CHAPITRE XhûL
lia Fortune .d'ici s'él^giw, dite» -voit» { Non vraiment ; elle trace un cercle autour de nous Tel aapré» du chasseur on TÔit l'oiseau liiiiide. Pour éviter ses' coups, tourner d'un' vol rapide, ■ Disparaître un instant, se remontrer soudain, Et finir par tomber sous le plomb asvassin.
• Ancnjume.
Le cri de triomphe ffHector était aussi brayant que Son cri de guerre, et il n'était pas facile de distinguer l'un de l'autre. Mais quand, en montant PescaUer précipitamment, un paquet à la mâjn, on l'entendit crier : — Vive le vieux soldat ! voici Edie qui arrivé avec de bonnes nouvelles ! — on ne put douter que la c^use de ce nouveau tumulte ne fût d'une nature favorable. Il remît lé paquet à Oldbuck, serra fortement la main dé sir Arthur, dit à mîss Wdrdour de se livrera la jôie, et montra dans ses félicitations toute fà franchise d'un Montagnard. L'huissier, qui ne regardait Mac-lrityre qu'avec un instinct de terreur , se rapprocha* de son prisonnier , en suivant des yeux avec prudence tous les mouvemens du jeune capitaine. . .
— - Vous imagine2-vous que je me donne la peine de songer à vous , misérable? ditThomme-d'épée à l'homme de plume. Tenez voici une guinée pour la frayeur que je vous ai foite. Mais voici un vieux soldat du 42e régiment qui va Vous faire déguerpir plus promptementquejenel'ai fait'. ^
Le messager d'armes, un de ces chiens à qui tout os est bon à rohger ^ , ramassa la guînée qu'Hector lui avait jetée à là figure, et garda un silence circonspect , voulant voir la tournure que les affaires sellaient prendre.Gependant chacun faisait des questions, et personne ne semblait pressé d'y répondre.
— De quoi s'àgit-il , capitaine ? dit sir Arthur.
— Demandez-le à Edie, répondit Hector f je sais SQuteqent que tout va bien.
— Que veut dire ceci , Edié ? demanda miss Wîirdottr atf mendiant.
I . Le texte dit : un de ces chiens qui ne trottent aucun pouding trop safe.
-> Monkbarns peut vous le dire, répondit-il ; tous voyez bien, miss WardouF, qu'il a en main toutes les paperasses.
^ — God save the king ^ \ s'écria l'^ntiqnaire après avoir jeté un coup d*œiVsur les papiers. — Ëi la joie remportant sur le décomm, la philosophie et le flegme qui lui était habituel» il jeta en Tair son chapeau , qui en retombant s'accrocha à là branche d'un lustre. Sju enthousiasmé ne se refroidissant pas , il porta la main à sa perruque > qui aurait probablement suivi le castor si Edie ne loi eût arrêté le bras en s'écriant : — Eh , mon Diea ! est-ce qu'il perd l'esprit ? Monkbarns y soldez donc que Caxon n'est pas ici pour réparer le dommage.
Chacun assaillit alors l'antiquaire;, chacun demanda à grands cris à connaître la cause d'un transjiort si soudain. Mais Oidbuck^ un peu honteux d'avoir ainsi dérogé au sang-froid philosophique y baissa l'oreille coinme un renard qui entend aboyer toute une mente , et monta deux à deux les marches de l'escalier. 11 s'arrêta pourtant au second palier, e t, ^ retournant^ s'adressa en ces termes à ses auditeurs surpris :
— Mes bons amis y faveU linguis^y ne m'accablez pas de questions. Pour vous donner d^ détails, il faut. d'abord, d'après tous les principes de la logique , que je le^ connaisse moi-même. Je vais donc, avec votre permist^ion, me retirer dans la bibliothèque pour examiner ces papiers. Sir Arthur et miss VVardour auront la bonté d'entrer dans le Sulon. Mom^ieur Sweep*Clean, mpersede paxdisper\ ou, pour vous parler votre propre langage , accordez-nou$ un sursis d'e&écution dd cinq minutes. Hector, enclouez votre artillerie, ou alle^ faire feu ailleurs. Enfin , soyez tous en bonne humeur jusqu'il mon retour , qui aura lieu instanUr.
Dans le fait , les nouvelles que contenait le paquet remis à Tanti» quaire étaient si inattendues, qu'on pouvait lui pardonner d'abord son extase , et ensuite son désir de ne les commuidquer an reste de la compagnie qu'après les avoir bien étudiées lui-même.
Sons l'enveloppe était une let,tre adressée à Jonathan Oldback de Monkbarns^ çcnyer , et elle contenait ce qui suit :
« Mon cher monsieur,
o Retenu en cette ville, par des devoirs niilitaires très impor*
I. Dira tauTe le roi : Vive le roi 1 Premier vers da chant natioDalcIei Anf^ait. a. Faites silence. -— 3. Attendes on peo.
tans, c'estàTOUS> comme à Tami éprouvé demonspère, qne je prends la liberté de m'adf esser. Vous devez à présent cotmaître Pétat embarrassé. de nos affaires, et je sais que vons apprendrez avec grand plaisir que , grâce à des circonstances aHS3ï heurenses qufinattemlues , je me trouve en état de prendre des mesures efficaces pour les arranger. J'ai appris que mon pèlre est menacé des poursuites les plus rigoureuses par des gens qui ont été autrefois ses agens. D'après Pavis et par le moj'en d'un des meilleurs avocats d'Edimbourg, j'ai obtenu l'arrêt de défense ci-joint, d'après lequel il m^assure que toutes mestlres. de rigueur seront arrêtées jusqu'à ce que la créance réclamée ait été judiciairement examinée et réduite. Je vous envoie aussi mille^ livres sterling eii billets de banque, |)our payer les autres objets les plus pressans : et je réclame de votre amitié 4'eiàployer cette somme comme vous le jugerez convenable. Vous serez sans doute surpris que je vous donne cet embarras , quand il aurait été si naturel de m'adresser à ition père, puisqu'il s^agit de ses propres affaires. Mais je ne suis pas assuré qu'il ait encore ouvert les yeux sur le /Caractère d'un homme que vous avez inutilement cherché plusieurs fois à démasquer » comme j'en suis instruit , et dont la funeste influence a été la cause de tous nos malheurs. Gomme je dois à la générosité d'un ami sans égal les moyens de venir au secours de mon père , il est de mon devoir de prendre ]es mesures les plus sûres pour que cette somme ne soit employée qu'à l'usage auquel elle est destinée; et je sais que votre prudence et votre amitié pour nous y veilleront. Mou ami, qui a déjà le plaisir de vous connaître , vous explique ses vues dans une lettre que vous trouverez ci-jointe. Le bureau de la poste aux lettres de Fairport passant pour n'être pas sûr, je prends le parti d'envoyer ce paquet à Tannonburg; mais le bon vieillard Ochiltree, en qui des circonstances particulières m'ont prouvé qa^on peut avoir toute confiance, sait quand il doit y arriver, et aura soin de vous le transmettre. J'espère trouver très incessam* ment Voccasion de vous faire personnellement mes excuses de tout l'embarrasquejevousdonne; et j'ai l'honneur d'être, « Mon cher monsieur, « Votre très affectionné serviteur ,
a RjEGINALD GâMELYN WarDOUR.«
Edimbourg, le 6 août 179.,.
I. 'antiquaire ouvrit à la hâte la lettre que lui écrivait l'ami de Reginald , et ce qu'il y lut lui causa autant de surprise que de plai-
sir. Qaaqd il ^t repris on peu de calhie 9 après des nouvelles si pea aiteDdues, il e^amiua avec soin les antres pièces > mit les billets de banque dans^on portefeaille^^et en écrivit on accdsé de réception poor l'envoyer le même jour par la poste, car en affaires d'argent il était aussi exact que méthodique. Enfin, avec Tair d'import^ce d'un homme qui a d*excellentes nouvelles à annoncer , il se rendit dans le. salon.-
— Sweep-Clean , dit-il en entrant à l'huissier» qui se tenait mode^ment prçs de la porte ^ toiit ce qui vous reste à faire ici maiiiteqanf;, c'est de vous balayer vous-même bien vite du château, avec vos r^cors et tonte votre sé(|ueUe. Voyez-vous. ce papier?
— Un arrêt de défense ! dit l'huissier la figure allongée : je me doutais bien qn!on ne laisserait pas pousser l.es choses à l'extré^ mité contre m\ homme comme.sir Arthur. Eh bien, monsieur Oldbuck , je vais partir avec mes gens ; mais qui me paiera mes frais ?
— Ceux qui vous ont mis en œuvre, comme vous le savez fort bien. Mais voici un autre exprès qui arrive. Il me paraît gqe c'est le jour des nouvelles.
C'était M. Mailsetter, monté sur la jument , apportant deux lettres qu'il avait retu ordre, dit-il, de faire remettre à l'instant de leur arrivée. L'une était pour sir Arthur^ et l'autre pour l'huis» sier. — Greenhorn et Grinderson, dit celui-ci après avoir lu la sienne, sont bons pour me payer mes frais; et voici une lettre par laquelle ils m^ordonnent f\p cesser toutes poursuites». — En conséquence , il sortit sur-le-champ du salon , ne resta au château que le temps nécessaire pour réimir sa brigade, et fit sa retraite an pas dé charge, comme le dit Hector, qui le vit partir du même œil qu'un chien de basse-cour regarde le mendiant qui s!éloigne après qu^on lui a refusé la charité.
La lettre pour sir Arthur était'de M. Greenborn , et c'était une curiosité dans son genre. Nous la donnerons enrichie des commentaires du digne baronnet.
« Monsieur-.. » — (Ah ! ah! je ne suis plus mon cher monsieur. Les l»*ayes MM. Greephorp et Grinderson! onneleur e^tclief qiyç lorsqu'on est dans l'adversité.) «Monsieur, j'ai appris avçç beftucoup de regn^f, à mon retour de l^ capipaj^nç , où j'avais été pour aCTaire urgente... tf ( Affaire urgente ! aux courses de Lamberton! ) « que mon associé avait été assez inconséquent pour se chai^ger des intérêts de M. poldiebird. de préférence aux vôtres, et qfi'il vous avait écrit d'une manière peu convenable. Je vous prig d'^
L/ANTIQUAIItE. jn
agréer mes très humbles excuses, aussi bien que pelles cle lU. Gri»dersoi). . . » ( Çh I je vois qu'il sait aussi écrire pour lui et pour son associé.) « Je me flatte qu'il est impossible que vpus me regardiez comme assez ingrat pour avoir per^u le' souvenir des bontés que vous n'avez jamais cessé d'avoir pour ma fa,m;ille.«.» (Sa famille I la famille de M. Greeuïiorn I le fati ) « D'après une entrevue qu^ j'ai eue. ce matin ayec M» Reginald WarJour, j'ai reconnu avep bèaucoiÉp de peine qu'il est fort irrité , et je dois convenir que les apparences lui donnent raisou de l'être. Mais pour remédier , autant qu'il est en mpi , h 1& méprise dont il se plaint, »—( Jolie méprise, eu vérité ! claquemurer son bienfaiteur dans une prison 1) «[ j'envoie , par ce courrier, ordre, de cesser toutes poursuites contre vqus, et je vous réitère me$ excuses respectueuses. J'cd seulen^ent à ajouter que , si vous nous rendez votre confiance , M.. Grindjsrsori pense* qu'il peut vous suggérer des inoyens pour faire réduire considérablement les prétentions de M. Goldiebird.» (Fort bien î d'un coté ou jde l'autre, il faut qu'il joue le rôle de coquin.) « ^t vous n'avez pas besoin de vous presser le moins du monde pour solder la balance de. notre compte. Je suis, pour M» Grinderson comme pour moirmêm^, mon cher Monsieur, » (Ah ! il prend un ton plus famiUer en finissant ) « votre très obligé et très hum|)le sefviteur ,» — « Gii^bert Greenhorn. »
— Fort()ien, monsieur Gilbert Greenhorn., dilM. Oldbiick; je vois qu'une association entre deux procureurs n'esi pas inutile. Ils agissent comme les deux i^armou^ets mâle et femelle qu'on voit dans les baromètres hollandais : si le temps est beau , l'un des deux associés vient flatter le client ; s'il est à la pluie, Tautre sort de sa niche comme un chieii enragé. Grâce au ciel , mon homme d'affaires porte encore un chapeau retroussé en triangle équilatéral , il demeure dans la vieille ville', n'est pas meilleur cavalier que ,nipi , joue le samedi soir au jeu de l'oie, va le dimanche à l'église, et, attendii qu'il n'a pas d'açsocié, n'est responsahle q^e de ses sottises.
— Il y à quelques procureurs honnêtes, dit Hector. Je voudrais bien entendre quelqu'un dire que mon cousin Donald Mac-Intyre de Str^tbtncpein ^ dont les six frères sont à l'armée , n'est pas un honnête garçon , quoique procureur.
— ^ Sans doute, sans doute, Hector; tous les Mac*Intyré sont hoimête^ ; Us on^ un brevet d'honnêteté ; ipais , dans une profi^sion où nnç çonfifince sans bornes edt çxigee , il n'est pas ^urpre-
424 L'ANTIQUAUIË.
nant qu'il se trouve des fous qui négligent les intérêts de leurs cliens par paresse ou inadvertance , et 4es coquins qui nç songent qu'à tirer parti de tout pour eu faire leur profit. Il n'en est que plus honorable pour ceux qui^ comme j'en connais plusieurs, unissent l'intégrité à la science et à l'exactitude, et qui marchent d'un pas ferme et assuré dans un chemin où s'offirent à chaque pas des rocs et des précipices. C'est à de pareils hommes que leurs concitoyens peuvent confier sans crainte le soin de défendre leurs droits, leurs intérêts, leurs propriétés; ce sont eux que le pays peut charger en toute sûreté de veiller à la conservation de ses lois et de ses privilèges.
— Et malgré tout cela, heureux qui n'a pas besoin d'eux, dit Ochiltree en avançant la tête dans le salon , de la porte où il se tenait par respect ; car la confusion régnait encore dans le châ* teau, et, semblables aux vagues, dont l'agitation subsiste encore quelque temps après la tempête, les domestiques erraient çà et là, cherchant à savoir où en étaient les choses.
— Ah! ah! mon vieux sou marqué, te voilà donc? dit l'antiquaire. Sir Atthur, perméttez-moi de vous présenter le porteur de honnes nouvelles , quoique ce ne soit qu'un messager boiieox. Vous nous parliez , il n'y a. pas bien long- temps , des corbeaux qui sentent de bien loin une proie ; mais voici un pigeoii bleu^ un peu vieux et un peu diir, j'en conviens , qui a flairé les bonnes nouvelles à une distance dé six à sept milles, qui est allé les chercher sur le charton , et qui a rapporté la branche d'oliyier.
•^ Nous en gommes redevables au pauvre Robert, qui m'a mène grand train , dit Ôchiltreej et il craint bien d'avoir encouru la disgrâce de sir Arthur et de mi^s Wardour.
Et l'on vit eh ce moment paraître au-dessus de l'épaule du mendiant la figure de Robert^ avec un air contrit et repentant.
— Ma disgrâce I dit sir Arthur ; et pourquoi ? car il avait oublié depuis long-temps le mouvement d'irritation que lui avait occasioné la rôtie brûlée. Ah I je me souviens , Robert ; j'avais de l'humeur , mais 'VOUS avez eu tort. Allez à votre ouvrage > et ne répondez jamais insolemment à un maître qui est en. colère..
— Ni à qui que ce soit> ajouta M. Oldbuck. Souvenez-vous que la douceur^ désarme la colère.
— Et dites à votre mère, qui souffre tant d'un rhumatisme, dit missWardour^ de venir trouver demain la femme de charge, et nous verrons si l'x^n peut faire quel<}ue chose pour la soulager»
--Qoe Dieu yoqs récompense, miss Wardour, dit Robert^ ainsi que Son Honneur sir Arthur, et le jeune làird , et toutes les bran* chcsde la maison de Knockwiiinock, même les plus éloignées. Il y a bien des siècles que votre famille fait du bien aux pauvres des environs.
— Vous le voyez, dit l'antiquaire à sir Arthur, nous ne devons pas disputer aujourd'hui ; mais il est constant que la reconnaissance publique prend popr objet les vertus civiles de vos ancéti-es ; vous n'entendrez pas une voix parmi le peujile vous citer le ûoin de Main-Sanglante ou de l'Enfer-en- Armes. Quant à moi, je dois dire: — Odinms acvipUrem quia sempervivil in armis *.— Ainsi donc, sii^ chevalier, buvons, mangeons en paix , et soyons joyeux%
Le dîner fut servi» on se mit à table, et, à la requête d'OIdbucky on fit asseoir Edie Ochiltree dans un grand fauteuil de our près du buffet , où l'on plaça devant liii une petite table.
— J'y consens d'autant plus volontiers, dit sir Arthur^ que je me souviens d'avoir vu > du temps de mon ^ère, ce fauteuil occupé par Ailshie Gonriay, qui , à ce que je crois, fut le dertiier fou ou bouffon de profession entretenu dans une famille de distinction en Ecosse.
— Eh bien ! sir Arthur , dît Ochiltree qui aurait sacrifié tous ses amis à un sarcasme^ on voit quelquefois un sage dans le fauteuil d'un fou, et bien des fous tiennent la place des sages, surtout dans les familles de distinction.
Miss Wardour, craignant l'effet de ce propos sur lès nerfs de son père, quoiqu'il fût digne d' Ailshie Gourlay ou de tout autre fou priTilé^é , se hâta de demander à son père si Ton ne ferait pas une distribution de viande et de bière aux villageois qui s'étaient assemblés à la porte du château pour apprendre les nouvelles.
— Sans doute , ma chère amie , répondit le baronnet. Quand donc en a*t-on agi autrement dans la famille après la levée d'un siégre?
— Oui , dit Oldbuck, un siège mis par l'huissier Sweep-Clean , et qu'a fait lever le mendiant Edie OM\iT.e^^parnobile /minimal mais dont le dernier n'est sûrement pas le moins respectable. Au surplus, sir Arthur, ce sont là les sièges et les levées de siège qu'admet le siècle .d^ns lequel nous vivons. Notre délivrance n'en
i. Je hais l'tiitour quipasw ta vie dtas les combats. -^ a Coaple iUuslrede fjrëres.
mérite pas n^oias d'être célébrée en buvant on vçp*e de ce| excellent yin. Sur mon honneur , je crois que c'est dii bourgogne 1
— S'il y en avait dé meilleur daii3 la cave , dit miss W^rdoor , nous vous en offriripns , après les preuves d'amitié que vous venez de nous donner .
— Est-ce ainsi que vous parlez ? répliqua l'antiquaire ; eh bien ! ma belle ennemie , à votre santé, et puissiez-vous bientôt être assiégée comme les jeunes filles aiment à Têtre , et signer une capitulation dans la chapelle de Saiiit-Winnox.
Isabelle rougit, Hector rougit comnie elle, et puis perdit toutes ses couleurs.
. — Ma fille vous est fort obligée , Oldbuck , dit sir ^rthur ; mais qui voulez-vous qui recherche l'alliance d'un baronnet ruiné, dans ce siècle mercenaire , à moins que vous ne vous mettiez vous-même sur les rangs?
— Moi 1 sir Arthur , mbi I non , non. Mais j'userai d'un ancien privilège; e|;,^ne pouvant paraître moi-même en champ clos, je ferai choix d'un champion pour m'y représenter. Mais nous reviendrons sur ce suj^et . — Que. trouvez-vous donc de si intéressant dans ce journal, Hector ?Vou$ semblez comme enterré dans cette lecture.
— Je n'y vois rien qui puisse vous intéresser , mon oncle ; mais, comme mon bras est presque guéri, jç crois que je vous débarrasserai de ma personne dans un jour ou deux, ppur aller à Edimbourg. Je vois que le major Neville y est arrivé, et je serai charmé de le voir.
— Le major qui ?
— Le major Neville.
— Et qui diable est le majo»' Neville?
— Comment , monsieur Oldbuck , .dit sir Arthur, n'avez-yons pas vu maintes et maintes fois le nom du major Neville dans la gazette? C'est un jeune officier plein de mérite , et, qui s'est déjà distingué dans bien des occasions. Mais je suis charmé de pouvoir dire au capitaine qu'il n'a pas l>esoin de quitter Mpnkbarns pour le voir , car mon fils m'a écrit qu'il doit l'amener incessamment à Knockwinnoçk , et je n'ai pas besoin d'ajonter combien ié serai charmé de faire faire sa. connaissance à JVI. Mac-Intyre, a mops qu'il ne lé connaisse déjà Ç>
— Je ne l'ai jamais vu , répondit Ifêctor ; mais j'en ai beaucoup entendu parler, et nous avons plusieurs amis communs. Votre fifs en est un. Mais il faut que je parte , car je crois, que mon oncle commence à 1^ lasser de ma compagnie, et je crains...
— De yous lasser de la sienne, dit pidbuck, n'est-il pas vrai ? Je crois bien que cela est déjà arrivé. Mais vous avez donc oublié que nous touchons au fameux 12 août, et que vous avez projeté pour ce jonr-là uuç grande partie sur les domaines de lord Glenallan? Dieu sait pourquoi ! . pour persécuter des créatures ipno-j .centes et paisibles.
— ^ Vous avez raison, mon oncle , s'écria vivement Hector , je l'avais oublié. Mais vous avez dit tout à l'heure quelque chose qui a fait sortir de ma tête toute autre idée. *
— Et s'il plaît à Yos Honneurs de me permettre de parler, dit Edie qu'on avait amplement régalé à sa petite table , je puis vons dire une nouvelle qui retiendra le capitaine ici tout aussi bien que le plaisir de tirer sa poudre aux moineaux. N'avez- vous pas entendu dire que le$ Français vont faire une descente ?
— Les Français ! vieux fou ! s'écria Oldbuck ; allons donc !
— Je n'ai pas eu le temps ^ dit sir Arthur^ de lire avec attention ma correspondance officielle la semaine dernière. Au fait , c'est une besogne que je remets en général au mercredi de chaque semaine, excepté dans les cas urgens, car je fais tontaveç m^hode. Hais, d'après un coup d'œil que j'ai jeté sur mes lettres, il m'f| paru qu'on avait conçu quelques alarmes. .
-T- Si l'on en a conçu 1 dit Edie ; oui sans doute , et de sérieuses ; car le prévôt de Fairport a ordonné de préparer bien vite le bûcher de signal sur Halket-Head , ce qui aurait dû être fait il y a six mois ; et qui croyez-vous que le conseil dc^ la vil^e ait choisi pour y veiller? le vieux faxon ! Il y a des gens qui prétendent que c'esf par égard pour le lieutenant Taffril ; car il paraît certain qu'il va épouser Jenny Caxon ; d'autres disçnt que c/est par honneur pour les trois perruque^ dé la paroisse; et qnelque$:uns assurent que c'est pour l'indetnniser d'une perruque qu'il avait faite pour un des baillis^ et dont il n'a jamais été payé. Quoi qu'il en soit, il est per^ cbé sur le haut du rocher comme une mouette , prêt à piailler quand l'orage grondera.
-^ Sur mpn honneur , voilà un choix fort sage , dit Oldbuck. Et que deviendra ma perruque pendant ce temps-là ?
— C'est ce que j'ai dem^uid^ à Caxon, dit Qchiltreç; et il m'g r^pQodu qu'il ppur^ait y donner un coup de peigne tpn$ les matins ayaut de se coucher, oar il sera relevé de garde par un autr^ pi^Udant le jour, et il prétend être en état de friper votre perri|(|uç gn dormant, aussi bien qu'éveillé.
Cette noQTelle donna uii autre cours àla conversation, qniroida sur la défense du pays, et sur le devoir impose à chaque citoyen de combattre pour sa patrie. Enfin il se fit tard.
Alors l'antiquaire et son ueveu reprirent le chemin de Monkbarns> après s'être séparés de sir Arthur et de sa fiUe avec les plus vifs témoignages d'affection mutuelle, et s'être produis de se revoir le plus tôt possible»