‹ Œuvres de Walter Scott (volume 4)Chapitre 52 sur 134 · AU C9UNT PREMIER · texte numérisé non relu

AU C9UNT PREMIER

— le ddL s'est pki à rëimir ces deiu pnissans ndnistret | Versez mie larme sur le tombeau de Fox, elle ira roder sut le cercueil de son rival; dites sur la tombe dé Pitt la prière des morts, et le Bionmiient de Fox renverra vos accens : Fëcho solennel qui yeiUe en ces lieux seînUe redire sans cesse i — Que leurs discordes finissent avec eux; qu'ils subissent la même loi» ceux que le sovt a rendus frères dans la tombe ^ mais cherchez sur la terre des viyans : — où trouver deux hommes qui puissent les égaler?

Reposez- vous , âmes de fou » jusqu'à ce que la voix de la nature expirante aille vous reveiller au fond du cercueil ; les gémissemens de votre patrie ne peuvent percer le silence de votre monument; combien plus vain et plus impuissant encore sera donc l'hommage de mes regrets! mais vous approuvâtes les vers du ménestrel des frontières» quoiqu'il ne célébrât que les climats de la Calédonie : sa harpe gothique a reteati sur vos tombeaux; le barde, que voua daignâtes louer» a chanté vos noms immortels.

.Arrête» illusion, arrête» daigne encore bercer un moment mon imagination égarée I Comment pourrai-je me séparer d'un sujet si grand» lorsque mon cœur n'est encore soulagé qu'à demi ? Ah I que toutes les larmes arrachées par la douleur, que tous les ravissement de l'ame, que toute cette chaleur qui anime le barde dans ses momens d'inspiration » et les pbs noble» mouvemens se réunissent; que la douleur» que l'admiration, qiie tout ce qui existe de sensations grandes et sublimes» associant leurs efforts, s'édiappe de mon cœur en une sainte et douce extase ; cet hommage sera encore un. trop faible tribut l..« Mais non, mes vœux scmt impuissanst • • le charme s'est dissipé»

Semblables à ces bizarres constructions des frimas» qoi s'évapo» rent aux premiers rayons du matin ^ les créations de ma muse s'évanouissent soudain ; ces arches gothiq^es » ces pierres mMumentales, cette nef vaste^ obscure et élevée, ont disparu, et fuyant les derniers de tous, ô douce illusion ! les 30ns lointains du chœur viennent mourir à mon oreille; je reconnais peu à peu (a prairie solitaire , le taillis touffu qui environne ma ferme, et mes folâtres enfans, dont les cris a' unissent au murmure des ondes de la Tweed*

C'est ainsi que la nature corrige son élève que séduit un sujet au-dessus de ses favees » «^ Il te convient mieux» me dit-elle, d^errer ça et &, de passer les heures soUtaûfes à arracher du marais le léger roseau , et à le suivre de fcsil , flottant sttf la Tweed ; écoute à loisir la voix perçante de la laîtièf e qtii fredonne

en se balançant poor marquer la cadence , et qui , conronnée de son fragile fardean, glisse légèrement lé long de la colline; ou bien ya, près de ce tombeau da fils deFingal, entendre le conte du vieux berger : dans sa simplicité rustique, il s'interrompt souvent, de peur que sa vieille légende ne fatigue l'oreille de celui qu'il croit avoir puisé dans les livres un goût plus raffiné.

Mais toi 9 cher ami, tu peux nous dire, mieux que personne ( car qui mieux que toi connaît ces anciens romans ? ) tu peux nous dire combien ces récits du vieux temps ont encore d'empire snr Famé du poète. Vainement les siècles ont étendu leurs mains flétries sur les pages de l'ancien ménestrel, le récit des hauts faits de ces guerriers hérissés de fer fait encore battre le cœur d'un tendre intérêt, soit que le Chevalier du lac entre dans le palais enchanté de Morgane, soit que, méprisant la magie et la conjuration des démons, il pénètre dans la chapelle périlleuse, et y adresse la parole à un cadavre non enseveli ( a ) ^ . Tantôt , pour toucher le cœur de la dame Ganore ( hélas I pourquoi leur amour fut-il illégitime!), il attaque ^orgueilleux Tarquin dans la caverne, et délivre soixante chevaliers; ou bien enfin, pécheur non encore purifié par la pénitence , il entreprend la pieuse recherche du Saint*Gréal, et voit en songe une apparition qu'il n'aurait pu voir dans la ville ( b).

Les maîtres de notre lyre ont aimé ces légendes ; on les retrouve encore dans les chants de féerie de Spencer. Ils se mêlent aux fictions célestes de Milton, et Dryden ^ eût dans un ouvrage immortel relevé la table ronde; mais un roi et une cour débauchés dédaignèrent les nobles inspirations du poète, préférant lui acheter à vil prix des satires , des chansons et des comédies licencieuses. Le monde fut privé de ce glorieux projet ; le feu sacré de la muse fut profané, et le génie avili.

Echauffés par le souvenir de ces noms sublimes, nous aussi, quoique enfans dégénérés d'une race déchue, nous irons tenter de rompre une faible lance dans tes beaux domaines, ft Génie de la chevalerie! nous irons chercher la tour enchantée où tu dors depuis si long-temps, sourd aux prières des belles qu'oppriment les tyrans. Que la harpe du Nord te réveille; reparais armé de

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toutes pièces, avec ton bouclier , ta lance, ta hache d'armes, ton panache et ton écharpe, sniyi du cortège des fées, des gëans, des dragons, des chevaliers, des nains, des magiciens armés de leur bagaette, et des damoiselles errantes sur de blancs palefrois. Âatoar de toi tu verras accourir TAmour qui rougit d'avouer son secret, le Mystère à demi voilé, l'Honneur ayec son bouclier sans tache, l'Attention an regard immobile , la Crainte qui se plaît au récit qu'elle écoute en tremblant, Taimable Courtoisie, la Loyauté, que ne peuvent altérer ni les souffirances, ni le temps, ni la mort^ et la Valeur, lion généreux qui s'appuie sur sa redoutable épée. * Tes succès, cher Stewart , ont montré qu'on peut mériter par là un beau laurier; les chênes d'Ytène ^... à l'ombre desquek les joyeux ménestrels célébraient Ascapart, le fier Bevis \ surnommé kRoax ^, qui, dans la forêt de Boldrewood, fut blessé par son chasseur favori... les chênes d'Ytène ont entendu de nouveau ces antiques ballades retrouvées par toi. Car tu as chanté conmient , pour plaire à la belle Oriane, le héros des Gaules, cet Amadis si fameux dans les cours, vainquit en chapp clos les perfides nécromanciens. Tu as célébré en vers modernes les amours mystérieuses de Partenopex; ne me refuse pas ton attention, et daigne écouter l'histoire d'un chevaUer des anciens jours d'Albion.

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