CHAPITRE XX
Marguerite de Hautlieu ne resta point en arrière pour la gêné" rosité : sans exiger de rançon » elle permit au brave chevalier de Valence d'accompagner son ami de Wallon et lady Ajigusta en Angleterre. '
Le vénérable prélat de Glasgow, voyant une scène, qui d'abord avait paru devoir finir par une bataille générale, se terminer d'une manière aussi avantageuse pour son pays, se contenta de donner sa bénédiction à là multitude assemblée , et se retira avec les ecclésiastiques qui étaient venus assister au service du jour.
Cette reddition du château de Douglas, le dimanche des Rameaux, 19 mars 1306-7, fut le commencement d'une suite de conquête» non interrompues , par suite desquelles la plus grande partie des places et des forteresses de T Ecosse furent remises aux maint de ceux qui combattaient pour la liberté de leur pays, jusqu'à ce que la victoire décisive fût remportée dans les plaines fameuses de Rhaunockburn , où les Anglais essuyèrent une débite plus désas^ treuse que toutes celles dont leurs annales font mention. Il reste peu de chose à dire sur les différents personnages de cette histoire. Le roi Edouard fut vivement irrité contre sir John de Walton pour avoir rendu le château de Douglas et s'être néaQmoins assuré Vùbjet de son ambition , la main enviée de l'héritière de Berkely. Les chevaliers à la décision desquels Failaire fut soumise déclarèrent cependant que de Walton ne méritait aucune césure, puisqu'il avait rempli son devoir avec exactitude jusqu'à Tinstant où l'ordre de son officier supérieur l'avait obligé dé rendre le Château Dangereux.
Un singulier raccommodement eut lieu, plusieurs mois après , entre Marguerite de Hautlieu et son amant , sir Malcolm Fleming. L'usage que cette noble dame fit de sa liberté et de la sentence du parlement écossais qui la remettait en possession de l'héritage de son père , fut de s'abandonner à son esprit aventureux en afihintant des périls que ne bravent pas ordinairement les personnes de son sexe ; et non seulement lady de HautJieu fut une intrépide chassejresse , mais encore elle se montra, dit-on, courageuse jusque sur des champs de bataille. Elle demeura fidèle aux principes politiques qu'elle avait adoptés jeune encore ; elle semblait résolue à tenir le dieu Cupidon à distance , sinon à le fouler sous les pieds
de son palefroi.
Fleming, quoiqu'il eût quitté les environs du comté de Lanark et d'Ayr, essaya de s'excuser auprès de lady de Hautlieu , qui lui
Ll GU4TBAV DANOBRBUX. iS
186 LE^GHÂTBAU DAMOEREUX.
reoToya sa lettre smi^ l'avoir oarerte^ *et parut bien déteimiaëe à ne pla8 songer à leur ancien engagement. Il arriva ùéànnKrfns ^ ) une époque plus avancée de la guerre contre rABgteteri*€f ^ ^ii^tiiie nuit où Fleming voyageait sur les frontières , suivant la éëutiltile de ceux qui (Aerchainitâeaaventtft«s^ une j^md Mtàtitcl, flortant un costume fântasti(|ue , vint lui démaudet kl prtÂ^iûtï de ton bras , au nom de sa maltresse, ^i venait, le $oir même j d^éf lie arrêtée y ditait-elle, pat' des co^ns qui remmenaient de ft^rcë dstiis la forêt. Xa lanee de Fleming fut ausitt6t tûm en arrêt, êf îttsltbeur au bandit k qui le sort réservait ft*en recevoir le pl*eniier eboc ! En elfet ^ il roiâa $«t la poussière è( fift Ms fioH de cottSaf . Un second coquin éprtmva le même sort sans beaticoiip pin» de réttstanoe, et la dane délivrée des liens honteux ^ui la privatiêttt de sa liberté, n'hésita point à faire routé avec le bi^até cbëtâliér 911 Favatt secoume. Quoique robseurifé ne lui permtt pas Aè irtofiBnattre son ancien amant dans son libérateur^ elle ne put é-efA" pêcher néanmoins de prêter v(dontiers ForeUlé aux discoure ^û'H m tint pendant quils cheminaient chsénible. II dit ^ lés baiidifs fi^ avait terrassés étaient des Âiiglan qût ie plaisaient à eiereeldes aetci de barbarie et d'oppression contre les demoiseRes i^tôtêe fnll» rencontraient, et Qu'en eonséqtience c'étérit une ^Migntîùk pwr les guerriers de c^pay^ d'en tirer vengeance, tant que le lâng couleratt dans lem^ "Peines. II patla de l'injustice de la quë^ féHe natitmale qui servait ê^ prétette à de pareHlcs violences. De son cdlé, la jbme, ((ui avait tant soufi^t étto-même de Fihtéi'Veittion des Anglais dans les affaires de l'Ecosse , entra sans peine daiiè les^ sentiments que le chevsdter ei^priéiait avec tant d'étoquéhce. £He répondit en persohne qiti n'hésiterait p^k^, si h» temps ve^ virent à demander un pareil exemple, h défendre même de i» imiû Isa drofts qn'eUe ne sontenaH alors qn'cn paroles.
Charmé des opinions qu'elle énom^ait , et retrouvant dans àè lêit to I^aMr secret qui, une fois gravé dan» te cœur humain, en esi dHcilement effètcé, même par une longue suite d'événemeirts^ Fleming se persuada presque que ces accents hii étaient ftimîlîeré, et av2^nt jadis formé la clef de seà plus intimes aflfisctilon^. A mesure ^'fls continuaient de Mre route ensembk^, te troublé dti ditetaller augmenta au Heu de diminuer. Les scènes de sa première jeunesse se retraçaient à son esprit , rappelées par des circonstanceê si fr^ voles que , dans des cas ordinaires , elles n'eussent produit aucun ôfiet. lies sentiments qu'on manifestait devant lut épient sembla-
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efé^sètilë M ^efÉift S'eoftret«if M tfâit» de fo b«lte ete^ssk^ était- tt ^épâf« fl èf^è 4»'» eM derèdiel às'ilj^pcler hf ebaiÉpieft dé Mâl^gtfeHtê iê HAitliefa. M irgttèrUli f dani éettte âA*6ttse dbé^ tHréé 6d èAé è'êtdit Retirée d^ résltee; atàit résoto (etqiiaUe ftmtncf if ëii éttt péim fKtt àiftâfiit?} ^« tmtet toU# tes tttorefls pêàr i^écbutrei* fuie iiâhië dêé èHafcnès ^'eBe âPiAt li»ei*îltft. Vii Ioe^^ iërraltëdtefefDpâ, et re ^emirn d'haSMès OMifuri ûitàmi rétteià êffeëer leé éteatrléeé que M aftâitt hiilséés sia èittttt. Elfes tf «lent t)ré$qué dispafra; et Feètl àiaKraité ne ^àiUaft {Ms s) dtflbMWf» e4ché qu'il était par un ruban noir , et par le talent et ïéSf^^ d'iMe marne &é étiantfirl^ ^t iè (É#iem M soM de lé diéslmtef sivec nâi^boueie êë eHévetfi. Stt ùH oactt f Nf ebetiAiei^ ré^éfait Maffwrite de fl^Éutfteti (ietf Éfl^iitè de éè «pf il TàtÉit éMfflÈe AftreM9 , {M^daïtt toti}(mi^ ûhe éipt(Si%tùft de t^sMueiÉite ^tfi ptilrile^t âd oanuière bâtrt èf ^àssMÉrné de dW Mué. It leiti* ifeéMM âito à f dtf^ detti (joé té dëétii^, ^ tes ^AifMsMfit afffM fiÉ9 ^paraltiw fli iistt^iss^ si dé^iéif e, tîniit déeréM 4tt«f lèôflf i^ttuM» Aatefit iNf4parables Tune de l'autre. Pendant que le soleil d'été s'étevait dfà à une certaine bauteor da&& les cieux^ les deus: voyageurs s'étaient séparés de leur suite, causant ensemble avec une chaleur égale à l'importance des a&ires qu'ils discutaieiit,^ Peu tf^te il ftil généralement connu en Ecosse que sir M alcolm Fleming et lady Marguerite de Hautlieu devaient être unis à la cour du bon roi Robert , et l'époux investi du comté de Biggar et de Cumberland » comté qui demeura si long-temps dans la famille de Fleming.
Le lecteur bienveilt^i sait d^ que ce^ étfntes sont , suivant toute probabilité, les derniers que l'auteur aura à soumettre au public. Il est maintenant à la veille de visiter des pays étrangers. Un vaisseau de guerre a élé désigné par son royal maître pour conduire l'auteur de fFaverley dans des climats où il recouvrera peut-* être assez de santé pour achever ensuite le fil de sa vie dans sa con-*
aOO LE CHATEAU DANGEREUX.
trée natale. S'il eût contimié ses travaux littéraires habituels ^ il semble fort probable qu'à Tftge où il est déjà arrivé , le vase , pour employer le langage énergique de TÉcriture , se serait brisé à la fontaine ; et Ton ne peut guère , lorsqu'on a obtenu une part peu commune du plus inestimable des biens de ce monde , se plaindre que la vie , en avam^ant vers son terme , soit accompagnée de troubles et d'orages. Ces maux ne Font pas afSecté, du moins, d'une manière plus pénible que ne le comporte nécessairement cette partie de la dette de l'humanité. De ceux dont les rapports avec lui , dans la carrière de la vie, auraient pu lui assurer quelque sympathie dans ses douleurs , plusieurs n'existent plus aujourd'hui ; et ceux qui peuvent encore assister à sa veille ici -bas ont droit d'attendre, dans la manière dont il endurera des maux inévitables, un exemple de fermeté et de patience que doit surtout donner un homme qui n'a point eu à se plaindre du sort pendant le cours de son pèlerinage.
L'auteur de fFavedey doit au public une reconnaissance qu'au^ cune expression ne saurait rendre. Il peut lui être permis de penser que les facultés de son esprit, telles qu'elles sont, peuvent avoir une date différente de celles de son corps. Il pourra donc encore présenter à la bienveillance de ses amis , sinon des travaux qui se rapportent exa<^ement à son ancien genre de littérature, du moins quelques essais différents qui ne donneront point lieu à la remarque :
Le Tietll«rd trop long-Umpt eit resté tor la tcéne. Abbotfford , septembre 1881.