‹ Œuvres de Walter Scott (volume 3)Chapitre 79 sur 91 · I. Martin -pécheur · texte numérisé non relu

I. Martin -pécheur

1. C'est ce qu'on appelle A eîiargû of homing. Voyez tuf cet mots une note du premier chapitre de WavêrUj.

3. La doctrine de Monkbarnt aur l'origine de l'emprisonnement pour dettes en Eeotse peut paraître un peu bisarre , mais alla fut regardé* comme exacte par la Cour smprwme , le

concilie la sévérité que, pour protéger le commerce, on est obligé de déployer envers les débiteurs réfractaires , avec les égards les plus scrupuleux pour les droits et les privilèges des citoyens écossais.

— Je n'en sais rien , mou oncle ; mais s'il fallait que j'allasse en prison fauté de pouvoir payer mes dettes, il m'importerait fort peu d'y aller comme débiteur ou comme rebelle. Mais vous dites que cet ordi'e du roi donne ujk répit de quelques jours ? Morbleu I si je mé trouvais dans ce cas , je battrais une marche et je laisserais le roi et le créancier s'arranger ensemble.

— J'en ferais bien autant , dit Edie ; je tronverais moiuiÉotionnement dans mes jambes.

— Fort bien , dit l'antiquaire ; mais quand la loi soupçonne quelqu'un de vouloir se soustraire à son empire , elle emploie des formes plus sommaires et moins cérémonieuses, comme ayant affaire à gens ne méritant ni patience ni faveur.

— Oui I oui! dit Ochiltree , c'est sans doute ce qu'on appelle des mandats de fuite; j'en connais quelque chose. Il y a aussi da coté du sud des mandats de frontières , et j^n'ai rien de bon à en dire. J'ai été arrêté une fois en vertu d'un de des mandats, à la foire de Saint- Jacques, et l'on m'a gardé dans la vieille égHsé de Kelso mi jour et une nuit, et c'est une place bien froide et bien sombre. Mais qui est cette femme qui porte un panier sur le dos ? C'est la pauvre Maggie , je crois.

C'était elle. Si la douleur qu'avait causée à la malheureuse mère la perte qu'elle avait faite n'était pas diminuée^ du moins elle avait cédé à la nécessité impérieuse de pourvoir aux besoins de sa famille ; et le ton avec lequel elle salua M. Oldbuck offrait un singulier mélange de l'accent de sa douleur encore récente, et des sollicitations qu'elle avait l'habitude d'adresser à ses pratiques.

— Comment va votre santé, Monkbarns? Je n'ai pas encore eu le courage d'aller vous remercier de l'honneur que vous avez fait au pauvre Steenie de porter son cercueil : le pauvre garçon, et à son âge ! — Ici elle essuya ses yeux avec le coin de son tablier bleu. — Mais la pêche n'a pas été trop mal, quoique notre brave homme n'ait pas encore eu le cœur d'aller lui-même à la mer. J'avais bien envie ^e lui dire que cela lui ferait du bien

& déo«»bf« i%%Z , dan» U procéft â» Thom «ODirt Bhok. Par le€ilt, la J«i d^BooMv «h dus 0% cas plat j[%lottM de la liberté da sujet qa'aucon autre cod e d'Eorope.

L'ANTIQUAIRE. ZST

dfe mettre la main à l'ouvrage, mais j'ai presque peur de lui parler, et Dieu sait que ce n'est pas mon usage. J'ai de superbes harengs frais , et je ne les vendrai que trois shillings la douzaine^ car je ne suis pas en état de faire un bon marché : il faut que je me contente de ce qu'on voudra m'en donner , sans marchander.

— Que faire, Hector? dit Oldbuck en s'arrétant. Mes femelles m'ont déjà cherché querelle pour un mauvais marché que j'avais fait avec cette femme. Les animaux marins portent malheur à notre famille , mon cher Hector.

— £h bien! mou oncle, que voulez- vous ! il faut donner à cette pauvre fenmie ce qu^elIe demande ; ou permet te&moi d'envoyer un plat de poisson à Monkbams.

En même temp$ il présenta à Maggie les trois shillings qu'elle avait demandés pour une douzaine de harengs frais ; mais elle lui repoussa là main. — Non, non, capitaine, lui dit-elle, vous êtes trop jeune et trop prodigue de votre argent : il ne faut jamais prendre une marchande de poisson à son premier mot. Et puis je crois qu'une petite dispute avec la vieille femme de charge de Monkbarns ou avec miss Grizzy me fera du bien. D'ailleurs, je sç4 rais bien aise de voir cette bavarde de Jenny Rintherout. On m'a dit qu'elle n'était pas bien. La sotte s'était mis dans la tête mon pauvre Steenie, qui n'aurait seulement pas tourné la sienne sur son épaule pour la regarder. Oui, Monkbarns, ces harengs sont superbes , et Ton ne m'en rabattra pas grand'cl^ose , pour peu qu'on en ait envie chez vous aujourd'hui.

A ces mots elle continua son chemin ; le chagrin « l'habitude du commierce, la reconnaissance des bontés de ses supérieurs ^ et Famour du gain , occupant tour à tour ses pensées.

— A présent que nous voilà à la porte de la cabane , dit Ochiltree, je voudrais bien savoir, Monkbarns, pourquoi vous vous êtes embarrassé de moi pendant tout le chemin ? Je vous avoue sincèrement que je n'ai aucun plaisir à entrer dans cette maison. Je n'aime guère à'penser que l'ourag an renverse de jeunes arbres, tandis qu'il laisse sur pied un vieux tronc auquel il reste à peine encore une feuille verte I

— LavieiUeElspeth, dit l'antiquaire , ne vous a-t-elle pas donné un message pour le comté de Glenallan ?

— Oui, répondit le mendiant d'un air de surprise; mais comment save^vpus cela ? . * .

— Le comte de Glenallan me Ta dit lui-même ; ainsi vous n'aveas

pas à craindre de manquer à la confiance qu'on a eue en vous ; et comme il désire que je reçoive la déclaration d'Elspeth sur des affaires très importantes, j'ai cru devoir vous amener avec moi, parce que , sachant combien sa raison est chancelante , je regarde comme possible que votre présence et le son de votre voix réveillent en elle des souvenirs que je n'aurais pas autrement le moyen de faire renaître dans son esprit. L'esprit humain..... Que faitesvous donc là , Hector ?

— Je sifQe Junon , mon oncle. Elle s'écarte toujoup trop. Je savais que ma compagnie vous serait à charge.

— Nullement , nullement. L'esprit humain , disais-je , rassemble à un écheveau de soie. mêlé ; il faut tenir le. bout du fil avant de pouvoir réussir à le débrouiller.

—^ Je n'entends rien atout cela, dit le mendiatit , mais si ma vieille connaissance a toute sa tête, comme quelquefois,, elle peut nous donner du fil à retordre. C'est une chose à voir comme elle fait de grands gestes et comme elle parle aussi bon anglais qu'un livre, quoiqu'elle ne soit que la veuve d'un pêcheur ; mais on lui a donné une grande éducation. Elle a une bonne dizaine d'années de plus que moi , mais je me souviens encore qu'on disait qu'elle faisait une mésalliance quand elle épousa Simon Mucklebackit , le père de Saunders, comme si elle était sortie de la côte d'Adam. Elle avait les bonnes grâces de la comtesse ; elle les perdit , elle les regagna; elle en reçut beaucoup d'argent, comme je Tai entendu dire à son fils , et enfin elle vint s'établir ici avec lui après la mort de son mari^ Mais rien ne leur a profité. Quoi qu'il en soit , c'est une femme bien éduquée ; si elle se met à son anglais conmie je l'ai vue faire jadis , elle nous en doiinera à garder à tous.

Page 1