CHAPITRE XLI
Tranquille et taux» lëmoÏDS, couvait se» beaux ceufi d'or^ Un jeune enfant survient qvi d'nue main coupable La turpr^nd «laaa soa nid, lai prend la c^o^ ïé tord. Et change un rêve délectable , En ttrislea aons de mort.
- JU# aaMurt ât planÉts moriii«f .
Depuis que sir Arthur Wardour s'était mis en possession du trésor trouvé dans le tombeau de Malcolm Baltard , il avait été dans une situation d*esprit qui ressemblait au délire plutôt qu'à la raison. Su fille craignit même un instant que sa tête ne fût dérangée ; car ne doutant pas qu'il n'eût lé moyen de se procurer de» richesses- sans bornes, il parlait et agissait comme un homme qui aurait tranvé la pierre philosophale. Il voulait acheter des domaines «ontigus aux- siens , et d'autres ensuite qui l'auraient conduit jusque sur Pautre cète d'Ecosse , comme s'il ne pouvait plus souffrir d*autre voisin que la mer. Il avait écrit à un architecte célèbre, pour le consulter sur le projet de reconstruire le château de Knockwinnock sur un plan qui agirait égalé en magnificence celui de Windsor , avec un parc qui en fût digne. Il voyait ses antichambres remplies d'une foule de domestiques en livrée , et déjà, car à quoi ne peut aspirer le possesseur d'une richesse sans bornes I son imagination faisait briller à ses yeux la couronne de marquis , et même celle de duc. Sa fille pouvait aspirer à tout, et une alliance avec te sang royal ne s'élevait pas même au-dessus de la sphère de ses espérances ; son fils devenait général ; et lui-même tout ce que rambition peut se figurer dans ses rêves les plus extravagans. Si
quelqu'un voulait au milieu de cette extase ramener m Arthur dans les régions de la yie commune, il répondait dans le sens du vieux Pistol :
J« me moque do monde et de ses habitans, Je Yous cite l'Afrique et ses Irësors brûlatiii i
Qu'on se figure la surprise de miss Wardour quand, au lieu de subir un interrogatoire sur les prétentions de Lovel, comme elle s'y attendait d'après la longue conférence de son père avec monsieur Oldbuck, elle vit que la conversation de sir Arthur annonçait une imagination exaltée par l'espoir de posséder une fortone immense. Mais elle fut plus sérieusement alarmée quand elle vit son père envoyer chercher Dousterswivel , prendre son parti > le plaindre de ce qui lui était arrivé , et s'enfermer avec lui dans son cabinet, où il commença par l'indemniser de la perte qu'il avait faite. Les soupçons qu'elle avait toujours conçus contre cet intrigant prirent une nouvelle force ,quand elle apprit les peines qu'il s'était doiinés pour entretenir les rêves de sir Arthur, et pour s'assurer , sous différens prétextes, la plus grande part possible d'un trésor si singulièrement trouvé.
D'autres symptômes fâcheux se succédèrent rapidement. Chaque courrier apportait des lettres que sir Arthur ne se donnait pas la peine de lire, et qu'il jetait au feu sans les décacheter , après avoir reconnu l'écriture de l'adresse. Miss Wardour ne put s'empêcher de soupçonner que ces épîtres , dont son père semblait si bien connaître le contenu par une sorte d'intuition , lui étaient écrites par des créanciers un peu pressans. Cependant le secours temporaire qu'il avait trouvé dans la caisse Search , n"" 1 , s'évanottissait rapidement. La majeure partie avait servi à payer la dette de six cents livres, pour laquelle on menaçait sir Arthur de poursuites très sérieuses. Une partie du reste fut donnée à l'adepte, et le surpl^us fut employé à des extravagances que le pauvre chevalier crut pouvoir se permettre , d'après ses brillantes|espérances. Il fallait aussi fermer pour un instant la bouche de quelques créanciers qui , fatigués de ne recevoir que de belles promesses , commençaient à croire qu'il était temps de toucher quelque chose de plus substantiel.
Sir Arthur , naturellement impatient, reprocha à Dousterswivel