‹ Œuvres de Walter Scott (volume 3)Chapitre 90 sur 91 · CHAPITRE XLIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLIV

Elle ne m'aiine |ns! c'e»tun petit malbeur:

Vont ue m'en Terrei pet me pendre de doalear. Croyes-Toos qu'en vrai sot je gônitte et toapire. Parce qu'à mon nval elle accorde an «ourire ? r<Ion, non, de par le ciel !.

: ^ncieime coméMe,

— Hector , dit Tantiquaire à son neveu en retournant de Knockwinnock à Monkbanis, il y a des instans où je suis tenté de croire que sous un rapport vous êtes fou.

— '- Si vous ne le croyez que sous un rapport, mon oncle, vous me faites plus de grâce que je ne m'y attendais et que je ne le mérite«

— Je veux dire sous un rapport par excelienee. J'ai qadquefois pensé que vous aviez jeté les yeux sur miss Wardour.

— Eb bien , mon oncle ?

— Ëh bidi, mon oncle 1 Au diable l'étourdi! il me r^iond comme si c'était la chose la plus sage du monde, .qu'un capitaine d'infanterie, qui n'a pour toute fortune que sonépée, songe à épouser ia fille d'un baronnet.

— J'ose croire. Monsieur, que, quant à la famille, missWardour ne dérogerait point.

— Oh! à Dieu ne plaise que nous entamions un pareil sujet! Non ! non. Vous êtes tous deux assez nobles pour pouvoir regarder avec mépris tous les roturiers d'Ecosse.

— Et quant à la fortune, nous sommes encore de niveau, puisque nous n'en avons ni l'un ni l'autre. 11 peut y avoir une erreur de ma pari , mais je ne puis me reconnaître coupable de présomption.

L'ANTIQUAIRB. 429

— £h Heli f Boit » Hector. Il y a errear, et cette erreur coBsiste à croire que miss Wardour consente à tous prendre pour mari.

— En vérité» Monsieur ?

— C'est une chose sûre, et , pour la rendre doublement sûre^ je TOUS dirai qu'elle en aime un autre. Une fois çlle a mal compris ^eiqnes paroles que je lui adressais, et depuis ce temps j'ai deviné le sens qu^elIe y attachait. Je ae tavais alors comment interpréter sa rougeur et son agitation» mais à présent j'y vois le signal de mort de toutes vos espérances et prétentions. Je vous conseille donc» mon pauvre Hettor, de rassembler vos forces et de battre en retraite» car la citadelle a trop forte garnison potu* que vous puissiez la prendre d'assaut.

— Je n'ai pas besoin de battre en retraite» Monsieur» dit Hector en se redressant et en prenant un air de dignité offensée : on n'a pas de retraite à faire quand on ne s'est pas avancé. Il y a en Ecosse d'autres femmes que miss Wardour» d^aussi bonne famille» et^...

— Et de meilleur goût. Sans contredit» Hector» il s'en trouve; et quoique je doive avouer que c'est une des jeunes filles les plus accomplies et les plus sensées que j'aie jamais vues» je crois qu'une grande partie de son mérite serait perdue pour vous. Il vous faudrait u.;e femme d'une taille imposante» portant sur la tète deux plumes, l'une verte, l'autre bleue ; vêtue en amazone » conduisant un jour un cabriolet» et assistant le lendemain à la revue» montée sur le coursier qui traînait 1^ veille le yhaéion. Hoc emâ in votis. Telles sont les qualités qu'il faudrait pour vous subjuguer» en y joignant du goût pour l'histoire naturelle » et surtout pour les phocaSm

— H est bien dur , Monsieur » qu'à tous propos vous me jetiez a là ligure ce maudit phoca* Au surplus je m'en soucie fort peu » et je ne me livrerai pas au désespoir pour miss Wardour. Elle peut prendre pour mari qui lui plaira; je lui souhaite toute sorte de bonheur.

— Magnaniiné résolution» vaillant soutien de Troie I En vérité» Hector, je craignais une scène. Votre sœur m'avait dit que vous étiez amoureux fou de miss Wardour*

— Vondriez-vous» mon oncle» que je fhsseamoureux d'une femme qui ne se soucie pas de moi?

— Mon neveu» dit l'antiquaire d'un ton plus sérieux^ il y a beaucoup de bon sens dans ce que vous dîtes^ mais j'aurais donné bien

de9 choses^ il y â vin^ à vingt-cinq ans, poar être en ëtat de penser comme vous.

— Je m'imagine que chacun peut penser comme bon lui semble sûr un pateil sujet.

— Non pas d'après les principes de l'ancienne école > Hector; mais dans le cas présent ceux de la moderne me paraissent, comme je viens de vous le dire, les plus conformes à la prudence , quoiqu'il me semble qu'ils ne doivent pas exciter autant d'intérêt. Mais que pensez-vous de cette descente dont on parle tant et qu'on prétend si prochaine?

Hector, dévorant son dépit , qu'il désirait surtout cacher à son oncle qui y aurait trouvé un nouveau sujet de sarcasmie, se prêta volontiers à une conversation qui devait chasser du souvenir de l'antiquaire et miss Wardour et le veau marin; et quand ils furent arrivés à Monkbarns, ces deux sujets de discussion, si pénibles pour Hector, ne furent pas remis sur le tapis , car M. Oldbuck ne songea qu'à faire part à sa sœur et à ^a nièce de tout ce qui venait de se passer au château, et QçUes-ci lui racontèrent en retour combien le dîner avait attendu long- temps avant qu'elles pussent se décider à se mettre à table sans lui.

Le lendemain l'antiquaire se leva de bonne heure, et, Caxon ne paraissant point , il commença à sentir le manque des petites nouvelles, des on dit de la veille, dont l'ex -perruquier était le fidèle rapporteur, et que l'habitude avait rendus aussi nécessaires à M. Oldbuck que sa prise de tabac, quoiqu'il prétendît n'y reconnaître que la même valeur. L'espèce de vide que cette privation lui faisait éprouver fut rempli par l'arrivée d'Ochiltree, qui vint le joindre en enjambant par-dessus de petites haies de buis et d'ib bien taillées , avec }'air d'un homme qui se trouvait aussi à l'aise que s'il eût été chez lui. Depuis un certain temps il était venu si souvent à Monkbarns, que Junon même n'aboyait plus en le voyant, mais se contentait de le surveiller des yeux.

— Les voilà, monsieur Monkbarns, s'écria Ochiltree du plus loin qu'il le vit se promenant en robe de chambre dans le jardin; les voilà qui arrivent tout de bon. Je viens tout exprès de Fairport pour vous en apporter la nouvelle, et. j'y retourne sur-le-champ. Le Search vient d'entrer dans la baie, et Ton dit qu'il a été chassé par une flotte française.

— Le Search I dit Oldbuck en réfléchissant un moment. Oh ! oh !

— £h> oui, le brick du lieutenant Taffril! Ne savez-vous pas qa'il s'appeUe Search?

L'ANTIQÙAmÈ. Ht

— fit cela n'aùrait-il pas linéique rapport avec Search H^ 1 f Avï l'âttii^aire en fixant an œil pënêtraut sur le mendiant.

Edie, comme un écolier surpris dans une espièglerie , mit soti éhàpeaii flévant sou visage, et ne put s'empêcher de rire. —A coup siit, inoiisieur Mônkbams , dit-il, il faut que vous soyez sOrcler. Qiii aurait cru que vous eussiez songé à rapprocher deux choses si différentes? Diable ! je vois que me voilà pris.

— Aj)résent, ditOIdbuck, je vois tout, aussi clairement que la légende de là médaille la mieux conservée. La caisse dans laquelle étaient les lingots appartenait au brick; les lingots étaient à mon phénix , et ils avaient été enterrés dans les mines pour que âir Arthur y trouvât un secours dans ses embarras.

— Enterrés par moi et par deux matelots du brick : mais ils né gavaient pas ce que la caisse contenait. Ils croyaient qu'il ne s'agissait'que de frauder quelque chose' pour le compte du lieutenant. J'ai veillé moi-même nuit et jour jusqu'à ce que j'aie vu lé trésor entre les mains de celui à qui il était destiné ; et quand c6 coquin d'Allemand ouvrait de grands yeux comme s'il eût voultj dévorer la caisse, je ne sais quel maliri diable me mit dans la tété le tour que je lui jouai ensuite. Or, vous voyez que , si j'avais voulu jaser avec le bailli Little-John, il aurait fallu conter toute cette histoire , et comme je savais que M. Lovel aurait été fâché qu'elle fftt connue, j'ai préféré me taire et eii courir les risques.

— Je dois dire que le choix qu'il avait fait de son confident était bon , quoique assez étrange.

— Pourquoi étrange, Monkbarns ? 11 n'y a pas dans tout le pays un hotnme à qui l'on puisse confier de l'argent avec moins de crainte i car je n'en ai pas besoin, je n'en désire pas, et si j'eù avais, je ne saurais qu'en faire. Mais, à dire vrai, M. Lovel n'avait pas beaudoup à chôiéir. Il croyait quitter le pays pour tonjou rs , et je me flatté qu'en cela il se trompait ;: la nuit était bien avancée quand lïous apprîmes d'une manière bien étrange les embarras dafis lesquels sir Arthur se trouvait, et il fallait que le jeune homme fut à' bord avçint le jour. Mais , cinq nuits après^ le brick revint dans la baie^^t comme on m'y avait donné rendez-vous, la barque m'apporta le trésor, et nous l'enterrâmes oti vous l'avez trouvé.

— Voilà bien un trait romanesque et extravagant. Pourquoi L6- Tel ne s'est-il pais adressé à moi pour cette affaire ?

— N'avait-il |)a8 versé le sang du fils de votre soeur? Ne craîiC^nait-il pas que votre neveu ne mourût de sa blessure? Etlffai

43) L'ATiTIQUAIRE.

par qui aurait-il pn tous faire demander de lui reodre ce service ?

— C'est vrai, c'est yrai. Mais si DoustcrBWÎvel avait trouvé cette caisse le premier?

— Il n'y avait guère h craindre qu'il allât dans les raines sans sir Arthur. Il y avait eu une belle peur la duil précédente, et il n'y serait jamais retourné si vous ne l'y aviez conduit pieds et poings liés pour ainsi dire. Il savait fort bien q l'il n'avaittrouvé la première fois que ce qu'il avait caché lui-même ; comment aurait-il pu espérer de faire une seconde trouvaille? Non, non ; il n'en parlait que pour tirer de l'argent de sir Arthur, ^'ailleurs je surveillais , comme je vous l'ai dit.

— Mais comment comptiez-vous que sir Arthur trouverait cette caisse?

— Oh ! j'avais à lui conter une histoire sur Baltard qui lui aurait fait faire au besoin plus de quarante milles, et à vous aussi, Monkbarns). D'ailleurs n'était-il pas probable qu'il reviendrait dans l'endroit où il avait fait sa première trouvaille, puisqu'il ne connaissait pas le âecret de l'affaire? En un mot, l'argent étant en lingots , sir Arthur étant dans une mauvaise passe , et Lovel voulant qu'il ne connût jamais la main qui lui rendait service, car c'était sur cela qu'il insistait principalement, nous ne }.ûmes imaginer un meilleur moyen pour lui faire toucher cet argent, quoique nous y ayonar bien rêvé. Enfin si par quelque hasard malencontreux le trésor était tombé dans les griffes de Dousterswivel, je vous aurais informé sur-le-champ de toute l'histoire.

*-^ Malgré toutes ces sages précautions, Edie , je crois que votre plan a réussi plus heureusement qu'il- n'avait été prudemment combiné. Mais comment diab.e Lovel avait-il une si grande quantité4e lingots d'argeut?

— Quant à cela, c'çst ce que je ne puis vous dire ; maos il est probable qu'ils se trouvaient avec son bagage à Fairport, et qu'on les a mis dans une caisse dç munitions du brick pour en faire le transport plus aisément.

— Juste ciel ! dit Oldbuck se reportant à l'origine de sa connaissance avec l40vel, et ce jeune homme, qui met à l'aventure des lingots d'argent pour une telle somme , est celui à qui je proposais une souscription, et dont j'ai payé Técot chez Mackîlchinson I Jamais il ne ni'arHvera de payer l'écot de personne » c'est une chose sûre. Et je suppose, Edie, que vous avez entretena nue correspondance avec M. Lovel ? .

— li m'a écrit on petit billet pour me dire d'aller prendre hier à TamionburgU un paqaet qni contiendrait des papiers d'one grande importance pour la famille de sir Arthur, et qu'il ne voulait pas envoyer par Fairport, parce qu'il avait de bonnes raisons pour croire qu'on y ouvrait souvent les lettres ; il paraît qu'il ne se trompait pas, car on dit que mistress Mailsetter va perdre sa place parce qu'elle s'occupe trop des affaires des autres , et néglige la sienne.

— Et qu'éspérez-vous , Edie , pour avoir, dans tontes ces occasions, rempli les fonctions de conseiller, de messager, de gardien et de confident?

— Ce que j'espère, Monkbarns? Et que diable voulez-vous que j'espère > si ce n'est que tous les grands personnages dn pays viendront à l'enterrement du pauvre vieux mendiant? Peut-être aussi aurez-voùs la bonté de me porter la tète comme voud l'avez fait pour le pauvre Stcenie. Quel embairas tout cela m'a-t-il donné ? Ne snis-je pas toujours par voies et par chemins? Oh ! quel bonheur quand je me vis hors de prison ! Car que seraitil advenu si ce paquet fiit resté à Tannonburgh tandis que j'étais claquemuré comme une huître entre ses deux écailles , et que , faute des lettres qui s'y trouvaient, tout eût été de travers? Il j avait des momens où j'avais envie de tout vous raconter, mais je n'avais pas encore pris mon parti sur cela ; c'eût été contrevenir aux ordres de M. Lovel ; et je crois qu'il avait besoin de voir quelqu'un à Edimbourg avant de pouvoir faire ce qu'il désirait pour sir Arthur et sa famille.

— Fort bieni mais revenons-en à vos nouvelles, Edie. Vous dites donc que les Français sont sur le point de débarquer ?

— ^ C'est le bruit général. Monsieur; et les ordres sont donnés pour que les volontaires soient soùs les armes : même on attend un officier qui doit venir inspecternos moyens de défense. Ses bagages sont déjà arrivés. J'ai vu ce matin la servante du bailli nettoyer le ceinturon et les culottes de peau de son maître ; je lui ai prêté la main ; car vous pouvez bien jnger qu^elle n'y entendait rien ; et eu récompense j'ai appris toutes les nouvelles.

— Et vous , qui êtes un vieux soldat , que pensez- vous de tout

cela?

— Ma foi, Monkbarns, si les Français viennent en aussi grand nombre qu'on le dit, je crains que nous n'ayons fort à faire. Mais au bout du compte , il y a quelques vétérans parmi ces

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volontaires^ et je ne dois pa$ les dépriser parce qo'ilssoinf yieni et invalides y puisqu'ils en pourraient dire autanl'de moi! £afin, nous ferons de notre mieux.

— Quoi 1 votre esprit martial se réveillerait-il» Edie? Jp nVurais pas cru que vous eussiez le moindre motif poar vous bçittre.

Daos nos cendre» le fea couVa-tôl donc encore f

*- Point de motif pour me battre ! s'écria le mendiant avec fea; ii'ai-je donc pas à défendre la terre qui m'a vu naître ; les ruisseaux qui me désaltèrent si souvent; )e foyer des ménagères qui me donnent un morceau de pain; les enfans qui accourent à ma rencontre du plus loin qu'ils m'aperçoivent pour jouer avec moi? Diable ! ajonta-t-ii en brandissant son bâton ferré , si j'avais encore autant de force que de bonne volonté , il y en aurait plus d'un .qui resterait en Ecosse à son grand regret.

— Bravo, Edie , bravo ! Le pays ne court pas grand danger quand le mendiant est disposé à se battre pour son écuelle de bois, comnte le seigneur pour ses terres.

Leur conversa lion roula ensuite sur les détails de la nuit qu'Ëdie et Lovel avaient passée dans les ruines de Sainte-Rut}i ; et l'antiquaire eu rit (le tout son cœur.

— J'aurais (donné une guince , dit-il, pour voir ce coquin d'Allemand eu proie aux terreurs que son charlatanisme cherche à inspirer aux autres , agité par la crainte d'être victime (}e la fureur de sir Arthur ou de la vengeance de quelque esprit-

— En vérité, Motikbarns, il avait quelque raison d'être effrayé, car on aurait dit que l'esprit de Main -Sanglante ou de l'Enfer-en-Armçs avait pris possession du corps de sir Arthur. Mais que deviendra ce flibustier de terre ?

— J'ai reçu ce matin une lettre qui m'apprend qu'il vous a déchargé de l'accusation qu'il avait intentée contre vous. Il offre de faire des aveux qui rendront l'arrangement des affaires de sir Arthur beaucoup plus facile que je ne l'espérais. Enfin le shériff me mande qu'il a donné des informations qui ne sont pas sans importance pour le gouvernement ; de sorte qu'il paraît qu'on se bornera à le renvoyer jouer le rôle de fripon dans son pays.

— Et les roues, les poulies , lés cordages, toutes les machines qui servaient aux mines de Çlenwithershins, qu'en va-t-on faire?

— J'espère que les ouvriers, avant de se séparer, en* feront on feu de joie, comme une armée détruit son train d'artillerie quand

elle est forcée de lever précipitamment un siège. Et quant au\ mines , Edic, nous les laisserons comme des souricières , à l'usage du premier fou qui, 4*.omine le chiçn de la fable, voudra lâcher la réalité pour chercher à prenàre l'ombre.

— Est-ii possible , bon Dieu ! brûler tout cela I Savez-vous que c'est une grande perte , Monkbarns ! N'auriez-voUs pas mieux fait de tâcher ^e retirer, en les vendant , une partie de vos cent livres sterling ? ajouta-t-il en affectant un ton de condoléancj^.

— Je n'en veux pas un sou ! s''écria l'antiquaire avec humeur en tournant le dos au mendiant et en faisant deux ou trois pas en arrière. — Mais revenant aussitôt près de lui , en souriant à demi de son mouvement d'impatience : Va déjeuner à la cuisine, Edie* lui dit-il , 6t souviens-toi de ne jamais parler deyant moi de mines, ni devant mon neveu ài^phoca , c'est-à-dire de veau marin, comme on l'appelle.

— Il faut que je retourne sur-le-champ à Fairpôrt ; je veux savoir s'il y a quelque chose de nouveau relativement à la descente. Mais je n'oublierai pas que je ne dois jamais parler de veau marin à Votre Honneur, et qu'il ne faut rien dire au capitaine des cent livres sterling que vous avez données à Trouster. . .

— Que le diable t'emporte 1 C'est à moi que je te dis de n'en jamais parler*

— Je crois que j'ai confondu, dit le mendiant en affectant un air de surprise; mais je pensais qu'en fait de conversation, la seule chose qui ne plût pas à Votre Honneur, c'était d^entendre jparler de ce que vous appelez le prétorion , ou du vieux sou qu'on vous a vendu pour une médaille.

— C'est bon, c'est bon! s'écria l'antiquaire; et il reprit à grands pas le chemin de la maison.

Le mendiant le regarda s'éloigner, et, riant- dans sa barbe à peu près comme une pie ou un perroquet qui s'applaudissent d'une heureuse espièglerie , il reprit le chemin de Fairpôrt. Ses habitudes lui avaient donné une véritable humeur errante, que le plaisir de ramasser des nouvelles contribuait beaucoup à entretenir. Ce fut ainsi qu'il retourna dans la ville , qu'il avait quittée le matin saBS autre motif que d'aller , comme il se l'était dit , jaser un moment avec Monkbarns.

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