‹ Œuvres de Walter Scott (volume 4)Chapitre 51 sur 134 · X. Glên , nvim , Talion entouré de montagnes · texte numérisé non relu

X. Glên , nvim , Talion entouré de montagnes

craintifis se fixent tour à tour ayec ane calme tristesse sur le gazon flétri et sar le ciel nébalenx. Loin des haatears qui les ont nourris pendant Tété, ils errent le long du rnissean de Glenkinnon ; le berger Ventoore des plis de son manteau pour se garantir des frimas : ses chiens ne bondissent pins gaiement ^ et là autoar du troapean ; mais, tremblans de froid, ils s'attachent anx pas de leur maître, le suiyent lentement, et relèvent timidement la tête chaque fois que l'ouragan redouble de yiolence.

Mes enfans, quoique robustes, hai^s et yifis oomme tous les enfans des montagnes , ressentent aussi la triste influence de la saison; ils regrettent leurs reines-marguerites, racontent leurs jeux d'été, et demandent en soupirant : — Le printemps reyiendra-t«il encore ? et les oiseaux , et les agneaux retrouveront-ils leur gaieté? l'aubépine se convrira-t-elle encore de fleurs?

Oui , petits babillards, oui , la reine-marguerite viendra de nouveau décorer vos berceaux d'été ; l'aubépine vous offrira de nouveau ces guirlandes que vous aimez à tresser; les agneaux bondiront sur la prairie, les oiseaux chanteront aux alentours , et, tant que vous serez gais et folâtres conmie eux , les étés vous sembleront trop courts.

Le printemps, ramené par le retour invariable des saisons, , donne une nouvelle vie à la matière muette et insensible; la nature obéit à sa féconde influence , et reparaît dans tout son éclat. Mais hélas! quel printemps nouveau viendra chasser Thiver qui règne sur ma patrie I • . .. Quelle voix assez puissante pourra dire : — Levez-vous, -^ à ce sage et à ce guerrier ensevelis? qui nous rendra cette intelligence , sans cesse occupée du bonheur de l'Angleterre, et cette main armée du glaive de la victoire? Le soleil printanier donne une nouvelle vie à la plus modeste des fleurs ; mais vainement, vainement il brille en ces lieux ou la Gloire pleure sur le cercueil de Nelson I vainement il percera cette obscnrit^^olennelle qui voile , ô ÎPitt.I ta tombe sacrée.

Gravé profondément dans tous les cœurs anglais , que le souvenir de ces noms jamais ne s'en efface. Dites à vos fils : — C'est là que repose le héros qui périt vainqueur sur les flots de Gibraltar; il loi fut donné de ressembler à la foudre dévorante par sa course rapide, brillante, irrésistible : partout où se levait un ennemi de sa patrie, le bruit de ce tonnerre inévitable se faisait entendre jusqu'à ce que , sur un rivage lointain, le météore ait roulé, éclaté et détruit... pour disparaître à jamais.

AU CHANT PREMIER. 185

Il n'est pas moins digne de nos larmes , ce sage qui commandait à ce gaerrier conquérant , et dont la main puissante lança ce fondre de guerre sur FEgypte, à Copenhague, et à Trafalgar. Destiné à de si hautes entreprises , il reçut , pour le bonheur de TAngleterrcy une sagesse précoce. Hélas! le ciel, en punition de nos crimes, lui réservait une tombe non moins prématurée. Honneur à ce citoyen vertueux qui , au faîte des grandeurs , dédaigna Forgaeil du pouvoir, méprisa les honteuses séductions de l'avarice , et servit son Albion pour elle-même. Une troupe égarée eût voulu briser le frein salutaire de l'obéissance; mais il parvint à dompter son rebelle courage : modérant cet orgueil qu'il n'eût point voulu étouffer dans son ame , il montra à son impétueuse ardeur une plus noble cause à défendre, et fit servir le bras de l'homme libre à protéger les lois sur lesquelles repose sa liberté.

Ah ! il nous aurait suffi que tu vécusses , quoique privé du pouvoir : telle qu'une sentinelle vigilante sur la tour d'une forteresse, ta aurais réveillé l'Angleterre quand l'intrigue ou le danger la menaçaient : semblable à la lumière d'un phare, tu aurais éclairé U route de nos pilotes ; et, comme une colonne superbe qui, seulci est restée debout au milieu des ruines , tu aurais été Tappui du trône chancelant. Maintenant il est brisé ce soutien si nécessaire, il s'est éteint ce phare protecteur ; elle est muette sur la colline la sentinelle dont la voix eût sauvé l'Angleterre.

Rappelez- vous ce courage qui ne Ta jamais abandonné jusqu'à sa dernière heure. La mort déjà planait sur sa couche et réclamait sa proie ; tel que l'infortuné Palinure, il resta ferme au poste dangereux qui lui était assigné ; repoussant les conseils qui l'invitaient an repos, il tenait encore le gouvernail d'une main mourante, jusqu'à ce qu'enfin , privé de son pilote, le vaisseau de l'état Êdllit faire naufrage. Tant que dans les mille plaines de la Grande- Bretagne il restera une seule église non profanée , dont la cloche paisible , invitant aux jours de fête l'haJ)itant des campagnes à ^enir prier et louer le Seigneur, n'aura jamais fait retentir le son sinistre du tocsin; tant que la bonne foi et la paix des Etats vous seront chères, arrosez d'une larme cette pierre insensible : celui qui les a conservées, Pitt repose ici.

Ne craignez pas de donner un libre cours à vos généreux soupirs, parce que son rival est déposé près de lui ; ne craignez pas de prononcer ces mots : — Paix à sa cendre I de peur qu'ils ne retentissent sur la tombe de Fox ; pleurez ces talens ravis à l'An-

i86 INTRODUCTION

gleterre an moment ou elle en avait le plos pressant bescnii ; jj^eurez ce génie élevé, ce savoir profond , cet esprit aimable qui aimait la fine rallerie, mais qni eût gémi d'aboser de cette arme; cette sensibilité si vivci, cette imagination si brillantOi cette pu»* santé raison qni savait tout pénétrer, tont résoudre, tout oom« biner ; tant de rares qualités sont maintenant ensevelies avec celui qui ne possède plus que cette pierre funéraire. O toi qui déplores qu'elles n'aient pu le préserver toujours de Terreur, écarte toute pensée trop sévère, et respecte le dernier sommeiL

Ici où se terminent toutes les cboses de la terre pour les hâroe f les patriotes, les bardes et les rois; ici ou est immobêk^ et glacé le bras redoutable du guerrier; ici où sont nmetteft les lèvres de celui qui sut chanter la gloire de sa patrie^ ou parler pour sa défense ; ici où les voûtes sculptées avec art prokmgent le son lointain de l'hymne sacré, comme si un ange répàait encore ; — Paix sur la terre aux hommes de bonne volontél — ca dépewïUea> voua de toute prévention, sijamais cœur anglais puts'endépoiiîUer; loin de vous une partialité injuste, et n'oubliez pas queFcoL sMNuruI Anglais !•.« Lorsque TEurope rampait sous le joug de la Franoe^ que l'Autriche était abaissée, la Prusse abattue , et lea généveKX desseins de la Russie trahis par un lâche esclave ; Fox, repouseant avec indignation une paix désbonorantey raj^porta Tdlivier soiiiUé^ fat le sboble champion de la gloire de sa patri», et cloua sou pavillon anx mâts des navires. Le cieli pour prix de sa eoastauce^ lui accorda sa part de ce glorieux tombeau; et jamais marfav&AO reçut en dépôt la cendre de denx hommes i^iis éionaans.

Doués de talens plus qu'humains, à quelle hauteur u'outrils pas prisleur essor au-dessus de la foule vulgaire? Jamaiaott ne le» irit, compie les âmes communes, marcher au pouvoir par d'ohscwei intrigues; semblables aux dieux de la fable„ leurapnîsdautes quck reUes ébranlaient les rojaumes et les nations : voy e^t tout ce 91e l'Angleterre a de plus noble se ranger avec orgueil sous la bauuière deces rivaux; on. ne prononce plus que les nomsdeFox tside P!itt dans le monde britannique. Jamais enchantement n'égala de p»* reilles réalités, quand même, du fond de» téflébrouseoeaverues de Thesstdie, un nugiden aurait pu y par le secours de son art, tarir L'immense Océan, et détourner les planètes de leur sidère.* Héfats ï le taliamaa deces deux noms s'est perdu quand la source de la vie s'est tarie pour eux ; géaiey talens» toulest euseveU pour teitJ0Urs sous ce marbre, où, — pensée humiUante pour l'orgueil humain I

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