‹ Œuvres de Walter Scott (volume 3)Chapitre 40 sur 91 · CHAPITRE XXÏ · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXÏ

Il detcendit par dei degrés magii{uef « Di^a tait jusqu'où, peut-être dant l'enfer; Et ti le diable éltât, riche , il eat clair Qu'il le voU; car dans too al|baye>, Alort ti pauvre et depuis enrichie , Il rapporta force or, qu'il enterra.

Moi seul je fait où git ce irëaor.-là.

X« MerveiUe éPun royaume.

tovEL suivait presque machinalement le inendiant/qui le con-

210 L'AICTIQUAIRE.

duisait d'un pas ferme et rapide à travers les buissens et les ronoes , évitant le3 chemins bat^psy et se retournant souvent pour écouter si nid bruit n'annonçait qu'on les poursuivît. Ta^ntôt ils descendaient dans le lit desséché d'un torrent, tantôt ils suivaient on seutier étroit et dangereux quje les troupeaux > qu'on laissait errer dans Je bois taillis avec une négligence presque univérsdle en Ecosse 9 avaient frayé sur le bord d'un précipice. De temps en temps Lovel pouvait entrevoijr le chemin par lequel il ayait passé la veille aveé sir Arthur, l'antiquaire et le reste de la compagnie. Triste, embai:rassé , dévoré de mille inquiétudes, que n'anrait-il pas donné alprs^ pour posséder cette conscience qui ne se reproche rien, et qui suffit seule pour indemniser de mille maux? — Et ce* pendant , se disait*il dans les réflexions qu'il faisait à la hâte et presque involontairement, — même alors, mon innocence et l'estime que m'accordaient tous ceuic qui m'entouraient ne m'empêchaient p^ dé me croire malheureux^ Que siiis-je maintenant que j'ai les mains teintes du sang de ce jeune homme ? Le misérable amour-propre qui m'a fait accepter ce duel ne m'aveugle plosJ a disparu, comme on dit que le malin esprit disparait aux yeux de ceux qu'il a poussés au crime.

. Sa tendresse pour miss Wardour se taisait même devant la toix des remords qui le déchiraient, et il pensait qu'il aurait consenti à subir tous les supplices d'un amT)u^ méprisé pour, se retreaver tel qu'il était le matin , c'est-à-dire la conscience pure, et n'ayant pas à se reprocher la mort d'un de ses semblables, . Son guide n'interrompit point par sa conversation le coors de ses réflexions pénibles. Ochiltree marchait devant lui dans leboisi tantôt écartant les branches qui s'opposaient à son passage, tantôt l'exhortant à se presser, tantôt s'adrcssant à lui-même à demivoix , suivant la coutume des vieillards isolés et négligés, quelques mots que Lovel n'aurait pu entendre quand même il les aurait écoutés , et qui / k'il les avait entendus , ne lui auraient offert aucun sens, tant ils étaient entrecoupés et sans liaison ; — bahitude qu'on. peut remarquer souvent che^ les gens de l'âge et de la profession d'Edie Ochiltree.

Enfin , à l'iostant où Lovel, encore fidble par suite de son indisposition, épuisé par les sensations pénibles qui l'agitaient/ et fetigué par ses* efforts pour suivre son conducteur dans des sentiers dangereux et difficiles*, commençait à se trouver de quelques pas en arrière , ils arrivèrent en &ce d'un rocher escarpé couvert

L^ANTfODAfAB. âil

Atrence&et àè brèn^ailleâ. Dans ses fiatics ëlàit titie caverne dont l'entrée, anSsi étroite que la tanière d'un renard , n'était indiquée que par une creTasse. Cette crevasse elle-niénie était cachée par les branches d'un vieux chêne , qui , fixé pdr ses racines entrecroisées à la partie sjipérieure de l'ouverture, laissait tomber son fieaiUag;e Sur toute l'étendue du roc. Elle aurait pu échapper à l'attention même d'\m homme qui aurait été près dé l'entrée, takit Fapproehe en. était peu enga^eaâte. Le mendianf y entra pourtant » etLovel l'y suivit. Dans l'intérieur, la caverne était hante et spacieuse, et elle se divisait en deux branches qui, se croisant à angles, droits, représentaient une croix, ce qui prouvait qu'elle avait autrefois^ servi de demeure à un anachorète. On trouve beaucoup de grottes semblables dans diverses parties de l'Écosse : je me bornerai à citer celle de Gqrion près de Rossiin, bien connue des admirateurs des paysages romantiques.

L'entrée de cette caverne n'était éclairée que par un faible crépuscule , et plus loin il y régnait uqe obscurité profonde. ~- Peu de gens connaissent cet endroit, dit Ochiltree , et je crois même qu'il n'y a que deux personnes , sans me compter, qui sachent que cette caverne existe, . Jingling Jock et Lang Linker. J'ai même pensé. bien des fois que, quand je me trouverai vieux et infirme , et hors d^état de jouir plus long-temps de l'air béni du ciel , je me traînerai ici avec un peu de farine d'avoine { — et vojez, il y a une petite source qui sort de ce coin , été comme biver) ; je m'y étendrai tout de mon long pour y attendre ma fin , comme un vieux chien !se traîne dans quelque buisson , pour que la vue de son intitile et dégoûtant cadavre ne choque pa| les yeux des vivans. Et alors ', quand .les chiens aboieront dans la basse-cour d'une ferme écartée, la ménagère jcriera : — Paixl coquins, c'est sûrement lé ^eil Edie qui arrive ; et les pauvres enfans remueront leurs petites ïambes pour cotirir à la porte , afin de voir le vieux Manteàu^Bleu qui raccommode leurs joujo«x : mais il n'y aura plus d'Edie, .

Il conduisit alors Lovel , qui le suivait sans résistance, dans une des divisions intérieures de la caverne.— Ici , dit^il , un petit escalier tournant conduit dans la vieille église qui est au-dessus. Il y a des gens qui prétendent que cette caverne a été creusée par les moines pour y cacher leurs trésors , et l'on dit aussi qu'ils faisaient entrer par là dans l'abbaye^ pendant la nuit, certaines choses qu'ils n'auraient osé y introduire par la grande porte en plein jour. Ou dit encore qu^un d'entre eux devint saint , ou du moins on vou*

lut le faire croire > et ga'il s'établit en ce Uea, qu'on nomma la grotte de Sainte-Ruth, et qu'il construisit l'escalier pour se rendre à l'église )[>endant le service diyin. Si le laird de Monkbams connaissait cet endroit y il en aurait bien long à vous dire y ainsi que sur tant d^autres choses. Mais cette caverne »a-t-elle été creqaée pour le service de Dieu ou pour celui des hommes ? c'est plus que je ne saurais vous.dire. Quoiqu'il en soit, j'y ai vu commettre plus d'un péché de mes jours, et je n'y en ai qqe trop commis moimême ; oui f ici , sous cette voûte ténébreuse , plus d'ui^e fermière a été surprise que son coq ne, l'éveillât pas le matin > quand la pauvre béte était àyla broche dans ce coin sombre. Oui , et je vendrais qu'il ne s'y fiit jamais rien passé de .pire. Et quand on entendait le tapage que nous faisions dans les entrailles de la terre; quand SaundersAikwood , qui était alors garde des forets, le père de Ringan, qui l'est aujourd'hui , allait rôder daps le bois pour veiller au gibier de son maître , quand il voyait sortir.de la crevasse qui sert d'entrée à la caverne une lueur rouge qui rejaillissait sof les noisetiers en face, combien d'histoires ne contait-il pas sur les fées et les esprits qui hantaient le bois pendant la nuit , sur les la* mières qu'il avait vues, sur les cris qu'il avait entendus , pebdant que chacun dormait 1 et quand il me les racontait , le soir an coin du feu , à moi et à mes camarades y je . ne m'avisais pas d'en rire y mais je donnais au vieux fou conte pour conte , histoire pour histoire, quoique je susse. mieux que lui ce qui en était. Oui, coi, c'é.taituQ fameux temps. Mais au bout du compte, tout cela n'était que vanité et péché , et il est juste que ceux qui ont mené dans leur jeunesse une vie légère et inconsidérée , et qui ont abusé de la charité des autres , se tit>uvent en avoir besoin quand ils sont vieux. • '

Tandis qu'Ochiltree racontait ainsi ses anciens exploits et ses tours de jeunesse, d'un ton où la gaieté et le remords dominaient tour à tour, le malheureux Lovel s'était assis sur dn banc taillé dans le roc, et qui avait probablement servi de siège à l'ermite, s'abandonnant à cette lassitude de corps et d'esprit qu'on éprouve ordinairement à la suite d'une grande au:itation. Les suites de son indisposition encore récente avaient affaibli ses forces , et contribuaient beaucoup à cet accablement léthargique. — Si le pauvre garçon s'endort 4ans ce trou humide, pensa Edie, il ne s'éveillera peut-être plus > ou du moins il gagnera quelque mauvais mal. H n'ea est pas de lui comme de nous autres qui pouvons dormir pajr^

tont, poarvn que nous ayons le vetitt^ plein. Alfons» monsieur Lovel, allons, prenez courage. Après tout , le capitaine peut en revenir; et quand il eu mourrait , tous ne seriez pas'Ié premier à qui pareil malheur serait arrivé. J'ai vu tuer bien des hommes , j'ai aidé moi-même à en tuer plus d'un ; cependant il n'y avait point eu de querelle entre nous. Et s'il n'y a pas de mal à tuer des gens avec qui nous ne nous sommes pas querellés^ uniquement parce qu'ils portent une cocarde différente de la nôtre, et qu'ils parlent une autre langue» je ne vois pas pourquoi nous ne serions pas excusables de tuer celui qui vient les armes à la main attaquer notre vie. Je ne veux pas dire que ce soit bien fait, à Dieu ne plaise, ni qu^il soit juste de retirer à un homme ce que nous ne pouvons lui rendre , c'est-à-dire la faculté de respirer ; mais je soutiens que c'est un péché pardonnable quand on s'en repent. Ne jsommes-nous pas tous enfans du péché ? Mais si vous voulez en croire un vieux pécheur qui se repent des mauvaises voies qu'il a suivies, il y a dans les deuxTestamens des promesses capables de sauver celui qui en est le moins digne, s'il peut seulement avoir la foi/

Ce fut ainsi que le mendiant, employant tour a tour toutes ses connaissanées en morale et en théologie pour consoler Lovel, parvint à le forcer de lui accorder quelque atte^tîon jusqu'à ce que le crépuscule qui régnait au bord de la caverne eût fait place à la nuit. — A présent, dit Ochiltree, je vais vous condtiire dans un endroit plus commode. Que de fois je m'y suis assi$ pour entendre les cris du hibou perché sur ces vieux ifs, et pour voir les rayons de la lune s'insinuer à travers les vieux vitraux des ruines 1 11 n*y a pas de danger que personne y vienne à une pareille heure , et si ces coquins de constables et d'officiers du shériff ont fait une visite dans les environs , ils en sont partis depuis long-temps. Ah 1 ail ! avec tous leurs mandats d'arrêt , et toutes leurs clefs du roi ', ils ne sont pas plus braves que les autres, et je leur ai joué plus d'un tour dans mon temps, quand ils s'approchaient de moi de trop près.' Mais, Dieu soit loué ! ils h'ont plus de droits sur moi , parce que je ne suis qu'un mendiant et un vieillard ; mon manteau bleu est une protection, et puis miss Isabelle Wardour serait un bouclier pour moi, comme vous savei:.— Lovel soupira.— Allons,

I . En termes d« juritpradence , les clefs du roi sont le» marteaux et les leyiers de fer <Itt*oa emploie pour forcer Ut portes et le» serrures , en exëcutioo des m'aDdats du roi.

su L'ANtIQUAIRfi.

allons» nfi von» décoaragez point, la boule penjt encore rouler au but. Il faut donner à une jeune fille le temps de se reconnaître^ Cçst la fleur du pays, et elle me veut du bien; grâce à elle, je passe devant la maison de correction aussi fier que j'entre à Téglise le jour du sabbat. I>u diable si personne oserait maintenant arracher un cheveu de la tête du vieil Edie. Je garde le haut de la chaussée quand je vaia dans la ville, et je frotte mon épaule contre celle d*un bailli, sans plus de cérémonie que si c'était un ânier. * .

Tout en parlant ainsi , il s'occupait à écarter quelques pierre^ qui obstruaient l'entrée de l'escalier pratiqué à l'un des angles de la caverne. Il y monta le prèmiei*, et Lovel l'y suivit en silence,

— L'air n'y manque pas , dit le vieillard ; Tes moines y ont pris garde ; ils n'ainjaient pas que rien leur gênât la respiration , et ils ont eu l'adresse de trouver le moyen de donner ici de l'air et da jour sans que personne pût s'en douter. .

Lovel trouva effectivement l'escalier bien aéré, tl était étroit, mais en bon état, et peu élevé. Us entrèrent ensuite dans une petite galerie pratiquée dans le mur de côté du chœur de l'église,d'où il i:ecevait l'air et la lumière par des ouvertures adroitemeat cachées parmi les ornemens de l'architecture gothique.

— Ce passage secret, dit le mendiant, faisait autrefois le tour de presque tout le bâtiment , et .communiqusût à l'endroit que j'ai entendu M. Monkbarns appeler le^re/ractoirt ( Edie voulait probablement dire le réfectoire) d'où on allait à l'appartement du prieur. Par ce moyen le prieur pouvait écouter ce que les moines disaient pendant leur repas, savoir s'ils chantaient de bon cœur leurs psaumes; et quand il ayait reconnu que tout était en règle, descendre là-bas dans la grotte et y aller joindre quelque égrillarde, car c'étaient de fiers compères que ces moines, à moins que toa( ce qu on en a dit ne soit des mensonges. Mais nos gens se.sont donné bien du mal il y a déjà longrtemps pour boucher Iç passage d'un côté , et le démolir d'un autre , de crainte que des fâcheux ne le découvrissent, et n'en profitassent pour descendre dans la ca« verne , ce qui aurait été une mauvaise affaire pour nou^ , car il ne s'agissait de rien moins que de notre cou.

Ils arrivèrent alors à un endroit où la galerie s'élargissait en cercle et devenait assez spacieuse pour contenir un banc de pierre. Une niche qu'on y avait pratiquée se projetait jusque dans le chœur; comme les côtés en étaient garnis d'omemens percés à

}our> on ponvait de la voir toute eette partie de TédiBce , ce. qui , repétaEdie» ayait probablement été imaginé pour donner au prieur le moyeu de surveiller la conduite de ses moines, sans pouvoir en être TU loi-même, et s'assurer par ses propres yeux qu'ils s'acquittaient des avoirs de dévotion que son rang l'exemptait |le partager avec eux. Cette nicbe étant semblable à toutes celles qui régnaient en ordre régulier tout autour du dicenr, et ne différant aacnnement des autres à l'extérieur^ il était impossible de voir d'en-bas celui qui se trouvait à ce poste d'observation ; il était d'autant vàeax caché qu'unsaint Michel de pierre > terrassant un dragon, figurait devant la niche. Le passage^ se resserrant ensuite , conduisait encore beaucoup plus loin autrefois, mais les vagabonds dont la caverne de Sainte-Ruth était jadis le point de ralliement» àvaient'eu la précaution de le bou<5her* avec de grosses pierres qu'ils avàieht prises dans les ruines.

Edie s'assit. sur le banc dé pierre, er.y étendant un pan de son manteau bleu, il fit signe à Lovel de s'y placier à e&té de lui. — Nous serons mieu|t ici qu'èn-bas , lui dit-il ; ra,ir y est plus doux et pins sain, et f odeur des fleurs et des arbrisseaux qui croissent dans les niin^ vaut mieux que l'humidité de la grotte. Ces fleurs seiçbleitt plus parfumées dans :1a nuit, et l'on n'en voit jamais un si grand nombre, qu'aux^énvirons des bâtimens ruinés. Or, ditesmoi, monsieur Lovel, quelqu'iin de vos savans pourrait-il m'en donner une bonne raison ? -

— Je n'en connais aucune, dit L6vel. '

--Je pense, reprit le mendiant, qu'il en est comme de ces g dons qui paraissent plus agréables à celui qui lès-'reçoit dans l'adversité , pu c'est peut-être une parabole pour nous apprendre à ae pas mépriser ceux qui sont tombés dans les tribulations ou dans les ténèbres du pécbé^, puisque Dieu envoie des parfums. pour égayer J'henre la plus sombre du jour^ et couvre de fleurs et d'arbrisseaus^ les édifices enr ruine. Et maintenant je voudrais qu'un homme sage pût me dire si le. ciel n'est pas charmé du spectacle que nous avons sous les yeux, de ces longues bandes de lumière que la lune dépose sur le .pavé de cette vieille église , oii qui , jaillissant soudain à travers ces grands piliers, et ces sculptures des fenêtres I y étincellent comme snr les feuilles du sombre lierre quand le vent les agite; je serais bien surpris si ce spectacle ne charme pas pl^s le ciel que celui qu'ofirait cette enceinte quaa4 elle était illuminée avec des lampes et des cierges , qu'on y bràlait

la myrrfae et Féneens dont ou parle dans les Ecrilnres y et ^oa y entendait la voix des hommes et des, femmes , le son des orgues, des trompettes , des psaltérionsj et de tous les instramaia âe mosiqae ; je serais bien surpris si ce n'était pas là tonte cette pompe fae l'Eoritmre appelle abomination. — Je pense, momieiir Lovel, que si deàx pauyres oœnrs contrits comiàe le vtee et le mien peuvent offrirune hnmble prière...

— Paix! s'écria Lpvel en pressant vivement le bras du mendiant ; je viens d'eiïténdre quelqu'un ^rler. ' ^

^ J'ai l'oreille dure , répondit le n^endiant à voix basse ; vm lions sommes ici bien en sûreté. D'où venait le bnût ?

Lovel lui montra la porte du chœur chargée d?nne profaôon d'omemens> qui était située à l'un des bouts du bâtiment du oolé de l'ouestj et au-dessus de laquelle était une fenêtre qui donnait un libre passage aux rayons de la luné.

— Ce ne peut être aucun de nos gens » dit Edie en parlant avec précaution ; car il n'y en a plus que deux qui connaissent cet endroit, comme je vous le disais > et ils sont bien loin d'ici si leur pèlerinage en cette vie n'est pas terminé. Jamais je ne croirai qne le^ officiers de justice viennent ici à une pareille heure» et je n'ai pas de foi dans les contes d'esprits et de revenàiis que.font les vieilles femmes , quoique ce soit l'heure et le temps prqnces pour en voir s'il en existe. Mais que ce soient des babitaus de ce monde ou de l'autre, les voici : deux hommes avec une lumière.

Et en effet, tandis que lé mendiant parlait ainsi, l'ombre de deox hommes , projetée eU avant par les rayons de la. lône, précéda leur entrée dans le chœur» et la petite lanterne que l'un d^eoX| portait, à la main jetait une lueur pile devant l'édat argenté <{De ' répandait cet astre, comme l'étoile du soir se fiât distàngnerà peine au milieu des rayons affaiblis dn soleil couchant. L'idée la plns' vraisemblable, malgré l'assurance d'Ochiltree, était que les personnes qui venaient visiter les mines à une heure aussi indue étaient des officiers de justice qui cherchaient Lovel;' cependant rien dans leur conduite ne semblait justifier ce -soupçon. Le men' diant toucha le bras de son colnpagnon , et lui dit tout bas que ce qu'ik avaient de mieux à faire était de rester sans faire le moindre bruit dans l'endrpit où ils se trouvaient , et de suivre des yeux tons les mouvements de ces deux individus. S'il arrivait quelque chose qui leur f!t juger à propos de songer à la retraite, ik pouvaient gagner la caverne par l'escalier secret « et de là se cacher dans le

L'ANTIQUAIBK. 217

Jbois^ oùr<)l)9Ciiiité empêcherait qu'on ne les poursoivit. Us restèrent donc immol^iles» ohserTÂOt avec inquiétude et curiosité les deux étrangers* •

GeHx-ci,. après avoir causé quelques instans à voix basse près de la porte , s'avancèrent vers le milieu du chœur; et une^ voix qu'à son accent Lovel reconnut sur-le-champ pour celle de Donsters* wivel , prononça assez distinctement les parole suivantes :

'— En férité y mon pou monsieur, pas poufoir troufer plus beau tempsy moment plus feforable pour notre grande entreprise* Fous foir pientot que tout ce que mein herr Oldenbuck afoir dit n'être rien que fadaises. Lui pas plus safoir ce que liii dire qu'un petit enfsmt^ suf mon ame! Lui espérjer'defenir riche comme un juif pour ses paufires iniséraples cent lifnes, dont moi pas- plus me soucier, sinr pou honneur^ que de cent liards* Mais à. fous, mon munificent et respectable patron, je fouloir fous montrer tous les secrets de mon art ; oui, même le secret du grand Pjmsjiider.

— Suivant toute vraisemblance, dit Ëdie çi voix, basse, il faut que cet autre soit sir Arthur Wardom*;^e ne connais que lui capable de venir ici à une pareille heure avec ce coquin d'Aile* mand, Oa croirait. que ce charlatan l'a ensorcelé; il lui ferait croire que de la chaux est du fromage. Mais voyons ce qu'ils viennent.faire ici.

GettQ, interruption empêcha Lovel de faire attention à la répolise du baronnet, et il n'en put entendre que les derniers mots, qui furent prononcés^ avec emphase.... une bien grande dépense !

— Une grande d^nse ! répéta Dousterswivçl ; sans doute cela être indispensaplcr Fous pas poufoir récolter afant d'afoir semé : la dépense être la semence; l'or, l'argenterie, les pijoux^ les trésors être la récolte; fort ponne récolte, sur ma parole. Qr^ sir Arthur^ fous afoir semé cette nuit dix guinées, petite semence^ nie prise de tabac ; mais si fous ne pas recueillir, une grande récolte, grande en proportion de la petite pincée de semence, car fous safoir que Tune être la conséquence dé l'autre, moi fous permettre de ne jamais regarder Herman Doustei:swivel comme un honnête homme. Maintenant, mon pon patrqn, moi fous prier de regarder cette petite assiette d'argent; car moi n'afoir pas de secrets pour fous : fous safoir que la liine traferser tout le zodiaque en vingt-huit jours ; le plus petit enfant safoir cela. Eh pien, moi prendre une assiette d'argent quand elle être dans sa quinzième

218 L'ANTIQUAIBB.

maison, laquelle maison être la palance, et grater sqr an iks

côtâ les mots en gothique 0cl)cdbar0(i)nnoti) 0cl)iartacl)aii/

ce qui signifie l'intelligence de rintelligence delà luue; ensoite laire ce dessin comme un serpent afec une tête de dindon : fort bien. Puis de l'autre e&té gradfer une tapie, lunaire , un carré de neuf multiplia par lui-même , avet quatre-Tin^-nn nombres de chaque côté, et neuf de diamètre. Fous foir que tout cela être pien proprement exécuté : or toutes les fois que la lune changer de quartier, moi poufoir m'en serfir pour troufer des trésors en pror portion de mes dépenses de fumigations^ comme neof est le produit de la multiplication.

— Mais , Doustetswivél , dit le crédule baronnet , ceci ne sent* il pas la magie ? Je suis , quoique indigne , im véritable 61s de l'Eglise épiscopàle, et je ne yeux avoir, aucune r^^tion avec k malin esprits

— Bah li^ah ! n'y. afoir pas la moindre magie dans ceta : tout être fondé sur l'influence planétaire, et sur la sympathie et ta force des nombres. Moi fouAaire fôir par la jsuite 'de pien plus peto choses. Cependant moi ne pas fous dire que le tout s'opérer sans l'aide d'un esprit , à cause de la fumigation, mais si fous afoir pas peur, lui se montrer à fos yeux ^.

— Je n'ai pas la moindre curiosité de le voir, dit le baronnoty qui, d'après le son de sa voix^ semblait avoir un accès de fièvre.

— C'est pien dommage. Moi afoir été pien aise de fous montrer l'esprit gardien du trésor, comme un chien figilant. Moi safoir corn* ment agir afec lui, mais si fous pas fouloir le foir...

— Je ne m'en.soucie guère, répondit le baronnet d'un ton d'indifférence. Mais il est temps de songer à notre afiaise*

— Pas encore, mon pon pati^oh; il n'est pas encore minmt, et minuit êûre précisément notre heure planétaire , et alors moi poufoir fous montrer ^esprit. Pour cela , moi tracer un pentagone dans un cercle , ce qui n'être pas difficile ; faire ensuite ma fana* gation au centre , et nous être là comme dans un château pien fo^

1. Go peut trouver des absurditët du genre de celles que débite l'adepte allemamli ^* la Découverte de la sorcellerie, de Rcginirid Scott, 3e édition in fol., Londres, i565.Ltp* pendice est intitulés i V excellent Discours de ta natun et de la substance dês '^'^''^'^ dês esprits , en deux livres ; le premier , pf r le susdit auteur Reginald Scott , If W^ ajouté à cette édition comme suite du nremier , çt complétant tout l*ouvra^e. > Ce s^cood livre, qpoique indiqué comme tuitt du premier, est piir le fail fondé sur des idétt oppoiéil|i car l'ouvrage de Reginald Scott est une compilation des idées absurdes çt «uperstilieipei j[<> temps sur les sorciers , et la bonclosion prét(*ndue est un traité sérieux, sur les moyens divers 4e conjurer les esprits.

tifié; fous tenir Véfée à la main, moi proiloncer les paroles > et alors fous .foir la muraille s'oufrir comme la porte .d'une cité, et puis..; un instant... oui, foir d'apord'un cerf poursuifi et terrassé par trois grands chiens noirs, comme aux grandes chasses de notre électeur, et alors uniilain petit nègre prendre le cerf, et paf 1 tout disparaît. Ensuite fous entendre une symphonie de co^ re* tçntirdans toutes les ruines. Pou morceau de musigne, sur ma parole, aussi ppn que ce que fous afoir jamais entendu dç Fischer sur le haiitpoi^. Fort pien 1 Fient ensuite le héraut, comme nous appeler Ehreuhold , sonnant du cor, suifi du grand Peplphan que Doos nommer le grand chasseui* du Nord, monté sur un cc^ursier, et... Mais fous pas fous soucier de foir tout cela..

— Ce n'est pas que.... que jç craigne ; mais^... on dit qu'il.... qu'il arrive quelquefois. ••• de grands accidens en de telles. Oc« casions. • . * ^

— Des accidens I Pon ! non , non. Seulement si le cercle n'être pas pieu tracée ousi celui qui tenir l'épée afoir peur et ne pas la tenir pién ferme horizontalement » le grand chasseur prendre alors soaabntage^ entrer dans le cercle » et étrangler l'exorciste. Gela s'être f CL quelquefois.

— Eh hien , Dousterswiyel:, sans douter ni de mon courage i|i de "votre science > dispensOns-nous de l'applarition , et procédons à nos opérations.

— De pien pou cœur ; cela m'être égal. Mais foici le moment. Tirez fotre épée, tandis que moi allumer ce que fous appeler des copeaux.

En, même temps il arrangea un petit bûcher de copeaux qu'il anit apportés, et qu'il avait enduits d'une matière bitumineuse pour donner plus d'ardeur à la flamme ; çt quand elle fut bien viYCf et qu'elle teignit d'une lueur rpugeâfre les murs qui l'entouraient, iJ 7 jeta uiie poignée de je ne sais quelle poudre qui produi^t une odeur très forte;, et comme il y entrait.beaucoup de soufre, elle fit éternuer l'exorciste et son élève , et la vapeur, se répandaat dans tout le chœur, monta sous les narines de Lovel et du men* diant, sur lesquels elle produisit le même effet.

— Est-ce un écho ? dit le baronnet surpris d'entendre la répé* tition de ce bruit. — Et se rapprochant de l'adepte: — Ne seraitce pas , ajouta-t*il , l'esprit dont vous parliez , qur tourne en ridicule notre tentative pour nous emparer du trésor confié à sa garde? . . ^

930 L'ANTlQUAntS.

— N... u... non^ répondit en bégayant PAUemand » qui emn* mençait à partager là terreor de son patron; moi me flatter du eontraire» ^ ^ •

Ici un éténraement sonore qu'OcUltree ne pnt retenir se fit en* core entendre , ainsi que le bruit d'une toux étouffée 9 qu'il n'était plus possible de regarder comme un écho. Nos deux chercbeors de trésor restèrent confondus,

— Que le ciel ait pitié de nous 1 dit le baronnet.

— ÂOe giUen geisUm toben den hetnn I s'écria l'adepte ëpen* Tante. Mon pon sir Arthur, continua-t-il, moi commencer à croire que nous afoir rien de mieux à faire que de nous en aller, et derefenir demain en plein jour.

— Misérable jongleur, s'écria le baronnet, «n qni cette propo* sition éTeilla des soupçons qui l'emportèrent sur sa terreur, et poussé au désespoir par la connaissance qu'il ayait du fâchent état de ses afGaires ; impudent charlatan , c'est un tonr que yons avez préparé pour vous dispenser dTexécuteryotre promesse , comme cela TOUS est arriyé si souyent. Mais, de par le ciel ! je saurai cette nuit à qui je me suis fié quand j^ai souffert que yons trayaillassiez à ma ruine. Faites yotre deyoir ; qu'il yienne des écrits ou des diables j, il faut ^e yous me montriez le trésor, on qoe yions cod* fessiez que yoi^is êtes un coquin et un imposteur, on, sur la foi d'an homme rainé et désespéré , je yous enyoie dans un monde où tous yerrez des esprits plus que yous .n'en yoùdriez yoir.

L'Allemand , partagé entre la terreur que lui inspiraient les êtres surnaturels dont il se supposait enVîronné, et la crainte pour sa yie, qni semblait à la merci d'un furieux, ne put que lui dire dn ton le plus humble : — Mon pon patron , fous n'être pas coofe* naplement prudent , fous defoir ccmsidérer que les esprits...

En ce moment, Edie, qui commençait à s'amuser de cette scène, fit entendre tme sorte de géniissement extraordinaire, et qui n'était que le prolongement du ton lamentable qu'il employait en demandant l'aumône : Donsterswiyel se laissa tomber sur ses genoiix.

— Mon pôn sir Arthiur, falloir nous en aller; falloir que moi m'en aller.

-^ Non , misérable coquin , dit sir Arthur en tirant l'épée qu'il ayait apportée pour les cérémonies de l'exorcisme , cette rose ne yous réussira point. Il y à long-temps que Monkbams m'a averti d'être en garde contre yous. Je yerrai ce trésor ayant que yoos

sortiez d'ici» ou jevoii9 ferai ayoner que tous n'ôtes qu'un imposteur , ou je vous passerai cette épée an travers du corps, éh dépit de tous les esprits et de tous ks revenans du monde.

— Pour l'amour dn ciel , mon honorable patron, un peu de pa* tiebce.^Fous afoir pientAt tout le trésor que moi connaître, fous FaYoir en férité. Mais fous point parler des esprits, auii^emetit fous les mettre en colère.

Ochiltree se préparait à pousser un isecond gémissement^ mais il en fut empêché par LotcI, qui comtuençait à prendre un intérêt sérieux à cette affaire en voyant i'aii^ décidé et presque désespéré de sir Arthur. Dousterswivel, tremblant de la double crainte que lai inspiraient les esprits d'un côté , et le baronnet de l'antre , joua fort mal le rôle de sorcier , n'osant prendre le degré d'assurance nécessaire pour tromper sir Arthur^ de peur d'exciter le courroux des êtres invisibles qu'il redoutait. Cependant, après avoir roulé des yeux hagards de côté et d'autre , et avoir prononcé quelques mots allemands en faisant des contorsions qui étaient l'effet delà terreur qu'il éprouvait, plus que dd désir d'en imposer, il s'avança enfin vers un coin du bâtiment ou la' terre était couverte d'une grande pierre plate sur laquelle était gravée en bas-relief l'effigie d'nn ^eirier armé de toutes pièces^ et il dit à sirArthur à demi* Yoix : — C'être ici, mon digne patron , que Dieu fouloir nous pro-

Le baronnet , qui., aprèfs avoir imposé silence à ses craintes su« perstitieuses, semblait s'être armé de toute sa^ résolution pour mettre à fin cette aventure, aida l'adepte à soulever cette pierre par le moyen d'un levier dont il s'étaient munis, et leurs forces ré* unies n'en vinrent à bout qu'avec peine. Aucune lumière sùrnatu* rdle ne brilla soudainement pour indiquer le trésor souterrain , et aucun esprit terrestt^ on infernal ne se rendit visible. Dousterswivel , en tremblani , donna à la hâte quelques conps de pioche , car ils avaient apporté tous les instrumens nécessaires. Puis il retira avec une pelle la terre qu'il venait de remuer , et sir Arthur entendit un son semblable à celui qu'eût produit la chute d'un morceau de métal. Dousterswivel ramassa promptém^ent l'objet qui l'avait produit. — Mon pon patron, s^écria^t-il, sur mon honneuur c'ètre tout ce que nous poufoir trouver cette nuit. Et en. même temps il jetait autour de lui un regard inquiet,- comme pour voir si <)uelqne esprit ne paraîtrait pas pour .confondre son irn* posture. '

s >22 L'AHTIOUAIRK,

. - YojojoB, dit nr Arthur : voyons^ répéta>t-il d'an ton plus ferme ; je veux me sadsbire J je Teox juger par mes propres yeHî. ^ Prenant des mains de Dousterswivel une petite boîte ou cassette dont Loyel ne put distingner la forme , et l'examinant a la laeur de la lanterne, il fit unç exclamation qui fit penser aux deux témoins de eeite sqèue qu'elle était pleine d'arg^en t. — J'en conviens, dit le baronnet, la prise n'est pas mauyaise, et si l'on peut espérer un succès proportionné en risquant davar^tage ; eb.bien^ on le risquera. Ge&six cents livres 4e Goldieworih jointes à tant d'antres demiandes qu'on me fait , auraient entraîné ma imine. -7-^ Si vous croyez que nous puissions réussir une seconde fois , an prochain quartier de la lune, je suppose, en fiaisànt les avances nécessaires, coûite qui coûte, je les ferai.

— Mon respect2q)le patron,- ce n'est pas à présent lé moment d'en parler : fous fpuloir pienm'aider à. remettre la pierre à sa |)lace , et nous en aller pien fite. — .£t dè^ que la pierre fut replacée , il entraîna sir Arthur , qui lui avait rendu toute sa confiance, loin d'un endroit que la conscience troublée de l'Allemand > et ses craintes superstitieuses , lui représentaient comme rempli d'esprits vengeurs qui, cachés derrière chaque pilier, guettaient l'instant de le punir de sa fourberie.

. -^ Qui vit jamais pareille cho$6? s'écria Edie quand ils eurent disparu comme deux ombres. Mais que peut-on faire pour ce pauvre diable de baronnet sans cervelle? il a pourtant prouTé qu'il avait du sang dans les veihes : plus que je ne l'aurais pensé. J'ai cru un moment qu'il, aurait f^ît sentir le froid de sa lame à cê vagabond. Sir Arthur g'avatt pas tant de courage au Tablier de Bessy l'autre soir ; mais alors il n'était pas en coière , et cela fait une différence. J'ai connu telles gens qui, dans la colère, auraient tué un homme comme unembuche,^tquine s€^seraieut pas souciés d'être brisés contre la Corne de la Vache. Mais que peut-on faire ' pour lui ? ,

— Je présume., dit Lovel, que ce coquin a regagné toute sa eoihâance par cette 'fourberie qu'il avait sans douté préparée d'à*

vance.

• — QuoiJ Targeiat? Oui , oui ; fiez-vous à lui pour cela. Celai qui -caehe une chose sait où la trouver. Il veut en tirer jusqu'à sa dernière guinee, et s'enfuir dans son pays^ en vrai transfuge. J'aurais voulu me trouver à portée de lui faire sentir mon bâton ferré; il aurait cru que c'était une bénédiction que lui donnait

L'ANTIQUAIRE. fU

qfttdqil'iui doB vieux abbés enterrés ici. Mais il est prudent de ne pa^ faire de coup de téte« Ce ji'est pas toujours le meilleur sabre

qui fait led pIuÀ proft^ndesblessureSy c'est la manière de s'en servir. Je le retrouveraâ quelque jour.

-^ Si vous informiez M. Oldbnck de ce jqui vient de se passer i \ — ' Je UQ sais trop. Monkbams et sir Arthur se ressemblent sans $a ressembler. Quelquefois le baronnet écoute Monkbams, et 4'ajatrea fois il ne s'en soucie pas plus que de moi. Monkbarns luimême n'est pas plus sage qu'il ne faut sur bien des choses. On lui (ait croire qu'un vieux liard est une.anciekme médaille romaine » conune il l'appelle» et qu'un foissé creusé ily^a quelques années est on vieux camp. U'ue s'agit que de savoir mentir. Je lui ai fait moimême plua d'un conte » Dieu me pardonne I mais avec tout cela il n'ii ^ère de compassion pour les autres > et il leur jette au nez lem^ sottises comme s'il n'en avait aucune à se reprocher. Il vous écoutera toute lat journée si vous lui faites des contes sur Wallace, l'aveugle Harry ^-et David Lindsay ^ ; mais il ne faut lui parler ni d'esprits ^ ni de fées , ni de revenais , ni de rien de semblable. Il a été une fois sur le point de jeter le vieux Caxon par la fanétre 9, parce qu'il soutenait qu'il avait vu un esprit sur le Humlock-Knowe. Qr, s'il prenait cette afiaire de travers» il ne ferait que graisser les bottes du coquin» et tout irait de mal en pis. C'est ce qui est arrivé deux ou trois fois au sujet de cette ^itreptise de mines : on aurait ditquesirArthurprenaitpIsdsiràs'enfoncerdavantagedanslebonr» bier» précisémient parcequQ Monkbams lui conseillait de s'en tirer.

— Mais quel inconvénient trouveriez- vous à donuer un mot d'avis à miss Wàrdour? .

-r-' La pauvre fille 1 £t comment pourruit-elle empêcher son père d'en faire à sa tête? Et d'ailleurs à quoi cela servirait-il? U court un bruit dans le pays qu'un créancier de sir Arthur lui demande en ce moment 4e paiement de six ce^ts liyies sterling» et fa'an limier de jn^ice. d'Edimbourg liii mord les jarrets jusqu'à^ l'os pour le faire payer; s'il ne peut en venir à bout^il faut qu'il aille en prison ou qu'il quitte le pays. C'est comme uu homme qui se noie ; il s'accroche à tout ce qu'il peut trouver , pour tacher de se tirer de l'eau. Ainsi donc» à quoi bon causer d^ tourment à la pauvre fille pour ce qu'elle ne peut empêcher? D*aiileurs ^ ppur dire la vérité» je ne me soucie point de faire connaître le secret

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