‹ OEUVRES DE WALTER SCOTT (volume 2)Chapitre 67 sur 161 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

mais ils Tenront que Luckie ' Dods ne déposera point le bouchon pour eux. Oui , quoiqu'ils aient fait de leur h6tel une tontine , et qu'ils aient enfilé toutes leurs vies au bout Tune de l'autre , comme une troupe d'oies sauvages , pour que celui qui vivra le dernier jouisse du bien des autres (présomption de damné !) , je leur résisterai aussi long-temps qu*il me restera une bonne langue et de solides poumons. » Il fut heureux pour Meg , puisqu'elle avait formé ce courageux dessein , que , son auberge ayant vu diminuer ses chalands , ses terres au moins se fussent élevées en valeur y de manière à rétablir la balance sur ses livres de compte : il y eut même plus que compensation ; ce qui , joint à sa prudence et à son économie habituelles , lui p^mit de persévérer dans son digne projet. Elle continua son commerce » mais en ayant prudemment égard à la diminution des profits : elle masqua les fenêtres de la moitié de sa maison pour faire pièce au collecteur des taxes ; elle retrancha beaucoup de choses dans son mobilier , et en réformant la paire de chevaux de poste qu'eHe avait , elle pensionna le vieux postillon bossu , qui jusque-là les jivait conduits ; elle le garda pourtant à son service pour aider un gargon d'écurie encore plus âgé. Pour se consoler de toutes ces réformes , qui blessaient secrètement son orgueil , elle s'arrangea avec le célèbre Dick Tinto pour repeindre l'enseigne paternelle , qui était devenue presque indéchiflîrable ; et Dick , en conséquence , dora de nouveau la crosse de l'évèque et augmenta l'aspect horrible du diable au point de le rendre la terreur de tous les marmots de l'école , une visible traduction de tous les portraits épouvantables de l'ennemi du genre humain que le ministre de la paroisse s'efforçait de graver dans leurs cerveaux encore tendres.

. A la feveur de ce symbole régénéré de sa profession » Meg Dods , ou Meg Dorts * , comme on l'appelait ordinairem^t à cause de sod humeur revèche , fut encore visitée par quelques chalands fidèles. Tels furent les membres du club de Killnakelty-Hunt , jadis fiimeux sur le gazon et dans les champs , à la course et à la chasse , mais aujourd'hui vénérables tètes grises qui , au lieu de traquer le renard avec une meute bruyante et au grand galop^ des chevaux, mettaient à l'amble leurs bidets paisibles pour venir dîner chez Meg. • Ce sont des gens honnêtes , disait-elle ; ils aiment à rire et

i. Luekie , en écossais , signifie mère : c^est donc là mère Dodt, a. ■• 2. Meg Dortt , eupressioos écossaises, qui TeiUent dire en anglais Ifttlrttt 5coni<< /îil , et en français, Madame la Dédaigneuse, ▲. m.

LIS BàUX DB lAlMT-ROHAN. 14

"Wk LES EAUlC bÉ l^AÏNt-RONAN.

% «HHhlér, et pMir^ttoi fton? LWt écot ttbtite jUstlè I Une peMè l9'É0ms6 ' p«H^ lète , et t>er90àne né petit dit^ qu'ils è'én ttêiiti^t iBàl. Ce Mit lés miM'ireusc d'at^tiM'hui ^i M p^y^t supportëir IM» mtsâ'abte ^ôpftiè , tandis que ees brtt^ g«nè preittiéfttè leat

Il :f âVàît aus^i m^ anefettîie ôbmDagrttte de frètes dit Attmepdh> iqôî tenaient ft^qHemmeirttl'Éditftboiii^g Visiter Satat*Rt>nan dnraut fei deux sûf«oiis du pHbtemps et de lét€. Cette el^se dliMeé e^m- TSËaf t beaue^p à Meg , qui leu^ pennetlait ehèz elle bea«ieoup ^làs de iatllâdè et de prfTatités qu^elté n'en aecordàtt à personne. -^ Ce èmt , âlsait-etle, de vieux et ftns toiatels ^ Mteiit de t^l €^ leHV* pain est tyetiitié ; vous h'en verrei aueun irtier à ki source , t^ôMine un appelle là-bas eelté vieille tuat^è. Nou , nun ^ ils se fêtent éé lK»ue heUt^ , prennent leur fmrf^it^ • aVeio leuf petit veri* H^tt-^vie trieu plefu , s>u vuut daus tes Montagnes ^ mung^H; lèi* viande «hoîde suf la brUyère , i-évlenueut au bgis av^ tour j^àuier f^mpM de truites , èe les font servie à leur û\tm , àVàleut UUe bMUè ^è d'àle , suivie d'un grand ^tte de puncJi , ehahteM leû^ ^efhilUs UU eanous , ainsi qu'ils lus appellent , JusqU'U dlk tfeiff^ j et tout èe éunehe)^ uu disaut : ^ Dieu vous b^ii^! i^ «t Ijeuirquoi won ? >

Nuuè pouvous tHl^ , un tiSNSicÂne Meu , t|ueli^ ^aleuïent de la «kétrupcrte poi# visiter Saint-AcHian. Ils étalelit Mtlr^ par rhUiniUUr «ufé du Mug , et enoovu plus par ruxeuHaMe ide ses liquides Ut lU bas prix de «es écuts. C'étaient des lUetïAi^ 4es elubs de Hetter-^Sketter , ée WiWffire et autres sociétés , te^- %iéés tout exprès péur y iite adieu au^x smidfe et i la tefnp^aiieu. De pareils hôtes occasionaient maint tintamarre dan» la fuafson de ■Meèi et par âMke tuàinte bourrasque é^m Honneur de tadite Meg. ils avaî^t à leur dispositkm plus d'un luoyen pour obtenir d'^Hu , par la flatterie ou la violence , qu'elle leur donnât encore à btrire quand sa consiclenue lui disait qn'Hs en ^vttent déjà par trop i^ft. ijMlquefoîs ils échouaient dans cette noble euti-eprise > eottime , ^âr exetuple , lorsque le croupier du Better-Sfcelter se fit éehauder àvee un punch au vin , en essayant en vain 4'ainaâouer > par mi bâfser , notre terrible viragu -^ ou lorsque te digue président du dub

l..La pinte 4'ÉciMêe «st ptat srma* que 1t ^i«te aaglaltoi. ▲. «• t» PmrihhmoLptfrHdffê^tspéf «e 9oaaiBg éeomtii 4e fnmi m 4è fiMÉie id'a- Toine. ▲• M*

TT

4e WM4^« i^t }^ tite lH*|s(£fi par l(w (^ de s'emparer de ces emblèmes de Tautorité du lie.i|i. Mm eti iptr^ pî4«» dîgDlt4ir«$ «'^q^a^rrdssateat pey à^ l^wM^m 9m vîvei et 4e rb^ae^ 4e Uçs$ ; «^ o'4t«U p<Mir eux !{«# lus featiUspssfi MÂr tuelles die la joli# petite Fami^,.... je« <2{r/«^^ 4miryUI4i$ Ufm^k #t M^» de sont côte, quoiqueUe tes traitât swf e^t d'ifVOi^es^ Al yaqrieos et de vrais «alopias de Bififb-^treet '| Meg W puroiettiit à persûDne 4e pi^ parler d'eui: e^ #a pr^eace. « Ç^ajent^ djti4î(^ elle* de ))0Q9 Tîyaiits, (rt ?pilà tont^ lorsque le via eptraitd«w eux par 4UI eôté, {« raisoft s'envo^it par ua autre...,. ^.^ Op ua poi)?ait pas mettre uue vieille tète sur de jemies ^aules..^. on w pauvait pas empêcher un pcHilaia de caracoler, soit à la moutôai soit à te desceate.,«,..» etpoiffcpioî uml 9 JeU& étaU toigwrs #a oauelii^ sioi^.

Il ae faut pa$ Qm))Uer # parmi les i^balauds assurés de l'aiib^ge 4i9 Meg, (^Gpùqie i^yaut lété trouvié c fidèle au milieu des infidèles^ • ia ff^et&er ài^ n^i couperosé du sl^ériff 4u oomt^. liOr^ue ce magistral était appeM OV^ to devoirs de ça charge daiis cette partie 4u pays.» ii'âuaginatioa écbwffiée par le souvenir de Taie 4ouhle et â# ia g^ jaériçuse liqueur des ApUlljSS , ^ffsiSLit to^jouri avis tp^ m causer» ipu débats 9 ou tout autres affaire$ peodaptes se jugeraient tel janr 1 i telle heure ^ en la deimeure ip Alargmerite I)ods, eabaretiiàre a Sai^t-Bi^au.

Il ne nous reste pluaîqu'à faire connaître les mauièrei 4e ^f/^[ m^ vers les étrangers qui, ne aïonnaissànt rien 4$ plus près tti rjeo de jPdieux y ou consuUaiit peut-être plus Tétat 4e leur heurte agi» Icp* foùt, vaaatenjt frappa ii^Jnéme^t ^ jsa p^rte. La récc^t^nqu'^iijia leur foisail était aiiss^l xdianceusjç .que 11b<;^pjtaU!té qu'accorderait ^gf$ tribu de sauvages à des marins naufragés sur leur eâte* Si les Sifm^ veaux hôtes paraissaient avoir choisi de préférence son auberge... ou si leur extérieur lui plaisait (et elle était très capricieuse ^ur^ce point. .. )> surtout s'ils avaient Tair^ti^iit de ce qu'ils j^eiumkî^imt

passait très bien. Mais s'ils étaient venus à Saint-Ronan parée que Fhôtel des Eaux était plein... ou si elle n'aimait pas leur tournure...; ou, par dessus tout, s'ils critiquaient la manière dont ils étaient servis , personne n'était plus disposé que M eg à leur donner une rebuffade. En faiU elle les considérait comme faisant partie de ce public peu gépéreux et ingrat pour qui elle tenait sa maison ouverte

ft. Principale rae de U Tiile Tieiile d'E^Umboarg. a. m*

à perte » et qui Fayait abandonnée , victime , en quelque sorte » de. son zèle pour lui.

De tout ceci résultait une grande diversité d'opinions sur la petite auberge de Saint-Ronan : quelques voyageurs favorisés la vantaient comme la plus propre et la plus commode de toutes les hôtelleries du vieux sty'e en Ecosse, la seule où l'on trouvât des soins, une bonne chère et des prix modérés ; tandis que d'autres , moins heureux, ne pouvaient que citer l'obscurité de ses chambres , la grossièreté de ses vieux meubles , et l'humeur détestable de Meg Dods.

Lecteur , si tu habites celle des deux rives de la Tweed qui est la plus voisine du soleil. . . ou même si , étant Ecossais , tu as eu l'avantage dé naître dans les vingt-cinq dernières années, tu pourrais être tenté de regarder ce portrait de la reine Elisabeth , aiRiblée du chapeau pointu et du tablier vert de dame * Quickly, comme étant un peu chargé. Mais j'en appelle aux hommes de mon âge qui , depuis trente ans , ont voyagé en voiture , à cheval ou à pied : qu'ils déclarent s'ils ne se rappellent pas tous Meg Dods. . . ou quelque hôtesse du moins qui lui ressemblait beaucoup. Le fait est si vrai que, vers l'époque que je mentionne , j'aurais craint d'errer au sortir de la capitale de l'Ecosse , dans quelque direction que ce fût, de peur d'aller descendre chez quelque héroïne de la confrérie de dame Quiddy, qui eût pu me soupçonner de l'avoir signalée au public en la personne de Meg Dods. A présent , quoiqu'il soit possible qu'un ou deux individus de cette espèce particulière de chats sauvages existent encore , leurs griffes doivent être considérablement usées par l'âge ; et je p^se qu'ils ne peuvent guère que s'asseoir comme le géant Pape * dans le Foyage du pèlerin, à la porte de leurs cavernes désertes , et faire la grimacé aux voyageurs sur qui jadis s'exerçait leur despotisme.

t. ^enonnàge d'on drame de Shakipeare. C'eit ches cette femme aabergiste <nie fihakspeare a placé la aoène dei orgies de Falsuff et de f ei eompagnom. ▲. m.

2. Penennag e da lifre en proie de lohn Bonyan , ayant pow titr« Thê PUgrim^ê Progr^u* A. ■•

GHAHTRE U, ilT

Page 1