LE GORPS-DE-GARDE
meâdroitSyBertram, en dépit de Moray, de Mar et de toi-même.
Il se lève y et s'aTance ayecnn air andacienx, Bertram rarréte. Animé par la Tengeanee , le vieil AJlan met la main sar sa dague , qaoiqne son âge le rende incapable de résister : mais Hélène se jette entre eux avec courage, et laisse tomber le plaid qai la couvre. Tel, dans une matinée d'orage, le soleil de mai se dépouille soudain da nuage qui voilait sed rayons. Cette soldatesque étonnée la contemple comme un ange descendu sur la terre; Brent, lui*méme, Faudacieux Brent, confus, â^arréte immobile d'admiration et de honte.
vin.
Hélène leur parle avec assurance : — - Ecoutez-moi, dit*elle :
Mon père fut l'ami des soldats, vécut avec eux sous la tente, les conduisit souvent aux dangers, et versa comme vous son sang pour la gloire; ce n'est point d'un brave que la fille d'un exilé recevra des af&ronts.
Brent , toujours le plus ardent dans le bien comme dans le mal, répondit à Hélène :
— Jeune fille, tu me fais rougir de mes tbrts. Toi, la fille d'un proscrit! pauvre infortunée! Moi aussi je fus proscrit par les lois des forêts, et Heedwood en sait la cause I Ma pauvre Rose ! ... Si ma Rose vit encore, elle doit avoir le même fige que toi I — et il essuya one larme qui vint mouiller sa paupière. — Ecoutez-moi , camarades : je vais au château chercher notre capitaine ; je pose ma hmce sur le plancher, celm qui osera la franchir pour offenser cette jeune étrangère recevra ma flèchedans lecœurl abstenez-vous de toute parole *libre et de toute raillerie grossière... Vous connaissez John de Brent ; c'est vous en dire assez !
Le capitaine parut; c'était un jeune et vaillant officier de la maison de TuUibardine, qui n'avait point encore reçu les éperons des chevaliers. Franc, gai, léger, il s'exprimait avec liberté, V^oique la courtoisie modérât un peu sa hardiesse naturelle. La fière Hélène supporta inal l'examen curieux de ses regards et son ^ peu respectueux; cependant Lewis était un jeune homme gén^eux et loyal; mais la grâce et la beauté dHélène, si peu d'accord avec ses vêtemens et le lieu où elle se trouvait , pouvaient foire naître des d<>utes , et égarer une imagination qui se livrait facilement aux vagues illusions.
''^ Soyez la bienvenue à Stirling, belle étrangère! dit Lewis :
422 LA DAME DU LAG. ch. ti.
Tenez-Tons j cfaeroher on défeasenr sur yotre blaiic paiSetirbi et ayec un vieux ménestrd, comme les cUûnoiseUes d'autrefois? Votre aveotore demande-t-eUe un ebevalier, oa suffit^ d'un écoyer poorTentreprendre?
L'œil noir d'Hélène étincelait : elle garda un moment le silence, et, poussant an soupir, elle répondit : — Hélas I ce n'est point à moi qu'il appartient d'avoir dé la fierté : je viens, à travers les douleurs, la honte et les combats, demander une audience du monarque, implorer la grâce d^un père« Voilà, pour obtenir la faveur que je désire, une bagué, gajge de la reconnaissance du prince, et donnée à Fitz- James par le roi Jacques loi-même.
Lewis regarde Fanneaa avec respect et une espèce de frayeur. •-^Nos devoirs, dit-il , nous sont prescrits par ce signe* Pardonnez, Madame, si, méconnaissant votre rang sous le voile obscur qui le cache, je me suis rendu coupable par une indiscrétion téméraire. Aessitôt que le palais sera ouvert , j'informerai le roi qne vous désirez le voir; daignez venir vous reposer dans tin appartement digne de vous , jusqu'à l'heure de l'audience. Des femmes vons serviront et.obéiron^ à tous vos ordres ; permettez-moi de yous coodnire*
Mais avant de le suivre Hélène voulut, avec toute la grâce et la libéralité des Douglas , que les soldats se partageassent sa bourse. Us reçurent ce don avec reconnaissance : le seul firent, cmifiiset toujours brusque , repoussa l'or qne lui offrait la main de la jeune fiUe.
— Pardonnez, dit-il, la fierté d'un Anglais , et oubliez surtout mon manque d'égards r la bourse vide est tout ce que je demande; je la porterai attachée à ma toque, et peut-être, aux jours du danger, elle sera vue là où de plus brilians cimiers n'oseront se jQlontrer.
Hélène ne put que ranercier le soldat de sa grossière courtoisie.
Lorsque Hélène fiit partie avec Lewis , Allan adressa ime deniande à John de Brent.
-r- Voilà ma jeune dame en sûreté, dit-il ; veuillez bien me permettre de voir mcm maître s c'est moi qui suis son ménestrel, 6t lié à. son sort dqiuis le berceau jusqu'à la tombe. Depuis le jour où mes ancêtres consacrèrent les accords de leur harpe à sa noble JD%mM,i aneuiDdéleurs deseendaaay jusqn^à la dixième génératioD,
LE OCHIPS-DE^ARDE. tôS
n'a eeflsjf de préférer l'intérêt de son seigneur an sien propre. Nos fimetions comuEienoentà la naissance dn Chef; notre harpe charmé ses premières années , redit à sa jeunesse les récits de la gloire , et chante ses exphnts à la chasse et dans les combats. Dans la paix, dans la goerre, nous sommes toujours à son côté ; nous égayons ses repas , nous lui procurons un doux tommeil , et ne rabandonnons qu'après avoir porté sur sa tombe le douloureux tribut de nci derniers chants,
Faites-m<M denc parta^ sa captivité : c'est mon droit : ne me lerefasezpas.
— NouMieus soucions péo, nous autres habitans du sud, d'une antique originel dit John de Brem ^ et nous ne comprenons guère oominent un nom suffit pour rendre des vassaux sujets d'un maître i cependant je me rappelle les bienfaits de mon noble seigneur, et Dieu bénisse la maison de Bèaudesert! Si je n^'avais pas mieux aimé poursuivre lé cerf que guider le bœuf dans les sillons > je ne serais point venu ici comme un proscrit. .. Viens, bon ménestrd i suis-moi : tu vas revoir ton seigneur.
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A ces mots John de firent détacha d'un crochet de fer un tfous^ Mtu de clés pesantes; il alloma une torche , et eondvÉsit Allanr à travers des grilles et des passages obscurs. Bs< franchirent des portes oii Ton entendaxt| dans l'énf6ncement, les plaintes des prisonniers et le bruit de leurs fers. Sous des voûtes grossières ili "vnnent^ réunis sans ordre, la roue, la hache, le glaivedu bourreau^ st maints instrumens pour disloquer et déchirer les> nfiembres> inttrumens si terribles et si hideux que les artistes qui les inve»* tèrent auraient regardé comme un crime et une honte de doitnef tm nom à leur ouvrage. Ils s'arrêtèrent près d'une porte basse, où firent remit la torche à Allan pendant qu'il faisait rouler sa chaîne tt les verroux, et qu'il détachait la barrede fer. Us entrèrent dané une chambre sombre, d'oà la fuite paraissait impossible, mais qui s'était cependant pias un cachot , car le jour j pénétrait par un grillage élevé; un antique ameublement, semblable aux omemeni destinés autrefois auX nobles captib, décorait les murailles et le parquet de ohène.
-^ Tu peux rester ici , dit firent, jusqu'à ce que le médecin txisiUS de nouveau le prisonnier ; il a reçu l'ordre de lui donner tons sei soins.
£n se retirant^ firent rq^laçaile venMr, et les gonds firent ett«