CHAPITRE II
sots psaticulièr^ineiitisoupable : au contraire, je pense 4[ae rhomme qui désire: qu'on honore ses cheTeux lorsque l'âge les aura parse^ mes d'argent , doit retenir sa gatté en présence des jeunes gens , et montrer ainsi qu'il respecte l'innocence. Je Tais donc aller, ayec YOtre permission, dire un mot à Augustin, pour que demain nous puissions être sur pied de bonne heure. — Va , l'ami, dit le soldat anglais, et rcTiens vite; notre souper attend que tu sois prêt à le partager ayec nous. — Vous pouvez croire, répondit. Bertram , que je ne suis pas disposé à occasionner le moindre délai. — . Suismoi donc, dit Thomas Dickson, je Tais te montrer où ton jeune oiseau a son nid. »
L'hôte monta , en conséquence , un escalier de bois , et frappa a une porte qui était celle du jeune étranger.
c Yotre père Tondrait tous parler, maître Augustin , » continua^ t-il , lorsque la porte s'ouTrit.— Excusez-moi, mon. cher hôte, répondit Augustin , mais en Térité cette chambre est directement au dessus de, Totre salle à manger, les planches du parquet ne sont pas jointes aussi bien que possible, et il m'a Mu jouer le rôle ridicule d'écouteur aux portes ; il ne m'a point échappé un seul mot de tout ce qu'on a dit relatiTcment à mon séjour projeté dans le cou* Tcnt , à notre Toyage de demain matin , et à rheure un peu incommode à laquelle il me faudra secouer ma paresse. — Et comment trouTCz-Tous , ajouta Dickson, le projet qu'Qp a conçu de tous laisser aTCC l'abbé du petit troupeau de Sainte-Bpigitte ? — Excellent, répondit le jeune homme, si l'abbé est un homme aussi respectable que le demande sa profession , et non un de ces ecclésiastiques turbulents qui tirent l'épée et se conduisent comme des soldats dans ces temps de trouble. — Parbleu ! mon jeune maître , répliqua Dickson , si tous consentez à lui laisser mettre la main assez aTant dans Totre bourse , il ne tous cherchera pas la moindre querelle. — Je le laisserai donc s'arranger avec mon père, qui ne lui refiisera rien , tant que ses demandes seront raisonnables. — En ce cas, repartit l'Ecossais, tous pouTCz être sûr que notre abbé TOUS traitera itort bien, et lés deux parties seront satisfaites. — C'est bien, mon fils, » dit Bertram se mêlant à la couTcrsation ; « pour que tu sois prêt de bonne heure à faire ton petit Toyage, je prie notre hôte de t'enTOyer sur-le-champ quelque nourriture; après, ton soup<»*, tu feras sagement de te mettre au lit pour chasser la fatigue du jour : demain nous en résenre encore. — Quant aux engagements que tous aTez pris euTcrs ces honnêtes archers ,
Il LE CHAtÉAtl DANÂEREUX.
reprit Atigustiti , J'espère que votis serez ft même de payer totit tt qui ponmi ftiire plaisir I ttos guides , s'ils sont disposés à être polb et idèles. '^ Dieu te bénisse, mon enl^tit! répliqua BeHratn , tu sais déjl quel serait le moyefi d'attirer It toi tous lés archers anglaia qui ont été à Créoy et à Poitiers. Ne eraiguez pas quils sôugeut à décoeher leurs flèches bardées de plumes d*oie grise , quand tout leur chantez un réteitlon semblable à celui qui retentissait tout à Fbeure dans le nid de soie des pauvres petits chardonnerets d*or que TOUS m'avez mis dans la main* ^ Compter d(mc que je serai prêt quand vous jugercÉ bon de partir. Je crois qu'on peut entendre d'ici les cloches de la chapelle de Sainte-Brigitte, et Je ne crains pas, înalgré ma paresse , de vous ikire attendre , vous et Vôtre compagnie. — Bonne nuit, et que Dieu te bénisse, mon eni^nt , répéta le ménMrel ; rappelie^toi que ton père repose là tout près , et qu'& la moindre alarme, il ne manquera point d'accourir près de son fll$. Je crois qu'il n'est pas nécessaire que Je t'engage è te recommali* der au grand Être qui est notre père et notre ami à tous. »
Le pèlerin remercia son père supposé ^ et les deut amis se retirèrent sans sauter un seul mot. Ils étaient Ibrcés d'abandonner la jeune dame à ces frayeurs exagérées qui , vu la nouveauté de sa situation et la timidité ordinaire de son sexe , devaient naturellement l'assaillir.
Le galop d'un cheval retentit bientôt près de rhabitattôn â*Bazelside , et le cavalier itat accueilli par la garnison avec des marques de respect. Bertram parvint à comprendre, d'après la conversation des deux soldats, que le nouvel arrivé était Aymer de Valence, le chevalier qui commandait le petit détachement stationné en cet endroit. C'était à sa lance , pour nous servir de l'expression technique, qu'appartenaient les archers avec qui nous avons déjà fbit connaissance, un homme d'armes ou deux, un nombre proportionné de pages et de varlets : bref, c'était à ses ordres que devait obéir là garnison établie chez Thomas Dickson , outre qu'il occupait le poste de sous-gouverneur du château de Douglas.
Pour prévenir tout soupçon relativement à lui-même et à sa compagne , aussi bien que pour assurer le repos de celîe-ci , le ménestrel jugea convenable de se présenter à l'inspection de ce chevalier, la grande autorité de ce petit endroit. Il le trouva irisant son souper des restes du bœuf rôti avec aussi peu de scrupule qu^en avaient montré les ai'chers eux-mêmes.
Ce jeune chevalier flt donc subir à Bertram un interrogatoire»
IXÊdh (Jû'tiii vleul soldat tâchait âe coiicbéf par écrit lés i*enseigtiemeûts (}ae ta personne interpellée jugeait à propos de donner. Il le ^estlonna sur les détails de son voyage , sur ceux de Taifeire qui ramenait au dh&teàu de Douglas , et sur la route qu'il prendrait quand cette affeire serait terminée t bref, Bertram fut examiné cette seconde Ibis beaucoup plus minutieusement qu'il ne Tavait été par les archers , et qu'il ne hii était sans doute agréable de Pètre ; fsar il était au moins embarrassé de la connaissance d*un secret, sinon de plusieurs. Non cependant que ce nouvel examinateur fût sombre dans son air, ou sévère dans ses questions; car, pour les manières, il était doux , aimable et modeste comme une fille; il avait exactement cette courtoisie que notre vieux Chaucer donne au jeune élève de chevalerie dont il esquisse le portrait dans son pèlerinage à Cadtorbéry. Mais malgré toute sa douceur , le jeune Aymer de Valence mettait beaucoup de finesse et d'habileté dans ses demandes ; et Bertram fut très charmé que le jeune chevalier n'insistât pas pour voir son prétendu fils. Et pourtant, en ce cas, son esprit ibrtite en expédients lui eût sans doute suggéré, comme au marin au milieu de la tempête $ là résolution de sacrifier Une partie du tout pour conserver le reste. Il n'eut pas besoin d'en venir à ce moyen extrême , car sir Aymer le traita avec ce degré de courtoisie auquel , dans ce siècle, I^ poètes-musieitms étaient censés avoir droit. Le chevalier consentit sans peine, et même de grand cœur, à ce que le jeune homme demeurât au couvent, lieu tranquille, et partant très convenable pour un convalescent, jusqu'à ce que le gouverneur, sir Jirtm de WaltoB fit comiaîire quel était son bon plaisir à ce sujet. Il aeeédâ éPaatant plus volobUers i cet arrangement, qu'il détournait tout danger possible d'iutroduire la contagion dans la garnison anglaise.
Par ordfe dil jeune chevalier ^ tout le monde dans la maison de Dickson alla se coucher plus tOt qu'à l'ordinaire , les premiers sont des èloehes de la chapelle voisine devant être le sigiial de la réunion dès lé p^tote du jour. On se réunit en etkt , à l'heure convenue, et ronsemit etl marche pour Saidte-Brigitte ou Ton entendit la messe. Après cette eërém^nie , eut lieu ^ entre l'abbé Jérôme et le ménes^ trel Bertram , un entretien à la suite duquel le premier consentit^ avee la peititission de sir Aymer de Valence , à recevoir le jeune Augustin dans son abbaye pour quelques jours. En reccmnaissance de cette hospitalité i Bertram promit , à titre d'aumOne , une gratifica* Nm qiA satMt {rtiifieflMnt le Mpérieiu:.
« Adieu donc , > dit Bertram en prenant congé de son prétendu fils : € compte que je ne resterai au château de Douglas que le temps absolument nécessaire pour y terminer Taffeire qui m'y amène , affaire relative au vieux livre que tu sais bien. Je reviendrai promptement te reprendre à Tabbaye pour m'en retourner avec toi dans notre pays. — mon père ! » répliqua le jeune homme avec un sourire , «^ je crains , si une fois vous entrez dans une belle et antique bibliothèque , que là , entouré de romans et de chroniques , vous n'oubliiez le pauvre Augustin et tout ce qui le concerne. — Ne redoute pas un pareil oubli, Augustin, > dit le vieillard en faisant un mouvement comme pour envoyer un baiser à son fils , « tu es bon et vertueux , et le ciel ne t'abandonnerait pas si ton père était assez dénaturé pour le foire. Crois-moi, toutes les vieilles chansons, même àepuis l'époque de Merlin , ne parviendraient pas à t'effacer de mon souvenir. »
Ils se séparèrent donc, le ménestrel ainsi que le chevalier anglais et sa suite , pour se diriger vers le château , et le jeune homme , .pour suivre respectueusement le vénérable abbé. Celui-ci fut tout ravi de reconnaître que les pensées de son hôte étaient plutôt tournées vers des choses spirituelles que vers le repas du matin , dont il ne pouvait lui-même s'empêcher de sentir l'approche.
CH/^PITRE IIL