‹ Œuvres de Walter Scott (volume 4)Chapitre 36 sur 134 · XIX · texte numérisé non relu

XIX

Les prêtres s'efforcent de l'effacer, et y parviennent avec peine ; Tapostat retourne dans l'antre mystérieux ; mais en descendant il croit entendre quelqu'un qui loi parle à l'oreille ; c'était son bon ange qui lui disait adieu.

Ses cheveux se hérissent sur -sa tête, son cœur s'émeut et s'agite ; il recale dnq pas, hésitant de poursuivre sa route ; mais son cœur

était endurci et bientftt le souvenir de la fille du mont * '^

étouffe tous ses remords.

A jpeine a-t-il dépassé le premier arceau de cette voûte souterraine que les vents soufflent des quatre points du ciel; les portes de fer s'ébranlent et gémissent sur leurs gonds ; le redoutable roi du feu arrive sur l'aile de l'ouragan •

La caverne tremble à son approche > k flamme s'élève avec un

noHTdëdbft ; lesezjdosions TolcamqpiM des mmitagi^ la présence du roi du feu.

L'œQ ne peat mesmrer sa taille ni disdngaer sa foime ; le ton* serre est son sonffle, l'orage est sa yoix : ahl sans doute le oœor vaillant dn comte Albert s'émnt en yoyant le roi des flammes en- TÙronné de tontes ses terreurs.

Sa main tenait une large épée brillant d'une lueur bleuâtre à trayers la fumée ; le mont Liban tressaillit en oitendant parler le monarque: — Ayec cette épée, dit-il an comte , tu yaincras jusqa'an jour où tu inyoqueras la Vierge et la croix, i^-

Une main à demi yoilée par un nuage lui remet le fer enchanté qae Finfidèle reçoit en fléchissant les genoux. La foudre gronde dans.le lointain , la flanune pâlit au moment où le fantôme se retire sur l'ouragan.

xxyi. •

Le comte Albert se réunit aux guerriers païens : son cœur est perfide ; mais son bras est tou^puissant . La croix cède , et le croissant triomphe depuis le jour où le comte a embrassé la cause des ennemis du Christ.

xxyii.

Depuislescèdresdu Liban jusqu'aux riyes du Jourdain» les sables de Senaar furent inondés du sang des brayes ; enfin les cheyaliers du Temple et les chevaliers de Saint- Jean vinrent avec le roi de Salem secourir les soldats de la croix.

xxvni.

Les cymbales résonnent , les clairons leur répondent ; les lances sont en arrêt ; les deux armées en viennent aux mains. Le comte Albert renverse chevaux et cavaliers y et perce les rangs des chrétiens pour renc<mtrer le roi Baudouin.

Le bouclier orné d'une croix rouge eût été une vaine défense pour le roi chrétien contre l'épée magique du comte Albert ; mais an page se précipite entre les deux adversaires, et fend le turban da fier renégat.

Le coup fut si violent que le comte fléchit la tête jusque sur le pommeau de sa selle , comme s'il eût rendu hommage au bouclier

da croisé , et il laissa inyolontairement échapper ces mots : Bonne grâce , Notre-Dame * I .

L'épée enchantée a perdu toute sa yertu; elle abandonne la main du comte , et disparaît à jamais ; 7- il en est qui prétendent qu'un éclair la reporta an redoutable monarque du feu.

xxxn.

Le comte grince les dents ; il étend sa main armée du gantelet, et d'un reyers il jette le jeune téméraire sur le sable. Le casque brisé du page laisse yoir en roulant ses yeux bleus et les boucles d'or de sa cheyelure.

Le comte Albert reconnaît ayec horreur ces yeux éteints et ces cheyeux souillés de sang. Mais déjà les Templiers accourent semblables au torrent de Cédron , et le fer de leurs longues lances immole les soldats musulmans.

xxxiy.

Les Sarrasins 9 les Curdes et les Ismaélites reculent deyant ces religieux guerriers ; les yautours se rassasièrent des cadayres de ces infidèles, depuis les sources deBethsaida jusqu'aux collines de Nepthali.

La bataille est terminée sur la plaine de Bethsaida... Quel est ce païen étendu parmi les morts ? quel est ce page immobile à ses pidLs ?. . . C'est le comte Albert et la belle Rosalie.

xxxyi.

La jeune chrétienne fut enseyelie dans l'enceinte sacrée de Salem ; le comte fut abandonné aux yautours et aux chacals. Notre- Dame prit en merci l'ame de Rosalie , celle d'Albert fut portée par l'ouragan au roi des flammes.

xxxyii.

Le ménestrel chantait ainsi sur sa harpe le triomphe de la croix et la défaite du croissant. Les seigneurs et les dames soupirèrent au milieu de leur gaieté, en entendant l'histoire du comte Albert et de la belle Rosalie.

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