L'ABSENCE DE WILLIAMS
J'ai été privée de tout bonheur le jour que ta m'as quittée pour monter snr nn yaste navire , et parcourir l'immensité des mers ! Oh I iq^dit soit ton vaisseau I j'errai snr le rivage ; et je le maudis parcèi|l'il me s^arait de mon Williams.
Ta as suivi ta fortune au loin*-sur les vagues , tu as souvent combattu les flottes de la France et de l'Espagne. Le baiser du retour vaut trente baisers d'adieu ; j'ai retrouvé mon Williams.
Quand le ciel était sombre et que les vents gémissaient , je m'asseyais sur le rivage, les larmes aux yeux ; je pensais au navire sur lequel était mon ^Williams , et je désirais que la tempête soufflât tout entière sur moi.
Maintenant que ton noble vaisseau est au mouillage, et que Williams absent est en sûreté parmi nous, je trouverais des sons harmonieux dans le mugissement des vents qui poursuivraient les flots écumeux sur les grèves d'Inchkeith.
Quand les tonnerres étincelaient, que les canons tonnaient et que tons les cœurs se réjouissaient d'une grande victoire, je pleurais en secret sur les dangers des combats, et ta gloire suffisait à peine pour me consoler. v
Mais tu vas maint^ant entretenir mon impatiente curiosité de l'histoire de tes aventures et de tes nobles cicatrices. Ah 1 croismoi, je pourrai sourire, quoiqu'une larme vieime mouiller mes yeux ; car les récits de la guerre sont doux après le danger.
Oh I que d'incertitudes quand la distance sépare les amans , quand leiirs yeux ne peuvent plus être les interprètes Ap leurs cœurs I Que de fois les plus tendres deviennent volages I... Tamour des plus fidèles a son flux et reflux comme la mer.
Parfois, — ponvais-je m'to empêcher? — je soupirais en me demandant si Pamour changeait d'accens comme l'oiseau sur les
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arbres tonffiis. Maintenant je ne yeux pas sayoir si tes yeux ont {té yolages 9 il me suffit que ton cœur loyal m'ait été fidèle.
Sois le bienyenn de tes courses sur les flots , toi qui yiens de brayer les fatigues et les périls pour l'honneur, toi qui yiens de fournir des récits aux annales de la gloire; sois le bienyenu, mon guerrier, dans les bras de Jenny.
C'est assez humilier la Hollande et l'Espagne pour Tamonr de la gloire ; tu ne me feras plus pleurer, tu ne me quitteras plas ; je ne yeox plus me séparer de mon Williams ^
I. Cette ballade' a dans l'original un charme de timpUcité ^e la proie da traducteur ne peut re* produire que bien imparfaitemeiit.