CHAPITRE TI. m
opijiion» à éHet eti Mô$ auottii dooto, Sa Seignewie était le meit-
De l'autre o6té de Tyrrel était assise lady BîBks, ei*devaat la bette mils Beimjrigg» qui, Taimée au|Aravaiit , avait exetté FadmènrtioB) le èonrire et YéUmnetamt de eeu qui te trouvaieut aw eaux , eB fattaot les pas les plus bardis dans les danses des mout^ fnardSy en mentant le die?al le plus ftNigueuic, ea poussant les plus grands éelats de rire aux plaisanteries les plus saugrenues, et en portant le jupon le plus court de toutes les i^mpbes des Eaup: 4e SaiBt-HoBan. Peu de personnes se doutaient que eatte huiueur légère et extravagante n'étadt qu'entée sur sen caraetère réd> dap le dessein de lui procurer m bon mariage* Elle avait jeté les yeuic sur sir Bingo, et elle connaissait sa maxime : « Pour le captiver , une jeune fiUe devait être dressée à tout faire { '^ en un mot $ il voulait trouver dans sa femme les qualités qui recommandent un bon chasseur. Elle dressa ses batteries en conséquence, et fut malheureuse pMT son succès. Sa galté étourdie n'était qu'un r61e prêté à Ion caractère » qui était passionné , ambitieux et réfléchi* Quant à ladélioatesse, elle n'en avait aucune ; elle savait que sir Bingo était une brute et un sot dès l'époque oà elle cberdiait à se l'approprier; mais elle avait asse2 méconnu ses propres sentiments^ pour ne pas prévoir ^le , du moment où elle ne ferait pour ainsi dire plus qu'un a? ce lui, elle souffi*irait la honte en le voyant tourner en ridicule, ou le dégoût, en se trouvant elle-même en contact avec sa brutalité. U est vrai qu'en somme c'était un monstre assez JnofGsnsif , et qu'en usant du mors et de la bride, en le flattant et le mettant en galté, on aurait pu le faire assea bien aller; mais les malheur^ises difficultés qu'avait éprouvées la déclaration de son mariage secret l'avaient exaiqpérée contre son mari , et les moyens de conciliation étaient les derniers qu'elle paraissait devoir adopter. Non seulement on avait eu recours en cette occasion à l'assistance de la Tbémis écossaise, si finvorablement indulgente pour les faiblesses du sexe ; mais Mars lui-même paraissait prêt à paraître sur le tapis, si l'Hymen n'était intervenu. Il y avait de par le monde nn certain frère delà dame... officier... et alors en permission, qui descendit d'ane voiture de louage à rh6l«l du Renard, à onxe hrares du soir, un béton de chêne bien lee i la main , et accompagné d'une personne qui , oemme loi , pMtaH une coiflliire mUitaire et un cet nokr ; on avait vu sortir des armes de la voiture. Le lendemain, de grand matin, il y eut une OMi^^nee solewuilte|.à
2S2 LES EkVt DE SÀINT-RONAN.
laquelle assistèrent le capitaine Mac-Ture et M. Mowbray, et au déjepner, la compagnie apprit que sir Bingo était depuis quelques semaines Theureux époux de Tobjet des prévenances générales^, et que des raisons de fiimille , qui avaient été un obstacle à leur bonheur mutuel et l'avaient obligé à tenir cette union secrète, Tenaient d'être enfin écartées. Malgré cela , lady Binks n'avait jamais pu se rappeler ces procédés sans éprouver un vif sratiment de dépit et de colère. De plus, la famille de sir Bingo avait contrarié le désir qu'elle avait manifesté d'être menée à sa terre. De là un nouvel échec pour son orgueil , et un nouveau sujet de mépri» pour le pauvre baronnet , qui craignait de faire face à l'opposition de ses parents, et qui les redoutait comme im enfent, quoiqu'il n'eût jamais écouté un seul de leurs utiles conseils.
Les manières de la jeune dame n'avaient pas moins changé que son caractère , et , de trop légères et trop libres, elles étaient devenues réservées, maussades et hautaines. La conscience qu'elle avait des scrupules qui devaient écarter bien du monde de sa société lui inspirait une susceptibilité excessive. Elle s'était constituée maîtresse de la bourse de sir Bingo , et , n'étant nullement restreinte dans ses dépenses, elle cherchait, contrairement à la conduite qu'elle tenait étant demoiselle, à paraltre^p1ut6t riche et splendide que gaie, et à commander par sa magnificence l'attention qu'ellenedaignaitplus solliciter en se rendant aimableou amusante. Une source secrète de chagrin pour elle était la nécessité où elle se trouvait de montrer de la déférence à lady Pénélope Penfeather , dont elle méprisait le jugement et dont die avait assez de pénétration pour juger et mépriser les prétentions. Cet éloignement pour lady Pénétope était d'autant plus pénible qu'elle se sentait sous la dépendance de Sa Seigneurie au sein de la société peu choisie des Eaux de Saint-Ronan : négligée par la reine de la coterie , elle eût été exposée , même en ce lieu , à descendre dans l'estime publique. Les prévenances de lady Pénélope envers lady Binks n'étaient pas non plus extrêmement cordiales : la première partageait l'éloignément ordinaire des vieilles filles pour celles qui , sous leurs propres yeux, font des alliances splendides.... et elle disait plus que soup* çonner la haine secrète de la dame; mais son nom résonnait bien, et le pied sur lequel lady Binks vivait faisait honneur à l'établissement : de sorte qu'elles satisfaisaient leur inimitié mutuelle en se lançant quelques traits malins de temps à autre, mais le tout sous le masque de la politesse;