‹ Œuvres de Walter Scott (volume 4)Chapitre 48 sur 134 · LE BRACONNER · texte numérisé non relu

LE BRACONNER

réoemineiit, et qui attend la charrette da coquetier complice*

Regarde son sale grabat , et observe son sommeil. A combien d'émotions trooblëes son sein est en proie ; son front basané est inondé d'une froide sneor , sa respiration est courte et oppressée ; entre chaque effort qu'elle £Edt , la nature demande une panse. Son gosier semble tiraillé par des mouvemens conyulsifsy tandis que ses lèvres braient comme si elles hésitaient à prononcer tout bas des paroles de sinistre augure , des mots de passe , des menaces et des imprécations : quoique engourdi par la fatigue et le brandevin, son corps goûte le sommeil, mais son ame inquiète veille çans cesse au dedans de lui , exerçant dans les bois ses déprédations, on se Toyant avec efEroi en présence de la justice.

— Ce tressaillement de terreur et de désespoir, ces yeux ronlans dans leur orbite, cet air efEEU^, son^ils l'expression du r^ret d'avoir tué un lièvre? ses cheveux se hérissent-ils ?fironce-t-il les sourcils pour avoir massacré en mars le coq de bruyère on une perdrix?

^— Non, railleur, non, écoute ma réponse avec une attention sérieuse ; il n'est point de guichet à la porte des lois; celui qui veut franchir cette porte redoutable doit écarter tous les barreaux de fer qui la ferment. L'occasion, l'habitude , l'orgueil et la passion se réunissent pour l'assaillir et la forcer.

Ce coquin, évité et redouté de tous les honnêtes gens , et que les voleurs, les braconniers et les contrebandiers appellent Ned ^ le Noir , était autrefois Edouard Mansell , le plus frivole de tons ceux qui dansaient le dimanche sur la pelouse , et le chef de tons les jeux de Noël. La fête de la moisson s'embellissait de sa présence, et l'archet parcourait plus librement les cordes du violon quand Edouard indiquait l'afr et conduisait la ronde. Son cœur était bon , ses passions ardentes , son rire partait du cœur : il aimait à manier un fusil , son père jurait que ce n'était qu'un goût de jeunesse qui passerait bientôt , et que lui-même avait eu il y avait trente ans.

Mais celui qui s'affranchit du joug légitime des lois doit fréquenter ceux qui en ont rompu tous les liens. Une peur commune de la justice unit bientôt le paysan qui dévaste la garenne ou trompe la douane, avec des félons plus coupables et qui sont peut-être teints du sang de son ami ou de son frère. Bientôt, comme dans les épi-

. |. piaiautlf finilMT pow Edouard.

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demies, la contagion se commoniqae des individus i^nx masses, le coupable se Ugae avec le coupable , et le même motif leur fait à tons regarder Fimponité comme leur espérance, et la loi comme l'objet de lenr crainte... Lenrs amis, leurs ennemis, leurs rendeatvoos sont les mêmes jusqu'à ce que la caisse du gouyemement étant pillée y et le gibier détruit, l'etemple conduit le contrebandier et le braconnier à des actions plus noires.

Le yent mugissait à travers les rameaux de la forêt, et firéqnemment le hibou répétait son cri fonèbre ; le spectre de Guillaumele-Roox errait autour du lieu où il reçut ja^ le coup mortel ;••• qaand il jeta son fatal coup d'œil sur le marécage , le vol soudain da bator agita les joncs de Fonde stagnante. La lune, brillant de rincertaine lueur qui présage les tempêtes, paraissait et disparaissait par intervalles. Le vieux chêne abaissait ses branches » et puis les redressait avec un sourd craquement dans les airs troublés.

Cette même nuit, tapi au milieu des broussailles desséchées , le jeime Mansell épiait le chevreuil dans le parc de Malwood : lèche- Treuil passe, et reçoit le plomb meurtrier. Le garde vigilant accourt : un combat s'engage; le braconnier tombe, et, se voyant yaincn, tire son couteau !... Le lendemain matin on trouva un cadavre dans le bois». . ce sommeil troublé peut vous dire le reste.

MARMION

POËBfE:

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