CHAPITRE ÎX
L'issue du long et terrible çoBibat entre Douglas et de WaUoQ ne resta plus long-temps incertaine. A vrai dire , le nombre dea victoires remportées en combat singulier par Douglas était sigrand,. qu'on pouvait douter s'il n'était pas supérieur en force et en adresse, à Robert Rruce lui-même : il était du moins regardé presque comme son égal dans Tart de la guerre.
Après trois quarts d'heure d'une lutte acharnée , Douglas et de. Walton ,.dont les nerft n'étaient pas absolument de fer, conuneDr-. cèrent à laisser apercevoir par quelques signes que leurs corps d'humains sç ressentaient de leurs terribles efforts. Les coups commencèrent à être portés plus lentement et forent parés avec moins de promptitude. Douglas , voyant que le combat touchait à sa fin , fit généreusement signe à son antagoniste de le suspendre un moment.
« Brave de Walton , dit-il , il n'y a point de querelle à mort entre nous f et vous devez reconnaître que , dans cette passe d'armes , Douglas , bien qu'il ne possède en ce monde que son manteau et son épée , s'est abstenu de prendre un avantage décisif, avantage que la chance du combat lui a offert plus d'une fois. La maison de mon père , les larges domaines qui l'entourent , l'habitation et les sépulcres de mes ancêtres forment une récompense raisonnable, pour exciter un chevalier à combattre ; ils m'ordonnent d'une voix, impérative de poursuivre une lutte dont le prix est u beau. Quant à vous , vous êtes toujours aussi bien venu près de cette noble, dame , dont je vous garantis l'honneur et la sûreté , que si vous la. receviez des mains du roi Edouard lui-même ; et je vous donne ma parole que les plus grands honneurs qui puissent attendre un chevalier malheureux , sans l'ombre de ce qui pourrait ressembla à une insulte ou à une injure, seront réservés à de Walton , s'il remet le château ainsi que son épée à James de Douglas. — C'est le destin auquel je. suis peut-être condamné» répliqua sir John de Walton ; mais jamais je ne m'y soumettrai volontairement , et l'on ne dira pas de moi que ma propre bouche, à moins que je ne fusse réduit à la dernière extrémité , a prononcé contre moi-même la fatale condamnation. Pembroke est en marche avec toute son armée pour secourir la garnison de Douglas ; j'entends même déjà le galop de son cheval , et je ne lâcherai point pied lorsque je suis à l'instant d'être secouru. Je ne crains pas non plus que l'haleine qui commence à me manquer ne me permette pas de soutenir cette lutte jusqu'à l'arrivée du secours que j'attends. Allons donc , et ne me traitez pas comme un enfiant ^ mais comme un homme qui , destiné
Ml LE GHA¥ËAl7:i)AMÔBBEUX«
I là vietoiré $ k la ûéhite , ne redoute pas d'afôir è rédbtèr l toute la totù^ de soii adrersaîre. — £b trien donc , soit ! t dit DûUglas : et aéli fhNÉt, tandis qu'il pronon^t ees mots , se eônrrit d*une teinté $mlbm semblaUe è te ècHtleur livide d'un nuage ^oi recNe la fm^ iM f indfee d'une résolution bien prise de inettre promptement M à cette lutte. Mais tout-à-coup , un bruit de pas de cbèvaux appris eiattt dd piné en plus , un cbefâlîer gallois , ^*on réconnut pour tri à la petite taille de ion courtier, à ses Jambes nues et à sa lame MMyiglaiitée ^ eria de toute sa fbree aux combattants dé s'arrêta.
* PesAroke esMl près d'ici ? demanda de Wiritou; -^ Il n'est qu'à Loudm-Hill , répliqua reiprès ; mais J'apporte ses ordres ft air Jobn da Walton. — Je suis prêt à j obéir au péril de tnes jours i répondit le (Aétalier. ~ Malbeur à moi ! s'écria le Gallois ; lliut'lt dMo que ma bou<die apporte aux oreilles d'un homme si brave d'aussi Ik^eoses nouvelles ! Le comte de Pembroke a reçu biér Tavts que le ebàteau de Douglas était attaqué par le fils du dernier s^^gneur et par tous les habitante du pays. Pembroke , à cette nou-^ vrtle^ résolut de marcher à votre seéours, hoble chevalier, aveê toutes les ferees qu'il avait à sa dispositiem. Il se mit en marche ; eè âé|à il concevait Tespérance de pouvoir délivrer le château ^ quand séudàin il rencontra à Loudôn-HHl un corps de troupes qui n'était ^uère inMrieur au sien pour le nombit j et commandé par lé fe« meus ft'iiee , que les rebelles écossais reconnaiss^mt pour roi. Il manAMi aussitôt à rmmemi , Jurant qu'il ne passerait pas même mi peigne dans sa barke grise avant ^ar(^ délivré à tout Jamais TAUgleU»Te de ee fléaii sans cesse renaissant. Mais les chances de là guerre étaient contre nous. ^
Là il s'arrêta pour reprendre haleine.
« Je tn'7 étais attendu , s'écfta Douglas. Robert Bruce potuTst dùtmir maintenant, puisqu'il a vengé sur Pembrdke, dan^ soft propre pays , le massacre de ses amis et la dispersion de Son strmée à Methuen-Wood. Ses hommes sont , il est vrai , accoutumés à braver et à surmonter tous les périls. Ceux qui suivent sa bannière ont ftiit leur éducation sous Wallace, (mtre qu'ils ont partagé les dangers de Bruce lui-même. On croyait que les vagues les avaient engloutis lorsqu'ils s'embarquaient pour venir de Totiest ; mais sachez que Bruce s'est déterminé , dès le retour du printemps qui commence, à renouveler ses prétentions légitimes; sachez qu'il ne sortira pas d'ÉcosSé tant que la vie lui restera au corps , tant qu'il demeurera un seul seigneur pour défendre son souverain , en âèr
pîft dft tittte la |[^ùi«ftii«e 4ii'<Mi a ^erBdaiBMt ééfk^ ûailre !«§« -^ U a'eM (1^1 trop i rai , dit le Gallob M^réttk , qniqiia de soil na fer &o«uâê ^ |Murto. .* L« eoiute de Pambroka^ êomfiittÉnmi dédit ) art inaipabla 4e «ortir d'Ayr, oà il a'ert retMafaede gle»^ éei pfHrtaa i et il m'envoie aemmaB^ à 9ir Job» de WaUiBi d'otite» m la» wttUeiirai nwditioiMi pesMbles poiur la reddlKiM d» abMeàtt de Deufl^ft » le pi*é?<»a&t ^u'il ne ûoH plu» aoa^pter «w aen teeoiira. n
Lea ÉcewM, en apprenant aei nouYelles iaattenâ«eé» penstè^ lent des om «î bruyants et û én^gifim^fueleaniineadelatieite église parurent rétament l'éliranler rt manaear de tambop otei fracas sur la foule entassée dans son enceinte*
Le firent de sir de Waltoo $9 ceuvrit d'un nuage» à la MttTeUe du désastre de Pembroke. Quoiqu'il restAt parfeitematit libre de praii*^ dre tout^ lea oieaurei eenveiiables pour la sûraté de \9àf Angosta^^ il ne pouvait plus nétfmoiiis demander les eendîtioiis boiieraUee qui lui avaient été o^tes par Qenglas avant la nowelle de le be* taille de LopdeiKJBilK
« Noblç éheval^r» dit-il» U esl entiiremwt en votre pouvoir de ne dicter les conditions de la reddition dn ebAtean de vos pèreti et je n*aî mmxm droit de rédanier de vous ceUea que nie proposeil votre générosité il n']F a qu'un instant* Mais je béo lésîgne à men s«^) et» quels que soient les teraMs que vous jugerei eiAveMMe de m'aeeoidmr» je ase dét^ à vous Huàtt eette arme^ dent je tourne en ce meueiit la pointe i terre poor aiàrqner que je ne m'en serirtrai plus eontre vons avant qu'une berâéte ran^ra hl remette ane^re «ne Ibis à au dUspoettien. -^ A Bien ne plaise^ s réi^iqna le neUe James de Doii|^# « quoja premie un tel avaft-» tage sur nn dea plus braves diev dîers qui se sont mesurés avae moi sur un ehanip de bataille 1 Je suivrai Taiemple du dMvalier de Fleming» ^ a gelanmiept fait eadew de son csfiif à une noble dameisette iei présente i de mémo» moi» je eàde tous mes dreila sur la personne du brave ebevalier de Walton à la bante et noble dame lady Angusta de Berkely /qui » je respire» ne dédaignera pse d'aeeefrter de Douglas un présent que les ebanees de la guerre obI mis entre ses makis. »
Sir Jidm de Woltim» i cette déeision n^ttendoe, ^prouva la^ sentiment pareil à celui du voyageur qsk a|Mr^ ei^ les. rajrona dtt soleil qui va doaspter et dissiper la tempête dont il a étébalto tout le jour. L»àf Auguata de Berkdiy se rappela ee ipii eenvenail à son rang» et sentit comment elle devait répondre à ta MUepi»i
position de Douglas. Se hâtant d^essuyer les larmes qai avaient inf olontairement coulé de ses yeux , tandis que la sûreté de son amant et la sienne propre dépendaient de Tissue douteuse d*un combat désespéré , elle prit l'attitude d*une héroïne de cette époque, qui ne se croyait pas indigne d'accepter le rôle important qui lui était confié par la voix générale de la chevalerie. S'avançant de quelques pas, avec l'air gracieux, mais modeste, d'une dame accoutumée à décider en des cas aussi graves , elle s'adressa à l'auditoire d'un ton que lui aurait envié la déesse des combats venant distribuer ses faveurs sur un champ de bataille tout couvert de morts et de mourants.
« Le noble Douglas, dit*elle , ne sortira point sans récompense d*un combat où il s'est tant illustré. Ce riche collier de diamants que mes ancêtres ont conquis sur le sultan de Trébisonde lui-même, récompense du courage , sera honoré en soutenant , sous l'armure de Douglas, une boucle de cheveux de l'heureuse damoiselle qu'il a choisie pour reine de ses pensées. Si, en attendant, sir James veut y laisser les cheveux qui maintenant y sont attachés , la pauvre Augusta de Berkely saura qu'elle a obtenu son pardon pour avoir exposé un mortel à combattre le chevalier de Douglas. — Aucun amour de femme, répliqua Douglas, ne séparera ces cheveux de mon sein , et je les y garderai, madame, jusqu'au dernier jour de ma vie , comme emblème du mérite et des vertus de votre sexe. Et, sans voulov aller sur les brisées de l'illustre et honorable sir John de Walton , que ceci soit connu de tout le monde , quiconque dira que lady Augusta de Berkely a, dans cette affoire difficile , agi autrement qu'il ne convenait à la plus noble créature de son sexe, fera bien de se tenir prêt à soutenir une telle proposition contre James de Douglas, lance au poing et en champ dos. »
Ce discours fut entendu avec une approbation unanime : les nouvelles apportées par Meredilh de la dé&ite du comte de Pembroke, et ensuite de sa retraite, réconcilièrent les plus fiers des soldats anglais avec l'idée de rendre le château de Douglas. Les conditions nécessaires furent bientôt arrêtées, et les Écossais prirent possession de la place , ainsi que des provisions , des armes et des munitions de toute espèce qu'elle renfermait. La garnison put se vanter de ce qu'on lui laissa passage libre , avec armes et chevaux, pour retourner par la route la plus courte et la plus sûre vers les Marches d'Angleterre , sans éprouver aucune insulte ni causer le moindre dégât.