‹ Œuvres de Walter Scott (volume 3)Chapitre 24 sur 91 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

U demftndut parfois «i c«tte vîmod

Avait pour fondement Fima^inaiion j

S'il ne dierait y voir qu'un «once , un vain p|i»tiçe ,

On si pour lui le ciel avait fait un prodlf^e.

Nous allons maintenant prier nos lecteurs de se trâinsporter dans la salle où déjéanait M. Oldback ^ qui méprisant l'usage moderne de prendre du thé ou du café, faisait un déjeuner substantiel, mare tnajoram , avec du bœuf froid et un verre de naim , espèee de bière faite de froment et d'herbes amères , dont la gîénération aetaelle ne connaît plus que le nom ; encore s'est*il conservé parce que dans différens actes du parlement il se trouve accole au cidre , au poiré , et à d'autres boissons assujetties à des droits. LoTel, qui se laissa aller à goûter ce breuvage^ eut peine à s'empédier Àe le déclarer détestable. U se retint pourtant, car il vit ÇBc ce serait offenser grièvement son hôte y qui lai dit qu*il le faisait préparer tous les ans avec un soin particulier , suivant la recette qu'il avaittrouvée dans les papiers d'Aldobrand Oldeubuck. Les dames eurent l'attention d'offrir à notre héros un déjeuner plus conforme au goût moderne ; et tandis qu'il y faisait honneur , il fat assailli de questions indirectes sur la manière dont il avait passélanuit. *

— Ce n'est pas un compliment à faire à M. LoveU mon frère , lûais certainement il n'a pas bonne mine ce matin. U est pâle comme un mort; et quand il est arrivé ici , il était vermeil comme une rose ; mais il ne voudra sftrement pas convenir que son som* meil a été troublé.

— Faites attention^ ma sœur, que cette rose a été pendant la soirée d'hier secouée par le vent, et arrosée par l'eau de la mer, comme si c'eût été une herbe marine. Comment diable voudriezvous qu'elle eût conservé sa couleur ?

— U est certain , dit Lovel , que j'éprouve encore un reste de btigue, quoique votre obligeante hospitalité ne m'ait rien laissé à désirer.

— Ah ! Monsieur, dit miss Oldbuck en le regardant avec un sourire malin , ou qui du moiiis voulait le paraître , c'est votre po.

Utesse qui vous empêche de convenir que votre sommeil ait été

troublé cette nuit.

— Réellement , Mademoiselle ^ il n'a éprouvé aucune interruption , car je ne puis donner ce nom à la musique dont quelque aimable fée a daigné me favoriser.

— Je me doutais bien que Maria vous aurait éveillé avec ses glapissemens» Elle ne savait pas quej'avaîs laissé la fenêtre de votre chambre entr^ouverte ; car, pour ne point parler de Tesprit , il fume toujours dans la chambre verte quand il fait de grands vents. Mais je suis sûre que vous avez entendu autre chose que lesroucoalemens de ma nièce. Eh bien ! il faut en convenir, les hommes ont de, h^ té te, ils savent résister à certaines choses* . . Quant à moi , s'il m'était arrivé quelque événement de cette nature , c'est-à-dire .contre l'ordre de la nature , je suis sûre que j'aurai$ crié à éveiller tdute la maison, quoi qu'il eût pu en arriver, et j!ose dire que le ministre eu aurait fait autant , comme je le lui ai dit à liû-même. Je ne connais que mon frère et vous > monsieur Lovel, qui ayez ime telle force d'esprit.

^ Un homme aussi instruit que M. Ôldbu(di , Mademoiselle , n'aurait pas été exposé au même inconvénient que le clerc de la ville de Fairport dont vous nous parliez hier soir.

-^ Ah I ah ! vous savez maintenant où gît le lièvre : la difficulté de comprendre la langue que parle l'esprit. Mais mon frêne oon* naît une manière de renvoyer les esprits par-delà le Jourdain j commeditM. Blattergowi, si ce n'était qu'on ne voudrait manquer d'honnêteté envers personne, pas même envers un esprit» Cependant, mon frère» j'essaierai cette recette que vous m'avez inontrée dans un livre, si jamais quelqu'un couche encore dans cette chambre : et pourtant , par charité chrétienne, il vaudrait mieux faire arranger la salle au rez-de-chanssée. Il est bien vrai qu'elle est humide et obscure ; mais nous avons si rarement l'occasion d'offrir un lit; à quelqu'un,

— Non, non, ma sœur, les ténèbres et l'humidité sont plus dangereuses que les esprits: le nôtre , d'ailleurs, est un esprit de lumière. Gepeudautje ne serais pas fâché que vous fissiez l'épreuve du charme.

— Je le ferais bien volontiers , mon frère , si j'avais les ingrédiens nécessaires , comme les appelle mon livre de cuisiné. Voyons 1 il faut d'abord de la verveine et du diU ^ ; — je m'en souviens ;

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