le but pacifique qui m'amène ici, et par quels moyens amiables ces guerres peuvent se terminer. Cet homme , quoique votre ennemi , a été pour moi un gardien civil et respectueux ; et je vous conjure de l'épargner jusqu'à ce que vous sachiez pour quel motif il m'a conduite en ces lieux. — Contrainte et lady de Berkely sont deux mots inconciliables : le seul &it de les prononcer ensemble suffirait pour justifier la mort de qui oserait s'exprimer de la sorte ! dit le gouverneur du château de Douglas ; mais vous me l'ordonnez, noble dame, et j'épargne la vie insignifiante de cet homme, quoique j'aie des sujets de plainte contre lui , dont le moindre , s'il avait mille vies , mériterait qu'il les perdit toutes. — John de Walton, répliqua TurnbuU , cette dame sait bien que si cette entrevue se passe sans effusion de sang, ce ne sera point parce que j'ai peur de toi ; et si je n'étais retenu par d'autres considérations , non*moins importantes pour Douglas que pour toi-même , je ne balancerais pas plus à te provoquer en fece et à soutenir lesleflforts de ta rage , que je ne balance en ce moment à mettre de niveau>vec la terre ce rejeton qui en sort. »

£n parlant ainsi], Michel Turnbull leva sa hache et abattit d'un chêne voisin une branche presque aussi grosse que le bras : avee^ tous ses rameaux et ses feuilles, elle];tomba à terre entre de Walton et l'Écossais, donnant une preuve irrécusable de la bonté de son arme ainsi que de la force et de (l'adresse avec [lesquelles il s'en servait.

« Qu'il y ait donc trêve entre nous , camarade , dit sir John de Walton , puisque le bon plaisir de cette dame est qu'il en soit ainsi. Fais-moi connattre ce que tu as à me dire relativement à elle. — A ce svyet , dit Turnbull , mes paroles seront brèves ; mais feis-y bien

\ti LE CHATEAt; DANGEREUX.

attèntioii , sir Anglais. Lady Aogtista de Berkely , e& parcmirant ee pays, est détenue prisonnière du noble krd de Douglas ^ léjefitime héritier du chàteâu et du titre de ee nom; Or , Douglas se voit <A)^ Itgé de mettre à la libertié de cette dame les condition luttaiiteê » inonditions telles , sous tous tes rapports , que le droit de la guerre, juste et équitable , permet à un chevalier d'en imposer , h satoir : c En tout honneur et toute sûreté , lady Angusta sera remise à sir lohn de Wâiton ou à toute autre personne qu'il désignera pour la reoetoh* ; d*autre part, le château de Douglas lui-^nème , ainsi que tous les avant-postes et les garnisons qui en dépendent seront évacués et rendus par sir John de Walton dans Tétàt actuel et avec toutes les munitions , toute l'artillerie qui sont maintenant dans leurs murs ; enfin l'espace d'un mois de trêve sera accordé à sir Jatnes Douglas et à sir John de Walton pour régler les termes de la capitulation de part et d'autre , après avoir préalablement engagé leur parole de chevaliers et promis avec serment que dans l'échange de l'honorable dame pour le susdit château réside l'esseneè du pressent eontrat, et que tout autre sujet de discussion sera, suivant le baù plaisir des nobles chevaliers susdénommés, hoDord)lement décidé entre eux , ou même ^ s'ils le désirent , vidé en champ êtes et û«m un combat singulier , selon les lois de la dhevalerie , devant toute noble personne qui aura droit de présider et d'être juge^ »

n n'est pas ftcile de concevoir l'étonnement de sir John de Walton quand il entendit le contenu de cet étrange cartel ; il regarda lady de Bcrkely avec cet air de désespoir qu'on peut supposer à un criminel qui verrait son ange gsirdiehse préparer à partir; Des idées semblatrtes flottaient aussi dans resiH*it d'Augusta ; on lui accordait enfin ce qu'elle avait tou.)Ours regardé comme le comble de son bonheur , mais à des conditions déshonorantes pour son amant t telle jadis la flamboyante épée du chérubin servait de barrière entre nos premiers parents et les délices du paradis. Sir John de Walton , après tm moment d'hésitation , rompit le silence en ces termes :

t Noble dame » vous pouvez être surprise qu'on m'inq)Ose une condition qui a pour objet votre mise en liberté, et que sir Jrfm de Walton, qui vous a déjà tant d'obligations qu'il est fier de reconnaître , ne l'accepte cependant pas avec le plus vif empressement , cette condition qui doit assurer votre liberté et votre indépendauce ; mais le fait est que les mots qui viennent d'être prononcés ont retenti à mon oreille sans arriver jusqu'à mon intelligence, et

p twl que je prie lad; d« Bçrkeiy de m'excuser ai je preiid9 onmo-

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