X. Ce poème parut pour la première fois en x8o
3. — a Le lai est le meilleor des commentaires possibles sur le Border minstrelsy. » (Critique ugluae, août s8o5.} ^
des poëmes revétas d'ancienne^ formes tant soit pea agrestes et suivis de notes se rapportant au démêlés^ ohseurs de clans barbares ^ dont les noms mêmes sont inconnus à l'histoire du monde civilisé ! c'était , en un mot » un de ces livres qui sont plus loués qu'ils ne sont lus.
Je me trouvais alors dans une position personnelle différente de celle que j'occupais quand je trempai pour la première fois ma malheureuse pinaie dans Tencfe pour d*autres écrits que ceux de ma profession. En 1796, lorsque je publiai les traductions deBiirger, j'étais un individu isolé, n'ayant à pourvoir qtt'à mes propres besoins , et pouvant ne consulter que mes seules inclinations. En 1 805, lorsqu'on imprima la seconde édition des poésies , j'étais parvenu à ce point de la vie où les hommes, même insoucians, rencontrent des devoirs et des circonstances qui imposent aux esprits les moins réfléchis les préviaioiis dA Favenir, J'étais marié depuis quelque temps. «^ J'étaû le père d'une jeune faonittei H tout en étant pleinement capable de salîsfidre aux ex^nees de ma poâlion , je me sentais obligé el j'avais le désir de me plaœr dans une situation où je pusseâtr^ henorablenent pourvu contre les vieia^ sitndes du sort.
On peut aisément pressentir que mea exomrsioaa danskoarrière littéraire n'avaient pas contribué à mes saceès au barreau. L^ déesse Thémis est à Edimbourg, ainsi que partout aiUeura» je suppose» d'un naturel trèajalem; eUene cQBfienKpasvol(mtier&à partager son autorité» et eUeexige que sesdisdplcs remplissent non* seulement les dievoirsréelaavecsoiifteteKaetitnde,mAifiqn'ilsQ«»' scient encore ua certainaîr affairé au milieu de l'oisiveté la plus complète. Pour un j.euAe aveeate'est prudence» sî ce sTest néeessité absolue, de paraître entièrement absorbé par ses fonotioiis^: quel» que inoccupé qvi'il puisse étre^e» réalité, il doit avoir» s'il est poasible» l'apparottce d'être accablé d'affaires» Ainsi» il &ut qu'il semble plongii sans relAcbe dansi ses papiors de légiste» qu'il les tourne et retourne» et» comme O^de le conseille à une beUe Romaine».
« Si nuUuM ttitpulfi*, tamtn exeut* nulbm *. »
Peut*être qu'une teHe exigence d'assiduité est motivée par la considération que parmi le grand nombre d'avocats appelés à la
s. S'il n'y a nulle poussière i brouc toojoon pow enterer ce iim%
AU LÂI DU DEUnOS HÉUtESTIlEL. * V
InrTe, une très fiable partie persiste à soi^ve cette eentirey fintt» d^nconFagement oa de constance. Les désertsnrs sontsi nombraex qaelemoiiidre regard en arrière suffit pour fiûre inscrire on jentie postulant an rang des fagitifi fatnrs. Il est certain qne la Théttiis écossaise se monirait alors très jalonse de la moindre relation en> tMenne aTec les Mnses par cenx qai étaient rangés sons sa baa^ mèrey ceq[tti provenait probaUementidnsentînient delà sapériorilé des charmes de sa riyale. Depoîs peu , cependant, elle s'est rdt* cliée de sa rigidité sur ce pomt en diverses drconstanoesi et Ton pent en citer nnexeniple frappant dans la personne démon ami, K. JMGreyS qoi, après avoir longtemps rédigé nne des fenilles littéraires les pins inànentes de répoipM avec nn taknt ineontestAle, a été, du consentement unanime de ses coirfrères , an doyen de knr faculté, — ce qm est la pins hante mafqne d'estime qofii fât en leur pouvoir de lui offrir. Mais ceci est nn inddeat très étranger ans idées dominantes à une époque antérieure do trente ans, alors qu'un avocat qui se sentait quelque vocation ponr la lit» tératnre légère, la dissimulait avec autant de soin que si ce peu* cbanteùten quelle chose de honteux; et je pourrais citer jdus d'un exemple où la jurisprudence s'est enrichie aux d^iens des^ lettres et delà société.
Ce eaacepoidant n'était pas le mien; et le leotenr ne s'éttmnera pas que mes rapports déchrés avec des déesses d'un naturel moins grave eussent diminué mes occupations de légiste. Les pro^' cnreurs, dont le choix décide du rang qu'occupe nn avocat , n'é-» taient que justes, en considérant d'autres de mes contemporains comme plus propres à remplir leurs devoirs envers leurs cliens qu'un j eune homme qui passait son temps à recueillir des ballades teutoniqœs on nationales. Il en résultait que ma profession et moi nous en étions presque au point où l'honnâte Slender se consolait de s<m union. avec miM*ess Anne Page; ^ « Il n^ arait pas, dèslospraoûers temps, une grande affection entre nous, , et il a plu au ciel de la ^timinner par une ccmnaissance plus approfondie. 9 — Je sentis enfin que le temps était venu où;je devais on me livrer à l'étude jour et nuit, et renoncer à tontes les Dalila' démon imagination, on bien dire adieu à la carrière du barreaa et suivre une autre route.
J'avoue que ma propre inclination se révoltait à la pensée da
X* M. Jeffrey, après aroir rédigé la Rtruê tTEJimàcmrg pendant tnnte-iflpl «•( q[ailta ett en 1829 , loraqnHi fut âa doyen da CDip» des arocats.
8 • DSTRODUCnON
chqpx le plwséyèrey que bien d'autres anraieiit jugé le {dos sage. Comme les fautes avaient été nombreuses, la converâon aurait dû être signaléepar des sacrifices inusités. J'ai déjà dit qu'à l'âge de quatorze à quinze ans ma constitution , d'abord fort délicate, était devenue très robuste. Dès Tenfimce j'avais été soumis à une cruelle ii)Brmité, j'étais boiteux ; mais , suivant ce qui arrive d'ordinaire aux hommes de cœur qui souffrent d'inconvéniens personnels de cette nature, je m'étais, malgré cette fSchense circonstance, distingué depuis l'amélioration de ma santé par la manière dont je rapportais la fatigue soit à pied , soit à cheval , faisant souvent des excursions pédestres de trente milles en un jour, et parcourant cent milles à franc étrier sans prendre de repos. J'entrepris ainsi plusieurs tournées dans diverses parties de l'Ecosse qui n'étaient pas alors très accessibles, recueillant sur la route plus d'amusement et d'instruction que je n'ai pu le faire depuis en voyageant d'une façon plus commode. La chasse, où j'avais quelques succès, ^^t aussi l'objet d'un goût très vif. Il fallait abandonner tous ces plaisirs , ou n'en user qu'avec une grande modération , si je me dé» cidais à reprendre ma place au barreau. Je ne savais même pas si je pourrais, avec une parfaite convenance comme jurisconsulte, conserver le poste que j'occupais alors dans un corpsde cavalerie volontaire ; menacée d'une invasion qui semblait imminente à cette époque, l'Angleterre avait fait un appel à tous ses enfans, et quelques-uns, au nombre desquels j'étais, y avaient répondu en consultant plutôt leur désir que leur aptitude à porter les armes. Mes services néanmoins furent trouvés utiles en contribuant à maintenir la discipline du corps, point sur lequel il encourait le plus la critique militaire ; sous d'autres rapports, l'escadron laissait peu à désirer, composé en général de beaux hommes bien montés et équipés à leurs frais. Ce nouveau devoir, rempli avec assiduité» prenait une grande partie de mon temps., et tandis qu'il occupait ^ des heures , que je range parmi les plus heurieuses de ma vie, il me fournit un motif de plus pour me justifier à moi-même la répugnance que j'éprouvais à reprendre le cours d'études sérieuses, indiq)ensable au succès de la profession d'avocat.
D'un autre côté, mon père, qui aurait pu regretter de me voir renoncer au barreau, n'existait plus depuis deux ou trois ans; nulle objection ne pouvait donc s'opposer à mon propre penchant : et mon revenu suffisant à l'aisance, et même, à quelques égards, au superflu de l'existence , je n'étais pas poussé à un travail fasti-
AU LAI DU DEIOnER IQÉNESTREL. 9
ëeax. par la nécessîtéi la plaa puissante des lois ; je fiis, par conté* (pteatf facilement entraîné à choirir l'occnpation qoe je préférais , ce qoi me deyint d^aotant pins aisé, qu'en 1800 j'ayais obtenu l'emploi de shériif dn Selkîrfcsbire qni rapportait à pen près trois cents livres sterling par an (7^600 fr.), et m'était très agréable à cause dn grand nombre d'amis et de relations que j'avais dans 1» comté. Mais je n^abandonnai pas la carrière à laquelle on m'avait destiné 9 sans de certaines et prudentes résolutions que je consignerai ici au risque d'être accusé de quelque égoïsme, dans l'espoir d'être utile aux jeunes gens qui pourraient se trouver dans une situation analogue à la mienne.
En considérant d'abord la vie et les fortunes diverses des indi* TÎdns qui se sont livrés entièrement à la littérature ou à la tftche de plaire au public, il m'a semblé que les circonstances les plus influentes sur leur bonheur et leur caractère sont précisément celles sur lesquelles se fonde l'épithète de race irriiaUef donnée par Horace «ox auteurs. Il n'est pas nécessaire de s'enfoncer en de profondes réflexions philosophiques pour comprendre que les petites guerres de Pope avec les sots de son siècle, n'ont pa exister sans le soumettre aux torture^ les plus aiguës ; c'est ainsi qu'un homme, tourmenté par des cousins, souffre de pénibles^ angoisses, quoiqu'il puisse en écraser des milliers dans sa main, n serait superflu de rappeler ici tant de circ<»istances humiliantes, où les plus grands génies, après s'être couverts de ridicule durant leor vie, pour venger de pitoyables querelles, se sont dégradé» plos encore aux yeux de la postérité.
En un mot, ne pouvant pas prétendre au mérite des écrivains célèlnes qui sont tombés en de telles fautes, je crus inutile d'imiter leurs erreurs, ou dn moins ce qui me semblait tel ; et, en choisissant la littérature pour la principale occupation de ma vie, je résolus d'éviter, s'il était poisible, ces foiblesses de caractère qui semblent avoir si facilement égaré les plus renommés d'entre mes prédécesseurs.
Dans ce but, je me déterminai d'abord à me distinguer des autres le moins possible, continuant à conserver ma place dans la société , sans céder à la tentation très naturelle de me borner à ce qu'on appelle le monde littéraire. En agissant ainsi, j'imaginai que je pourrais me soustraire au dangereux penchant qui, pour on motif ou l'autre, nous porte à attribuer une importance très exagérée aux lettres , comme si elles éuient l'affaire plutôt que
iff niTRCM[>ncmoN
l'aiiMueiiMiit de la yîe- La manière à^àote opposée ne peat qneae comparer à lacondmte peu jadideiise de celui qui , s'abreuvant de. iKMesoBB agréaUes et douces, finit par ne poayoir fh» sopporter oneamertame salmaire.Anssi je r^olas» à Pexemi^de Gil^Bkui^ de me soutenir par la société de mes commis , au lieu de rechercher celle d'une caste plus lettrée , et de continuer à jouer un rôle dansce. q[ni se passait autour de moi, réservant récrivain pour son cabinet et sa bibliothèque.
Ma secondb réscdntion était une suite de la pronière. Je décidai que , sans fermer mes oreilles à la voix d'une saine critique , je ne ferais nulle attention à celle qui prendrait la forme d'une satire ; je me déterminai donc à m'armer de ce trq>le airain d'Horace, dont ceux de ma professi<m passent pour être rarement dépourvus, contre la grêle de pamphlets, de parodies et de sarcasmes ; de rire û la plaisanterie était bonne, sinon de k laisser passer en silence.
Je suis profondément conyaincn que c'est ài'obseryation de ces rèf^es de conduite que je dois d'avoir évité toute discuMon littéraire durant trente années consacrées à des compositions de genres divers; je leur attribue un résultat plus précieux encore» celui d'avoir été honoré de l'amitié de mes contemporainS'les plus estimés dans tous les partis.
J'adoptai à la même époque une autre résolution suscq>tiUe d'une application moins générale, il est vrai, car l'on peut olqeoter que bonne pour moi qui pouvais agir ainsi , elle dépend de circonf stances qu'on ne peut régler à son gré. Cependant, je parlerai de cette partie de mon plan, persuadé que s'il n'est pas: an. pouvoir de tous de suivre exactement la nràme marche, chacun peut, néanmoins, par ses propres efforts, atteindre d'une façm ou» d'autre lepoint sur lequel elleétait fondée, c!est-à-dire d'assurer. ses moyens de subsistance sans compter exclusivement sur ses talées littéraires. A cet égard, je décidai queia littérature pourvoirait aasuperflu, et non au nécessaire, et que le produit de mes^ travaux^ de cabinet ne deviendrait pas, si je pouvais l'empêcher, le soutien indispensaUe de mes dépenses ordinaires. Je pris donc le partie en supposant que la protection de mes anns pftt in'y fairo parvenir, de m'abriter sous quelques*uns des respectables emplois du barreau , asiles dans lesquels les légistes se réfogient avec joie lorsqu'ils se sentent, ou sont jugés par les autres, incompét^is à. aspirer à de plus éminentes fonctions; un poste semblable donne à un auteur l'espoir de pouvoir s'y retirer sans aucun changement
AIT LAI DU raERNKE HÉIIESTREL. ti
aiftmtde poaitiMi » qaattd fe tnqM-srme oà la piiHie aeifttîgM de. se» éBurt» fmut bà plaira, on lâ«B kMvqse Im^ménie ae laaae da teiir h {dame.. Je paasMaia akra tant d'auûa» cipaUea de H^aidar à aofnérir cet ebjci de mon amUtiim, foe je neriaqoaia gaère d'évfldaer tz!0|^ iMMt met eluaioeadersaccèa; j'oktiiiay en eCFet, eprèa on assez eoort déki^ la aorriTasiee d'nae pkoe qpk narinfainaiif eoBipiètement mes désirs^
ToQftéudtdone aamienaL, et TanteBr ne fat peat^ètrepaa œn* paUa d'une grande isapriidenoe lomqn'il kdasa la carrière dn haccean aTeereapstr de faire qmtqnefigore dans celle daaletlrea. Mais aa nom comme éorivaia-étaît on bien qni loi manqnaîi encore. J'ai dit qne les tvadsetions de Bttrger n'ayaient pas été hei^ reosas, et les poésies origmales qn pararent sons les anspieea de M. Lewis, dans les Contes merveilleux , n'augmentèrent nnllemt&t ma répntiAûm. J^avais, il oat Tnd , des amis dévonés, disp pcaés à seconder mes eHorts pôor obtenir la popHiarîlé; maie l'étais asae» dissstnr penr savoir qne si le lévrier ne coort pas bien^ les tayaut I de ses maîtres ne loi feront pasxamperler la Tîotoîre."
Je n'ignorans-pastioa plnaqnek genre.des.baUades était pasaéde mode, et qae tonte tentaftiye pour le ranimer, et en faire la base d'o&e répiiietio& poéciqne,. serait certainement sans snooèa. La mesure mâme de la'baiiàdeqn'enéoantait jadi»commenne mélodie endiantavsae étaîn dewnne Tulgaire et fatigante, à force d'avoir été répétée anr ohaqne- orgue de barbarie ; en outre ^ un long oup vnage en quatmina» tels que ceux des ballades, ofdiaairea ou de cdies qu'on- nonme élégiaqnes , produit sur l'esprit un efbt ana» logQoàceioida lit dbProcaste'Sur le corps bnmain; cavilestàla< fois A peu gracieux et> si dii&oile d^alonger la phrase d'une stance à l'autre, qu'il. en résulte que- le seaa de chaque période doit se reofènner en jquactre lignes, et. doit aussi remplœ œtespaoa. Gella alternative de dilatation et de contraction, si on peut s'exprimer ainsi, est singtdièrement défiiTorable à une narration; c'est celle qai a empêché « le Gondibert » de sir William d'ATenant , de jouir d'aucune popularité, quoiqu'il renferme plusieurs passages fort remarquables.
An milieu de l'incertitude causée par oette objection, l'auteur eut l'idée d'employer ces petits yers,. dont les ménestrels se sont servis si souyent, qu'on pourrait, par manière de distinction, les appeler la* stance romanfique; elle sanble si naturelle à notre.
12 INTRODUCTION î ;
langue^ que nos meilleurs poètes n-ont pa la prolonger en ce qa'on , nomme yers héroïque, sans ayoir recours à des épithètes qui sont, pour le moins, superflues ^ Mais, d'un antre c6té, l'extrême facilité de cette mesure qui s'adapte si bien à notice langue, et qui fut, sans doute, pour ce motif, si familière à nos anciens ménestrels, dcTient une e^ce de piège pour l'écrivain qui l'adopte aujourd'hui, en lui faisant prendre l'habitude d'une certaine négligence de composition. La* nécessité des pauses force souvent le jeune poète k faire plus d'attention au sens, de même qu'un cerf* volant s'élè/e plus haut lorsque sa queue est munie d'un contré-poids convenable. L'auteur se trouva ainsi intimidé par ce que Bjrron nomme a la malheureuse facilité » du vers de huit syllabes , qui, du reste, convenait le mieux à son projet d'imiter les anciennes poésies.
J'étais également embarrassé pour le choix d'un sujet qu'on pût traiter avec la simplicité et le laisser-aller de nos. vieilles ballades ; mais une circonstance imprévue décida à la fois l'objet et la structure du poëme.
L'aimable et |eune comtesse de Dalkeith, depuis Henriette duchesse de Bnccleuch, était arrivée dans le pays de son mari avec le désir de s'instruire de ses traditions et de ses coutumes, aussi bien que de ses mœurs et de son histoire. Tous ceux qui se rappellent la personne dont je parle conviendront que l'expression céleste de son extrême beauté, l'aménité et la courtoisie de ses manières, la solidité de son esprit et sa bienveillance sans bornes, donnaient plus l'idée d'une apparition angélique que celle d'un être appartenant à ce bas monde, pensée qui ne s'accorde que trop bien avec le court espace qu'il lui fut permis de demeurer parmi nous \ Chacun s'empressa de satisfaire sa curiosité, et bientôt elle entendit une foule d'histoires de Borders ; un vieux propriétaire écossais entre autres ^, qui habitait près Langholm, raconta à Sa
X. On a souTent fait la remarque, qu'an début de la tradoction de VIliadty de Pope, il se troure deux syllabes formant nn mot inutile dans cbaqne vers. Voici ce passade ; les mots en question sont en lettres italiques. La langue anglaise est si répandue en France, qae la plupart des lecteurspourront s'assurer eux-mêmes de la justesse de l'obsenraiion.
Achill wratb to Greece the direful spring , Of woes unnnmber'd heavenfy goddess sing. Tbai^wralb wbich sent to Pliito's tfloomjr reign Tbe sonls of m^Af^ chiefs in battle slaia Whose bones umburied on tbe désert shore Devouring dogs and hwtgrf cultures tore. »
a. La dachesse mourut au mois d'août x8i4.
3« M. Beattie de Mickledale , âgé alors de plus de quatre-vingts ans » distingué |par un esprit fin et piquant. (Voyez l'Introduction de Oitaits-k-Témérûin,)»
Seigneurie FaTentiire de Gilpin Hemer, tradition à laquelle le narratfenr ajoutait une foi entière, ainsi qu'un grand nombre des habitans de la contrée. La jeune comtesse^ aussi enchantée de la légende que du sérieux et de la ferme croyance qui présidait an récit y m'imposa la tâche de composer une ballade sur ce sujet. On conçoit qu'entendre , c'était obéir; et c'est ainsi que Thistoire du Lutin y blâmée par plusieurs critiques comme un hors-d'oenvre dans le poëme, fut au fait la cause de sa première composition.
Un hasard semblable à celui qui avait dicté le sujet vint me donner l'idée de le traiter d'une manière nouvelle. Nous avions loué à cette époque un charmant cottage , près Lasswade , sur les rives romantiques de FËsk, où nous passions les momms de loisir laissés par les vacances de la cour. J'eus le plaisir d'y recevoir la visite de M. Stoddart, à présent sir John Stoddart, juge à Halte, qui s'occupait alors à^ recueillir, les particularités qu'il réanit plus tard dans ses observations sur les Paysages de t Ecosse ' . Je pus contribuer à lui procurer les renseignemens qu'il désirait et le conduire aux lieux qn'il voulait voir. En retour il me fit connaître , mieux que je ne l'avais fait jusqu'alors, les poétiques effusions qui depuis ont rendu les lacs de Westmordand, et les auteurs qui les ont chantés , si célèbres dans tontes lès contrées où Ton cultive la langue anglaise.
Je connaissais déjà la Jeanne éPArCf Thalaba et les Meirècal Ballads de M. Southey ; ces poëmes avaient pénétré en Ecosae.et y étaient généralement admirés ; mais M. Stoddart, joignant à l'avantage de relations amicales avec les auteurs une mémoire sâre et un goût exercé, me récita de longues tirades de vers non encore publiées. J'entendis entre autres le fragment si remarquable de Ghristabel, par M. Goleridge; la marche singulière et irrégnlière des stances ; la liberté, que ce mètre accorde au. poète, d'adapter le son au sens, semUaint convenir d'une façon toute particulière à la fantaisie que je méditais au sujet de Gilpin Homer. Cette diversité ' démesures avait déjà été appliquéeau genre comique etboiiffon par Anthony Hall , Anstey, le docteur Woleott et, quelques autres, mais dans C^risiabelje la voyais pour la première fois se joindre à une poésie^ rave, et c'est à M. Goleridge que je dois les remerciemens qu'un élève doit à son maître. J'observerai ici que lord Byron, en parlant de mes obligations envers M. Goleridge, obligations que
T* Deux Tolumfs royal iii*8 , 1801.
14 INlBDDOCTKXf
jU t0iiî*iics étë piét àTeoonnaître^ exprioie, on lilt rm»f expri- .mer , Fespoir que je n^étak pas Famenr d'ime arkifue peu Ûon* yeiUMM pMff les œu^Fes de M. Goleridge ^. Je ne b<H*iie à dire qœje ae cotmak même pu Tar tkle âontU est qsesliw ; j'^joaterai qobà m. je prouôs famais rtMCMtivenaiite liberté de oeosoFer un iMume d'an mérite asusi éminenl; , là erkiqne ne porterait qoetanr lacaprieieaseiiidideBceaTec kupralleil a laissé tomber de sa plume ces poétîfBes âiauf^es (pd^ semMaHes an tonse de Tantiquité, dommnt mi défi à toat poète fator. Les diarmans essais que Tauianr drandonne ainsi ii lear destin ont trop de Tatour pour subir le sort des ^praa?«8 d'an gravear négligent dont les études font souvent la foiciiiie d'an artisie iadaslxîeax. Je ne me livrai pas sor-Ie«champ aatravailprojeté^ quoique je fosse .maintenait mnni d'un thème et d'une struelure et vers.qui pouTnitavoiriàroreiUe du publie, le mérite dé la noureauté et offrir à Tanteur les ressouroes d'mœ mesure aussi faciée que soaenjet. CJIefiu au eontraire, autant qu'il m'en sotmaam, plus d'un an après la visite de M. Stoddart , qae par. manière d'essai je oomposai les deux ou trois premières Mmees du Z>a<iA» demkr MénesImL Peu après je ias visité par deux amis intimes dont l'un ^existe encore ; c'étaient des lM»nmes4iai auraient pu, par leurs taleas, s'élever an pins haut rang de la littérature s'ils n'avaient pas pr^ré la carnée du barreau, dans laqneUe ils se di^inguèrent égatement^ J'avais rjiabitude de les consulter, certain de trouver en eux un gsf&tiàiir etnne franchise amicale ^. Dans ce début j'avais mis, pomr me servir de l'expression du serviteur des HigMands, tout mon bien au moins , car j'y a^fais glissé une invoeatûm de Coleridge en l'adoucsissant on peu:
— Marie, notre nière, protégez«nooal
Mes amis ne m'ayant lâst presque aucune «Saiservation sur les stances que jeleur moata»i, je ne doutai pas qù'dles ne leur parassent pins mauvaises <pie lear bon naturel n'iavaât vonlume l'cixprnner. Ainsi, persnadé que j'avais pris une faoseeiXRite^ je jetai ie mamncritan feu, et je m'^efEorçaid'y peuserle mdins possible. Quelque teuqw après , je rencontrai im de mes deux conseillers qui s'enquit, avec l'aj^areme dfan vif mtérêt ,4upoëme'C(unmenoé,