LE MOINE
FRAGMENT
Si jjfrpablte^ette-imUftde sans It terminer, je dois dire que n^on Imt n^ pats étéde lot donner cette sorte d'intérêt qui naît souTçnt i^une curiosité désappointée. J'îeiYoïierai qoe mon intention était de ponrsoiTre le récit jusqu'à [la fin; mais je n'ai jamais pu être eom^it de mon traTail, et si je joins ce fragment à mes oeuyi^ poétiques , c'est par déférence à l'alris de quelques personnes 46nt Fopinion mérite des égards ^ et qui se sont opi>osées k mon projet de supprimer entièrement.mon moine de Saint-Benoît.
La tradition qui m'en a fourni l'idée est connue dans le comté de Midd-LothiaUy où se trouTC la maison appelée aujourd'hui Gilmerton-GrangÇy et à qui jadis on aVait donné le nom de Bumdale» d'après Tayenture tragique que je vais rapporter.
La baronnie de Gilmerton appartenait autrefois à un seigneur nomme Héron qui avait une fille de la plus grande beauté. Cette jeune personne fut séduite par l'abbé de Newbattle, couvent richement doté sur les rives de l'Esk , et qu'habite aujourd'hui le marquis de Lothian. Héron fut informé des amours de sa fille, et sut aussi que le moine avait été favorisé dans ses criminelles intentions par sa nourrice, qui demeurait dans cette maison de Gilmerton-Grange. Il conçut le projet d'une terrible vengeance sans être arrêté ni par le saint caractère dont le préjugé revêtait les ecdé- Âastiques , ni par les droits plus sacrés de la nature,
Il choisit une nnit sombre et oragease, pendant laquelle les amans s'étaient donné rendez* vous ; il fit entasser autonr de la maison des broussailles desséchées, ayec d'antres combustibles, et y mit le fen. La maison et ceux qu'elle renfermait ne formèrent bientôt plus qu'un amas de cendres.
Le dâ>ut de ma ballade m'a été suggéré par ce curieux extrait de la yie d'Alexandre Peden ^ Tiin de ces apôtres errans et persécutés de la secte des caméroniens sous le règne de Charles U et de son successeur Jacques. Cet Alexandre Peden passait* dans l'esprit de ses prosélytes pour être doué d'une puissance surnaturelle : peut-être se l'était*il persuadé à lui-même ; car les lieux sauvages que ces malheureux fréquentaient, et les dangers continuels qu'ils couraient dans leur état de proscription , ajoutaient encore à la sombre superstition de ce siècle d'ignorance.
a A peu près dans ce même temps Alexandre Peden, dit son biographe, fut dans la maison d'André Normand, où il devait prê* cher pendant la nuit. Après [être entré, il s'arrêta un moment et s'appuya sur le dos d'un fauteuil en se couvrant la tête. Soudain il serdève, et dit: Uy aquelqu'nn dans cette maison pour qui je n'ai aucune parole de salut. Après quelques momens de silence il ajouta : Il est étrange quelle démon refuse de sortir pour nous empêcher de commencer la bonne œuvre.
Alors une femme sortit ; c'était une vieille qui avait toujours été vue de mauvais œil, et qui passait même pour sorcière. {La vie et les prophéties ^Alexandre Peden y ex^ministre da saint Evangile à Ifew'Glenàice, patrie II, § 26, )