LE FÉROCE CHASSEUR
Soyez le bienvenu , noble étranger. Qael plaisir sur terre, sar mer, ou dans le ciel, pourrait rivaliser avec la chasse royale? ' vm.
— Gesse de faire^retentir ton cor sonore, s'écria le beaa jeune hommeàla vtiXfSédqftSâiHe; cesso^eelbruil profane pov te joindre an chœur pieux des fidèles.
.Renonce pour aujourd^ui à cette chasse fatale ; la cloche t'appelle au temple. Ecoute aujourtfttui l'esprit qui t'avertit ; demain tu peux éprouver de tardifs regrets.
— En avant , et parcours le Irallon , reprit le noir chasseur à la voix rude. Laisse aux moines leurs matines , leurs cloches, leurs missels et leurs mystères.
Le wiMgrave pousse son ardent coursier de T^peron, et s'éli&nçant , s'écrie : — Quel est celui qui, pour écouter tes semloiis «inuyeux , voudrait abandonner 1^ cor et la meute joyeuse ?
Ya-t'euy si nos jeux MroVques te^Mpfadsent j va^t'en^ chanter et prier avec d'imbéciles dévots. Tft as bien parlé , toi , mMt am au teint basané. Hallali l hallali l et en avant I
xm.
Le wildgrave presse la vifessede son Mger coursier à trav^s les plaines , les landes , les coteaux- et lesivallons ; à sa^dHMle età sa gauche les deux étrangers ne cessent de le suivre.
D'un tailtis fourré s^élance an cerf ^pllis' Mane que là neige des montagnes; le wildgrave fait retentir ^son- cor- plus^édàtaiit que jamais , et répète : — En avant f en avant I hallaU ! hallali I
XV*
Un pauvre imprudent a traversé le sentier; il est ^^lAi expirant sous les piedÀ du coursier ; mats qu'il' vive ou cpfH meure, n'importe: En avant! en avant I La chasse continue.
Yoyez dans Fenceitttede'cetle simple baie un champ ^el'au* tomne enrichit de ses trésors ; voyez prosterné aux pîedëdftwildgrave un laboureur bruni par le travail.
r— Merci 9 merci ! noble seigneur, épargnes la resseuree du
1^ IW0GE/CXA2SBEUR. MS
pumef ft'éorieftiî; éi»rfBei(cA qu'ont Mqm^lflftgintttt de mmot d(mt ce front fat inondé aux henitra JifiAUitfes dd îii^
L'étranger de la Aroîte interoodo aye» inalaMe» FiiMEie excite le wildgrave à poorsaiTre aa. proie. Le- comte fBrieu n'écoute rien , et se précipite ayec ardenr çur les trMe»4«.cevf •
*— Bedre^toiy Taasal miaéraUe^ o» eraîns lea eovpe reigntiiian s Al' fouet I A ces mots, le cor foit entendre nmJmfWÊSm bU' fares; et en ayant 1 en ayant. J hallali i haUalî i
Aussi prompt que sa menace, il franclttt d'an hmà l'immble baieda laboorear ; après lai se préeîpitrat hommes^ dieyaw; et meate, tels qa'on ouragan de décembre.'
Hommes , çh^rauxet mente r ayagent le çbavi^ d« miHwMnwii , tandis qae, triomphante sur les débris de la recolle, la hîdeiuiebmine sourit à cette troupe furieuse.
f^Lancé de u)uyeaa, le cerf timide fiiit à tra:ffBrs les plametf les prairies , les coteaux et les yallons : poursuiyide près» il jeni aqB forces défaillir, et a recours à la ruse>poar s^yer sa yk^
xyiii.
la solitude lui pariât trop dangereuae.; iL«e mpfmdhedMhalâatîons pour y chercher un al»ri, etil osjpfBmeaebfv MtAlei av sdieu d'un troupeau domestique* .
Hais à trayers les plainea, les prairies , 1^ coteawi.» kSiVaBens, les limiers saiyenft sa piste ; et à trayers lesplaines.efe>lea pamies le comte farieux s'acharne sof ^es.trac^^
Leberger se jette à' ses piedi^: -^ Bpargnea» iMiUa hama, lui diuil, épargnez ce troupeau, seule ressource d'asM^ymne^i^Mgnez ces agnisaux, seule richesse d'un orpfialNi^
L'étranger de droite intercède ayec.iiistaace, l'antre eseile le wiUgraye à atteindre sa proie ; le wildgraye §st sourd à la priàne et à la pitié, et, forieus;, il refuse de s'arrêter»
xxyn.
--< Vil yaasal , dit-il^ tea misérables laioeDlatiwa lia sauraient
tu LE FÉROCE CHASSEUR.
troid>ler ma chasse, quand des âmes' semblables à la tieraie habiteraient les corps de ces troupeaux.
xzYin.
U sonne encore du cor : —En ayant! ena^ant! hàllaUI hallalil et dans son impitoyable orgueil il excite les limiers furieux à se •précipiter sur le troupeau.
Les Tictimes ë|[orgées tombent en monceaux, et ayec elles tombe le berger sanglant; les cris des meurtriers épouvantent le cerf, il part, et la peur lui rend sa vigueur et sa vitesse.
Souillé de sang et d'écume, il verse des larmes de détresse, et va chercher dans l'obscurité de la forêt la sainte cellule d'un pauvre ermite.
Hommes, chevaux, le serrent de près, encouragés par le cor. La sainte chapelle retentit des cris : En avant! en avant ! et de haUaU! hallaUI
Douï et timide au milieu de cette troupe profame, le pieux ermite la supplie : — Craignez, dit-il, de souiller de sang la maison de Dieu; révérez son autel; retirez-vous.
La dernière des créatures a des droits à la compassion : si la cruauté ou l'orgueil les dédaigne, la vengeance gronde sur la tête de l'homme inexorable : rendez- vous à mes prières, et retirez-vous.
Un des étrangers intercède encore avec anxiété ; l'autre, par ses cris et ses gestes, dévoue la proie à la mort. Hélas ! le comte n'écoute rien, aucune barrière ne l'arrête.