CHAPITRE TH
oompagnie» j'ai parlé. .;: . ~ Pour deux, s'il plalt à Votre Seigneurie, inlerrompit lady Binks. J'entends , > ajoutait-elle en adoucissant l'expression y « pour vous et pour moi. *- Je serais fâchée , répliqua lady Pénélope» d'avoir parlé pour une personne qui peut s'exprimer elle-même d'une manière aussi piquante. Je le répète, on s'est trompé sur le compte de cet homme ; je doute qu'il soit artiste , ou , s'il l'esti il ne peut travailler que pour quelque encyclopédie ou quelque recueil de ce genre. — Je doute aussi qu'il soit un artiste de profession y dit lady Binks. S'il en est ainsi » ce doit être un artiste du premier rang, car j'ai rarement vu un homme mieux élevé. — > Il y a des artistes très bien élevés. C'est une profession honorable. — Certainement; mais ceux d'une classe inférieure ont souvent à lutter contrôla pauvretéetla dépendance. Dans la société, ils sont comme les commerçants en présence de leurs pratiques ; et c'est un rôle difficile à soutenir. Aussi leur en voyez-vous jouer plusieurs : timides
et réservés lorsqu'ils ont la conscience de leur mérite bruyansc
et fmtasques pour montrer leur indépendance... importuns et hardis pour faiire preuve d'aisance... et quelquefois obséquieux et rampans, lorsqu'ils se trouvent avoir l'esprit bas et servile. Mais il est rare que vous les voyiez tout-à-faiit à leur aise; et en conséquence je tiens ce M. Tyitel pour un artiste de la première classe , complet tement au dessus de la nécessité de se ravaler en quêtant des pro« teeteurs , ou bien , comme je le disais , il n'est potait artiste de pro* fessim. »
En ce moment, lady Pénélope jeta sur son interlocutrice ce regard que Balaam doit avoir laissé tomber sur son àne , lorsqu'il déeou* vrit que cet animal était doué de la capacité d'argumenter avec luiJ Elle murmura entre ses dents :
tfon Ane parle , et même il parle bien*
Mais évitant l'altercation que lady Binks paraissait disposée à en^ tamer, elle répliqua d'un air enjoué : « Bien, ma chère Rachell
nous ne nous prendrons pas aux cheveux pour cet homme Je
crois même qqe votre bonne opinion sur son compte lui donne une nouvelle valeur à mes yeux. Nous verrons ce qu'il est en réalité; Qu'en dites- vous, Maria? — * En vérité, chère lady Pénélope, > répondit miss Diggs, dont nous avons déjà fait connaître le babil, « c'est un très bel homme, quoique son nez soit trop gros et sa
bouche trop grande mais ses dents sont comme des perles... et
il a de si beaux yeuxl... surtout lorsque Votre Seigneurie lui par«
LES EAUX n nàSKMioms.
ut. H 110 pmàé |>is qis0 vout iqvj^fMBanpié m r4m;.> fliMit Al phis bita uir et pkini d0 feu, comM ee ipio f mis iimis 1^^ k iÈOn 4e eetle dame sur Rdtmt Buros* -»«- Sor loa par«tei miii» fûas lisitts des progrès» dit le^ PésA»pe( je vms qu'A est lenps de pieB^ ferde e ee qQ'ea itt ou i ee ipi'e« dk deftiit foiis. M Atfou Jenes,eiepitiédeiious,o «leM w teripe i eette sreapbesie de (estes etdesraseuptt* et Mhmiis eomeieiieer le prenier eete d^ tMt ^ Est€e 9ie 6e 5ewQe»rie entmd pef Ik le héai^^^ dit rbeH" Bêle nistrees Bkywer^ tout oçmpiie d'errsuc^r u» ceelieaiîr^ dee Indes qui aurett pu servir de grande foîle e up des bilimeiM eeft-* trebifidiers de ioa meri, et qu'elle étendeit eree soi» sur ses g»* non, dam le ereîated'eudoeiipeger me rol^e de soie è fleurs efee le thé et les géteeux euiqaeb elle se proposait de tm§ hounem^^M « Est-ee que Se Seigoeurie e&leud par là le Mo^dicitié ? Voilà juste* H»it le miuieive qui arrive,,. Se Seigoeurie atteud que ?pus |)^^ sîeE ierepas, s'il vous plaît, mousieur^ •
Ces paroles s'adreaMteut à IL JStiuou Cbatteriy qw wméi d'eutrer dans r^iparfeeMot en effleufeet> Idgèrenteut le parquet* Tout étùtméy ik fesnà^ rkofiaète fsi»»e à tref m «ou lorgueugt nr glisse fers le tetde du tbéf
if. WinterMûssenifeueitélopiU'^lopauteipp^ le oupistret sou erteîl lui aifant deunii une alerte qui toi avait fait ebend^ouer le
sdle à uttA^Br : qnoifill vtt le f^iee de la pwf i« fuame gouflded^ désir de se procurer des renseignements sur les manières et lei
nsnges du lieu, il passe de Ywif^ ^ naus dire i^utiou à sa détresse^ Maïs un auNueut epràs elle (nt tirée d'eisburres per re^4edu
docteur Quackleben. Ce savant avait pour iuaxûu# qu'UP neM9 mérite autant d'attention iju'un autre malade, et il savait par expérience que les honoraires payés par une brave femme de
Bewliead Telaient autant sinon pW que ceuic qu'il r^eofeit de leAr Pén^Mupe. Su eonsdqueoee , il s'ee»ittranquUleiÛ€«M^ pr^deoiistress Bio wer^ et efAaBOA une l<wgue eouf ersatjon avec elle ^ur isa aanl^ et sur les remèdes qui lui convenaûeut. La booue dame , tout au prenant des renseignements sur le régîu^e qu'elle dédirait suîvr# rt sur ee qni se passait dans rappartement, métamorphosait elterv nativenuait le nom de Quackleben ^ celui de Keckerben, de Ceddenn, Kiekalpin, KiekelsUu, ete. £nfiu le docteur, tout en enusanft , trouf a le uMiren de k^ 4)firÂr un flacon d'^éUxir «li devait to «uéiir JaMiîUeiUMt. c 51 Je 1^^ ^imém pwr
CHAIITRB Vn.
f#lr« (flfekfttfr, éMtmty i dit la dame, tvaat «né bMPM de pean de yeau marin , comme celles dans lescpiellei las marina nettaat lemrtabae, aais çti paraûiait M» garnie de billata da lianque...
« Fil fi! anadane^ dit le docteur, je ne atisi pas apothieaii«.,^ Miiir est à TOtre senk$^ et si ? mis âfez besom d'avis, paiaonoa ne sera phu fier de vous être utile que votre luiaible sefTiteur. ^ Il est e^rtasn qoe je vons jm tràs eblifée, doetov Kiekai|iB, • dit k Teofe en replint sm etfèc^ de $ae. « G'étatt la boinw de ea pauTfe Bbmer..... je la perteà eansede lut. Le brave bmnaie m^a laissé de Taisanee ; mais Taisance a^s eha«;rfns«. . nne fnpme seule ^ «ne triste ébem^ doeteur Kittlepin» «
Le doeteur Qnacideben rapproeha sa ehaise deedie de la veuve ^ et entra en commnmcatm ptas ûtime avec elle, en lui aib^îssaot tout bas des paroles de eoosolatioii ^pi n'étaîeitf point dea(Mes à Mre enieiMlues de la eonpagBîe. Lady Pénélope, qui observait toute sa société , ne fut pas long-temps à ^'apercevoir que le doeteur s^éteit aveotaré jusqu'à prendre la inein pol^léede #a malade ; son air fM^ à idfoif du ttitontqui f^ la coi^r:^ du médeMii qMÎ oQSttulte*
« Bùm raasonr du fidl dit SuS^emmk, quelle peut èii^ eette heUe d^nue pour laquelle ]»otre ene^ent et eavant doirteur moili^ tant d'égards? '^ De l'embonpoint, une peau JManebe , la (fwmt^ tme S dit M. WinterUossom» e'est tout ee que j'en sais... une penonne qui appartient au iM^nmeree.^. '^ Une ear^iquet mim dier président» interronipit le çbapelaiji, riebenient cbarf^e de produits eoloniaux, âtjant nom raimable Pegyj foyee... Pas àê HHdtre.-. fm Jea» BJower de Jforth*Leilb ayant Jwcé ^w m^A vers la baie du sifx^ et laissé le vaisseau ai^ un bowme à bord;
— Le docteur, » ajouta lady Pénélope tournant son lorgnon d# leur 4iM f » aemible avoir riateotiiop 4e reaoplir les fûnctions de pilote^ ~ Je parienûs qu'il vaudrait changer Je wm M te Uvre 4e locbduv^îssciu, dit M. Qiatterly...— Une peut jtoempijï^poiir s'ae^pjjtt^ envers elle^ reprit Wmi&^blotmmi «ar elle a ebangé I9 neim du docteur sU foi^ pendant les cinq minutes que je euis i^stË a portée de les entendre* *- Que pensez-vous de ee qui se passe là-bas, ma d^re lady Binlii? * dit lady Pénélope eu lui fndiqueut le couple intéressant.
PiVpai«aD f ( S > »t ls mpn A iM te xsMsns i a t i msi de di«i«r mimm»4$ kê
200 LES EAUX DE SAINt-RONAN.
« Je ne yf<^ là rien qui mérite qu'on s'en occupe ,< > répliqua sèchement lady Binks.
« Certainement , c'est une belle chose d'être marié , reprit lady Pénélope; on est si occupé de son propre bonheur qu'on n'a ni le temps ni le désir de rire comme les autres*.. Mais ,quel est le bruit que j'entends? — Ce n'est que la querelle habituelle de l'après-diner, répondit le ministre ; j'entends ]a voix du capitaine , silendeuse en toute autre occasion, leur ordonner de demeurer en paix , au nom du diable et au nom des dames. — Je suis fatiguée de leurs querelles et de leur manie de se présenter éternellement leurs pistdets l'un à l'autre... Qu'en pensez*vous» chère lady Binks , si nous décidions que la première qucrellequi s'âièvera sera, bona fide, vidée jusqu'au bout les armes à la main? S'il en résulte un enterrement, nous y assisterons en corps. Le deuil sied si bien! regardez la veuTO Blower» ne lui portez-vous pas envie, ma di^e? »
Lady Binks seçiblait sur le point de foire une réponse prompte et mordante , mais elle se retint , se rappelant peut-être qu'elle ne pouvait pas prudemment en venir à une rupture ouverte avec lady Pénélope... Au même moment la porte s'ouvrit, et une dame en habit d'amazone , portant un voile noir sur son chapeau , parut à l'entrée de l'appartement.
« Anges et ministres de grâce! » s'écria Pénélope d'un ton vraiment tragique; « ma chère Clara, pourquoi si tard? et pourquoi daos cet équipage? Voulez- vous passer dans mon cabinet de toilette?... Jones vous donnera une de mes robes, nous sommes de même taille... Je vous en prie, laissez-moi être vaine une fois dans ma vie de iquelque chose qui m'appartienne , en vous le voyant porter.
« Vous êtes harassée, ma bonne Clara, vous avez la fièvre, > continua lady Pénélope sur le ton de l'anxiété la. plus tendre; « laissez-vous persuader de vous mettre au lit. — En vérité , vous vous trompez , i répliqua miss Mowbray, qui paraissait recevoir cette profusion de politesse et d'affection comme une affiiire de convention ; € je suis un peu échaufiRée; mon cheval a trotté un peu fort: voilà tout le mystère.... Donnez-moi une tasse de Uié, mistress Jones, et tout sera fini. — De nouveau thé, sur-lechamp, Jones, • eria lady Pénélope, et elle prit par la main sti jeune amie qui^e laissa conduire dans son coin, comme eUe se plaisait à appeler l'enfoncement où elle tenait sa petite cour... Les