‹ Œuvres de Walter Scott (volume 3)Chapitre 71 sur 91 · I. En anglais LitiU-Mn · texte numérisé non relu

I. En anglais LitiU-Mn

36 è L*AIHTlQUAIRlf.

vêtement , sa pension , et sa permission de mendier , par quelque acte de haute trahison . on tout an moins de sédition. Mais faites-lè entrer. ^

Edie le salua ^ et, se réiressant ensuite , se tint (||vant lui h taille haute , suivant éon usage, et la tête un peu tournée à droite, comme pour mieux entendre tout ce que le magistrat pourrait avoir à lui dire. Les premières questions qui lui furent faites ne regardant que son nom , son âge et sa profession , il y répondit saus se faire prier et avec exactitude ; mais quand M. Petit-Jean , ayant fait écrire ses réponses par son clerc , lui eut demandé où il avait passé la nuit pendant laquelle Dousterswivel se plaignait d'avoir . été battu et volé , il lui répondit par une autre question.

— Pouvez^vous me dire , monsieur le bailli , vous qui connaissez les lois y ce qu'il m'en reviendra de répondre à vos qnestioni^?

— Ce qu^il vous en reviendra I rien , si ce n'est qu'en me di^nt la vérité, et en me prouvant votre innocence, vous me mettrez peut-être en état de vous rendre la liberté.

— Mais il me semble , monsieur le bailli , qu'il serait plus juste que ceux qui m'accusent prouvassent ma culpabilité , au lien

. d'exiger de moi que je prouve mon innocence.

— Je ne siège pas ici pour discuter avec vous des points de * droit. Je vous demande, et vous me répondrez si bon vous semble,

si vous avez couché chez Ringan Âikwood , la nuit dont je parle ?

— En vérité , monsieur le bailli , je ne me trouve pas obligé de m'en souvenir.

— Ou si, dans le cours de cette nuit, vous avez va Steenie Mucklebackit ? Vous le connaissiez , je pense?

— Si je connaissais Steenie Mucklebackit I Oui vraiment : le pauvre diable î Mais je n'ai rien à dire sur l'époque où Je l'ai vu pour la dernière fois.

— Avez-vous été pendant cette nuit aux mines de Sainte-Ruth ?

— Monsieur le bailli Petit-Jean , si c'est le bon plaisir de Votre Honneur , je vais vous raccourcir une bien longue histoire , et Je vous dirai tout simplement que je ne suis pas d'avis de répondre à aucune de ces questions. J'ai vu trop de pays pour permettre à ma langue 4e me mettre dans l'embarras.

— Ecrivez, dit le magistrat, qifil refuse de répondre à toute question, parce qu'en disant la vérité il pourrait se mettre datis l'embarras.

— Non pas, non pas ! je n'entends pas que cela soit écrit comme

li'JkNTIQUAlRB; Ml

Utuà jppnie de Bka répease. Ce qoti je yevji dire, c'eit ipe , f aptte ma» faii¥«nir et mon expérience, je n'ai jamais Vu qu'on tùrât aecan jprofil de répondre à des questiùttsoiaeiifies.

— Fort bien. Ecrivez que , connaissant par nne longue expér tianoe les intmn^pgatoires judiciaires , et s'étanjt nui à Ini-mdme en répondant aux questions qui lui avaient été fiUtes dans dé pardUèb •ceàsîona t h comparant refiise.w

-^ Eh 1 non $ bailU , non! ce n'est pas encore par cette porte que vous me fierez passer*

•— Dictez donc votre réponse vous-même, et mon derc l'écrira dansveà prçf^res termes.

-— C'est cda, monsieur lebaiUi> voilà ceqne j'appelle justice imfferliide^ Je ne vous fierai pas pordre de temps. Ainsi donc^ voisin, Toitt poiiyek écrire qu'Edie Odûltree, le conqparant, maintient la lifaené* • • Ken, un UMHuent, je ne dois pas dire cela. Je ne suis pas un des enbiis de fai liberté I j'ai coàibattu contre eux lors de la ré* vi^tede Dublin. ly ailleurs, j'ai mangé du pain du roi pendant bien des antiées. Attendez t voyons I oui : écrivez qu'Edie Ochiltree , le Maaiean-Bleu, maintient la prérogative, et prenez garde à bien srtbograpUer ee mot , car il est long ; maintient la prérogative des MyetS du roi , et qu'il ne répondra à aucune dies questions qui lui seront adressées à moins qu'il ne voie quelque raison pour le faire. Gqfudiez cela par écrit , jeune bomme.

•^ En ce cas ^ Edie , et puisque vous ne voulez me donner aucun renseigiiement sur votre conduite, il faut que je vous ret^ voie en prison pour y rester jusqu'à ce que vous soyez mis en jrigemeut.

•^ £h lûeni m<Misieur le bailli, si telle est la volonté de Dieu et desbmnaies, il&utbiens'y soumettre. Et puis je n'ai pas de grandes objectiçiis .à 'fidre contre la prison, si ce n'est qu'ion ne peut en sortir. Mais si vous y consentiez, monsieur le baiiÛ, je vous donne** rais ma parole de me présenter devant le tribunal le jour que vous m'indiqueriez.

— La garantie me paraîtrait un peu légère dans une affaire où votre cou peut courir quelque risque ; je craindrais que le gage ne fftt pas racheté. Si vous pouviez fournir caution suffisante, sans doute...

^a ce montent, Tanti^piaireet le capitaine Hac-Iolyre entrèrent dans rappartement.

— Bonjour^ Messieurs, dit le magistrat; vous mC; trouvez, sui-

ses L'ANTIOHUAtBE.

vaut mon usage , exerçant les devoirs de mon^éiat» aeeufé desimquitésdupenple, trayaillant />fv republicâ, monsîeiir OUtmek; servant le roi notre maître , capitaine Biac-Intyre. Vous sarvexsaos doute que j -ai aussi pris Pépée ?

— C'est sans contredit un des emblèmes de la justice , répondit l'anti^aire; mais j'aurais cru que la balance vousaumtmieax convenu^ bailli > d'autant plus quevous en avez dans votre boutique.

— La remarqpie est bonne, monsieur Oldbuck , exedlente ; mais ce n'est pas comme juge^ c'est comme soldat que j'ai pris l'épée: je devrais dire le mousquet et la baïonnette. Tenez , les vmlà à côté de mon grand fauteuil à bras, car à peine puis»je cooimeneer à faire l'exercice; je me ressens encore de ma dernière attaque de goutte : cependant je parviens à me tenir sur mes jambes , tandis que le sergent m'apprend la^ manceuviv. Je voudrais savoir s'il s'y prend convenablement, capitaine^.car jusqu'à présent nous avons l'air un peu gauche. Et en même temps il alla en boitant \ers son fauteuil pour prendre l'arme dont il était si fier, et pour mettre Hector en état de prononcer s'il en connaissait bien le maniement.

— Je suis charmé que nous ayons de si zélés défenseurs , bailli , et je vous garantis qu'Hector se fera un plaisir de vous donner son opinion sur les progrès que vous avez faits dans votre nouvel état ; mais en vérité, mon cher Monsieur, FHécate des anciens tnmve en vous un digne rival, marchand ai^marohé, magistrat dans l'hdtel-de-ville, et militaire sur nos.côtes. Quid non pro patriâ ^? Mais c'est au juge de paix que j'ai affaire , ainsi laissons le commerce et la guerre.

— Eh bien I monsieur Oldbuck^ en quoi puis-je vous êtreutiiè? r~ Tous avez là une de mes vieilles connaissances , Edie Ochil-

tree, que quelques-uns de vos myrmidons ont claquemuré âà&s une prison d'après une plainte de ce coquin de Donsterswivel , dés accusations duquel je ne crois pas un seul mot.

Ici le magistrat prit un air grave. — Il faut que vous sachiez, dit-il^ qu'il est accusé de vol et de voies de fait : c'est une afEaire fortsérieuse ; il est rare que j'en aieà instruire deeette importance.

— Et c'est pourquoi vous n'êtes pas fâché d'en profiter. Sbis véritablement y l'afEsdre de ce pauvre vieillard vous paraît-elle donc bien grave?

— Infiniment grave, monsieur Oldbuck; mais vous êtes vous-

i . Que ne fertut'on p«,» pour U patrie?

L'ANTiQUimiE. ' 36;^

luièffie juge de ^«ix » et par conséquent je ne ferai nulle diSieuIté ^ de vous montrer la plainte de M. Doostérswivel et le commence- . m^nt de Tinformatioli* — : A ces mots, il remit une liasse de papiers ^ entre les mains de l'antiquaire » qoi, prenant ses limettes, se retira dans un coin de la chambre pour les lire. .

Cependant les officiers de justice reçurent ordre de faire passer leur prisoimier dans une autre chambre ; mais avant qu'ils l'exéeu* tassent ^ le capitaine Mac-Intyre trouva moyen de s'approciier ' d'Ochiltree ; et lui glissa uneguinée. dapsja main.

— Que Dieu récompense Votre Honneur, ditle mendiant ; c'est ' l'offrande d'un jeune militaire 9 et elle doit porter bonheur à un • vieux soldat^ Cette charité passe les bornes; cependant je l'accepte^ . car si l'on me cloue dans cette prison^ il est assez probable que mes amis m'oublieront. — Hors de la vue, hors du souvenir, — dit le proverbe ; et il serait peu honorable pour moi , qui suis mendiant . du roi, et qui en cette qualité ai droit de demander l'aumône de ' vive voixy d'être obligé de pêcher quelques sous parla fenêtre de la prison , dans un vieux pied de bas.snspendu à une ficelte*

Comme il taisait cette observation , on l'emmena hors de la salle.

La déposition de Dousterswivel contenait un récit exagéré des

mauvais traitemens qu'il avait reçus et de la perte quttl avait faite.

— J'aurais voulu lui demander, dit M. Oldbuck , par quel hasard il se trouvait dans les ruines de Sainte-Ruth> dans un lieu si écarté, si solitaire', a une pareille heure, et avec un compagnon comme Oehiltree. Aucune route ne passe par cet endroit, et j'ai, peine à croire qu'une belle passion pour le pittoresque l'y ait con« duit pendant une nuit si orageuse. Je suis convaincu qu'il méditait, quelque coquinerie, et, suivant toutes. les probabilités, il s'est laissé prendre dans ses propres filets : Nec lexjusUor uUa ^.

Le magistrat convint qu'il y avait dans cette circonstance quelque chose de mystérieux, et s'excusa en disant que, s'il n'avait pas fait de questions sur ce sujet à Dousterswivel, c'était parce que sa. déposition avait été spontanée. Quant à l'accusation principale, elle était appuyée sur la déclaration faite par les deux Aikwoods . sur l'état dans lequel ils avaient trouvé l'adepte allemand ; cette déclaration établissait le fait important que Edie Oehiltree avait demandé à passer la nuit dans leur grange; qu'il s'y était retiré vers dix heures du soir , et qu'à leur retour , vers deux heures du

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