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Allons , donne-moi tof arii , en fen al boioia. Ta ^i un de ces hommes qui , par un sage conseil , secoarent mienx leurs amis que les usuriers par Por, et les tapageurs par Tépée... Je compte sur toi , car je ne ta demande que des paroles , et non des actes.
L0 Diable a tro^é d qui parler»
Les événements que nous venons de retracer arrivèrent an lundi, et il se passa par conséquent deux jours entre cette époque et celle où la fleur de la société de Saint-Ronan devait se réunir chez le laird du manoir. Clara s'étant obstinée à se tenir renfermée chez elle le mardi et le mercredi, et son frère n'ayant pu ni par menaces ni par flatterie obtenir aucune lumière sur ce qu'il conviendrait de jajre le jeudi , tout le soin des préparatifs retomba nécessairement sur lui. Ce n'était pas une tftche si aisée qu'on pourrait le supposer : le domestique de Shaws-Castle était assez bien composé sous le rapport des écuries; mais il ne l'était pas également en ce qui concernait l'office et le service qui en dépendait. Mowbray parla , se consulta , s'emporta avec la cuisinière qui était sourde , et un petit vi^Uard qu'il appelait le sommelier, jusqu'à ce qu'enfin, désespérant de rien tirer d'intelligences aussi racornies , il laissa chacun maître de feire^omme il l'entendrait dans son département, et pas^a à l'examen de l'arrangement et de l'ameublement des appartements. Ici la tâche ne fut pas moins embarrassante, et c'e3t ce que comprendra aisément tout gargon qui, sans le secours d'une mère on d'une sœur, d'une cousine ou d'une excellente femme décharge,, s'est jamais aventuré à donner une fete, et à tâcher de la rendre élégante et comme il faut.
Le sentiment de son incapacité tourmentait d'autant plus Mowbray qu'il ne devait pas manquer de critiques malins parmi les dames : il redoutait particulièrement lady Pénélope Penfeather , sa rivale en toute occasion. Il se donna donc tout le mal imaginable ; et, pendant deux jours , il émit et révoqua des ordres , demanda , commanda , contremanda et réprimanda sans cesse ni répit. Le compagnon , car on ne peut dire l'aide de ses travaux , était son fidèle agent, M. Micklewham , qui trottait sur ses talons de chambre en chambre : il lui montrait exactement le même degré de sympathie
LBI KiUX DB SÂIRT-BOHAN. 18
qu'un chien témoigne à son mattra lonqu'il I0 voit préeeeiipé de quelque embarras , en le regardant de temps en temps ^ntre les deux yeux d'un air de conipassion , pour lui assurer qu'il partage sa peine, quoiqu'il n'en comprenne ni la-cause ni l'étendue.
Enfin Mowbray , après avoir réussi tant bien que mal à arranger eertainoi choses a peu près eomme il l'entendait , se mit ï table le mercredi au soft» avec son aide -de-camp M. Micklewham , pestant contre la vieille folle qui l'avait fait tomber dans ce piège, envoyant le reste des préparalife av diable» et déclarant qu'il ne s'en occuperait plu«,
Après être resté qii^que temps absorbé dans sea idées, lejaime laird se versa une rasade, avança la bouteille à son viail homme d'alt foires.. .et' dit toqt-à^joup ; t Croyez-vous à la fortune, Miek? ^A U fortune? répondit celui-Qi, Qu'entende^^^vous par eette question? ~ Je veux dire quej'y crois mot>mème dans les bonnes ou mauvaises veines que Ton a aux jeux de cartes... *^ La fortune vous eût loiirl plus efficacement si vous ne les aviez jamais touchées , répondit le confident. — Ce n'est pas la questiw , dit Mowbray^ oe qui m^ tonne , c'est la mauvaise chance qu'ont éprouvée tous les lairda de ma maison. La moitié du pays appartenait autrefois à mes ancêtres, et maintenant nos derniers morceaux de terre semblent près de s'^voler. — Et Shaws-CasUe lui-même aurait bien pu s'^ehvotar par la cheminée avec le reste , ajouta Mioklewham , si votre grandpèjre n'avait eu soin d'y pourvoir par une substitution. C'est même contrairement à cet acte que votts avez vendu les terrains sur les« quels est bâti l'hôtel desieaux » et votre sœur , ou son mart, pour^ rait bien un jour, en raison de cette forCiiture, votas en dépoaéder légalement. — Ma sœur ne se mariera jaaôais. ^ Voilà qui est aisé à dire, répondit Fhomme d'affaires ^ mais si l'on venait à connaître les droits qu'elle a sur ces biens, il y a bien des hommes qni s'enn barrasseraicnt peu de son cerveau fèlé. — *£eeatea^ monsieur Miel^ lewham , interrompit le laird ; je vous serais obligé ai vous vouliez parler de miss Mowbray avec le respect dû à la fiUe de soù père et à ma sœur. -^ Je n'ai pas l'intention de vous oflbnser, Saint^Ro^ nan, reprit l'homme de loi; mais en affaires U fout parler de manière à se feire comprendre. Vous savez vous-même que misa Clara n'est pas ccmime tout le monde i et si vous voulez que je vous dise toute ma pensée , à votre place j'adresserais une demande aux lords pour me faire nommer curator bonis, en raison de son incapacité* ~ Micklewham , s'écria Mowbray, vous ètec un... Il s'arrêta tout
CSIAFimiZ. M
eottit^ ^ Qitt ttlHey momieur Mowlmyf • dtDHnda MtAtew^ hMB d*uû ton un pm aigre... « Que luii-je? je M serait pas fMié de le savoir, ^ Uo homme de loi trte entendu J*ose dire^ > »ë^ pliqua 8aiut-*Roiian qui se irouTait trop k la dtserétiou de son homme d'ithires pour se dëbootonnef tou&>l-*ftiit) • matst saebet^ ta bien, au li«i de prendre une teUo mesure dôntre la pauvre Glarai je préférerais Ini ahandonner tout ce ^è je pOssMe et m» Mre ^ata^ frenier on postillml pour le reste de ma fie«é., Abl * ajouta^^MI un instant après , • si je ponrais seulement timdre le reste de oe mis^ rable Shaws«Castle I cette pitipriété est trop peu de chose pour moi ^ et cependant sa valeur eu espdoes me mirttrait à même de me rele«« fér! Yoiei le jeune comte d'Etberington qui va nous Arriver soua un jour bu deuï* Faék Wolverine lé bat tous les joui*S9 et moi Je bâta Wolverine fc plate couture* Si j'avais seulement cinq cents li«^ vres, je l'aurais UenMt dtfttiarrasstf des rentes qu'a doit toucher avant de venir. Il me les Unit, Mick, il fimt que vous m'apportiei eet argent* «-^ Cet arg^? Qu'entendet^ous par là? je ne lacAe pae quil vous en rieste. ^ Mais vous, vous n'en manquea pas« mon vieui gar^onii.. allons ^ vendes im peu de vos trois pour Cent) je paierai tout*., change... hitérèt..» ^itér^ee. ^ Pourquoi ne veii«' dries^otts pas oefa de miss C3ara? je m'étonne que vous n'y ayea pas songi pins tM. ^ Ah I que n'Ates^votis devenu muet 9 fduMt que de prononcer une telle phrase^ • iféi^à Moifirbrayi Iressattlant comme s'il se M senti piqué par une yipàre»^ « Quoil la petite portion de Clara !... cette bagatelle que itia tante lui a laissée pour ses menus plaisirs, et dont elle tait un si bon usage... Pauvre Clara ! qui a si peu de chose. Non, jamais. » Et il continua à se promener de long en large Cfl ^rdaût un morne silence.
« A dire vrai , o'est une ehose peu faisable , reprit Micklewham ; e» si vous avies l'argent dans votre poche aujourd'hui , il serait dematû dân^ celle du comte d'Elherington. — Bah! vous ne savez cfi que vous dites. — Si vous êtes tellement certain de gagner, je ne vois pas quel mal cela fera à miss Clara que vous vous serviez de son argent? Vous pourrez lui en rendre dix fois autant pour le risque qu'elle aura couru.-^ En effet, de par le ciel! Mick, vous avez raison, et je ne suis qu'une poule mouillée, avec mes scrupules. Clara aura mille livres pour ses cinq ci9its...t et je la mènerai à Edimbourg passer l'hiver # ou peut-être à Londres, Nous consulter liions les meilleurs médecins sur sa maladie, et nous verrons It compagnie pour la distraire. £t si on la trouve un p«y
tm LES EAUX DE SAINT-RONAN.
originale... Dieu me damne! je suis son frère, et Je saurai la faire respecter. Oui... oui, vous avez raison , il ne peut y avoir du mal à lui emprunter einq cents livres pour quelques jours, quand elle et moi pouvons y trouver tant de profit.... Allons, remplissez les verres, mon vieux garçon , et buvez à mes succès , car vous avez raison.— Alors, reprit Micklewham, il faut que vous obteniez de miss Clara une lettre dans laquelle elle charge Tumpenny le banquier et moi, qui sommes ses curateurs, de vendre ses fonds et de vous en remettre le produit. Tumpenny vous comptera les einq cents livres à Tinstant. Mais si vous m'en croyez, dites-lui seulement que vous avez un besoin pressant d'argent, car je ne crois pas qu'elle fût enchantée de vous voir ainsi employer ses trois pour cent. Elle en consacrait les dividendes à des charités. — Et ainsi je cours le risque de voler les pauvres en même temps que je vole ma sœur, > dit Mowbray en remplissanti^e nouveau son verre et celui de son compagnon..! Allons, JMÙck, à la santé de Clara!... c'est un ange ; et moi je suis ce que je ne dirai pas, ce que je ne permettrai à aucun autre homme de dire.... mais je gagerais cette fois.... J'en suis certain, puisque la fortune de Clara en dépend.... Bien.... donne^moi l'éerit que je dois faire copier à Clara... je yais la trouver... et pourtant je préférerais me rencontrer sur le pré à dix pas avec le meilleur tireur de pistolet de toute la Grande-Bretagne. » En parlant ainsi il sortit de l'appartement.