X. Hom poMque de Marie Seott, ipomm ds Waltar SMtt ém Uwdui
a. On nommait keriM nn tribut que le 8ei^«or a tait droit, en oertains cêb, c^0ti|pCT Sa Mn faB' dataire, et qui oonaistait dans le meuleor eheVal de oaliii>cL
CHiMT QUATRIÈME. M
L'îniréiiîde^Braiiluoiiie aiweptff c«tt« ottr* «Tec jow, fl jeite au comte une bourse pleine d'or, et purt ponr £«fctol§ à h tAle de cinq cents oa^eliers, U les laiaae derrière le monuifQe * e( ¥e i0«l dans le yallée troiiTer Gilbert et ses cempagnpiis* -^ Recenels* moi peur ton Chef et ton seigneur snserein, loi dit4l » et nft «oie pas me traiter oomme lepacs&piellorten» eer lea SoQlla ne evait gaent personne le fer à la main« Acqmtte-tfn» ssM mumnrer» de l'heriot que ta me dois ; donn««Bioi Ion chef al blanoy en In fen repentiras. Si je sonne trois Cm du cor, ce son retentira long* temps wx oreilles des babitans d'Etkdale.
lie Beattîson répondit par on sonrire méffnBmt i ^ Ton cpr ne nons inspire pas de oralnle » et jamais Gilbert ne eèdera «on esnr^ ûex blanc à on Scott orgueilleux. Retourne à pied à Brankseme ayee tes éperons rouilles et tes bottes conTortee de boue, rrt Brankr someà ces mots sonna dn cor ayec tant de forée que le daim épon* yanté ea tressaillit jusqu'à Graig-Cross ; il w sonna nneseoonde' foîsy et l'on commença à yoirbnller des lanees à travers le bronil^ lard qui couvrait la montagne : à la troisième fois , ce son redout table parvint jusqu'aux rochers de Pentoun-LinUi et fut répété par bmra échos. Ses vassaux arrivèrent en nn instant , et vous auries vu alors une mêlée terrible. Que do cavaliers désarçonnés I que de lances rompues I Chaque parole insollante qu'avait pre« noncée Gilbert coûta la vie a nn Beattîson. Le Chef lui-même tira son épée et en perça l'orgueillMix Gaillard. L'endroit où son sang Idgnit la terre se nomme encore la aépukare de Gilbert. Le clan des Beattisons fut détruit par les Scotts , et un seul d'entre eux conserva ses domaines. Ce fat ainsi que le cheval blane It chan» ^er de maître à toute la vallée qqi ferme nSsk depuis 4a source jo^'à son embouchure.
Après les Scotts on vit arriva- Headshaw, Whkslade, surnommé le Faucon , et plus de guerriers que je n'en pouivais nom» mer, depuis Yarrow-Cleugh jusqu'à Hindhaugh-Swairy depuis Woodhouselie jusqu'à Ghesterglen , fantassins et cavaliers armés d'arcs et de lances. Leur mot de ralliement était Bellenden ^ , et jamais la frontière n'avait envoyé des troupes plus braves , soit pour assiéger une place y soit pour la secourir. La noble dame
t. BelIeDden est titaé pr4s de la source do Bortbwick; et comnie c'était le poiot oeptral des domaines des Scotts , il leor serrait souyent de liea de rendes-Toos et de mot de ralUeifient.
i sentit son cœur s'enfler d'orgneil en voyant les seconrç qui loi ar- TÎTaient. Elle ordonna qu'on fît yenir son fils , afin qa'il apprît à connaître les amis de son père, et à faire face à ses ennemis. — L'enfant est mûr pour la guerre , je Fai tu bander un arc , j'ai va sa flèche fidèle frapper un nid de corbeau sur le rocher. La croix rouge placée sur la poitrine de l'Anglais est plus large que le nid du corbeau : Whitslade , tu lui apprendras à manier les armes , et tu le couTriras du bouclier de son père,
XIT.
Comme tous pouTez bien le croire , le rusé page ne se souciait pas de paraître dcTant l'habile dame. 11 feignit une frayeur enfantine y poussa des cris, Tersa des larmes, et se livra aux plaintes et aux gémissemens. On Tint dire à la châtelaine qu'il fallait que quelque fée eût jeté un charmé sur cet enfant naguère si fier et si hardi. La noble dame rougit de honte : — Qu'il s'éloigne aTant que son clan soit témoin de sa faiblesse. Wat Tinlinn , tu seras son guide. Conduis ce rejeton dégénéré à Buccleuch , sur les bords solitaires du Rangleburn. Il faut que quelque mauTais génie ait maudit notre race , pour qu'un lâche ait reçu le jour de moi.
XT.
Wat Tinlinn aTait reçu une commission pénible en se chargeant de conduire l'héritier supposé de Branksome. Dès que le palefroi sentit le poids du nain malfaisant , il deTint rétif, rua, se cabra, et refusa d'obéir aux rênes. Ce ne fut pas sans peine que Wat Tinlinn parrint à lui &ire faire un mille d'Ecosse. Mais , comme ils traversaient un ruisseau peu profond, le page reprit tout à coup sa première forme, par une métamorphose semblable à celle des figures fantastiques que nos songes nous présentent. — Perdu ! perdu ! perdu I s'écria-t-il en prenant la fuite ; et il riait en cou^ rant aTec Titesse ; mais la flèche de Wat Tinlinn , plus prompte que le nain , lui perça l'épaule. La mort n'avait pas de droits sur le nain : sa blessure se guérit en un instant, mais la douleur lui arracha un grand cri. Wat Tinlinn, l'ceil effaré , retourna au château de Branksome.
Il est déjà sur le sommet de la hauteur qui domine sur les tours et sur les bois de Branksome ; un bruit lointain de guerre annonce l'arrivée des Anglais ; les sons de la cornemuse des frontières et du cor martial se confondent dans la profondeur de la foret. Il entend le bennisseme9t des chevaux et les pas mesurés des soldats ,
qae couTrait qaelqaef<»s le brait éclatant des timbales d'Almayn, Bientôt 9 au-dessus àû taillis il voit s'élever des bannières écarlates; et les casques, les lances, les boucliers, brillent à travers les baissons d'aubépine.
Les fourrageurs, troupe légère, montés sur d^abiles coursiers, courent en avant pour reconnaître le terrain. Derrière eux,, en rangs serr^, les arcbers.de Kendal, en uniforme vert, sortent du bois au son du cor. A leur suite, et pour les soutenir, s'avancent les soldats de lord Dacre , armés de bacbes , race endurcie , née sur les bords de l'Irtbing. Portant la ceinture blancbe et la croix rouge , ils suivent la bannière qui avait flotté sur les murs d'Acre ; et tandis qu'ils s'avançaient en bon ordre , des ménestrels chantaient l'air : — Le noble lord Dacre habite Us frontières.
xvm.
Après les soldats armés d'arcs et de bâches , marchait d'un pas ferme et mesuré un corps de mercenaires. Ils combattaient sous les ordres de Conrad de Wolfenstein , qui les avait amenés des rives lointaines du Rhin , et qui vendait leur sang à prix d'argent. Os n'avaient point de patrie, ne reconnaissaient pas de maître , n'avaient d'autre habitation qu'un camp, d'autre loi que leur sabre. Ils n'étaient pas armés comme les enfans de l'Angleterre , car ils portaient des mousquets lançant la foudre ; une poire à poudre était suspendue à leur écharpe , et ils étaient couverts d'un justaucorps de buffle froncé et brodé. Leur genou droit éuit nu , pour qu'ils pussent plus fiicilement monter à l'escalade. En marchant, ils répétaient dans leur langue barbare des chants de guerre teutoniques ^.
Mais le bruit augmente , et les chants des ménestrels s'élèvent. Lord Howard , à la tête de ses chevaliers , foit sortir du bois l'arrière-garde, composée de ses hommes d'armes, armés du glaive et de la lance. C'était parmi eux qu'on voyait maint jeune chevalier brûlant du désir de gagner ses éperons, et portant sur le ci-
X. Les aTADturien mercenaires que le comte de Cambridge conduisit au secours du roi de Porta^sl contre les Espagnols, en i38o, se mutinèrent faute de recevoir leur paie. A. une assemblée de leurs chefs, sir John Sollier, fils naturel d'Edouard, le prinop Noir, leur parla en ces termes : ■— Mon •fis est de bien nons entendre ensemble, de lever la bannière de Saint-George, d'être amis de Dieu et ennemis de tont le monde; car si nous ne nons faisons craindre, nous n'aurons rien. — Par ma foi I répondit sir William Helmoo, vous avei raison, et c'est ce qu'il faut faire. —La détermination fat prise tout d'une voix; on arbora l'étendard de Saint-George, et lorsqu'il fat question de choisir an chef , chacun s'écria t t- SoUier l Soltierl le vaillant bâtard ! amis de Dieu et «nnçmis 4« toat le monde 1-*
M LE LAI DIT QEnmEn UÉNESTREL.
mier de ion casque on riiiHUi ou un gant , soaY^nir précisiix de sa dame. Ib marchaient ainai en bon ordre; èt| déployant enanîta leurs lignes , ils firent halte , et s'écrièrent : -^ Saint Geoife et TAngleterre !
Les Anglais fixent les yeux sur le ohâtean de Branksome. Ils en étiûent si près , qu'ils pouyaient entendre bander les arcs. Sur Ua bastions et ^ur les remparts on voyait briller les haehesy les lances et les pertuisanes; des &uconneauxet des couleuvrines s'apprêtait à lanoer du haut des tours leur grêle meyurtriàre ; l'éclat des avmea perçait les noirs tonrbillona de fumée qui sortaient des feumaisea où l'on faisait bouillir la poix et fopdre le plomb , et semblables à k chaudière d'une sorcière. Tout à coup le pont»levis s'abaisse, le guichet s'ouvre, et l'on Toit sortir le vieux sénéchal.
Il est armé de toutes pièces, mais sans casque ; sa barbeUaiiehe flotte sur sa cuirasse ; l'âge n'a pas conrbé sa taille. Forme sur, ses arçons, il guide un coursiqr plmn d'ardenr, tantôt modérant son feu, tantôt lui fisdsant faire des courbettes et des caracoles. Il timt de la main droite une baguette de saule» dépouillée de son écoree, en signe de trêve s son écuyer qui le suit porte un gantelet an haut d'une lance ^ Dès que Icffd Howard et lord Dacre le voient sortir des mufs, ib courent en avant de leur armée, pour savoir ce qoe le vieux sénéchal vient leur aiinoncer.
xxn.
**"- Lords anglais, lady Bucdeuch vous depunda pourqqoi, ai| mépris de la paix qui règne entre les deux frontières , vous osex entrer à main armée sur les terres d'Ecosse , avec vos archers de Kendal , vos hommes d'armes de Gilsland, et vos bandes mercenaires? Ma maîtresse vous engage à faire une prompte retraite, et si vous brûlez un seul fétu de puUe, si vous effraye^ une seule des hirondelles qui ont lut l^nrs nids sur nos tours, par samteliariel nous allumerons une torche qui chanfGBra vos foyers dans le Gubi* berland.
xxni.
Les yeux dci lord Dacre étincelaicnt de courroux ; Howard, pins C^e, p^t la parole:— s Si ta mattresse, sirç sénéchal, veut
X. Vu çititplacé rar le fer d'une lance étiit l'emblème de la bonne foi parmi les anciena babltans 4ef frontières. Si quelqu'un manquait à sa parole, on élevait ce si^ne à la prochaine assemblée générale, et on le proclamait ^^ on tilain sans foi* — Cette cérémonie était fort redoutée^
CHANT QUATRiEWEv fifl
s'avancer sur le^ nmrfMlto «Ktérifliir«ff du pMltifiaj notre poursni. yanl; d'anaes loi apprendra poarqQoi nous sonunes yeniu» ^t à ^les cond^tion^ ^çi^% nous retirerons.
Un messager p»rtit> et la noble dame ae rendit sur les mort, entoura dA fea fîhebi qnî» ftppnyéi sur leur lance, attendaient Ymw^ da poorsniTapt. n pamt bientôt • retâtu dfi9 conlenr» de lord Ijb>ward i le Uon d'argent brillait sur sa poitrine ; il eondoiiaii an en£ant par la mnin- Quel ^peetacle ponr les yeiix d'nne mère I ç'éM^t rbéri^er du grand Buoolenob* Le béraut fit son aalut, et $«noti9» en eea termea learolontëa de son m4tre,
-^ Ç'e*t à fegret, ppi«san|e daine, foe mes nobles seigneur^
tirent Fépée contre nne belle dame ; mais ils ne peuvent sonffnr pins long-temps qne toutes n^a frontières du côté de Toccident
goleel pillée^ et ravagées par Totre clan , an mépri» de toutes les Iw; il ne <5Pnvient pi à votre naiasanee ni à votre reng d'ouvrir dans votre gâteau un aûlepour le^ présents. Nous réclamons de V099 William. Peloraine i afin qu'il subisse le cbâtimeut de seA m^faits^ ^ Cette enn^ encore, la veille de aaint Cotbbert, il est vaaa à £rtapleton s wp le Leven, piller les terres de Richard Mufgrave, dont il a égorgé le $rère. Puisqu'une châtelaine privée de «on épowt ne peut réprimer ces audacieux maraudeurs, recevez dans votre ebâteaû deu^ eenta hommes d'armes de mon maître,
sinon il va faire sonner la charge et donner l'assaut k votre gar* nison, et ce bel enfant sera conduit à Londres, pour être page du
reiBdomM^.
xxv, .
{} se tnt, et l'enfunt se mit à pleurer en étendant ses faibles bras rers les muraUles ; il implorait le secours de tous cew^ qu'il recon» naissait, et semblait vouloir embrasser sa mère. Les joues de la açkble dame pi^rdir^it leurs couleurs, et une larme se glissa, malgré elle, entre ses paupières. BUe jeta les yeux sur les guerriers qui rentouraient, et qui fronçaient le sourcil d'un air sombre ; puis , étouffant les soupirs qui cherchaient à s'échapper de son seÎDy elle reprit son sang-froid, et répondit avec calme :
•^ Dis à tes vaillans maîtres qui font la guerre aux femmes et
z. L'original ondoie VexfMnion de Mareii-Traasra* qui «HippHqualt I dkots gann» â^effëliMS pirtictiIiANs aux BorderSî entre antres, aa erime d'att«(|«er on de faire atta<iii«r m» «drttiailta durant nne trèf e.
aux enfanSy que William Deloraine se justifiera par le serment ^, ou acceptera le combat contre Musgrave poor laver son honneur. Nul chevalier du Gomberland ne peat prétendre à on plus haut lignage^ et il reçut de Douglas (ee) Tordre de la chevalerie quand le sang anglais grossit les eaux de l'Ancram ^ : lord Dacre le loi aurait vu conférer lui-même , sans la vitesse du coursier sur lequel il fuyait. Quant au jeune héritier de la maison de Branksome, que Dieu lui soit en aide, ainsi qu'à moi I Je ne sacrifierai aucun de mes amis; aucun de mes enniemis ne mettra le pied dans mon château^ tant que je vivrai. Si donc tes maîtres persistent dans leur dessein , dis-leur que nous les défions hautement et hardiment ; notre slogan sera leur chant de mort; le fossé qui entoure nos murs, leur sépulture.
Elle regarda autour d'elle avec fierté pour jouir de l'approbation des siens. Des éclairs de feu partirent des yeux de Thirlestane, Wat de Harden sonna du cor, on vit les étendards et les bannières se déployer de tontes parts , et Fon entendit retentir jusqu'au ciel ce cri de guerre : — Sainte' Marie et le jeune Bnccleuch ! — Les Anglais y répondirent par le leur, et mirent leurs lances en arrêt ; les archers de Kendal firent un pas en avant et bandèrent leur arc ; les ménestreb entonnèrent des chants de gloire ; mais avant qu'une seule flèche eût été décochée , un cavalier arriva au galop de l'arrière-garde.
— Ah I nobles lords^ dit-il hors d'haleine, quelle trahison à fait découvrir votre marche ? A quoi songez-vous d'assiéger ces murs, quand vous êtes si loin de tout secours? Vos ennemis triomphent et s'imaginent avoir pris le lion dans leurs filets. Déjà Douglas a convoqué le ban de ses vassaux au pied du sombre Ruberslaw, et leurs lances couvrent la plaine comme les nombreux épis ^es moissons. Sur la rive septentrionale du Liddel, lord Maxwell range ses braves hommes d'armes sous les bannières de l'aigle et de la croix, pour vous couper la retraite du côté du Gnmberland; les
z. Dans les cas douteux, les lois des frontières permettaient quelquefois aux accusés de prouver leur innocence par le serment. Voici quelle en était la ferme : — Vous jurez par le ciel qui est sur ▼otre tète, par l'enfer qui est sous tos pieds , par votre part du paradis, par tout ce que Dieu fit en six jours et sept nuits, et par Dieu lui-même, qae tous n'avex ni pris, ni fait prendre, ni recelé, que TOUS ne savez ni ne connaissez qui a pris» fait prendre on recelé aucun des objets mentionnés dans le bill qui précède.
a. La bataille d'Ancram Moor ou Peniellieneh se livra en x545. Les Anglais furent défaits, flt perdirent leurs chefs sir Ralph Bvers, et sir Brian-Latoun. Les Ecossais éuient commandés par Archibald Douglas , comte d'Autos , assisté du laird de Bacdeuch et de |(ormau Lesley*
CflANT QUATRIEME. 61
vallées de Jedwood, d'Esk et de Teviot prenneiit les aimes à la ▼oix da fier Angas, et les Merses et les Landerdales saivent les drapeaux da vaillant Home. Exilé do Northimiberlaiidy j'ai longtemps erré dans le Liddesdale, mais mon cœur est toajonrs poor l'Angleterre; j'ai frémi à la Tue des dangers qui menacent met compatriotes, et j'ai conm tonte la nnit poor Tenir tous annoncer qneUes forces se rassemblent contre tous.
— Qu'elles viennent I s'écria Fimpétnenx Dacre; ce dmier, Forgneil de mon père, qni a flotté snr les rivages de la mer de Judée, qu'ont agité les vents de la Palestine, sera planté sur les plas hantes tonrs de Branksome, avant l'arrivée de ce secours tardif. Qne la flèche parte, que les traits sifflent dans les airs, que la hache sape les murailles; braves gens, criez tous : — Dacre et l'Angleterre 1 — vaincre ou périr 1
— Ecoatez-moi, dit Howard, écoutez-moi avec calme, et ne ciroyez pas que la crainte dicte mes paroles, car qui a jamais vu le Uon blanc reculer sur le champ de bataille ou dans la mêlée ^ ? Mais risquer ainsi l'élite de nos frontières contre toutes les forces d'an royaume, vouloir que nos trois mille hommes combattent dix mille Ecossais, ce serait un acte de folie et de témérité. Acceptons les conditions de la noble dame , et qne Musgrave se mesure avec Deloraine en combat singulier [Jf). S'il triomphe, nous profiterons de sa victoire ; s'il est vaincu, nous n'aurons perdu qu'un guerrier, et notre armée évitera la défaite, la mort et la honte.
L'orgueilleux Dacre ne goûta point l'avis prudent de son frère d'armes ; il y céda toutefois d'un air sombre et mécontent. Mais les frontières ne virent plus ces deux Chefs s'allier pour une expédition, et ce léger sujet de discorde fit plus tard répandre bien du sang.
Le poursuivant d'armes s'avança de nouveau vers le château. Un trompette demanda un pourparler, et les Chefs écossais parurent sur les murailles. Alors le héraut, au nom de Musgrave, défia Deloraine en combat siuguUer ; il jeta un gantelet, et proposa en ces termes les conditions du combat : — Si Tépée du vaillant Mus-
X. Un lion blanc on d'argent se trouvait snr les armoiries de tontes les branches de la farniHe Boward. On donnait 'souyent pour nom de enerre 2^ un cheralier le support oa UQ ciinier de aes unoiries. Ce fut ainsi, qn'on i umomma Aicnard IIl — U SMgUtr ttXori,
M LE LAI »ti DEIUiaER MÉNESTREL.
ffflTCirkimphedtt eheytUerDéloraiiie,Tatt«jaim«Chtfyl'hMtier 06 Branksome^ restera eii otage potir son elani Si Ddoraina est tftlttqiietr du iraiHant M n^aye ^ Tenfant vous éera rendu $ mais qttol (jtt'il arrite» l'armée anglaise, sans iiiqiiiéter les Ecossais et laâft âtre incpiKtée^ roitrora paisibleitie&t dans le Combeflaiid.
xlxiit.
Les Chefs écossais, qnoiqae pleins de brayonre et de loyauté,
{pensèrent qa'on deyait accepter cette proposition. Ils ignoraient e secours qu^on leur préparait, et, d'après le sac récent de Jedwood, ils sayaie&t que les soldats du régent n'arriyaient jamais qn'ayec lenteur* La noble dame n'était pas du même ayis, mais çlle n^osaît ayouer que son art secret, cet art qu'elle ne pouyait nommer, lui faisait connaître qu^on marchait en ce moment à son aide. Laltrèye fut donc conclue, et l'on conyint que le combat aurait lieu le lendemain, en champ clos, dans une prairie yoisine, à la quatrième heure après le leyer de Taurore ; que les champions combattraient à pied ayec la dague écossaise, et que Deloraine^ ou quelque autre Chef, si sa blessure ne lui permettait pas dé porter les armes, soutiendrait sa cause et celle de son jeune seigneur contre le yaillant Musgraye.
xxxiy.
Je sais fort bien que pha d'un niéiiéstrëi dit ékâè mé dhaiils que lésdetULchaiiitiioii^odndmttireiltsdrdèseoursiersécilInaiiSj anûés d'àité épée doiït ils deyaient se B^itYit Aptèn atoir rompu leurs lances ; mai^ le barde habile qui fut mon mettre (g-g) m'appritlMs les détails de cet éyènement comme je les rapporte. II connaissait toutes les clauses des lois et ordonnances sut lesooinbals, portées pÈir lord Arehlbàld-le-Ndif S etrecueillieèdtttenipsduyietta Douglas. Il ne poutàit soufirii' qu'ùiie langue téméf aire aeeiisât ses chants de mëhsonge où d'inexactitude^ et il doniia la mon au Imrde de Reull , qui dans un festin srrait blessé sa fierté par un pareil re- ^ehe. Us coMbattiirelit sur tes bords dti Teviot , et leurs ftuâns , habituées à piâcër la harpe , furent teintes de sang; On yoit encore Iteufir l'épiuë blaûdhe qu'il planta sur la toiïibe de sùà riyal , en âdiitenir de sa victoire.
X. n s'agit ici de la plus ancienne collection de réglemens relatifs anx frontières. Le x 8 décembre x468, William » comte dç Douglas, convoqua les lords, les piopriétaires et les habitansles plus Agés des frontières, et leur fit prêter serment sor rEvangile de récRger fidèlement par écrit les statuts, ordonnances et régleniéns portés par Arcbibald D'oug1ds-le-Koir, et soii fibt ArCttibald, J>Mf être exécutés en temps dd gnétrè; BpiH quoi il ënf fitjtufer rtflbMrtstiota.
Pourquoi parlerais-je du sort cruel qui entraîna mon maître dans, le tombeau? Les jeunes filles d'Ousenam s'arrachèrent les cheleaXf et yersèrent tant de larmes qu'elles en perdirent Ik yue, pour l'amour du barde qui mourut à Jedwood. Il mourut ; ses élèves l'ont suivi Vnh après l'aiitti^ dahd là toÊabd silencieuse ; moi seul y hélas 1 je leur survis, poar me rappeler mes anciens rivaux, pour regretter de ne plus entendre leurs chants que je n'écoutais qu'avec envie; l'envie qu'ûs m'inspiraient s'est éteinte ayec eux.
Le vieux ménestrel fit une pause , et les dames l'applaudirent de nouveau* Leurs éloges étaient ea partie sincènn, et en partie dictés par la compassion. La dnohesse s^étenna que ses diants pussent si bieil retracer des faits si anciens et des combats dont le souvenir n'existait plus» Gomment pouvait'il célébrer des forais que la hache ayait renversées, des tours dont les ruines servaient de retraite aux animaux sauvages > des mœurs si. étranges i des ChdFs qui sommeillaient sous la pierre funéraire depids tant âe siècles , quand déjà la renommée avait effaté leurs noms dés murs de son temple , et couronné la tête d'un nouveau bvofi de ces lauriers acquis au prix de leur sang? N'était-il pas surprenant que les vers de ce vieillard eussent lé pouYOir te les évo^ttet de la huit des tombeaux ?
Le ménestrel sourit dé plaisif, car jamais k flatterie h'est perdue (lonr l'oreille du poète« Raee pldne de sli&pUeité 1 Poilr jt'écotttpense dé tous leurs trayaux, ils ifte demandent que le vain tribut d'tin sourire ) c'est un souffle puissant qui rttnilnl! leur ardeur quand r&ge vient l'éteindre* Leur ima^atioii se réveille à la iroix de la louange i et t'effdree d^etttrétëiiiir èà flaiiiine mouranteé
Le vieillard sourit donë 4*101 ak satiëftâti et timUfii^ft lies chahts en ces termes^
rtN nu ghAnt quatrième.
Non y ils ne se trompent pas ceux qui disent que qaand le poète cesse d'exister, la nature mnette porte le deoil de son interprète et célèbre ses funérailles ; le rocher qui perce la nue, la caverne solitaire, gémissent sur Fabsencedu bard^; les montagnes pleurent en ruisseaux de cristal ; les fleurs répandent les larmes d'une rosée embaumée, les yents soupirent à travers les bosquets qu'il a chéris ; les chênes y répondent par de sourds gémissemens , et les fleuves apprennent à leurs ondes à murmurer un chant funèbre autour de sa tombe.
Ce n'est pas que ces êtres inanimés puissent réellement gémir sur l'urne d^un mortel ; mais les ondes , les bois, les vents , ont nne voix qui s^unit aux regrets plaintifs de ceux qui n'échappaient à l'oubli que par les chants fidèles du poète , et dont la mémoire va s'évanouir une seconde fois avec son dernier soupir. L'ombre pâle de la jeune fille qui déplore l'oubli ou va être enseveli l'amour, le véritable amour, fait tomber les larmes de la rose et de l'aubépine sur le cercueil du ménestrel. Le fant&me du chevalier qui voit sa gloire s'éclipser sur la plaine qu'il a couverte de morts, monte sur le vent des ouragans, et fait retentir de ses cris le champ de bataille. Du Haut des nuages qui lui servent de trône, le Chef dont l'antique couronne féodale brilla long*temps dans les vers du poète, voit , dans les domaines qui lui appartenaient autrefois, ses cendres reposer sans distinction; son rang, son pouvoir, sa mémoire même se perdent dans l'obscurité des âges ; ses gémissemens remplissent les cavernes solitaires, et dans sa douleur ses larmes grossissent le cours des ruisseaux : tous regrettent que la harpe
brisée da ménestrel ne chante plni leurs louanges , ne fiisse plus entendre lear nom.
ni. \
A peine arait-on arrêté les soldats prêts à donner Fassaiit; it peine était*on jconyenn des conditions de la trêve , qu'on aperçut du hant des tours de Branksome une troupe nombreuse de guerriers qui s'avançaient pour secourir le château. D'épais nuages de poussière s'élevaient dans le lointain ; on entendait le bruit sourd de la marche des chevaux; un rayon de soleil Sadsait briller de temps en temps les lances qui s'élevaient au-dessus des rangs ; et les bannières féodales déployées désignaient les Chefs qui arrivaient au secours de Branksome.
Je n'ai pas besoin de nommer chacun des braves clans qui venaient du centre des frontières. Le Cœur sanglant brillait à Pavantgarde et annonçait Douglas , nom redouté. Je n'ai pas besoin de dire quels nobles coursiers hennirent , quand les sept lances de Wedderbnme ^ rangèrent leurs soldats en ordre de bataille , et que Swinton ^ tint en main cette arme redoutable qui ayait autrefois humilié la tête superbe de Clarence Plantagenet. Et à quoi bon parler de cent autres braves chevaliers venant de Lammermoor, du riche Merse ^ et des belles rives de la Tweed , sous les bannières réunies d'Hepbum et du vieux Dnmbar? on voyait étinceler leurs armes , tandis qu'ik descendaient la montagne, en criant : — Home! Home!
La noble dame de Branksome, remplie de courtoisie, fit partir de la tour des chevaliers et des écuyers , pour remercier ces vaillans Qiefs du secours prompt et puissant qu'ils lui apportaient; pour
!• Le chef de cette race de héros, à l'époque oÀ est placée la scÂne de ce poëine, était ArcUbald Donghs, septième comte d'àngas , homme pleia de courage et d'activité. Le Cœur sanglant était entré dans les armoiries de la maison de Douglas dans le tenaps de lord James, que Robert Bruce chargea de porter son cœur en Palestine.
Sir David Horae de Wcddecbune , qui perdit la vie dans la funeste bataille de Flod4en, laissa sept ^ qu'on appela les sept lances de Wedderbune.
Let comtes d'Home, comme descendans des Dumbars, anciens comtes de March , portaient un lion rampant d'argent dans leurs armes. Le cri de guerre de cette famille puissante était.: — Home 1 Home I
Les Hepbnrns, famille célèbre du Lothian oriental, étaient ordinairement fidèles alliés des Homes. I^trop fameux comte de Bptbwell fut le dernier rcrjeton de cette famille.
i' k la bataille de Beaugé , Thomas , duc de Clarence , frère de Henrj V, fut renTersé de cheral par tir John Swinton de Swinton , qui portait autour de son casque une petite couronne de pierres précieuses. La famille de Swinton est une des plus anciennes d'Bcosse*, elle a produit plusieurs gaerri«rs célèbres *.