‹ Œuvres de Walter Scott (volume 4)Chapitre 19 sur 134 · HYMNE POUR LES MORTS · texte numérisé non relu

HYMNE POUR LES MORTS

Jour de terreur, jour de vengeance, où le ciel et la terre passe» ronti Quel sera alors Tappui du pécheur? Comment soutiendrat-il ce jour formidable? Le ciel enflanmié se repliera comme le

parchemin exposé à l'action dn fen ; on entendra le son broyant de la redontable trompette qui doit éveiller les morts.

Oh 1 dans ce jonr, dans ce jonr terrible, où l'homme sortira de la nnitdn tombeau pour snbir son jugement, Dieu de miséricorde, sois l'appui dn pécheur tremblant, tandis qoe le del et la terre passeront I

La harpe est muette, et le ménestrel est parti... Hais est-U parti seal? sa vieillesse va-t-etle continuer dans l'indigence son pèlerinage solitaire ? — Non. • — Près de la tour orgueilleuse de Newark s'élève une demeure pour l'ancien barde: ce n'est qu'une humble chaumière ; mais on y voit un petit jardin entouré de haies, et un foyer consolatenr qui répand le jour et la gaieté. Là le voyageur, assis au coin da fen , écoutait, pendant l'hiver, tes ré* cits des anciens temps : car le vieillard oavraît sa porte avec plaisir, et ne refusait à personne les secours iju'il avait demandés Inimème . Mais, quand l'été ornait de sa parure le sommet de Bowbill, qnand l'haleine embaumée de juillet balançait les flenn de la vallée de Newark, quand les grives chantaient dans les taillis d'Hare- Head, quedes épis verts tapissaient Carterhaugh, etque lé chêne de Blackandro offrait on abri sons ses vastes rameaux, alors l'ame dn barde s'enibrasait d'un noDveanléu; alors il chantait les hauts faits d'armes et les exploit» des chevaliers. En l'écoutant, le voyageur oubliait le jour qui s'enfuyait, le jeune chassenr ne songeait plus à poursuivre le daim timide, et l'Yarrow, en roulant ses ondes, répétait les chants du dernier ménestrel.

CHANT PRESIIER.

NOTK a. — Paragraphe i.

Sous le règne de Jacques î" , roi d'Ecosse , sir William Scott de Buccleucb , chef du clan qui portait ce nom , fit un échange avec sir Thomas Inglis de Manor , du domaine de Mudiestone, dans le comté de Lanark,pour moitié de la baronnie de Braoksome ou Branxholm , située sur les bords du Teviot , à environ trois milles an-deasus d^Hawick. Il s*y détermina probablement pafi:e que Branksome touchait aux domaines étendus qu'il possédait près de la forêt d'Ettrick et dans la vallée de Mot. La tradition attribue cet échange à une conversation entre Scott et Inglis , dans laquelle ce dernier « homme yà ce quMl parait, d'un caractère doux et pacifique, se plaignit des incursions que faisj|ient syr ses possessions les babitans dea frontières d'Angleterre. Sir William Scott lui offrit sur-le-chump la terre de Murdiettone en échange du domaine qui était sujet à de tels inconvéniens. Lorsque l'affaire fut conclue , il remarqua que les bestiaux du Cumberlasid valaient biea ceux de la vallée de Teviot , et il commença contre les Anglais un système de représailles que ses successeurs ne manquèrent pas de suivre. Sous le règne suivant ,. Jacques II accorda à sir Walter Scott de Branksomfe et à sir David son fils , Tautre moitié de la baronnie de Branksome , sans autre redevance qu'une rose roflge.

Branksome devint alors le siège principal de la famille de Buccleucb. La seule partie de Tancien édifice qui existe aujourd'hui est une tour carrée dont les mura sont d'une épaisseur prodigieuse.

Note h. — Paragraphe m.

La splendeur féodale et leur position sur la frontière obligeaient les anciens barons de Buccleucb d*entre(eniry dans leur château dé Branksome, un certain

nombre de gentlemen de leur propre Dom , auxquels ili cédaient des terres pour prix de leur service militaire.

NoTK e. — Paragraphe tix.

Le chAteau de Branksome était sans cesse exposé aux attaques des Anglais, tant à 'Cause de son voisinage des frontières , que par suite du caractère turbulent de ses jnaitres , qui vivaient rarement en paix avec leurs voisins.

NoTB i. ^^ Partgrtfhe wz.

Sir Walter Scott de Buccleuch succéda à son aïeul sir David en 1 592 ; sa mort fut occasîonée par la querelle qui s'éleva entre les Scotts et les Kerrs ou Cars. H est nécessaire d'enU'er dans quelques détails à ce sujiet, pour que le lecteur puisse compre«dre plusiiBurB albubns q«i se trvuvmt dana le poisMe.

En x5a6, le comte d'Angus et les Douglas étaient maîtres absok» dir pajw, tk personne n'osait leur résister. Le roi Jacques Y, alors mineur, en fut mécontent, «t aurait voulu secouer leur joug. Il écrivit de sa propre main une lettre confidentielle au lord Buccleuch, le priant de venir le joindre à Melross ou Mélrose, et de

le délivrer des Douglas.

Un serviteur fidèle du prince fut chargé de porter cette lettre au lord de Buccleuch , qui ne perdit pas un instant pour obéir aux ordres 4u roi. Il assembla ses .Tassaux et ses alliés , et marcha vers Melrose. Les Douglas , qui éiaient maîtres de aa personne, virent avancer cette armée , et , lui supposant des intentions hostiles , s^avancèrent à sa rencontre. Buccleuch leur livra bataille , et fut repoussé avec aoe grande perte.

Cette journée fut l'origine de la haine mortelle et hérédilaise qui divisa longtemps les familles de Scott et de Kerr. Parmi les actes de violence auxquels elle donna lieu, on peut citer comme le plus signalé le meurtre de air Walter, qui fut assassiné par les Kerrs en x55a , dans les rues d'Edimbourg. C'est à cet événement qu'il est foit allusion dans la strophe vu , et la scène du poëm&esjl supposée «^ouvrir peu de temps après que ce crime eut été commis.

Hm» €\. —^Paragraphe xf.

Les Béthunes sont d'origine française , et tirent leur nom d'une petite ville 'd'Artois. Il y avait dans la province voisine , la Picardie ,> plusieurs familles distinguées qui portaient ce nom. Le célèbre duc de Sully en descendait , et ce nom était compté parmi les plus nobles de la France. La famille de Béthune ou BeatowQi et Beaton, dans le comté de Fife , produisit trois prélats savans et illustres, le cardinal Beaton, et deux archevêques de Glascow, qui occupèrent le siège successivement. De cette famille était desceudue Jeanne Beaton , épouse de sir Walter Scott de Branksome, lord Buccleuch.'C'ètait une femme pleine de courage , et elle en donna des preuves en se mettant à. la tète du clan de son fits après le meurtre de son mari* Elle possédait à un tel degré les talens qui étaient hérédilji^es dans sa famill6> «que les esprits superstitieux lui attribuaient des connaissances surnaturelles.

Note /L — Paragraphe xix.

Le peuple en Ecosse croit a l'eixisteoce d'une classe intermédiaire d'esprits qvi résident dans le& airs ou dans les eaux. Il attribue à leur puissance les inondations»

DU GBAirX PRniIER. 91

llifmn^an»^ «ft Ions lai pbéiiMMiiM qu'il jw fÊn^Mjfliqo»» U uipiMM« 91% m otot dtt atfaiffcs des. honmw, smitmiI poair leur miIm, nntt^nrimw pour kw

■ T^Bdi» <iMe d<ft ^wiôara twwaiMaient an Airfalîflf d> l^liie.d*01A-Decr dawi to «Mile d*A|MrdiBca, ils lureot «orprîr ée trooTcr de» obiUfileséuruittKift qui s'op»ivoiient à km Uayaux.. Enfin il$ entendimit la voix d« rEipdt du ileoTe» qui oRdonoait deeÉMAStniireirédifice dans un autre endroit nemoié XapliUery; et on lui obéit *

h nn^orte ce conte populaire , pai:cvqu'au pronicr coup d*oeil» rkiroduetion de f&priidca eaaix et de VEsprit des montagnes pourrait paraltne pei^d^aeeord avec le tittfnéral dn poème et «vea lea mpecstitiens du pays où lasoèoB est placée .

NoTK ff; — Paragraphe xix,

lei hahteiBs deecaotoos Irontièn» siûvaiettl lapreCeaiion de mamudemiy et. loi imdves du daun de Bnedench s'y ditfin({iMient suttouA.

If OTB h. — paragraphe xx.

lestcffe» de ife/0MiiVitf sont jeittlei àeeUaade Jteed^uc^ dans le iarèl â^Ettwiek. BKeB élaisnt depuis un temps imméoierial possédées pw la lamittB BuceUuck aom le litre puissaBt ttoecuptOion , quoique aucune charte n*eét été obtenue dé le eo«« n>!me> jusqu'en i^hS. Aiani que d'autres possessioos, les terres de Detoraiae fonnt dans Toccasion concédées par eux à des vassaux ou à des alliés pour le service des frontières. Satchells mentionne parmi les viogt-quatre pensionnaires de la famille Guillaume Scott, communément appelé La bai.a.frb hoirs, qui avait les terres ksies de Beloreine peur son service. Et de plus , ce GuiUanme de DeWaise était vn Mrede FeneieBiie maûon de Haining, laquelle descendait elle-même de Feadeneenaisen de Hiisseaideaifc

liC^ (erres de Deloraine dumient maintenant lé taire de eomte eux dsaeendanf ^ Benrt} le seeood fik survivant de la duchesse de Buodeuch et de Monaesulh* I*ai ^éde donnera Gnillanme de Deloraine les attnbuls qui caraelériaaient les bn-» l^laBS dis fruitières de soi» temps „ et pour lesquels je puis seulement sites l'apex logie de Froissart : que « Il convient , (bus me famille, que quelques-uns soieiil fougueux et emportés, pour maintenir et soutenir les paisibles. » Gomme un contraste à mon homme des frontières , je me permets de transcrire du même auteur ItdisosQfsd'AmérygsMIflafQel, capitaine d*evenlurters» un voleur et jm pillard ^ le pays d*Anv»gna , qui avait clé engagé a quilier aen «leiet genre de vie et amener une vie militnire plus honorable sous les banmètes du eomte d'Armagnae»^ Mais « si étoit tout triste et pensif, quand il regardait en sm comme il se déduif 'ûit»car se»teéscMr il ne voulait point diminuer tft si aveitfsppris à voir tous les joaissonveaux piUages et nounreUes roberies, dont il avoit aux parties fait la plqs grand' partie du butin, et il véoit à présent que ce profit lui étoit dos. Si disoit et imaginoit ainsi en soi , que trop tôt il s'étoit repenti de faire bien , et que de piller etroberen lemanièreqpie devant il faisoit et avoit fait» tout eonsîdéré c'étoit bonne ^e. A la fois il s'mi devisoit aux eompagnons qui lui avoient aidé à mener cettft i>sa , et disait ; « U n^'est temps ^ ébaûsment ni gioire en ne monde que de gens d'anses de guerroyer par. la manière qua nous avons fiûti Gomment .étion»daon&

réjouis, quand nous chevauchions à l'ayenture et nous pouvions trouTCr sur les champs un riche abbé, un riche prieur, marchand, ou une route- de mulles de Montpellier , de Narbonne , de Limoux. de Fougans, de Béziers, de Toulouse et de Carcassonne, chargés d^ draps de Bruxelles ou du Moùlier-Yilliers , ou de pelle* terie venant de Bruges, ou de draps de soie de Damas ou d'Alexandrie? Tout étoit nôtre ou rançonné à notre volonté. Tous les jours nous avions nouvel argent; lies vilains d'Auvergne et de Limousin nous pourvéolent et nous amenoient , en notre chAlel , les blés, la farine , le pain tout cuit, Tavoine pour les chevaux et la litière, les bons vins, les boeufii, les brebis et les moutons tout gras , la psulaille et la volaille. Nous étions gouvernés et étoffés comme rois , et cpiand nous chevauchions , tout le pays trembioit devant nous. Tout étoit nôtre allant et retournant. Gomment prîmes-nous Carlac , moi et le bourg de Gompans ? et Calnset , moi et Perrot le Bearnois ? comment échelàmes-nous , vous et moi , nnâ autre aide, le fort châtel de Merqud, qui est au comte Dauphin ? Je ne le tins que cinq jours et si en reçus sur une table cinq mille francs. Et encore quittai-je mille pour l'amour des eafans du comte Dauphin. Par ma foi, cette vie éloit bonne et beUe, et me tiens pour trop déçu de ce que j!ai rendu ni vendu Aloïse , car il faisoit à tenir contre tout le mondé; et si étoit , au jour que je le rendis, pourvu pour vivre et tenir, sans, être rafraîchi d'autres pourvéances^septans. Jeme tiens de ce comte d'Armagnac tropvainement déçu. Olim Barbe et Perrot le Beamois le me diaoienf bien que je m'en repentirois. Certes de ce que j'ai fait je m'en repens trop grandement. » (F&oissAJLD, vol. 12 , p. 189.)

NoTB î. — Paragraphe XXI.

Les rois et les héros d'Ecosse , de môme que les maraudeurs , étaient quelquefois obligés d'éviter la poursuite de chiens dressés a cette chasse. Barbour rapporte que- Robert Bruce fut plusieurs fois suivi à la piste par des chiens. Il leuréchapjpa un jour en se jetant dans une rivière , d'où il sortit en montant sur un arbre par le moyen d'une branche qui pendait sur l'eau. Ne laissant ainsi sur la terre aucune trace de ses pieds, il mit en défaut les chiens qui le poursuivaient. On^ prétendait • qa'un moyen de les dépister était de répandre do sang dans l'endroit par où ils devaient passer; et il en coûta la vie à plus d'un prisonnier.

Note k, — Paragraphe xxvu.

Une petite plate-forme située sur le haut d'un rocher d'où l'on découvre une vue charmante, se nomme encore le lit de Barnhill, C'était, dit-'on, un brigand ou un proscrit. On y voit les restes d'une tour fortifiée qu'on suppose qu'il a habitée. Dans le nombre des édifices détruits par le comte d'Harford en x545, on compte les tours de Bamhill et de Minlo. Sir Gilbert Minto , père du lord Minto actuel , est auteur d'une jolie pastorale à laquelle il a été fait allusion dans la strophe xx vit.

Note /. — Paragraphe xxviu.

La famille de Riddell a possédé long-temps la baronnie de^Riddéll ou Rcydale , dont une partie porte encore ce derdier nom. La tradition qui fait remonter leur origine à une époque très reculée , est en quelque sorte sanctionnée par la découverte de deux cercueils en pierre , avec les dates lisibles encore de 737 et de 936.

ou CHANT SECOND. 93

Ce dernier contient les os d'an homine d*ime taille gigantesqQe. On les tronva dans les fondemens de ce qui fut jadis la chapelle de Riddéll '.

CHANT SEœND.

NoTs m. ^ Paragraphe txu.

— Sur ma foi ! disait le duc de Lancastre à un écuyer portugais, de tous Its faits 4'armes des Castillans et des gens de votre pays , la manière dont ils lancent leurs dards est ce qui me plaît le plus. On imitait cette manière de combattre avec des dards , dans le jen militaire nomQé juego de las eanas , que les Espagnols empruntèrent des Maures.

NoTB R. — Paragraphe x.

William Douglas , dieralier distingué de lâddesdale , vifiit sous le règne de David n. Il s'était tellement distingué par sa valeur , qu'on Pappefait la fleur de la chevaWie.Mais il ternit sa réputation par le meurbe cruel de sir Alexandre Ramsay de Dalhoasie, qui avait été son ami et son frère d'armes.

NoTB o. — Paragraphe xui.

Sir Michel Scott de Balwearie vivait dans le treizième siècle. Il fut un des amhassadeurs envoyés en Ecosse à la mort d'Alexandre III. Par un anachronisme poétique, on le fût vivre ici dans un siècle plus rapproché de nous. C'était un homme fort savant, et qui avait acquis sa science en grande partie dans les pays étnogen.Il écrivit un commentaire sur Aristote, qui fut imptimé à Venise en 1496. Il laissa aussi plusieurs traités' de physique, qui font voir qu'il s'occupait beaucoup des études abstraites , de l'astrologie judiciaire, de ralcbimie, de la physiognomonie élde la chiromancie; ce qui le fit passer pour un magicien parmi ses concitoyens. Bempster dit qu'il se souvient d'avoir entendu dire , pendant sa jeunesse , que les livres magiques de Michd Scott existaient encore ; mais qu'on ne pouvait les lire sans danger, à cause des esprits malins qui y étaient évoqués. Lesly en parle coinme d'nn homme smguiariphilofophîeB'f astronomœ , ac mediànœ laude p/wstans ; et qui dicebatur peritUsimos magiœ recessus indagasse^ Le Dante en parle aussi comme d'un magicien renommé:

Sotif tiUrù du n«' /iamehi i eoti pof 7eAc/« Seoto fit , eU vtramêmte Jl^tUt mûffèkêfroé» êeppt il gioteo,

Dmoa commedia , canto xx,

Un personnage dont parlent les biographes, les historiens et les poètes, ne perd rien de sa renommée dans la tradition. Aussi la mémoire de sir Michel Scott vit-elle dans bien des légendes. Dans le sud de l'Éeosse, tout ouvrage qui a exigé de grands travaux, et qui remonte i une antiquité reculée , est attribué au pouvoir du vieux

Il Depais qoe cette note a été Jcrite l'aocienne famille de Aiddelt a cessé d'exister.

t4 ASPENMCSEB

Stiâhei, de sir WilKftii 'Vf^lkee ou du dnble. Oa ^rie sur te Iseti ée Aa sépnltttfe; les uns le placent à Holme-Colirame, dam le Gtttnberlaiid ; lés autres tkois l^bbaye de Melrose; mais on conTietit généralement que ses livres magiques forent enterrés dans son tombeau , ou consanrés dans le couvent où il mourut.

NoTB p, — Paragraphe xiii.

La superstition qui régnait an Espagaa, et les restes des sciences que les Arabes y avaient introduites , faisaient regarder ce pays comme le séjour favori des magiciens.

Note q, — ^ Paragraphe xai,

Tantam ne rem tant negiîgenîBr! dit Tyrwhitt de son préetirseurSpeight , qoi, dans son commentaire sur Chaucer, avait omis , comme triviale et fabuleuse , l'histoire dé Wade et de sa barque , an grand préjudice de la pMtéritéy À qui il se reste aujourd'hui aucun souvenir ni de la barque ni du héros. Pour qoe les antiquaires futurs ne me fassent pas le même reprochai j'ai transcrit quelques traditions sur Michel Scott.

U avait été chargé , dit-on , d'une ambassade en France, pour obtenir du roi satisfaction pour les actes de piraterie commis par certains de ses sujets contre des Écossais. Au lieu de préparer un splendide équipage et une suite brillante , Tambusadeur s'enferma dans son cabinet, ouvrit son livre, évoqua uni démon sous la forme d'un cheval noir , et lui ordonna' de le transportera Paris à travers les airs. Gomme i^ Izavenaienl la mer , le diable lui demanda iasidiausementce q«ie murnuicaieat les vieilles femmes d'Ecosse en se mettant au UlP Uu sor<ûer moins expérimenté aurait répondu que t'était le Puter no^er, ce 'qui jurait donpé au cheval infernal le droit de précipiter son c&valier dans la Minute ; mais Michel lui ré^ pondit d'Un ton ferme : — Que t'importe ? fus ton devoir. — En arrivant à Paris, il attacha son cheval à la porte du palais, y entra, lat s'acquitta hardiment de son message. Un ambassadeur qui arrivait avec si peu de poo^pe , et qui était si étranger aux formes diploukaliques, ne fut pas reçu avec beaucoup de respect, e^ le roi allait répondre à sa demande par un refus méprisant, quand Michel le pria de suspendre sa décision jusqu'à ce que son cheval eût frappé du. pied trois fois. Le premier coup ébranla les clocbeBS de la ville > et fit sonner toutes les cloches; le second renversa trois tours, du palais», et le coursier formidable levait le pied pour la troisième fois , quand le roi se hâta d'accorder, à Michel, tontes .ses deniandes., et de le congédier.

Une autre fois , tandis qu'il demeurait à la tour d'Oakwood , à environ trois milles de Selkirk, il entendit parler d'une surdèré célèbre , qu'on nommait la sorcière de Falsehope ^ , et qui demeurait à peu de dÉstance. U se rendit chez elle un matin pour mettre sa science à l'épreuve; mais il fut trompé dans son attente, car elle nia positivement qu'elle eût la moindre connaissaujce en magie. Tandis qu'il causait avec elle , il laissa par inattention sa baguette sur la table; la sorcière s'en saisit, et y fen frappant tout à coup , le métamorphosa en lièvre. Michel, sous cette nouvelle forme, s'enfuit de la maison ; mais son propre domestique lâcha contre loi un lévrier, et le pauvre magicien fut obligé de se réfugier dans un égoUt poar aroir

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