‹ Œuvres de Walter Scott (volume 4)Chapitre 32 sur 134 · AVANT- PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT- PROPOS

Le poëme suivant est une imitation da Wilde-Jeïger du poète ^lemand Bûrger. La tradition sur laquelle il est fondé nous apprend que jadis un wildgrave ou gardien des forêts royales, nommé Falkenbourgy était si adonné au plaisir de la chasse, et surtout si Rissola et si cruel , qu'il ne se livrait à ce profane amusement que le dimanche on les autres jours consacrés à des devoirs religieux » et qu'il se permettait l'oppression la plus inouïe sur les paysans ses vassaux. Quand ce second Nembrod mourut , le peuple adopta une ^ifperstition qu'ont fait naître probablement les divers bruits entendus au fond d'une forêt de la Germanie pendant le silence de la nuit. On croit reconnaître les cris de la meute du wildgrave déuiQt, sa voix bien connue, le galop de son cheval et le bruissement des branches que cause la poursuite du gibier par les chiens et les chasseurs; mais les fantômes sont rareméht visibles.

Une fois un chasseur surpris par la nuit entendit le bruit de cette Çûasse, et il ne put s'empêcher de se joindre à la voix du spectre ^aperçu en s'écriant comme lui: Gluck m y Falkenburg! Bonne ^asse, Falkenbourg I — Me souhaites-tu bonne chasse? répondit ^e Yoix rauque ; tu partageras le gibier ; et il tomba à ses pieds une énorme pièce de venaison corrompue. L'audacieux chasseur perdit bientôt après deux de ses meilleurs chevaux , et ne se rétablit l^unais entièrement de la peur que lui causa cette apparition.

Ce conte, malgré les diverses versions que l'on en a faites, est ïenéralement un article de foi en Allemagne.

^ Français avaient une tradition analogue touchant un chas-

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seur aérien qui hantait la forêt de Fontainebleau. Il était quelquefois visible et apparaissait comme un chasseur hideux entoaré de chiens. On peut trouver quelques détails sur ce fantôme dans les Mémoires de Sulfyf qui dit qu'on l'appelait là grand veneur. Un jour il vint chasser si près du palais ^ que les officiers et Sully Inimémci si je ne me trompe, descendirent dans la cour, croyant que c'était le roi qui revenait de la chasse. Ce fantôme est ailleurs appelé saint Hubert.

Cette superstition semble avoir été répandue partout, et dans le Choix des poëmes descripUJs écossais ^ on trouva une bette description d'une 'chasse analo^e entendue dans les forêts du Ross-Shire.

Un miracle posthume du pèreLesly, capucin écossais, eut lieu sur une colline ou retentissaient les cris d'une meute invisible. Depuis qu'on y eut déposé ses saintes reliques le bruit cessa. Le lecteur trouvera ce miracle, avec d'autres, dans la Vie du pèrèBonavénture, écrite en italien très élégant.

LE FÉROCE CHASSEUR

Le wild^ave sonne de son cor de chasse; à chenal! à cheval I hallali 1 hallali ! Son ardent coursier aspire dans ses larges naseaux l'haleine du matin» ^et ses nombreux yassaax soiYent leur seigneur.

La meute découplée s'élance pleine d'ardeur à travers buissons» fougères et taillis. Les limiers, les cors et les coursiers se répondent ; ils font tressaillir la montagne et réveillent Fécho.

Les rayons du saint jour du Seigneur avaient doré la flèche du doeher rustique ; la voix lente et solennelle de l'airain appelait l'homme pécheur à la prière. .

Mais le wUdgrave galope, toujours en avant ; il répète : — Hallali I hallali I Allons, courage I — lorsque, arrivant de deux côtés opposés, deux cavaliers étrangers viennent joindre la troqpe.

Quels sont ces étrangers qui se placent l'un à sa droite, l'autre à sa gauche? Je le devine, mais je n'oserais le dire. Le coursier da premier était blanc de neige, et celui du second noir comme

l'enfer^

Le cavalier de droite était jeune et beau ; son sourire rappelait le matin du mois de mai* Le cavalier de gauche lançait de son ceil sombre la flamme livide d'un regard nocturne.

vu.

Le.wildgrave agita en Tair sa toque de chasse en s'écriaut : —

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