CHAPITRE II
sur son compte, sinon que c'était un digne et brave homme. Le plus •jeune étranger est son fils , à peine rétabli de la maladie anglaise qui a fidt ravage dans le Westmoreland et dans le Cumberland. — Dis-moi, demanda Bend-the-Bow, ce même Bertram n'était-il pas, fl y a une année environ, au service de quelque noble dame de notre pays? — Je Fai entendu dire , répliqua Dickson. — En ce cas , nous courons, je pense , peu de risque , repartit Bend-the-Bow, en permettant à ce vieillard et à son fils de continuer leur route vers le château. — Vous êtes mon atné et mon supérieur, répliqua Anthony 1 mais je puis vous rappeler que ce n'est pas tout-à-foit notre devoir de laisser un jeune homme $i récemment attaqué d*une maladie contagieuse pénétrer dans une garnison de mille hommes de tous rangs. Je ne sais si notre commandant n'aimerait pas mieux apprendre que Douglas-le-Noir, avec cent diables noirs comme lui» ont pris possession de Tavant-poste d'Hazelside à coups de sabre et de hache d'armes , que de savoir qu'une personne infectée de cette maladie infernale est entrée paisiblement et par la porte toute grande ouverte du château. -^ Il y a quelque chose dans ce que tu dis là , Anthony , répliqua son camarade -, et considérant que notre gouverneur, en se chargeant de la maudite besogne de défendre le cMteau le plus périlleux de l'Ecosse , est devenu un des hommes les plus prudents et les plus circonspects qui soient au monde, nous ferons très bien , je pense , de l'informer du feit et de prendre ses ordres pour savoir comment il nous faut disposer de ce jeune garçon. — Me voilà content, dit l'archer; mais peut-être serait-il convenable , afin de montrer que nous savons comment les choses en pareil cas se pratiquent, d'adresser certaines questions au jeune homni^... combien de temps a duré sa maladie? par quels médecins a-t-il été soigné? depuis quand il est guéri ? comment sa guérison peut-elle être certifiée ? etc. — C'est vrai, conft-ère, dit Bendthe-Bow. Tu entends , ménestrel , nous voudrions demander certaines choses à ton fils... Qu'est-il donc devenu?... il était ici tout à l'heure! — Avec votre permission, messieurs, répondît Bertram, il n'a fait que passer dans cette pièce. Maître Thomas Dickson, à ma prière , aussi bien que par respect et par égard pour la santé de Vos Honneurs, lui a fait promptement traverser ce salon : il a pensé qu'une chambre à coucher était l'endroit qui convenait le mieux à un jeune homme relevant d'une grave maladie , et après une journée de grande fetigue. — Il est peu ordinaire, reprit le vieil archer, de voir les hommes qui , comme nous , ne savent que bander leurs
U GHATIÀU DAK«IIUIVX. 2
2à LE GHATEAÇ DAN&^IREUX.
ar<» et lauc^ des d^e^, i^ mêler d'interroflf^tairef et4'ûMtrB«tiap» ertminellei : cependant , vu \% gravité des airçm^tsma»^ U ^ut qu$ noui parlions à votre fils avant de lui permettra de sfi repidre w château de Douglas où l'appelle, dite^rYOu^f une mmm> ^ Vnp mission » nol)le archer ! reprit le ménestrel ; c'est plutôt moi qui en suis cl^argé. r^ En qe cas , répondit Beud-tbe-^Povi^ , nom fi^rom notre devoir en vous laissant aller, youa , dès I4 pointe du }Qur m çbjiteaUt et en foisant r^ter votre fils au lit , car c'est la place , je crois, qui lui convieut le mieux jusqu'à ce que sir Jobn de Waltop upus donne ordre 4e le hisser passer outre ou de le retenir , — Et uouf pouvons c^usiii l)'m 1 4outa Ant^onf , puisque nous devons ^voir lu coutpagnie de cet homme h couper , lui foire connaître les règles de la garnison qui est momeutauémeitt établie dM)s iC($tte ^rme* * £n parlant ainsi , il tira de sa poche dç cuir un morceau de p9rcbemiU| et dit : < Ménestrel , saîs-tu lire ? rr^ G'ost le point essentiel de ma pio^ssipUi rendit le ménestrel. -^ Quaut à moi, cel4 m'est io^ utile 9 répliqua Tarcber. Lis ^ haute voi^ cf règlement; c^r» no c<Hupreuapt pas ces caractères ^ la simple ?uo > je ne perds jamais l'occasion de me les faire lire, afin d'en fixer le seus dans ma m& moire. Songe donc qu'il te faut lire chaque ligne mot à mat | sau$ y changer une seule lettre ; à tes risques et périli , sir méuestrel, ai tu ne lis pas en homme loyal. — Je serai exact , sur ma parole, ^ dit Bértram. Et il se mit à lire avec une extrême leutour, car U voulait réfléchir à ce qu'il fallait faire pour n'être point séparé dO la mattresseï séparation qui devait lui causer beaucoup d'inquiétùdo et de peine. Il commença donc ainsi ; f Àvaut^poste d'S«?;ol3ide | habitation du fermier Thomas Dickson, » £ie;i! Thomas; maiS| est-ce que ta raaisou s'appelle ainsi ? — C'est l'apcleu pom de l'ha-» bitation ^ répondit l'Écossais , car elle est eptourée d'un bouquet do hazels^ autrement dit de noisetiers. -^ Retenez yotre babillarde do langue , ménestrel , dit Anthony , et continue; , pour peu que voua en fassiez cas , ainsi que de vos oreilles dont vous paraissez disposa à moins faire usage.
« La garnison placée chez lui, continua le ménestrel, cousiste eu une lance avec son équipage...» Ah ! c'est donc une laqce, en d'autres termes , un chevalier armé qui commande cette garnison ? ^ Ceci ne te regarde pas, dit l'archer. —Si vraiment, répliqua le ménestrel; nous avons droit d'être ipterrogés par le chef du poste. — Je te montrerai, coquin » » dit l'archer en se levant, « que je suis assez chevalier pour que tu veuilles bien me répoudro^ Ot je to
c^cwrai Ja Ut^ «î tu ayantes w^eiU i^ot* r^ Praida sarde, Afm 4Jrtbw^yi iotf i?«B»pit hqr eaimradG > noyi davoRi tiaster la» wytkr^ gaoF« «^FW pAiUmàt et iwtaut» aveg tu j^mMon, lai toyageun qni f teom^t 4$ potre part natal ^ C'ait «e qui ?<mi ait recom^ mmié m » « «««ta la ni^ief trrï » et U rcp-it la laâbm.
« lig pr4a 4uclit poita d'Haaaliida arrêtera et ipterrasara twi
las v«fa8§Mra m nm^mmt par laaiisdit endroit, leur permattant,
s'il y d liau , de ewtîauar leur i^ute ? ers la vide m vers le cbà^
tew de DQiHl^ii, ffiaii lai détenant ^ leur irisant rabrouiier eh«^
min t si I# moindre ipop^n s'élève smr leur emapte; du r^ste , sa
ecmdnîiint en tnutu ebotai avae politesia et courtoisie h r^rd des
gam dnpaya et dei personnes qm y voyagent.., > Vous T^^esi egr.
collant et ti^ brava arobar« ajouta le eommentateur Bartram, fiia
h oonrtm^ <( la u^iUme lont snrtont raaonm^d^ h Yotro
Seigneurie # nw^ri 1^ babitanta et lei vof a«fettrs qui , eomme nous»
s« trpuYent ^# mmi» ans r^i qui yom sont tracées. ^ Ce ne
«9*a point a^lonrd'hnU dit rar4^bar, qae jeme laisserai dira emn*
ment j« dois accomplir, mes de?oiri, Jfe yous eomeiUe doac,iir m4*
nisti^i» d'être Â^anc et sinc^ dam yos répmies, et yom n'anrex
pas lien de ¥0us plaindra de nous, r^ J'espère , en tmit eas, reprit
le ménestr^, qn^ tous aurez ^ r indulgence pour mon fils, qui
n'est encore qu'un pauvre garson timide i et peu habitué à jouer
nn rdte pirmî l'éqqipage de ce grand navire qu'on an^eUe le
monde- -^ £b bi«n ! • eontjnna le plus poU et le plus iigé deis deui
aip«b4rs« 1 3i ton Als est novice dans cette navigation terrestre i^^
je?!$poi^ qna tpi, monamiià en juger par ton air et ton langage,
tu eamsea babUe pour bien dirriger ta barqne. )l faudra que tu
répondes toi^m^ma aux question! dç notre gouv^nenr ou de notro
lOus-eauvemcnTi afin qu'il puisse jnger de tes intentions. Mais je
garnis qu'il est possitde de p^mettre à ton fili de re&ti^ dans le
couvent ici pr^i o^» soit dit en passant» les nonnes sont aussi
vi^^lei que les moines i et ont bientôt d'aussi longues barbes, ce
qui est f^Ti tranwiljisant pop la moralité du jeime bomme. Là , il
attendra que tu aies terminé tas affaires au eh&teau de Douglas^ ^
qim tu fois prêt à te remettre en route. ^ Si une tdl# permission
peut ^e obt^me, je préfère laissa mon 6ls i rabbafe,.et aller
mm-ffi^^aoi en i^emier lien, prendre les ordres de votre officier
eomaotandant» -* À coup sûr» c'est là le parti le plus sage et le meil-
lour I et avec ffnni^pm pièaes d'argent» tu peux t'assurer la protee*
]tm4ftriMié.*^Ttt dit t>m^ «l'ai eonmil^ viei ïm inobsorvé
pendant quelque trente ans les chemins, les issues, les s^iers, les détours ; et quand on ne peut diriger sa course en habile marin après un pareil apprentissage, ir est difficile qu'on s'instruise jamais, dût-on avoir tout un siècle pour cela. — Puisque tu es un marin si expérimenté , » dit à son tour l'archer Anthony, c tu as dû c(mtracter dans tes voyages l'habitude de boire ce qu'on appelle le coup du matin : il est offert ordinairement par les voyageurs à ceux qui les guident là où manquerait l'expérience des premiers. — Je vous comprends, sire archer, répondit le ménestrel. A |a vérité l'argent ou le drtnk-gelo, comme dîsrât les Flamands , est un objet assez rare dans la bourse d'un homme de ma profession; néanmoins , suivant mes faibles moyens , tu n'auras point à te plaindre que tes yeux ou ceux de tes camarades aient été endommagés par yn brouillard d'Ecosse , tant que nous pourrons trouver une pièce d'argent anglaise pour payer la bonne liqueur qui les sait éclan*cir. — A merveille! dit l'archer; maintenant nous nous entendrons parfaitement , et si durant la route il s'élève quelques difficultés, l'assistance d'Anthony ne te manquera pas pour les surmonter. Mais tu ferais bien d'avertû* ton fils , dès ce soir, de la visite que nous ferons demain à Fabbé , car tu dois bien penser que nous ne pouvons ni n'osons retarder d'une minute notre départ pour le couvent, après que le ciel a commencé à rougir; entre autres défauts , les jeunes gens sont souvent portés à la paresse et à l'amour de leurs aises. — Tu reconnaîtras que tu ne dois pas penser ainsi , répliqua le ménestrel ; car l'alouette elle-même , quand elle est éveillée par les premiers rayons du jour, ne s'élance pas plus légèrement vers le ciel, que mon Augustin ne répondra demain au brillant appel de l'aurore. Et maintenant que nous sommes parvenus à nous entendre , il ne me reste plus qu'à vous prier de mesurer un peu vos paroles tant que mon fils sera dans votre compagnie... c'est un jeune homme chaste et timide dans la conversation. — Oh! oh! joyeux ménestrel, s'écria Bend-the-Bow, tu nous joues là le Satan converti. Si tu as exercé ta profession pendant vingt années, comme tu le prétends, ton fils, en ne te quittant pas depuis son enfance , doit être devenu capable d'enseigner aux diables eux-mêmes la pratique des sept péchés mortels : personne n'en connaît la théorie, si les poursuivants de la gaie science l'ignorent.— En vérité, camarade, vous avez quelque raison; et je reéonnais que , nous autres ménestrels , nous sommes trop ineonsidérés sur ce chapitre. Néanmoins , ce n'est pas une faute dont je