‹ OEUVRES DE WALTER SCOTT (volume 2)Chapitre 60 sur 161 · LA REDDITION DU CHATBAU · texte numérisé non relu

LA REDDITION DU CHATBAU

Poasfes le terrible cri de lierre ; que les chimpioBi perteDt , «ipe chacon fasse braTement son defoir, et Dieu défendra la bonne cause... Saint André ! Ils pon- Taient pousser trois fois ce cri , et le poussaient de toutes leurs forces ; puis ils marchèrent contre les Anglais , comme je tous Pal bien dit. Ifos Anglais leur répondirent en criant : Saint George , le braye cheya-^ lier de nos dames! Us criaient ainsi de toutes leurs forces en répétant trois fois ce cri. Vieille Ballade»

La crise extraordinaire mentionnée dans le cbaf^tre précédent força , conune on peut bien le supposer, les cbefii des deux partis à mettre de côté toute dissimulation : ils déployèrent toute» leun forces en rangeant en bataille leurs partisans respectiiSi. On vit alors le célèbre chevaUer de Douglas tenir conseil avec sir Malcolm Fleming et d'autres illustres cavaliers.

Sir John de Walton , dont Tattention avait été éveillée par la première fiinfere de trompettes , tandis qu'il cbercbait avec inquiétude à assurer une retraite à lady Augusta , s'occupa aussitôt du soin de rassembler ses hommes, soin dans lequel il Ait secondé par l'active amitié du chevalier de Valence.

Lady de Berkely ne se montra nullement intimidée de ces préparatifs de.comèat. £lle s'avança suivie de près par le fidèle Bertram , et une femme en costume de cavalier, dont la figure, quoique soigneusement cachée, n'était autre que celle de rinfoftunée Marguerite de Hautlieu , dont les pires craintes s'étaient réalisée» quant à l'infidélité du chevaUer son amant.

Suivirent quelques instants d'un silence qu'aucune des personnes présentes n'osait prendre sur elle de rompre.

Enfin le chevalier de Douglas s'avança , et dit à haute voix : < Je désirerais savoir si sir John de Walton est prêt à évacuer le château de Douglas, sans perdre un temps que nous pourrions^ employer à combattre /.et s'il lui fout le consentement et la protection de Douglas pour le Cure? »

fW LE CHAÏEA0 DAÎfÔeREUX,

Le chetaVer ût Wftlton tira son lêlpée : t Je tiens le chitesm de Boudas, dit^il , et Je le défendrai contré l'tmif ers entier... Jamaié d'ailleurs Je ne demanderai à personne ce que je puis m'assurer par ma seule épée. — Je suis des vôtres, str John, dit Âymer dé Valenee , et je tous soutiendrai ea bon camarade contre quiconque peut nous cbercber querelle — Oouras^, nobles Anglais! dit la voix de Greenleaf, prenez vos armes, au nom de Dieu! Arcs et bills! arcs et bills!... Un messager nous apporte la nouvelle que Pembr^e est ea^arcbe venant des frontières d'Ayrshire , et qu'il nous aura rejoints avant une demi-heure. Au combat, vaillants Anglais! Yalencei rescousse! et vive le brave comte de Pembroke! t

Les Anglais qui se trouvaient dans réglise et à l'entour ne tardèrent pas un instait à prendre les armes. De Walton cria de toutes ses forces : « Je conjure Douglas de songer à la sûreté des dames !» Et il se fraya un passage vers la porte de Téglise , les Éeosaak no pouvant rés»ter à FimpreSMon de t^frev qui s'empara d'eux à la vue de eet illustre chevalier sedondé par «on frM d'armes, tous deux depuis long-temps la tendeur du pa^. Dt Wallon etit réussi à sortir tout-à-lbit de l'éfi^ise, s'A n'eât été eo«ragettsèment arrêté par le jeune fils de Thomas Dldnon ^Esif* zdside, tandis que son père recevait de Douglas rordre de veitler à oè que lea dames ^rangères ne souilMsseiil aucun mal dormt le eoaÂat qui ^ long-temps ^tfété , allait ^fin s'engager.

Dursmt ce temps-là, de Walton jetait les yeux sur ladT AugiMlâ aivee uii vif dé^ do vol^ h son seee«r§f mate U fut oUigé de reconnaître qu'il pourvoirait mieux è sa sftreté en 1» MsvMit lottt lâ proteeticm de FbcMmear de Douglas.

En attendwt , le jeune Di^son frappait coupe sur cMps , deoM»^ domt à son ooorage, malgré sm extrême jeimesse, toi» les eibrto éwt il était cifableponr eonquArir la glaire réMrvée w vateqowr te eétèbre de Walton.

< Jeune fou, » dit ente ^ John, qui avatt d^aboré épjNrgné II pawre garçôa, « reçois donc la mort d- une nobte main, puisque tu la préfères à des jours bmgs et pateârtea. -^ Peâ oa^importo, « v^iqua le jeune Écossais d'une voix nwrante ; « J'ai vécu assez ton^Ump$ , puisque jo vous at retenu si long*temps à la ^heo oè vMsètes^ »

Le jeune hMime disait vrai $ car, au mom^t ttKmo oè il tomi^ pour ne plus.se relever^ Douglas lo r»flBfa^ el saw Un m iWl

CHÂFITilS SX. IM

m>t, r^ii6iU¥«lft a^eti é% WaHm ^ formiâtlil* combat siBgQlîer oà ils araient d^'à fait previv^ de tait de owrafe. lU teietèreoit hm nir rautr« aveo uq pedout^Iemept de tarie. Sir Ayœer de VatoMe «Ua se placer à fmche de soa ami de Walton, et il senatdait d^iiw qu'un partisan de Dwgflaa vint se Joindre à son ehef pow* qu'il pbt IpiHQséaoe prendre pari à TactiQn i mm w Ttyant pefsçftne qui semblât disposé à le satiafaire, il mQd4ra $m envie, et deaieiira llmple spectateur, bien eontre sen gr^, flnfin il sembla tue l'iemipg, qui se tenait au premier rang desehevaHers écossuii^ voult^ se mesurer avec de Yalenee. Ayraer lui-mteae, brûlant éa désir de se battre , s'écria enfin : c Infidèle chevalier de Qoc^all ! en avant I défendez-vous contre r^nputation d'avoir abandonné la dame de vos amours et de foire la honte de la ^evaleri^. — Ma réponse , dit Fleming , même ^ une insuHe m>w grave , pend à mon e4té« » En un i<^tant le fsr brilla dans sa main , et parmi les guerriers » les plus habiles spaetaleurs eiirent peine ^ snlvre des yeux une lutte qui ressembla plut^ à une teavMe dws un pays de inantagnes qu'^u cliquetis de deux épées qui friqqKSdt et ^ parent , qui tour à tour attacpient ou repouiasent.

Les coups se succédaient avec une effrayante r^ôdité i et quoique les deux combattants ue pussent pas, comme Doui^as et de Walton, ew^ver un certain degré de réserve, foudé sur le respect vnfi ces cheiFaHers avaient l'un pour l'autre i cependant au dé^ttt d'art supp^it ebea de Valence et FlemJw we fiuremr qw rendait l'issue du combat presque aussi ^certaine.

Voyant leurs «upérie^s ainsi engagés dans une lutte de déses? poir, les simples eombsittantSi suivant l'usage , rest^e»t ivamobikt de part et d>utre, et les regardéreut avec uu reivect iwstimstit Voe femm* ou deux^ avaient été #epeuda«t attwéîs, suivant la nature de leur sexo« par leur coaq[)assion envers eeux ^ étaient ^à tombés victimes des diauees de la guerre. Le jeune piçlisoiii qui rendait le dernier souj^ir sous les pieé& des com^ttants ^ fut eu quelque sorte arraché au tuumlte par hif de Berkely, de la. f9x^ de qui cette açtiou parut d'autairt mioins élrange qu'ette portait cpcore son habit de pèlerin. £Ue essaya vainement d'attiir^ l'atteun' tion du père du iw&o bonmie sur la triste tâche qu'elle s'étaiit m* posée.

< Ne vous embarrassée pas, madame , de ee qui est inréparabto» dit le vieux Pickson, et ne distrayez pas votre attention et b mienne du soin de votre sûreté, que Doiiglee »)tti #^ fjfOmàiti

m LE CHATEAU DANGEREUX.

et» s'il platt à Dieu et à sainte Brigitte, je la considère comme mise par mon commandant sous ma responsabilité. Croyez-moi, la mort de ce jeune homme ne sera point oubliée , quoique ce ne soit pas à présent le moment de s'en souvenir. Le temps des souvenirs viendra , et avec ce temps Theure de la vengeance. »

Ainsi parlait le sombre vieillard , détournant les yeux du corps sanglant qui gisait à ses pieds , modèle de beauté et de force naissante. Après y avoir jeté un dernier et triste regard, il s'éloigna et vint se placer à Tendroit d'où il pouvait le mieux protéger lady de Berkely, sans tourner de nouveau les yeux vers le cadavre de son fils.

Cependant le combat continuait sans le moindre ralentissement de part ni d'autre , mais aussi sans aucun avantage décidé. Enfin , toutefois , le destin parut disposé à se prononcer. Le chevalier de Fleming, poussant en avant , avec furie, et amené par hasard presque è côté de lady Marguerite de Hautlieu , porta un coup à foux , et le pied fui glissant dans le sang du jeune Dickson, il tomba devant son adversaire et fut sur le point de se trouver à sa merci. Mais Marguerite de Hautlieu , qui avait hérité de l'àme d'un guerrier , et qui n'était pas moins vigoureuse qu'intrépide , voyant une hache de médiocre grandeur sur le pavé où l'avait laissée tomber l'infortuné Dickson , la ramassa aussitôt , en arma sa main , et intercepta ou abattit l'épée de sir Aymer de Valence , qui , autrement, serait demeuré mattre du terrain à cet instant décisif. Fleming songeait trop à profiter d'un secours si inattendu pour s'arrêter à rechercher d'où il venait ; il regagna aussitôt l'avantage qu'il avait perdu , et réussit dans la suite du combat à donner le croc enjambe à son antagoniste , qui tomba sur le pavé , tandis que la voix de son vainqueur , s'il méritait réellement ce nom , faisait retentir dans

l'église ces fiitales paroles : « Kends-toi, Aymer de Valence!

Rescousse ou non rescousse!... Rends-toi, rends-toi! i ajouta-t-il en lui mettant l'épée sur la gorge, « non pas à moi , mais à cette noble dame , rescousse ou non rescousse ! »

Ce fut avec un profond serrement de cœur que le chevalier anglais s'aperçut qu'il avait totalement perdu une occasion si favora* ble d'acquérir de la renommée , et il fut obligé de se résigner à son sort, ou de se laisser tuer sur place. Il avait seulement une consolation , c'était que jamais combat n'avait été soutenu avec plus d'honneur , puisque la victoire avait été aussi bien décidée par le Inrsard que par le courage.

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