‹ Œuvres de Walter Scott (volume 3)Chapitre 18 sur 91 · I . Vdrundo ar^nalif , qui croit sqr* les bords de la mer · texte numérisé non relu

I . Vdrundo ar^nalif , qui croit sqr* les bords de la mer

L'ANTÎQUAIRE. 7^

vanë; elle réfléchissait les rayons étineelans de l'astre qni semblait descendre dans son seini et les riches couleurs des'naages au milieu desquels il se cpuphail. Plus près du rivage « la maréès'ayançait en vagues^ argentées qui gagnaient imperceptiblement sur les sables. '

Tout occupée à admirer cette scène romantique y ou peut-être rêvant à quelque objet plus intéressant encore» miss Wardour marchait en silence à coté de son père » dont la dignité encore offensée ne lai permettait pas de se livrer à la conversation. Suivant les détours qae formait le rivage, ils côtoyèrent les promontoires dès rochers les uns après les autres, et se trouvèrent enfin sous une chaîne non interrompue i& monts escarpés dont la ceinlure protège cette côte en beaueoilp d'endroits. De longs rescifs à fleur d'eau^ dont l'existence n'était annoncée que par un piç qui s'élevait çà et là au-dessus de la surface de la mer, ou par le bouillonnement que formaient les vagues en passant sur ceu^ qui en étaient l^resqne entièrement couverts, rendaient la baie de Knockwinnock redoutable aux pildtes. Les. rocs qui s'élevaient entre la plage et la ierre, à la hauteur de deux ou trois' cents pieds» offraient, dans leurs crevasses, à d'innombrables oiseaux de m.er, une retraite d<mt rëiévation prodigieuse semblait les mettre -à l'abri des «nireprisesde l'homnae. Un grand nombre de ces oiseaux sauvages, mns par cet instinct qui les porte à regagner la terre avaat un orage, volaient vers leurs nids avec un cri aigu> expression d'inquiétude et de crainte. Le disque du soleil fi|t obscurci et voilé avant de tomber ^Sous l'horizon ^ et de. profondes ténèbres souillèreut le crépuscule serein d'une soirée d'été. Le vent commença bientôt à se lever, mais ses mugissemens sonrds se firent entendre et ses effets sur la mer se firent, apercevoir long-temps avant que l'ouragan fût sensible sur le rivage. La masse d'^eau, alors sombre et menaçante, commença à se soulever en lames plus épaisses, et à s^affaisser dans des sillons plus profonds ; des vagues s'élançaient écumeuses au-deastis des brisans, ou se brisaient sar la plage avec im bruit semblafbJe au tonnerre lointain.

Effrayée d'un changement de temps si soudain, Isabelle se rapr prochade.son père , et liii saisit vivement le bras. — Je voudrais, iiiidii-elle, lâfis à demi-voix, comme si i^leeût rougi de* lui montrer $es craintes croissantes , je voudrais que nous eussiens suivi la grwde ronte » on que nous eussions attendu la voiture à IMlonkbams.

Sir Arthur jeta im coup d'œil autour ûe lui , et ne vit pas oa ne voulut pas convenir qu'il y eût aucun signe d'orage prochain. — Nous serons àKoockwinnock, lui dit-il , long-temps avant le commencement de la tempête. Cependant il doubla le pas ^ et sa fiUe , qui avait peine à le suivre , vit par là qu'il pensait que quelques efforts étaient nécessaires pour que cette prédiction consolante s'accomplit.

Ils étaient alors presque au centre d'une baie étroite > mais profonde, formée par deux promontoires de rochers élevés et inaccessibles qui s'avançaient vers la mer en forme' de croissant; ni le père ni la fille n'osaient exprimer la crainte qu'ils éprouvaient que les progrès rapides de la marée ne les missent dans l'impossibilité de doubler le cap qui était devant eux > et même de regagner celui qu'ils avaient déjà dépassé.

Tandis qu'ils s'avançaient ainsi, regrettant sans doute de ne pouvoir changer cette ligne courbe que les sinuosités du rivage les forçaient à décrire, pour cette ligne droite qu'on prétend funeste aux proportions de la beauté^ sir Arthur aperçut sur la grève une figure humaine qui s'avançait vers eux. — Dieu soit loué ! s'écriat-ii, voici quelqu'un, qui a dû cloubler le promontoire d'Halket- Head, et .par conséquent nous pourrons y passer. Il avait eu assez de force pour cacher sa crainte , mais il ne put s'iampécher de laisser éclater son espérance.

— Oui , Dieu soU loué 1 répéta sa fille avec émotion , et recon** naissante de cette faveur du ciel. .

L'individu qui s'approchait d'eux leur faisait plusieurs signes que l'obscurité de l'atmosphère, alors troublée par le vent et la pluie, les empêcha de distinguer ou de comprendre. Quelques instans avant d'être près de lui> sir Arthur reconnut le vieux mendiant à manteau bleu, Ëdie Ochilire?. On dit que les animaux mémes^ dans un danger pressant et commun, oublient leurs animosités et leurs antipathies naturelles. De même la pla^ d'Halket-Head, menacée d'être couverte à chaque instant par une forte maréeqnepoussaitun veut impétueux, devint un terrain neutre où un magistrat et un mendiant vagabond pouvaient traiter presque sur le pied de l'égalité.

— En arrière , en arrière ! s'écria Edie : pourquoi n'etes-vous pas retournés sur tos pas aussitôt que je vous en ai £siit signe?

—-Nous pensions, réponditsir Arthuravec la plus griûide inquiétude, que nous pouvions doubler Halket-Head.

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— Halket-Head ! la marëe y battra contre les rochers avec an* tant de force que la cataracte de Fyers S ayant que vous y soyez arriTës. Ce fut tout ce que j'ai pu faire que d'y passer il y a environ ying;t minutes» et la mer venait déjà à trois pieds de moi. Il' faat tâcher de regagner la pointe de Bally-Burgh-Ness, et que le ciel nous prptège , car c'est notre seule chance de salut. Mais il faut essayer«

— O mon Bleu I et ma pauvre enfant ! — Mon père, nion tendre père! s'écrièrent en même temps sir Arthur et sa lilie^ tandis que la frayeur leur prêtant de nouvelles forces , et doublant la vitesse de leur marche , ils s'eflbroaient jde regagner le cap sous lequel ils avaient passé un quart d'heure auparavant , et qui formait l'extrémité méridionale de là baie.

— J'ai appris que vous étiez ici , de l'enfant que vous avez envoyé au-devant de votre yoilpre^ dit le mendiant en marchant d'un pas ferme derrière miss Wardour, et je n'ai pu penser sans trembler* au péril que courait cette pauvre jeune dame qui a touioarseu tant de bontés pour moi» et pour tous les malheureux qui ont jamais imploré son secours : si bien qu'en regardant les vagues avancer et reculer, je calculais que si je pouvais passer la baie assez tôt pour vous avertir, il serait encore possible de vbus sauver ; mais je crains bien qu'il ne soit trop tard. Qui a jamais vu la marée monter avec une telle force? voyez là bas le Rat ton - Skerry ; j'ai toujours vu sa tête hors de l'eau, et maintenant il en est couvert.

Sir Arthur jeta un coup d'oeil vers l'endroit désigné par le vieillard. Un roc énorme qui e^ général , et même dans les marées du printemps, mon trait, au-dessus des eaux une masse semblable à la qûUe d'un grand navire , était s^lors entièrement submergé , et Von ne reconnaissait sa placf) qu'eau bouillonnement des Ondes iirritées de la résistance qu'il leur opposait.

— Hâtez-vous, ma jeune dame, continua Iç vieillard , hâtezvous, tout espoir n'est pas encore perdu. Appuyez-vous sur mon bras , il est vieux et faible , mais il s'est déjà trouvé en pareil dan^ ger. Prenez mon bras, vous dis-je, ma bonne dame. Voyez-vous ce point noir là-bas , au milieu des eaux? Ce matin if était aussi élevé que le mât d'un vaisseau , et à présent à peine l'aperçoit-on ; mais tant que j'en verrai grand comme mon cjiapeau, j'espérerai

». Une des belles eatcade» de TEcoue , dan» le c.ovnU d'Inverne»».

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toujours qde nous pourrons passer au bas de Bâlly-Bar§h-Ness.

Isabelle accepta en silence le secours que loi offrait le mendianty et que sir Arthur n^ était guère en état de lui donuen Le6 vagues s'approchaient alors tellement d'eux , qu'ils 'farent obligés d'ahan*' donner les sables^ où ils avaient jusqu'alors pu marcher d'un pAê ferme^et de prendre un sentier raboteux situé au pied des rochers, et qui même montait quelquefois sur leurs bords, il aurait été im* possible à sir Arthur et à sa fille de suivre ce chemin dangereux dans l'obscurité, s'ils n^avaient eu pour guide le vieil Édie, qui les encourageait en leur disant' qu'il avait plusieurs fois passé en eet endroit pendant de hautes marées, i quoiqu'il fût obligé de couve^ jiir qu'il n'avait jamais vu une nuit si tei*rlble.

Elle l'était véritablement. Le hiugissement de la tempête se mé^ lant aux cris des oiseaux de mer semblait le chant de mort des trois infortunés placés entre deux des objets les plujsimposans et les plus redoutables de ''la nature : une mer orageuse et des rocs inacœs^ sibles. Ils continuaient leur route pénible et dangereuse sur la li* sière de» rochers, où ils étaient souvent atteints par l'écume jaillissante d'une vague monstrueuse qui s'élançait sur le sable plus loin que celles qui l'avaient précédée. A chaque instant leur en* nemi gagnait du terrain sur eux ; cependant ils ne perdaient pas toute espérance : le roc noir que leur avait montré Ochiliree était encore visible, et il continua de l'être jusqu'à ce qu'ils arrivassent an détour du- sentier précaire qu'ils suivaient ; ce fut la projection du rocher qui le. déroba à leur vue. Privés dé l'espèce de phare sur lequel ils comptaient, ils éprouvèrent, une double angoisse d'iuquiéiude et de terreur. Us s'efforcèrent pourtant d'avancer ; mais étant arrivés à un endroit, d'où ils auraient dû l'apercevoir, ils ne le revirent plus, et mille vagues écumantes venant se briser contre le promontoire de Bally-Burgh-Ness , s'élevaient aussi haut que le grand mât d'un navire de liant bord.

Le vieillard changea de visage. Isabelle poussa un profond gémissement. — Que Dieu ait pitié de nous ! Cette exclamation solennelle qui échappa au mendiant'fut répétée par sir Arthur d'un ton lamentable.

— Ma fille !' ma chère fille I ajouta-t«il: te voir périr d'une pareille mort I .

— Mon père I mon pauvre père I dit Isabelle en le serrant dans ses bras; et vous aussi > dit-elle àÉdie, qui allez perdre la vie pour avoir voulu sauver la notre I

— Ge n*cst [pas la peine d*y penser, dit Ochiltree ; fa! aèMK vécii pour être las de la vie ; et ici ou là , au bord d'un fossé, dan» la neige ou sops une Tagne , qu'importe où mourra le vieux porter besace?

— Brî^ve homme, dit sir Arthur^ n*est-il^donc nul moyen?... ue pQUvez-vous rien imaginer ?.«.'Jei vous ferai riche... je vous donnerai une ferme. . • je voiis. . .

— Nos fortunes seront, bientôt égaler, dit le mendiant en jetant on regard sur les flots conjurés. Elles le sont déjà, car je n'ai pas un pouce de terre, et vdus donneriez toute votre baronnie pour la plus. petite pointe de rocher qui resterait à sec pendant douze heures.

Tout en parlant ainsi ^ ils s'arrétècent ânr le plus haut bord dd

rocher. qu'ils purent atteindre, car ils virent que toute tentative

pour avancer vers le promontoire ne servirait qu'à accélérer leur

perte. Il fallait donc attendre en ce lieu les progrès lents mais sûrs

4e l'élément furieux, à peu près» t^ommeles martyrs de l'Eglise

primitive , condamnés par des tyrans païens à être exposés aux

bêtes féroces, voyaient d'abord l'impatience et la rage qui les '

agitaient en attendant l'instant où rt)n'ouvrirait les grilles de leurs

cages.

Cependant cette pause terrible donna I0 temps à Isabelle de réunir toutes les forces d'une ame. naturellement ferme et cdurd'* geuse, et que le danger arma d'une nouvelle résolution. — Pér* drons-noos donc la vie , s'écria-t-elle, sans faire quelque^ efforts pour la sauyer? n'existe-tril aucun sentier^ quelque dangereux qu'il soit> qui puisse nous conduire Sur le sommet du rocher, ou du moins à une hauteur que la mer ne puisse atteindre , et où nous puissions rester jusqu'au jour , ou jusqu'à ce qu'il nous, arrive dd secours ? on doit connaître notre situation , et l'on viendra sûrement à notre aide.

Sir Arthur, qui avait entendu la question de sa fille presque sans la comprendre, se tourna cependant par instinct et d'un air empressé vers le vieux mendiant, comme s'il eût dépendu de Itû dé leur sauver la vie.

— Quand j'étais jeune, dit Ochiltree après un instant de silence, personne n'était plus hardi que moi à graviç les rochers, et j'ai déniché plus d'un nid sur ceux-ci, il y a long-temps , bien longtamps, et nul mortel ne pourrait y monter sans corde. Mais quand j'aurais encore aujourd'hui l'œil aussi bon, le pied aussi sûr, la

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m&ia Qussi ferme qu'autVo Fois, èommeuipourrais-je vous sauver? Il est bien vrai qu'il y avait un sentier ici aux environs, mais si nous pouvions lé voir, vous aimeriez peut-être mieux rester où nous sommes que de vous y hasarder. — Dieu soit loué ! s'éçria*til tout à coup» il y a quelqu'un sur le haut du rocher. Eu criant de toutes ses forces, il se mit à (fonner à i'aventuribr hardi qai se présentait les instructions que lui suggéraient ses connaissances des lieux.

' — C'est cela I c'est cela ! Par ici , par ici ! Attachez bien la cordç autour de la Corne de la Vache ^ cette grosse pierre noire là haut; faites-y deux tours. — C'est bien ! A présent avancez un peu sur la droite , vers cette autre pointe de rocher que nous appelons V Oreille daChat ^. Il y avait là le tronc d'un vieux chêne. — Tout doucement. Meitez-y le temps. Prenez bien ^arde à vous. Mais, mon Dieu, mettez-y le temps, <ous dis-je. Bien! Maintenant descendez sur le Tablier de Bessy ^ , cette grande pierre bleue plate ; de là avec votre aide et celle de la corde, je crois que nous pourroUs sauver la jeune dame et sir Arthur.

Lovel , car c'était lui , ayant exactement suivi les avis du vieux mendiant, lui jeta le bout de la corde, que celui-ci attacha solide- *ment autour du corps de raiss Wardour, après l'avoir enveloppée dans son ]!>ropre manteau bleu, pour la préserver , s'il était possible, de tout accident. Alors, s'aidant de la corde, dont l'autre bout était attaché à la pierre noire qu'ilr avait indiquée, il se mit lui-même à gravir lé rocher, entreprise hasardeuse qu'il n'exécuta pas -sans courir plus d'un danger. Enfin il arriva sur l'espèce de plate^Corme où se trouvait Lovel , et leurs forces réunies vinrent à bout de faire monter Isabelle jusqu^'au mépie lieu de sûreté. Lovel descendit alors pour aider sir Arthur , attacha la corde autour de lui, et remonta^ mais non sans difficulté, pour travailler avec Ochiltrie à amener en haut le baronnet.

La joie qu'ils éprouvèrent en se voyant échappés à la mort d'uùe .manière presque miraculeuse produisit son effet ordinaire. Le père et la fille se jetèrent dans les bras l'un de l'autre > s'embrassèrent et pleurèrent de tendresse. Cependant ils avaient la triste perspective de passer une huit orageuse sur le flanc d'un rocher esjcarpé , dont le bord offrait à peine assez de place pour

I. Crummie's Hom. — a, C(U'*s lug, — Z, Bettes Àpron. Tontes ces desigaatloni popaUire^ sont , c^mm^ op voit , l'cxpressioD de la CQnfiguriLUoo des rochers.

ces quatre personnes tremblant de froid, qui, de même que la troupe des oiseaux de mer, y cherchaient un asile contre Télément destructeur. £)éjà les vagues,- qui continuaient à grossir , couvraient Fendroit qu'ils venaient de quitter, et leur cime inondait celui qui leur servait maintenant de refuge. Au hruit produit par leur choc , on aurait dit qu'elles redemandaient la proie qui leur échappait. C'était une nuit d'été, mais elle était si affreuse, qu'on pouvait douter que la constitution délicate de miss Wardour pût résister jusqu'au matin à tout ce qu'elle avait à soufirir d'une pluie qui tombait sans discontinuer, et d'un vent qui redoublait de violence à chaque instant.

— J'ai passé en plein air plus d'une nuit semblable, dit Qchiltrie ; mais la petite, la pauvre, bonne petite. Dieu me protège, comment pourra-t^elle y survivre ?

C'était à Lovel qu'il communiquait ainsi ses inquiétudes à demivoix ; car il existe une sorte de franc-maçonnerie entre les esprits hardis et entreprenans , qui fait qu'ils se reconnaissent et s'entendent dans le moment du danger ^ et il s'était établi sur-le-champ entre eipL une confiance mutuelle.

— Je vais gravir de nouveau jusqu'au haut du rocher , dit Lovel; l'obscurité n'est pas asisez complète pour m'empêcher de Yoir où appuyer le pied, et je pourrai appeler du secours.

-^ Faites-le > faites-le, pour l'amour du ciel! s'écria vivement sir Arthur.

— Etes-vous fou? dit le mendiant; Francie O' Fowlsheugh , et personne n'était pins hardi à gravir les rochers, car il se cassa le cou sur celui de Dunbuy de Slaines ; Francie , vous dis-je> n'aurait pas osé monter sur les rocs d'Halket-Head après le coucher du soleil. Après ce que vous avez déjà fait , c'est une grande merveille que vous ne soyez pas déjà dans la mer qui est sous nos pieds , et il a fallu la grâce de Dieu pour vous en préserver. Je n'aurais pas cru qu'uH homme pût descendre du haut de ce rocher comme vous l'avez bit. Je ne sais si j'en serais venu à bout moi-même dans le temps où j'avais avec moi la force et la jeunesse. Mais vouloir y remonter 1 ce serait tenter la Providence.

— Je ne crainls rien , répondit Lovel, j'ai bien remarqué en descendant tous les endroits qui peuvent m'aider, et il y a encore assez de clarté pour que je les reconnaisse. Je suis sûr que j'arriverai au sommet sans accident. Quant à vous , mon cher ami , lestez près de sir Arthur et de sa fille.

92 L'ANTiQiJAlKfi.

— Il Itfidra 4onp {pie le diable m'engourdiase les jwnbes, dit iOcUlUie brna^ueniaiit. Si vons y montez, j'y montent aussi ; Bons smcws fort à faire tov» lefi deux poAir gagner le haut de ce rocher.

--r- Non f répondit LoTel , restez ici pour veiller sur miss Wardoiir • Yoo» voyez que 1^8 forces de sir Arthur sooit épuisées,

— Elibien, restez-y vous-même, répliqua le mendiant » et je m'en irai seul : il est juste gue le firait mur tombe avant cdni qui est encore vert,

— Restez tous deux^ je vous en conjure, dit Isabelle d'une voix lùMe ; je me trouve bien, et je puis passer la nuit ici sans inconvénient : je sens que mes forces reviennent. A ces mois , la Toix lui manqua, ses genoux fléchirent sous elle, et elle serait tombée dans la mer qui baignait le pied du rocher, si Lovel et Odiiitiie ne l'eussent soutenue. Ils l'assirent près de son père, qui , épuisé par la fatigue et l'inquiétude , ^'était déjà assis sur la pierre ^ plongé dans une espèce de stupeur.

— Il est impoissttde que noiis les quittions, dit Lovel; 4]ue.iiBire? Scouitezl écoutez! n'ai-je pas entendu un cri 1

— C'est un tammie-norie ^, répondit OiJûltne, je eoipiaîs smi cri parfsdtement.

— De par le ciel , dit jLovel^ c'était une voix humaine.

De nouveaux cris se firent entendre dans le lointain, et l'on pouvait les reconnaître malgré le bruit des élémesis et les crispe poussaient les mouettes dont ils étaient entourés. Lovel et le mendiant crièrent ensemble de toutes leurs forces, et le pioemier, ayant pris le mouchoir de miss Wardour , l'attacha au bout de son bâton et l'agita en l'air, dans l'espoir qu'on apericevrait 8on.sîgnaL Les mêmes ciis se répétèrent plus d'une fidis, mais il se passa quelque temps avant qu'ils rq[)ondissent exactement aux leurs, de sorte qu'on pouvait craindre que le bruit de la tempête n'empêchât ceux qui arrivaient si à propos d'entendre les infarUmés qui avaient besoin de leur secours, et «que l'obscurité ne.kur permît pas de distinguer vers quel point ce secours devait étre.dirigé. Enfin les cris se répondirent d'une manière distincte et régulière ; Lovel et ses compagnons reprirent courage ea voyant qu'ils étaitot à portée d'être entendus par qitelques amis^ sinond'en être secourus.

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