CHAPITRE XVIII
ce royanme. Suivez mon conseil, et taisez-Tou$ sur ce sujet; car, croyez-moi , l'épée d'un véritable archer anglais sortira du fourreau sans le consentement de son maître , s'il entend dire qudque chose au préjudice de saint George et de sa croix rouge. L'autorité de Thomas^le-Rimeur, ou de tout autre prophète d'Ecosse, d'Angleterre ou du pays de Galles, ne sera point regardée comme une excuse valable pour ces inconvenantes prédictions. — Je serais toujours lâché de vous causer la n^oiudre oifi^se, dit le ménestrel , et à plus forte raison 4e vous mettre en colère lorsque Je reçois de vous l'hospitalité. Tous n'oublierez cependant pas ce point , je l'espère : c'est uniquement sur votre invitation que je mange à votre table, et si je vous parle des événements futurs, je le fais sans avoir la moindre intention de travailler pouf ma part à ce qu'ils se réalisent ; car , Dieu m'est témoin, il y a bien des années que je lui demande sincèrement paix et bonheur pour tous les hommes , et surtout gloire et félicité pour le pays des braves archers , où je suis né moi-même, et que je suis tenu de mentionner dans me^ prières avant toutes les autres naticms du monde. -* Et vous avez raison , répliqua Gilbert; car ainsi vous remplissez un devmr indispensable env ers le beau pays de votre naissance , qui est le plus riche de tous ceux qu'éclaire le soleil. Il y a cependant une chose que je voudrais bien savoir, s'il vous platt de me la dire : ne trouvez-vous rien dans ces rimes grossières qui paraisse concerner la sûreté du ch&teau de Douglas où nous sommes en ce moment... car, voyez-vous, sire ménestrel, j'ai remarqué que ces parchemins moisis, peu importe leur date et le nom de l'auteur , ont cette certaine coïncidence avec la vérité, que, quand les prédicti<ms qu'ils contiennent sont répandues dans le pays, et occasionent des bruits de complots , de conspirations et de guerres satiglantes, ces bruits sont très aptes à causer les malheurs mêmes qu'ils ne sont censés que prédire. — Il ne serait pas alors très prudent à moi , repartit le ménestrel , de choisir pour texte de mes commentaires une prophétie qui aUrait rapport à une attaque de ee château ; car , dans ce cas , je m'exposerais , selon votre raisonnement , au soupçon de vouloir amener un résultat que perscmne ne regretterait plus vivement. — Je vous donne ma parole, mon cher ami , répliqua l'archer , qu'il n'en sera point ainsi à votre égard : car d'abord je ne concevrai aucune mauvaise opinion de vous , et je n'irai pas Aire ensuite à sir John de Walton que vous méditez mal contre lui ou sa garnison... et, à parler franchement , sir John de Walton ne croirait pas l'individu
174 LE CHATEAU DAM&fiREUX.
qui Tien^it lui teHir un pareil laQgagé. Il à uhe haute opinion , opioicni lans dodté ntéHtée ^ de totre détoùmetit à totre mattf essé, et il croirait commettre une injtistiee en soupçonnaktt la fidélité d'un homme qui a montré qu'il n'hésiterait pas ft recetob* la mort j plutôt que dé trahir lé moindre secret de éa noble dàkné. — Ett eonsertant son secret , dit BeHram , je n'ai fâit que remplir le de- TOir d'un fidèle sertiteur, lui laissant i aie le soin dé juger com-* bien de tempft un pareil secret deyait être gardé ; car un fidèle êer- ▼iteur doit songer aussi peu , par rapport i lui , à l'issue d'une commission dont il est chargé^ qu'un ruban de soie ne s'inquiète des secrets de la lettre qu'il entoure. Et^ quant il votre demande... je ne puis me refuser , quoique ce soit simplement pour satisfiiire ▼otre curiosité , à vous décoUTHr ce que ces fieilles prophéties semblent annoncer : des guerres n'aHomeront dans Dôuglas^Dale entre un hagard on Ikucon sautage qui , je crois , est l'emblème de sir John de Walton, et les trots étoiles qui sont le^ armes de Douglas ; et je pourrais tous donner plus de renseignements sur ces sangtiinaires querelles^ si Je connaissais fdans ces bots l^endroit qu'ofU nomme BloOdy'^STkes, car en ce lieu Éiètt€f , à moinâ que je ne me trompe^ ie passeront des scènes de meurtre et de carnage entre les partisans des Trois^Ëtoiles et ceux qui suivent le parti dO Saxon ^ ou roi d'Angleterre. -»- J'ai entendu souvent , répliqua QS^ bert^ miDmer ainèi un certain lieu par les naturels du pàys^ cependant 9 ee serait en vain que nous chercherions ë découvrir refldroit précis I car ces rusés d'Ecossais noUs cachent aVeo soin tout ce qui coneetne la géographie de leur contrée, comme disent lès èàTâilts ; mais ndusponvens regarder Bloody-Sjrkes , Bdttomless-Myre, et d'autres lieux , comme des noms sinistres auxquels leîtt^ traditions altaehent quelque idée de guerre et de carnage. S'il yoils convient, d'ailleurs, nous pouvons , en allant à Féglise, essayer de trouver Fendroit qu'on appelte Bloody-STkes : nous te découvrirons , j'cm silta convaincu , avant que les traîtres qui méditent une attaque contre nous se trouvent en force suffisante pour l'oser. •
£n conséquence, le ménestrel et rareher, quijpendant cet entretien avaient eu tout le temps raisonnable pour se raiîraldifa* avec le flacon de vin , sortirent du chflt^u de Douglas , sans «ttendre d'autres hommes de la garnison , ponr tâcher de déconvHr la vallée qui portait le nlom sinistre de Bioody-Sykes. Tout ee que Greenleaf en sÉvatt, c'est qu'il avait entendu désigner un endroit par un oom Jcrh MMèi dttraat la partie 4e ehsttse lUt« #mis les alii^
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