‹ Œuvres de Walter Scott (volume 4)Chapitre 114 sur 134 · LE GORPS-DE-GARDE · texte numérisé non relu

LE GORPS-DE-GARDE

Harpe da nord y adiea 1 Les collines se rembmnissent ; one ombre plus épaisse descend sar les pics de la montagne coaronnée de pourpre; la laciole ^ brille comme an diamant dans le crépuscnle, et les daims , qn'on ne voit qu'à demi , se retirent sons l'abri de la feuillée ; reprends place sur ton ormeaa magique ; réponds au mur» mure de la fontaine et à Tharmonie sauvage de la brise ; mêle tes doux accords à l'hymne du soir, aux échos lointains de la colline, à la flûte du jeune pâtre et au bourdonnement de l'abeille qui retourne à la ruche.

Adieu encore une fois, Harpe du ménestrel] pardonne mon faible essai : je m'inquiéterai peu si la censure sévère s'amuse par oisiveté à critiquer ces fruits de mes loisirs. Que n'ai-je pas dû à tes accords dans le long pèlerinage de la vie , quand des nifines secrètes que le monde ignora toujours ^"^ assiégeaient mes^its sans sommeil auxquelles succédaient des jours plus tristes encore! Ah! le chagrin qu'on dévore dans la solitude est de tous le plus amer!... Si je n'ai pas succombé à tant de maux, c'est à toi que je le dois, céleste enchanteresse !

Mais silence! pendant que mes pas ralentis s'éloignent à regret, quelque esprit aérien vient de réveiller tes cordes : c'est tantôt la touche brûlante d'un séraphin inspiré, et tantôt l'aile joyeuse d'une fée qui les caresse à son tour. Ces sons mourans s'affaiblissent de plus en plus dans la pente du vallon ; et maintenant la brise de la montagne apporte à peine jusqu'à moi un dernier accent de cette harmonie mystérieuse!... Déjà règne le silence. — Enchanteresse, adieu!

parut également familier avec tous deux. » {Lettre de lord Byron à sir Walter Scott, 6 juillet i8is. Vie et Œuvres de Byron, vol. II , p. i56.J I. Luciole t lampjrris , ver'luùanu

NOTES

CHANT PREMIER

Non a. — Paragraphe iiir.

Si réddence pouvait nous autoriser à croire des faits qui conlrarient les lois générales de la nature , on pourrait appuyer par de nombreuses preuves la croyance a la seconde vue. On l'appelle Tatsfiitaraugh dans la langue gallique, de Taish (ap« parence fantastique ou imaginaire). Ceux qui sont doués de cette faculté, de ce sens prophétique, sont nommés Taishatun, qu'on pourrait traduire par le mot visionnaire.

Martin , qui croit fermement à la seconde vue , en parle en ces termes : « La seconde vue est une faculté singulière de voir un objet d'ailleurs invisible , " iftDs préparation préalable. La vision fiiit une impression si vive sur les devins,

* qu'ils ne voient que cette vision même , et ne sont distraits par aucune autre pensée

■ tant qu'elle continue. Ils paraissent alors tristes ou gais , suivant l'objet qui leur «est représenté.

* A rapproche d'une vision les paupières se contractent et se lèvent, les yeux *> demeurent fixes Jusqu'à ce que l'objet s'évanouisse.

* Si on Toit quelqu'un entouré d'un linceul, c'est un sâr pronostic de mort.

« Si on voit une femme se tenant debout à la gauche d'un homme , c'est un pr6-

* ^ge de mariage entre eux : qu'ils vivent dans le célibat, ou même qu'ils Soient "mariés, n'importe I

« Si deux ou trois femmes sont vues ainsi à la gaoehe d'un homme, cet individn

* les épousera toutes les unes après les autres, quelles que soient les eiroonittiices

■ actuelles , etc., etc. » ( Maxtxs , Description (les Hes , etc; 17 16.)

A ces particularités on pourrait ajouter d'innombrables exemples ^ tous attesté! V^ des auteurs graves et dignes de foi ; mais en dépit de l'évidence , à laquelle n'ont P^ se refuser ni Bmmi,^ ni Boyce , ni Jonhson , ie Taish wec toutes ses visions

semble être totalemeot abaodonné aux poètes. Le poëme si parfaitement kem de Lochiel (i) TÎeot Daturellement à la mémoire du lecteur.

NoTB b» — Paragraphe xxtiu.

Ces deux fils d'Ànak sont fameux dans les livres de cLeTalerie : le premier est bien connu des admirateurs de TArioste, sous le nom de Ferran ; il fut un des antagonistes de Roland, et tué par lui dans un combat singulier. Le roman de Charletkagne lui attribue des formes on ne peut pas plus gigantesques.

Ascapart ou Ascabart joue un rôle important dans lliistoire de sir Bevts de Hampton, par qui il fut 'vaincu. Son effigie peut être vue encore sur un côté de la porte de SoulbampCon, dont l'aotie eA ooeupé par tir Bevis lui-même.

NoTX c. — Paragraphe xii.

Cet attentat dont Boderic est ici accusé n*é(ait pas rare a la cour d*Écosse , où la présence du souTerain ne pouvait prévenir l'effusion du sang.

NoTX d, — Paragraphe xy.

Les anciens guerricts , dont Fespoir et la confiance rep«>8aîent presque entièrement sur leur épée, avaient l'habitude d'en tirer des présages , surtout de celles qui étaient enchantées ou fabriquées par Tart des magiciens. Nous renvoyons aux romans et. aux légendes du temps. Bartbolin {De cousis contemptœ a Danis adhuc gaUiUbus mortû) raeon te l'histoire de la merveilleuse épée Skbfnung, qui fut trouvée dans un tombeau royal par un pirate. Je citerai une anecdote qui a aussi son mérite en fait de merveilieiix. *

Un jeune gentUho mme s'égara dans les faubourgs d'une ville capitale d'Allemagi^e, où l'approche d'un orage le forçi de se réfugier dans une maison voisine. - Il frappa à la porte ; elle Iw'fiit ouverte paf un homme de haute taille , d'un aspect féroeeetdans an costume dégoàtant. L'étranger fut introduit dans une chambre dont leè murs étaient garnis de sabres , de haches , et de machines qui semblaient former un véritable arsenal d'isstruncns de lortarest 11 hésitait à entrer, lorsqu'un sabre tomb^de son fourreau. Son hôt» le regarda alors avec un air si extraordinaire, que le jeune homme ne put a'empè^er de lui demander son nom , sa profession , et ce i|iia voulait dire Fexpression de sa figure. -* Je suis , répondit cet homme, le boiprvean da la vilk, et l'incideut qae vous avec observé est un présage certain que je dois un jour, dans les fonctions de mon emploi , vous trancher la télé avec cette lameqHJi vient d'abandonnei sfmtanément ton fourreau.

I^jema bomne m la aoi|cia pas. de demcunr lomg-teaips efaez son hôte; mais s*étant trouvé dans une émeute , quelcyies années après , 9 ait décapité par le bour- Ttm 9 aa avva le aabif qu^il avait vu dMc lui;

». Note e, — Paragraphe xz.

LeDDox était particulièrement exposé aux incurvons des montagnards. La bataille de Glen-Fmin est fameuse par le saug qui y fut répandu avec tant d'atrocité (i6oa).

Les suites de cette bataille furent terribles p«ur le clan des Mac-Givgor, qui y avait figuré , et qui passait déjà pour une tribu rebelle. Les Teuves des Colguhoums qui avaient été égorgés vinrent, au nombre de soixante, trouver le roi à Slirliugi elles étaient toutes montées sur des palefrois blancs, et portaient les chemises sanglantes de leurs maris au bout d'une pique. Jacques YI fut si touché de leur dou* leur, qu*i1 exerça sur les Mac-Gregor une terrible vengeance. On proscrivit jusqu'au nom de ce clan; tous ceux qui lui avaient appartenu éiaient passés au fil de Tépée on livrés aux flammes, et chassés avec des limiers comme des bétes féroces.

Nous renvoyons nos lecteurs au chef-d'œuvre de Rob-Roy , qui noiu autorise à , abréger cette note.

NoTx /. — Paragraphe i.

Quand un Chef voulait convoquer son clan dans un pressant danger, i^ tuait une chèvre, et, taillant une croix de bois, en brûlait les extrémités pour les éteindre dans le sang de Tanimal : c'était ce qu'on appelait la croix du feu , et aussi Crean Tariffk , ou croix de la honte , parce qu'on ne pouvait refuser de se rendre à l'invitation qu'exprimait ce symbole , sans être voué à l'infamie. La croix était confiée à un messager fidèle, et agile à la course, qui la portait' sans s'an^ter jusqu'au village voisin , où un autre courrier le remplaçait aussitôt : par ce moyen, elle circulait dans la contrée avec une célérité incroyable.

NoTK g. — Paragraphe rv.

L'état de la religion dans le moyen-Age laissait de grandes facilités à ceux qui , par leur genre de vie , étant exclus du culte régulier, vouImci^ cependant se conserver l'assistance spirituelle d'un confesseur prêt à adapter sa doctrine aux besoins particuliers de son troupeau. On sait que le fameux Robin Hood avait pour chapelain le moine Tuck : ce moine tronqué était probablement de la même espèce que ces pères spirituels des bandits de Tynedale, contre lesquels, sous Henri VIII, l'évéque de Durham fulmina une excommuDication. (Toyez I^ankoe.) ■

NoTB h^ — Paragraphe vu.

Ce bruit entendu sur le Benharow fait allusion à un présage semblable , qui annonce toujours , assure-t-on , la mort à l'ancienne famille de M. Lean : c'est l'espritd^un de sctaaoètMfl, tué jadis duu une bataille, qui galope sur une montagne.

GHAMT QUATaiÈME.

Non k — Paragraphe ir.

Comme tous les peuples grossiers , les mooiagDards avaient différentes maDÎères de consulter TaTenir. Une des plus remarquables était le Taghairm^ doot il est question dans le texte. On euTeloppait un homme dans la peau d'un taureau nou- Tellement égorgé, et on le déposait près d*une cascade, au fond d*un précipice, ou dans quelque autre lieu sauvage dont l'aspect ne put lui inspirer que des pensées d'horreur. Dans cette situation , cet homme devait repasser dans son esprit la question proposée ; et toutes les impressions que lui fournissait son imagination exaltée, i^assaient pour Vinspiration des habilans imaginaires du lieu où il était exposé.

Non k, — Paragraphe ui.

Le conte romantique d'Alix est tiré d'une ballade danoise très curieuse, publiée dans un recueil de chansons héroïques, en 1591 , par Anders Sofrensen.

Note /. — Paragraphe xni. — Stance 2,

• On a déjà observé que les fées , sans être positivement malveillantes , sont capricieuses, aisément offensées, et jalouses de leurs droits de vert et de ifenaison, comme tous les propriétaires de forêts.

Les nains du Nord , dont les fées participent beaucoup^ avaient les mêmes prétentions et les mêmes caprices ; leur malice était encore plus rancuneuse.

NoTK m. — Paragraphe xv«

Il n*est rien de plus connu dans Thisfoire de la féerie que la nature illusoire et fantastique des plaisirs et de la splendeur des habitans de ces royaumes enchantés.

NoTx n. — Paragraphe xii.

Les duellistes des anciens temi^ ^® respectaient pas toujours If s règles du point d'honneur sur l'égalité, des armes : il est vrai que dans les joâtes d'un tournoi on forçait les combattans à n'avoir, autant que possible, aucun avantage les uns sur les autres ; mais dans les dueb particuliers c'était une toi moins rigoureuse.

NoTx o, — Paragraphe xxi.

'Chaque bourg d*Écosse, mais surtout les villes considérables, avaient leurs jeux solennels : on y distribuait des prix à ceux qui excellaient à tirer de l*arc , à la lutte, et dans les exercices gymnastiques de cette époque.

Jacques Y aimait partiailièrement les amusemens populaires, ce qui contribua

NOTES DE LÀ DiHE DU LàC!! 441

sans doute à loi foire donner le samom de^roi des Communes , oq rex pleBeiorum, comme iiesly Fappelle en latin.

CHAHUT SIXIÈME

NoTB p. — Paragraphe m.

Les armées écossaises étaient composées de la nohiesse et des barons ayec leurs vassaux, qui étaient tenus au service militaire. L*autorité patriarcale des chefs de clans dans les montagnes et sur les frontières était d'une nature différente , et quelquefois peu d*aocord avec les principes de la féodalité; elle était fondée sur la po/na potestaSf exercée par le Chef, qui représentait le père de toute la tribu, et à qui on obéissait souvent contre son supérieur féodaL

Il parait que Jacques Y fut le premier qui introduisit dans les armées écossaises une compagnie de mercenaires , qui formaient une garde pour le roi , et qu*on appelait les gardes à pied.

Le poète salirique sir Darid de Lindsay (ou Tanteur du prologue de la comédie Tlu Estâtes) a choisi pour un de ses personnages un certain Finlay, des gardes à pied, qui , après beaucoup de rodomontades , est mis en fuite par le fou , qui lui fait peur avec une tète de mouton au bout d*nne perche. J*ai donné à nus soldats les traits grossiers des mercenaireis de ce temps-là ^ plutôt que ceux de ce Thraso écos^ sais ; ils tenaient beaucoup du caractère des aventuriers de Fh>issart , ou des eon» dottîen d'Italie.

Note q. — Paragraphe xxn.

Le chepalîer de Snowdoun est le roi dt Ecosse, Cette découverte rappellera pro* bablement au lecteur le beau conte arabe d'// Bondocdm, Cependant cet incident n'a pas été emprunté aux Mille et une Nuits , mais à la tradition écossaise. Jacques T était un monarque dont les bonnes intentions excusaient les caprices romanesques : il faut même lui savoir gré du surnom de roi des Communes , que lui valut l'intérêt qu'il prenait à la classe opprimée *de ses sujets.

Afin de voir par lui-même si la justice était régulièrement administrée, mais souvent aussi par des motifs, moins louables, de galanterie, il avait Tliabitude de parcourir la contrée sous divers déguisemens. Deux de nos meilleures ballades sont fondées sur le succès de ses aventures amoureuses. Celle qui est intitulée : Nous tCifons plus errer fJVeell gae nae mair roving)^ esi peut-être la meilleure ballade comique de toutes les langues connues;

Une autre aventure , qui faillit coûter la vie à Jacques , eut lieu , dit-on , an village de Cramond , près d'Edimbourg , où il était parvenu à plaire à une jolie fille d*un rang peu élevé. Quatre ou cinq hommes , parens ou amans de sa maîtresse , attaquèrent le monarque déguisé à son retour du rendez- vous. Naturellement brave et d'une rare hal>ileté dans l'art de Tescrime, le roi se posta sur le pont étroit de la rivière d'Almond, et se défendit vaillamment avec son épée.

Uo paysan qui battait du blé dans une grange Toisine acoounit an brait , et, n*é> coûtant que sa bravoure naturelle, se rangea du parti le plus faible, et employa sî bien son fléau , qu'il dispersa les assaiilaus, bien battus, c*est le cas de le dire; il conduisit ensuite le roi danf sa grange , où le prinee demanda un bassin et une serviette pour essuyer le sang dont il était couvert. Jacques fit ensuite parler le paysan, pour savoir quel serait le terme de ses désirs ; il apprit que toute son ambition était de posséder en toute propriété la ferme de Bracbead , où il n'était qu'un simple journalier. Il se trouva que la terre appartenait à la couronne , et Jacques engagea son libérateur à se rendre au palais U'Holy-Rood, et d'y demander le fermier de Ballanguisb , nom sous lequel il était connu dans ses excursions , et qui répondait à celui d'il Bondacdm, qu'avait adopté le calife Haroun-al-Récliyd.

Le paysan se présenta au palais suivant son ÎDSlruction , et ne fut pas peu surpris de voir qu'il avait sauvé la vie du monarque, qui lui remit en pur don la terre de Braehead. Pour toute redevance , il fut tenu» lui et ses béritien, d'offrir au roi, toutes les fois qu'il passerait sur le pont de Ciamond , une aiguière , un bassin et une serviette pour se biver les naf ins.

Ce paysan est rancèlre des Howisons de Braehead» famille respectable qui conserve cette propriété avec la même clause.

Une autre aventure de Jacques est ainsi rapportée par Campbell : - ce Jacques, sorprb par la nuit dans une partie de cbasse, et séparé de sa suite, « entra daas une chaumière au milieu d'un marais , an pied des coteaux d'OchiU. Il « fut accueilli parfailenMnt, quoiqu'il ne fât pas connu. FAur régaler son bote, le « fermier voulut que sa femme tuât pour le souper la poule perchée le plus près du • coq, comme oelle qui est toujours la plus grasse. Le roi, en partant, engagea le « fermier à venir le voir quand il viendrait à Siirliog, et à demander le fermier de « Ballangoisb. Donaldson , c'était son nom , le lui promit , et tint parole. Quand il « découvrit qu'il avait été Thôtedu roi, il amusa toute la cour par sa surprix, et « fut toujours désigné depuis sous le nom de roi des Marais , par Jacques lui-même. « Ce titre a passé jusqu'à son dernier descendant , que M. Erskine de Mar vient de « renvoyer de sa ferme p|rce que Sa Majesté , indolente au dernier point, refa- « sait d'imiter les innovations que les progrès de l'agriculture ont indiquées de nos « Jonrs. »

Les lecteurs de rArioste accueilleront avec plaisir le roi Jacques tel que la 'tradition nous le représente ;rcar il est généralement regardé comme le prototype de Zerbin , le béros le plus intéressant de Roland furieux.

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